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Clovis Ier, en latin Chlodovechus, seule forme contemporaine écrite attestée, peut-être en francique reconstitué Chlodowig, né vers 466 et mort à Paris le 27 novembre 511, est roi des Francs saliens, puis roi de tous les Francs de 481 à 511.

Issu de la dynastie des Mérovingiens, il est le fils de Childéric Ier, roi des Francs saliens de Tournai (Belgique), et de la reine Basine de Thuringe. Brillant chef militaire, il accroît considérablement le territoire du petit royaume des Francs saliens dont il hérite à la mort de son père pour unifier une grande partie des royaumes francs, repousser Alamans et Burgondes et annexer les territoires des Wisigoths dans le Sud de la Gaule.

Le règne de Clovis est connu à travers la description qu'en fit l'évêque gallo-romain Grégoire de Tours, et dont l'Histoire des Francs est riche d'enseignements, bien que ce texte semble essentiellement à visée édifiante.

Clovis est considéré dans l'historiographie comme un des personnages historiques les plus importants de l'histoire de France ; la tradition républicaine reconnaît en lui le premier roi de ce qui devint la France, et la tradition royale voit en lui le premier roi chrétien du royaume des Francs.

 Clovis est né vers l'an 465. 

Vers l'âge de 15 ans, il devient roi des Francs Saliens à la mort de son père Childéric 1er (481-482).
Les Francs Saliens sont une tribu germanique établie dans l'empire romain (dans la Belgique actuelle - partie bleue sur la carte de la Gaule à l'avénement de Clovis). 

                                       clovis 2

  A peine élu, il entre en guerre contre Syagrius, général romain qui gouverne la province romaine de la Gaule.
Vainqueur, Clovis donne l'ordre de faire égorger Syagrius et s'installe à Soissons.
Cette victoire est à l'origine de la célèbre anecdote du Vase de Soissons.

Il épouse  Clotilde, fille du roi des Burgondes, femme catholique et très pieuse. Elle le pousse à se convertir avec l'appui de Remi, l'évêque de Reims.


En 496, Les Francs sont attaqués à la bataille de Tolbiac (lieu situé près de Cologne) par les Alamans (autre tribu germanique).

Selon la légende, alors que la bataille semble perdue, Clovis invoque le Dieu de Clotilde et promet de se convertir s'il remporte la victoire.
Après cette invocation, la bataille tourne à son avantage et Clovis la remporte.

Clovis se fera baptiser avec 3 000 de ses soldats pour répondre à sa promesse mais, sans doute aussi, pour mieux se rallier les gallo-romains qui avaient adopté la religion catholique.
         

En 1996, à l'occasion du 1500ème anniversaire de cette cérémonie historique, le Pape Jean-Paul II se déplacera lui-même en France pour commémorer l’évènement.

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abbaye saint

Le 1er mars 649, un maire du palais de Clovis II cède ses droits sur un domaine royal situé au bord d'un ruisseau affluent de la Seine, la Fontenelle, dans la forêt de Jumièges, à deux moines, Wandrille et Gond (+690).

Wandrille, plein d'humilité, de douceur et d'obéissance envers l'évêque de Rouen, saint Ouen, qui avait voulu cette fondation monastique, veille jusqu'à sa mort, le 22 juillet 668 sur une communauté florissante, construisant sept églises dédiées à saint Pierre, saint Paul, saint Laurent, saint Pancrace, saint Saturnin, saint Amand, Notre-Dame.

Ses successeurs, dont saint Lantbert (+688), futur évêque de Lyon, saint Ansbert (+695), futur évêque de Rouen, voient un accroissement de la communauté, en nombre et en qualité : nombreux sont les saints qui fleuriront dans la vallée de Fontenelle ou dans les fondations qui lui seront rattachées : saint Erembert (+671), saint Condède (+680), saint Vulfran (+ca697), saint Bain (+710), saint Hildebert (+701), saint Sindard, saint Désiré, saint Hermeland (+720), saint Bagga, saint Bénigne (+724), saint Milon (+730), saint Hugues (+732), saint Landon (+735), saint Ermier (+740), saint Ravenger (+750), saint Austrulf (+753), saint Wandon (+754), saint Hardouin (+812), saint Hartbain.

Cette prospérité dure jusque vers 740. A cette époque vont se succéder des abbés laïcs qui mettront à mal spirituel et temporel.

En 823, succédant comme abbé de Fontenelle à Eginhard, Anségise le réformateur de Luxeuil et autres lieux, renouvelle la ferveur de ses fils, et ramène une brillante vie intellectuelle et spirituelle, réinstaurant une vie régulière, reconstruisant les bâtiments et enrichissant bibliothèque et trésor.

Les Gesta sanctorum patrum Fontanellensis cœnobii, rédigés entre 820 et 840 retracent, à la façon du Liber Pontificalis romain, la vie et les faits notables des abbés de Fontenelle, de Wandrille à Anségise. On a pu écrire qu'ils constituaient la plus ancienne chronique monastique d'Occident. Ils signalent en particulier l'existence d'un «bouleuterion», ou salle de délibération : c'est le témoignage écrit le plus ancien que nous possédions concernant une salle capitulaire.

C'est à cette même époque que la Vita Wandregisili écrite à la fin du VIIe siècle est corrigée et rééditée, ainsi que les vies des saints Ansbert et Vulfran ; on compose également les vies des saints Lantbert, Condède et Hermeland. Mais les exactions des vikings se succèdent jusqu'au pillage et à l'incendie du 9 janvier 852, qui entraînent après diverses pérégrinations, l'exode des moines, avec les reliques des saints Wandrille et Ansbert vers le Nord de la France. Les reliques sont transférées en 944 à Gand, avec ce qui reste de la pauvre communauté ambulante de Fontenelle.

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En 1006, le duc de Normandie Richard II relancera l'œuvre de restauration monastique en confiant Fontenelle à l'abbé saint Gérard (+1029).

Ce dernier reconstruit les bâtiments modestes laissés par ses prédécesseurs, en particulier le réfectoire et le dortoir, grâce à de généreuses aumônes de nobles dames normandes, et grâce au développement du culte de saint Vulfran. On avait en effet découvert ses reliques dans les fondations de l'église en 1008.

La nouvelle église abbatiale Saint-Pierre sera dédiée le 12 septembre 1031 sous le brillant abbatiat de saint Gradulphe (+1048). Ce dernier et ses successeurs aident à la fondation ou à la restauration des abbayes normandes du Mont-Sainte-Catherine à Rouen, de Préaux, de Grestain, de Montivilliers, de Fontenay (près de Caen).

Le monastère est à son apogée sous l'abbatiat de Gerbert (+1089) : plusieurs de ses moines deviennent abbés, Durand à Troarn, Onfroy et Geoffroy à Préaux, Ingulf à Croyland, Gontard à Jumièges, Gautier au Mont-Sainte-Catherine de Rouen. Guillaume le Conquérant fait donation à l'abbaye Saint-Wandrille de nombreux domaines en Normandie et en Angleterre.

Durant le XIIe siècle, le scriptorium s'enrichit, la régularité se maintient, l'aumône est largement pratiquée. Au XIIIe siècle, des abbés tentent plus ou moins fermement de réformer les abus qui commencent à poindre, dus surtout à l'appropriation des offices et de leurs revenus par les moines.

L'église abbatiale du XIe brûle en 1248 : l'abbé Pierre Mauviel en commence la reconstruction. Ses successeurs Geoffroy de Nointot (+1288), Guillaume de Norville (+1304) et Guillaume de La Douillie (+1342) poursuivent la construction de l'église dont le gros œuvre est achevé en 1331. On commence aussi à rebâtir le cloître.

Mais la guerre de Cent Ans désole le pays. Se succèdent alors jusqu'en 1450 des périodes de tranquillité, pendant lesquelles on travaille aux bâtiments, et des périodes de troubles, pendant lesquelles les religieux trouvent refuge dans leur hôtel de Rouen.

La commende apparaît à la fin du XVe siècle. Si la régularité vacille, les constructions vont bon train : trois galeries du cloître sont reconstruites à partir de 1494 et achevées sous l'abbatiat de Jacques Hommet (1505-1523), dernier abbé régulier.

Les abbés commendataires se contenteront par la suite de faire administrer l'abbaye au mieux de leurs propres intérêts pécuniaires. En mai 1562, le monastère est saccagé par les troupes huguenotes. Les revenus diminuent ou font l'objet de lourdes procédures.

De 1585 à 1690, ce sont les prélats de l'opulente famille de Neufville de Villeroy qui vont «exploiter» le monastère.

La congrégation de Saint-Maur, congrégation nationale issue en 1618 de la congrégation lorraine de Saint-Vanne, apporte une ferveur et une vitalité spirituelle issues directement du grand mouvement qui réforma l'Eglise après le concile de Trente, une organisation centralisée, un supérieur général issu d'un chapitre général triennal, des supérieurs locaux triennaux nommés par ce même chapitre général.

Cette intégration de Saint-Wandrille à la congrégation de Saint-Maur entraîne également l'exemption de visite épiscopale.

Quinze mauristes prennent possession du monastère le 14 janvier 1636.

Quant aux anciens religieux, ils restent sur place dans des demeures indépendantes, et gardent leurs charges et revenus jusqu'à leur mort.

Les moines mauristes, jeunes et pleins d'ardeur, reprennent donc à Saint-Wandrille la vie régulière. Ils reconstruisent les uns après les autres les bâtiments vétustes : hôtellerie, infirmerie, sacristie, chapitre, promenoir et dortoir.

Une vie fervente et studieuse reprend avec la réorganisation et l'enrichissement de la bibliothèque et du chartrier.

Certains (dom Bréard et dom Féray) s'attachent à réveiller le souvenir de la sainteté de leurs prédécesseurs, par l'étude de leurs vies, et le développement de leur culte.

A partir de 1666 et jusqu'à la Révolution, Saint-Wandrille est le siège d'un cours pour les moines étudiants de la province, ou un séminaire de jeunes profès, ou le noviciat (de 1723 à 1739). Matières enseignées, professeurs, lecteurs et enseignants s'y succéderont d'année et année, y maintenant une bonne vitalité.

Comme toute la congrégation de Saint-Maur, Saint-Wandrille est agité par la crise janséniste à partir de 1720, mais sans devenir un bastion de résistance à la bulle Unigenitus comme ses voisines du Bec et de Fécamp.

Cette fin du XVIIIe siècle à Saint-Wandrille comme dans les monastères voisins, est caractérisée par une relative prospérité financière retrouvée depuis l'achèvement des grands travaux de reconstruction, un certain relâchement dans l'austérité de la vie, l'introduction des idées philosophiques, l'affiliation de plusieurs moines à des loges maçonniques.

On peut y ajouter un certain esprit de querelle et de contestation : ainsi l'avant-dernier prieur est-il embastillé en 1783 : il protestait dans un libelle contre un arrêté royal convoquant un chapitre général extraordinaire de sa congrégation ; le prieur ne fut relaxé qu'après la clôture de ce chapitre, et dut quitter la congrégation.

Néanmoins, pendant les années précédant immédiatement la Révolution, le nombre de vocations connaît une tendance à se redresser.

En Normandie, pour mémoire, ont appartenu à cette congrégation les abbayes de Saint-Ouen de Rouen, Jumièges, Le Bec, Caen, Fécamp, Boscherville, Valmont, Saint-Evroul, Conches etc.

Quand la congrégation lorraine de Saint-Vanne avait étendu son action réformatrice, dans la lignée du concile de Trente, en France, s’était en effet posée la question de la fidélité à la couronne, qui avait trouvé une solution rapide dans la création d’une congrégation bénédictine française, qui va absorber assez rapidement les mouvements similaires déjà existants, sauf l’ordre de Cluny, qui ne s’unira pas durablement à Saint-Maur.

De 1618 à 1645, 88 monastères vont s’y agréger, il y en aura 178 en 1675, 191 en 1766 (une vingtaine seront fermés dans les années 1770), avec 1956 religieux. Au total, de 1614 à 1790, la congrégation aura 9261 religieux.

Que reste-t-il de cette époque et de cette réforme ? Les bâtiments construits par les mauristes, sont toujours des édifices intéressants, et souvent le siège d’administrations…

La masse des documents récoltés ou rédigés par les mauristes est toujours une richesse des dépôts d’archives publiques, ainsi que leurs bibliothèques, avec leurs copies de manuscrits, collations de textes, travaux d’érudition, dont une bonne part non encore exploitée.

Si la congrégation de Saint-Maur, n’a pas de saints ou de bienheureux, outre les martyrs de septembre et ceux des pontons de Rochefort, elle a connu une multitude de "justes" à la vie exemplaire, dont la biographie édifiante a été conservée par dom Martène dans sa Vie des justes, ou même dans son Histoire de la congrégation de Saint-Maur.

Hommes habités de Dieu, très humains au quotidien, comme dom Grégoire Tarrisse, Claude Martin, Jean Mabillon, Bernard de Montfaucon.

C’est surtout de la bourgeoisie que sont issus la majorité des moines mauristes, bourgeoisie vertueuse et austère, marquée par la réforme catholique du concile de Trente, mise en application en France dans la première moitié du XVIIe siècle.

A son déclin, à la Révolution, la congrégation connaîtra un certain nombre de religieux qui affrontèrent la situation et la persécution avec sérieux, comme les trois martyrs de septembre – dont le supérieur général –, assassinés aux Carmes à Paris, et les martyrs des pontons de Rochefort, morts d’épuisement en 1794.

Cette organisation est celle de la congrégation de Saint-Vanne, qui elle-même avait repris la pratique de la congrégation cassinaise.

Cette organisation, adaptée, fut définie en 1645, la congrégation elle-même ayant été approuvée par le pape Urbain VIII en 1628.

Les textes législatifs mauristes sont les "déclarations" qui interprètent la Règle de saint Benoît chapitre par chapitre, les "constitutions" qui fixent ce qui concerne le gouvernement de la congrégation.

Six provinces, Normandie, France, Bretagne, Bourgogne, Toulouse, Chezal-Benoît. Dans chaque province, un visiteur et une diète provinciale, qui regroupe tous les ans les prieurs des monastères et un "conventuel" élu.

L’autorité suprême revient au chapitre général triennal, qui désigne le supérieur général, les visiteurs et prieurs, élus pour trois ans. Le siège du supérieur général était à Saint-Germain-des-Prés à Paris. Chaque province a son noviciat et son scolasticat.

Les moines mauristes ont leur stabilité fixée dans la congrégation, et non plus dans un monastère donné, ce qui permet les transferts fréquents d’une maison à une autre, favorisant dès les débuts la réforme des monastères et profitant ainsi à l’efficacité de la congrégation.

Il s’ensuivra obligatoirement une uniformisation des pratiques monastiques dans tous les monastères mauristes, pour éviter une disparité de vie entre les maisons où tous sont indifféremment appelés à résider.

Chaque monastère est administré par un prieur, assisté d’un chapitre conventuel et d’un conseil de quatre sénieurs.

Rien dans la législation ne semble avoir été laissé à l’imprévu, et tout semble avoir été sagement codifié.

Tout simplement pour faire face au mal que constituait la commende, c’est-à-dire l’attribution de l’abbatiat par le roi à un clerc non moine, sans que les communautés aient quoi que ce soit à objecter, depuis le concordat de Bologne en 1516, pour échapper donc à l’ingérence des commendataires, il fallait établir des prieurs, qui détenait le gouvernement des monastères, mais qui ne dépendraient en aucune façon de ces commendataires.

Également pour conserver la régularité dans les monastères, échapper à la détention des charges assimilées à des biens personnels.

Cet abandon de la stabilité locale et de la paternité abbatiale – qui avait laissé la place à une administration hiérarchisée – sont les plus grands défauts de la congrégation de Saint-Maur.

Ces défauts, qui sont des qualités dans le système pratiqué dans d’autres ordres comme les dominicains, ou dans la Compagnie de Jésus, ces défauts étaient en réalité les seuls remèdes qu’on pouvait apporter au système de la commende, pour mettre en application après le concile de Trente, les grands principes de la réforme catholique.

Le développement le plus riche de la congrégation de Saint-Maur est celui des années 1660 à 1714. De 1718 à 1735, la congrégation connaît une crise très grave.

De 1754 à 1783, également, d’autant plus grave que le pouvoir royal vient alors s’ingérer dans le règlement de la crise. Une reprise réelle débutait quand survint la révolution française.

Dès l’origine on voulut donner aux moines mauristes une solide formation monastique, assise sur de bonnes études humanistes menées précédemment, en orientant la vie des religieux vers le travail intellectuel, et en l’organisant de manière efficace.

Le double intérêt de cette activité intellectuelle était

- en conformité avec leur vocation de solitude, de procurer une occupation aux moines,

- laquelle participait à leur progrès spirituel, et pouvait servir l’Église, par exemple en fournissant de bonnes éditions de textes anciens, d’utiles instruments de travail.

L’idée apologétique de Contre-Réforme et de démarche vers les Réformés en vue de leur conversion n’était pas absente de leur démarche intellectuelle.

Le sérieux des études menées et des publications entraîna le respect tant des milieux littéraires, que du roi, et du Saint-Siège.

Les supérieurs généraux encouragèrent et organisèrent les études. De nombreux monastères étaient intéressés à l’œuvre, soit en fournissant des matériaux à l’équipe réunie à Saint-Germain-des-Prés, soit en exploitant ces matériaux aux plans provincial et local.

Dans chaque province mauriste, des monastères étaient plus spécialement affectés aux études.

Les moines les plus brillants étaient envoyés ensuite à Saint-Denis ou à Saint-Germain-des-Prés pour y travailler collectivement à une œuvre d’édition de longue haleine, dirigée par un moine ou une équipe, ou même des moines successifs (ainsi pour l’édition des œuvres de saint Augustin).

Les orientations des travaux d’érudition et de publication visent :

- la glorification de l’ordre bénédictin, l’édification spirituelle des moines, par la publication des textes des Pères, de 1650 à 1710, Pères latins à la fin du XVIIe, Pères grecs au début du XVIIIe,

- l’illustration et la glorification de l’histoire française, de 1710 à 1760, se mettant ainsi au service de l’Etat, par le biais de la collaboration scientifique. La congrégation a toujours brillé dans le champ de la patristique et de l’histoire.

La mort de Montfaucon en 1741 marque un ralentissement de l’émulation intellectuelle. Il faut nuancer en disant que la recherche des textes et des documents et leur interprétation s’échelonnèrent sur toute la durée de la congrégation, Annales de l’Ordre de saint Benoît, sans être achevée au moment de la révolution pour un bon nombre, Histoire littéraire de la France, Recueil des historiens des Gaules, Gallia christiana.

Par ce travail, la congrégation rendait service à l’Eglise et à l’Etat. Dans les derniers temps, pour légitimer une vie monastique contestée, elle s’investit dans les collèges et les écoles militaires, prenant alors la place des jésuites supprimés.

Les écrits spirituels sont surtout inspirés par la méditation des Pères de l’Eglise. L’Ecriture nourrit moins la vie spirituelle. Philosophie cartésienne et pensée thomiste sont présentes et parfois s’affrontent.

L’hagiographie favorise l’ascèse, insistant sur la mortification du corps et des sens, elle montre l’importance de la régularité. La vie intérieure est inspirée du mysticisme rhéno-flamand et de la mystique thérésienne.

Les dévotions et la piété demeurèrent malgré l’influence du courant des Lumières. Des liens d’amitié lièrent de nombreux mauristes aux principales figures du jansénisme dont ils appréciaient l’austérité. Ce jansénisme des mauristes se révéla à partir de la bulle Unigenitus, plus politique que doctrinal.

Dom Hesbert a étudié le vocabulaire de la théologie monastique et ses "mots-clés" dans l’Histoire de la congrégation de Saint-Maur de dom Martène. Douze mots-clés se dégagent : pénitence, oraison, régularité, austérité, retraite, exactitude, mortification, observance, solitude, silence, devoir, séparation du monde. On peut les regrouper en trois pôles :

1° l’ascèse, pénitence, austérité, mortification, pratiquée sous forme restrictive (abstinence de nourriture, de chauffage) ou sous forme afflictive (cilice, discipline).

2° la discipline monastique,
- dans son aspect constitutif, séparation du monde, retraite, solitude, silence,
- sous l’aspect de la fidélité aux vœux, régularité (conformité à la Règle), exactitude, observance, devoir.

3° la prière, l’oraison, oraison mentale, présence continuelle de Dieu, oraison thérésienne.

Les idées force du monachisme mauriste sont les suivantes :
- il n’y a pas de vie monastique sans séparation du monde, séparation initiale, et séparation entretenue ;
- il n’y a pas de vie monastique cénobitique sans discipline régulière, sans une organisation précise de la vie commune (y compris l’office divin), ordonnée à l’épanouissement de l’âme ;
- il n’y a pas de vie monastique sans ascèse ;
- il n’y a pas de vie monastique sans prière.

Les trois grands axes de la réforme monastique mauriste sont régularité, austérité, intériorité.

Œuvre spirituelle : vie ascétique restaurée, vitalité intellectuelle et spirituelle par la présence du cours de philosophie, de théologie, du noviciat, à partir de 1690, c’est-à-dire après la reconstruction des bâtiments, et jusque 1790. Activités caritatives habituelles à tous les monastères de cette époque.

Œuvre hagiographique : recherches sur l’histoire ancienne du monastère, sur le culte des saints locaux, sur les sources du monachisme à Fontenelle.

Œuvre architecturale :

  • restauration de l’église (disparue),
  • construction du bâtiment ouest, 1655-1668 : hôtellerie puis infirmerie,
  • construction du bâtiment du dortoir, 1672-1680 (après destruction de l’ancien chapitre et de l’ancien dortoir),
  • construction du mur de clôture, 1680,
  • agrandissement des communs (ateliers), 1695,
  • construction des pavillons et de la porte de Jarente, 1756 (et destruction de l’église Saint-Paul et du logis abbatial).

Le 28 avril 1790, aux termes de l'inventaire opéré par la municipalité, les vingt religieux mauristes déclarent vouloir se retirer.

En octobre 1790, la vie conventuelle cesse, certains moines continuant à vivre quelque temps à l'abbaye ou le village, se réunissant encore à l'église les jours de fête.

Les bâtiments sont vendus en 1791 comme biens nationaux, et utilisés comme ateliers, ou pour l'église abbatiale comme carrière de pierres.

Ils seront achetés en 1863 par le marquis de Stacpoole qui réunit les lots composant la clôture de l'abbaye, et transforme les bâtiments conventuels en demeure de campagne.

Toute vie religieuse régulière cessa donc dans l'ancien monastère de 1790 à 1894.

Son auxiliaire, Mgr Jourdan de La Passardière, demande alors à l'abbé de Saint-Martin de Ligugé dom Joseph Bourigaud, de faire renaître la vie monastique à Saint-Wandrille, que ses propriétaires mettaient en vente.

Après plusieurs mois de pourparlers, l'affaire est conclue, et quelques moines viennent le 13 février 1894 sous la conduite de dom Jean Martial Besse, reprendre possession de l'abbaye.

Les fondateurs ont la nette conscience de s'enraciner dans sa tradition monastique propre, qui n'avait connu que deux brisures en plus de douze siècles d'existence.

Après des débuts difficiles, soutenus par dom Hildebrand de Hemptinne, abbé primat de la confédération bénédictine, dom Joseph Pothier, restaurateur du chant grégorien, est nommé prieur, puis abbé en 1898.

C'est là que la guerre de 1914 la surprend, en zone occupée par les troupes allemandes.

Saint-Wandrille avait réalisé en 1912 une petite fondation au Canada, Saint-Benoît-du-Lac, dont les débuts seront difficiles, mais qui atteindra sa maturité et deviendra autonome en 1935.

En 1924, la communauté avec son nouvel abbé dom Jean-Louis Pierdait (+1942), rentre en France, et s'installe provisoirement dans le diocèse de Moulins, au Réray d'Aubigny, avant de réintégrer son monastère normand le 26 janvier 1931.

Pour subvenir aux besoins matériels de la communauté est créée en 1937 un atelier de fabrication d'encaustique, lequel sera relayé dans les années 1970 par un atelier de microcopie, puis, dans les années 1990, un atelier de restauration d’œuvres peintes.

Dom Gabriel Gontard (+1986), abbé de 1943 à 1962, réalise la restauration des bâtiments endommagés par un bombardement en août 1944.

C'est sous son abbatiat que sera célébré le treizième centenaire de l'abbaye en 1949.

Son successeur dom Ignace Dalle (+1985), abbé de 1962 à 1969, est un artisan actif du millénaire du Mont-Saint-Michel en 1966. Il dote son monastère d'une nouvelle église abbatiale, ancienne grange seigneuriale du XIIIe siècle provenant du département de l'Eure.

C’est après l’élection du Père Abbé dom Antoine Levasseur que cette nouvelle église est dédicacée, le 12 septembre 1970. Sous cet abbatiat est restauré le grand réfectoire.

En 1996, dom Pierre Massein succède à dom Levasseur. Sous son abbatiat une rénovation est effectuée de nos maisons d’accueil : hôtellerie intérieure, accueil Saint-Joseph, aménagement de la salle Saint-Paul. D’importants travaux sont aussi entrepris pour la modernisation de la cuisine.

Dom Jean-Charles Nault est élu 82e abbé de Fontenelle le 22 avril 2009 et reçoit la bénédiction abbatiale des mains de Mgr Jean-Charles Descubes en la fête de saint Vulfran (1er juin) de la même année. A l’occasion du quarantième anniversaire de la dédicace de l’église abbatiale, il entreprend une rénovation intérieure de l’édifice qui commence en août 2010.

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charlemagne

(742 ou 747-Aix-la-Chapelle 814), roi des Francs (768-814), roi des Lombards (774-814) et empereur d'Occident (800-814).

Roi franc devenu le maître de l'Europe, Charlemagne fonda l'empire d'Occident au sein duquel s'élaborèrent les nations française, allemande et italienne. Figure tutélaire du monde chrétien de l'époque, il fit de son action au service de la foi l'essence même de sa politique.

768

À la mort de leur père Pépin le Bref, le royaume franc est partagé entre Charlemagne et son frère cadet Carloman. Charlemagne seul roi des Francs

À la mort de Carloman (771), Charlemagne se retrouve seul maître du royaume des Francs.

Roi des Lombards

Appelé par le pape en Lombardie, où les Lombards font peser une menace sur les États de l'Église, Charlemagne s'empare de Pise et se proclame lui-même roi des Lombards (774).

Trente-cinq ans de conquête

Il conquiert l'Aquitaine (769) vassalise la Bavière, soumet les Frisons (785), les Avars de Pannonie (796) et les Saxons (804). Ayant échoué dans la conquête de l'Espagne musulmane (Roncevaux, 778), il crée une zone de sécurité au sud des Pyrénées, la marche d'Espagne ; de même, il établit une marche de Bretagne (789-790). Progressivement agrandi, son empire constituera le plus vaste rassemblement que l'Occident ait connu depuis l'Empire romain.

Empereur d'Occident, investi d'une mission divine

Le jour de Noël 800, il est couronné empereur par le pape Léon III à Saint-Pierre. D'Aix-la-Chapelle, où il réside habituellement dès 794, il contrôle l'administration des comtes et des évêques par l'intermédiaire des missi dominici et de l'assemblée annuelle des notables. Chef de l'Église franque, l'empereur préside les conciles, contrôle la nomination et la formation du clergé, condamne les hérésies. Le christianisme est pour lui le lien le plus sûr entre les parties de son empire.

La « renaissance carolingienne »

Liant le développement religieux à la renaissance de la civilisation, Charlemagne s'entoure de brillants intellectuels (Alcuin, Paul Diacre, Théodulf, Angilbert) qui contribuent à relancer le goût pour la culture antique et, dans leurs écrits, à restaurer la langue latine,

Succession de Charlemagne

Affaibli par la maladie et par la mort de ses fils Pépin (810) et Charles le Jeune (811), il transmet la couronne à Louis le Pieux, couronné en 813. Marquée par les luttes entre ses petits-fils, la succession de Charlemagne (qui s'éteint à Aix-la-Chapelle en 814) aboutira à la division du monde franc au traité de Verdun, en 843.

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saint benoit

Patriarche et législateur des moines d'Occident (Nursie vers 480-Mont-Cassin vers 547).

« Père des moines d'Occident », saint Benoît de Nursie domine de sa haute figure la chrétienté médiévale où se répandit la règle qu'il avait édictée pour son abbaye du Mont-Cassin et dont le mouvement cistercien devait être l'héritier.

Natif de l'Ombrie, saint Benoît est élevé au sein d'une famille d'ancienne noblesse. C'est à Nursie qu'il reçoit sa première instruction, puis, vers 494, sous la garde de sa nourrice Cyrilla, il gagne Rome, où le roi ostrogoth Théodoric s'attache à perpétuer la culture antique. La rhétorique et la grammaire y tiennent la première place. Fervent admirateur des grands auteurs latins, Benoît acquiert le goût de l'étude en même temps qu'une curiosité d'esprit qui ne le quittera plus. Mais, à Rome, tout le choque, la misère comme le relâchement des mœurs.

Benoît, qui a reçu les ordres, décide de se retirer loin du monde. Vers 500, il part pour le désert de Subiaco, au sud de Rome. Il y mène une vie d'ermite, faite de mortifications et de prières. Il rencontre un moine, Romain, qui l'encourage dans sa vocation et lui confère la « mélote », l'habit fait de peaux que portaient les moines orientaux. Benoît choisit de vivre seul dans une grotte, où Romain lui fait parvenir une maigre pitance dans un panier attaché à une corde. Trois ans passent ainsi.

La réputation de sainteté de Benoît grandit. Certains religieux des environs le veulent pour guide, mais, aussitôt révoltés par ses exigences spirituelles, ils tentent de l'assassiner : la légende veut que le pichet empoisonné qu'ils lui tendent se brise lorsque Benoît le bénit. Celui-ci retourne à sa grotte. Mais, cette fois, il n'est plus seul. Les ermites dispersés dans les montagnes viennent à lui ; les patriciens romains lui envoient leurs fils – parmi lesquels les futurs saint Maur et saint Placide. Pour ses disciples, Benoît construit douze monastères dirigés chacun par un abbé (le « père »). Cette vie monacale en communauté (cénobitisme) s'oppose à la conception orientale de l'érémitisme, alors très répandue. Benoît crée un noviciat – également le premier de l'histoire –, où sont éduqués les jeunes gens. Sa réputation lui amène des inimitiés parmi le clergé local et, une fois de plus, il s'éloigne.

Avec quelques disciples, Benoît se dirige vers les hauteurs du Mont-Cassin. Il s'y installe vers 529, convertit un temple romain en église et organise la vie des moines. Celle-ci se partage entre la prière, la méditation et le travail intellectuel ou manuel (ora et labora, « prie et travaille »), qui doivent se faire dans l'esprit de pauvreté, de charité et d'humilité. Selon Benoît, « le monastère doit autant que possible être situé de telle sorte qu'on y trouve tout le nécessaire : de l'eau, un moulin, un jardin, et des ateliers où l'on puisse pratiquer les divers métiers ». L'hôtellerie est à la disposition des pèlerins, des voyageurs, des malades – en particulier des lépreux. « Tout hôte qui viendra sera reçu comme le Christ », mais chacun doit travailler selon ses capacités. Quant à l'abbé, il est élu et les frères lui doivent obéissance. La mortification, si prisée en Orient, cède place à une forme d'ascétisme où le jeûne est limité.

La règle bénédictine est définitivement établie vers 540. Le pape Grégoire Ier le Grand est à l'origine de sa diffusion. Benoît jouit alors d'un immense prestige. On lui attribue des miracles, on lui prête des visions, de même que des prédictions. Sa sainteté attire vers lui les puissants – comme Totila, roi des Ostrogoths – et les humbles. Sans doute au début de 547, la sœur de Benoît, Scholastique, qui avait fondé un monastère de femmes non loin de son propre couvent, meurt au lendemain d'une ultime veillée en commun. Quelques jours plus tard, Benoît décède à son tour au cours d'un office religieux.

À la fin du viie s., le monastère du Mont-Cassin fut dévasté par les Lombards. Un moine bénédictin de l'abbaye de Fleury retrouva les ossements de saint Benoît en 673 et les rapporta – la commune où se situe l'abbaye a pris le nom de Saint-Benoît-sur-Loire. Plus de 20 000 fondations religieuses dans le monde adoptèrent la règle bénédictine, qui connut un important renouveau à partir du xe s. siècle sous l'influence des moines de Cluny. En 1958, saint Benoît a été proclamé par Pie XII « père de l'Europe et patron de l'Occident ».

Dans sa volonté de tout régler de la vie des moines, saint Benoît va jusqu'à leur prescrire la manière dont ils doivent passer la nuit : tous couchés dans un même lieu – sinon répartis par dix ou vingt –, les lits des frères les plus jeunes étant mêlés avec ceux des plus âgés, et tous vêtus de leurs habits de journée afin d'être immédiatement prêts au service divin. « Ils pourront se réveiller doucement les uns les autres afin d'ôter à ceux qui aiment à dormir tout sujet d'excuser leur paresse », ajoute saint Benoît dans son infinie prévoyance.

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cathédrale

La cathédrale d'Aix-la-Chapelle est la plus vieille cathédrale d'Europe du Nord. Depuis les débuts de sa construction au VIIIe siècle sous le règne de Charlemagne qui fera d'Aix-la-Chapelle sa capitale, l'édifice n'a jamais cessé d'être admiré. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1978.

Charlemagne fit bâtir son palais au cœur de son empire, dans la ville thermale d'Aix-la-Chapelle, le voyant comme une seconde Rome « Roma Secunda ». Il était le plus grand qu'un roi Franc ait alors jamais possédé. Hormis quelques vestiges, il ne reste aujourd'hui que la maison de Dieu, la « Marienkirche » de l'empereur.

L'octogone de la chapelle palatine de Charlemagne est la partie la plus ancienne de la cathédrale ; elle date d'environ 790-800 et fut construite par Eudes de Metz dans le style carolingien. Le trône de l'empereur y est toujours visible à l'étage. Quand il mourut le 28 janvier 814, il y fut enterré (au niveau du mur droit de l'entrée actuelle) dans un sarcophage romain en marbre, datant du IIe siècle ap. J.-C. et qui fut transporté d'Italie à Aix-la-Chapelle de son vivant et sur son ordre : le sarcophage de Proserpine (appelé aussi sarcophage de perséphone en grec). C'est pourquoi la cathédrale d'Aix-la-Chapelle est aussi souvent appelée la « cathédrale impériale » (en allemand : Kaiserdom).

La construction de la cathédrale s'étale sur à peu près 1 200 ans. Le noyau actuel de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle est la chapelle octogonale, qui est extrêmement petite comparée aux apports postérieurs. Cette chapelle, à l'époque de sa construction, était le dôme le plus grand du nord des Alpes. Son architecture carolingienne fascinante est un mélange d'antique et de byzantin avec des éléments Franco-Germaniques qui sont l'essence de ce bâtiment monumental. Pendant près de 600 ans, de 936 à 1531, la cathédrale d'Aix-la-Chapelle fut l'église du couronnement pour trente empereurs du Saint-Empire romain germanique.

Afin de pouvoir accueillir le grand nombre de pèlerins durant le Moyen Âge, un nouveau chœur est reconstruit entre 1355 et 1414 : référence explicite à la Sainte-Chapelle de Paris, cette construction, véritable « capella vitrea », est éclairée par un unique registre de hautes lancettes s'élevant sur presque toute la hauteur des murs. Le nouveau chœur est consacré en 1414, soit 600 ans après le décès de Charlemagne, dont la châsse est exposée dans la nouvelle abside.

Le trésor de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle comprend des chefs-d'œuvre sacrés de la période classique tardive, de l'art carolingien, ottonien et Staufen — parmi ces objets se trouvent des modèles uniques comme la « croix de Lothaire », le « buste de Charlemagne » ou encore le « sarcophage de Proserpine ». Le trésor de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle est considéré comme l'un des trésors ecclésiastiques les plus importants d'Europe du Nord.

Selon la légende, en l'an 1000, Otton III fit ouvrir une chambre forte contenant les restes de Charlemagne. Le corps aurait alors été retrouvé dans un état remarquable de conservation, assis sur un trône de marbre, vêtu de ses habits impériaux, la couronne sur la tête, les Évangiles ouverts sur ses genoux, et le sceptre à la main. Un grand tableau représentant Otton et ses nobles regardant l'empereur mort fut alors peint sur le mur de la grande salle de hôtel de ville. En 1165, l'empereur frédéric Barberousse fit rouvrir la chambre forte et déplaça les restes de Charlemagne dans un sarcophage sculpté en parian (imitation de marbre en céramique), qui aurait été celui dans lequel fut enterré Auguste. La datation des ossements remonte pourtant à 1215, au moment où Frédéric II les mit dans un cercueil d'or et d'argent dans lequel ils reposent toujours aujourd'hui sous le chœur de la Cathédrale. En fait, ils n'ont fait qu'ouvrir le Sarcophage de Proserpine. Le mythe a fait le reste.

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fourvières

 L’abbaye Sainte-Croix de Poitiers est une ancienne abbaye de Poitiers, qui a été transférée aujourd'hui sur la commune de Saint-Benoît.

L'abbaye Sainte-Croix fut fondée par la reine des Francs Radegonde en l'an 552, qui fuyait ainsi son époux Clotaire. Menacé d'excommunication par saint Germain de Paris, évêque de Paris, ce dernier finit par acquérir les terres près du quartier épiscopal de Poitiers où fut construite l'abbaye Sainte-Marie, premier monastère féminin de Gaule.

La première abbesse en fut sainte Agnès, la reine ayant refusé cette charge. Agnès plaça le monastère sous la règle de Césaire d'Arles. Agnès avait été une ancienne dame de compagnie de Radegonde, de même que sainte Disciole, une autre fidèle de Radegonde. L'abbaye fut renommée Sainte-Croix lorsqu'elle reçut en 567 des fragments de la Croix envoyés par l'empereur de Constantinople. L'abbaye possédait une quantité importante de reliques, et fut aussi un foyer culturel majeur à l'époque. Radegonde y fit venir notamment le poète italien Venance Fortunat, plus tard évêque de Poitiers, qui y écrivit ses hymnes les plus célèbres. On lui attribue entre autres le "Vexilia Regis". De cette époque subsistent un certain nombre d'objets : une grande croix mérovingienne en métal jadis ornée de pierreries, le fameux pupitre dit de sainte Radegonde, et la plaque centrale de la staurothèque contenant les reliques et datant vraisemblablement des alentours de l'an mil. Ces objets sont toujours en possession des religieuses.

La révolte des nonnes du monastère de Sainte-Croix de Poitiers a lieu entre 589 et 590. Menées par Basine et Chrodielde, les nonnes s’insurgent contre leur abbesse, Leubovère. Elles fuient le monastère pour trouver refuge chez l’évêque Grégoire de Tours puis dans la basilique de Saint-Hilaire. Les évêques tentent une conciliation pour résoudre le conflit. Cependant, des hommes de mains, recrutés par les religieuses, les chassent. Le roi Childebert II roi d’Austrasie, ordonne alors à un de ses comtes, Maccon, de mettre un terme à cette révolte.  Les nonnes sont finalement jugées et réintègrent leur monastère.

La révolte est menée par deux nonnes, Basine et Chrodielde, qui sont également princesses mérovingiennes. En effet, Chrodielde est la fille du roi Charibert et Basine la fille du roi Chilpéric. Ces nonnes contestent l’élection de la nouvelle abbesse Leubovère. Elles critiquent les conditions de vie au monastère, déclarant « qu’elles ne pouvaient plus endurer la faim, le dénuement, non plus que les mauvais traitements ». Elles remettent également en cause la gestion du monastère par Leubovère. Cette dernière est accusée d’avoir  « célébrée des fiançailles dans le monastère ». Cependant, l’abbesse récuse ses accusations. Selon elle, « elles n’avaient jamais enduré elles-mêmes une disette excessive étant donné la pénurie de la saison. Quant aux vêtements, (…) elles en ont plus que ne l’exigent leurs besoins ». Les nonnes n’admettent pas l’autorité de Leubovère qui en contrôlant le monastère s’impose comme la principale notable de la région.

Lors de la révolte des nonnes en 589, le Poitou se trouve dans une situation politique complexe. Depuis sa fondation en 552, le monastère a été sous la domination de six rois différents. En 585, le roi Gontran de Bourgogne, envahit le Poitou, territoire appartenant à son neveu, le roi Childebert II. En 587, Childebert II et Gontran signent le traité de paix d’Andelot et se jurent amitiés. Le Poitou est rétrocédé à Childebert II. En contrepartie Gontran obtient une partie de l’Aquitaine.  Le Poitou est donc dans une situation géopolitique délicate car il se trouve en périphérie du royaume de Childebert II, loin du pouvoir politique du roi à Reims et tout près du royaume concurrent de Gontran.

Les nonnes dirigées par Basine et Chrodielde, quittent le monastère de Sainte-Croix pour se rendent à Tours, afin d’adresser leurs griefs à l’évêque Grégoire de Tours. Elles se plaignent également de l’attitude de l’évêque de Poitiers Marovée. Ce dernier parait peu soucieux du sort de l’abbaye et reste passif. L’évêque est, en effet, en conflit avec les nonnes depuis que l’abbesse Radegonde a tenté d’empêcher l’évêque de contrôler le monastère. Cette dernière était l’épouse de Clotaire Ier et  a construit le monastère avec les ressources financières de son époux. Radegonde entra en conflit avec  l’évêque en rapportant une relique de la croix de Jésus ainsi que la règle écrite d’Arles car elle cherchait à émanciper le monastère du pouvoir de l’évêque et donc du pouvoir royal.

Chrodielde confie les nonnes à Grégoire de Tours et le supplie de « daigner garder ces jeunes filles qui ont été soumises à de grandes humiliations par l’abbesse de Poitiers, jusqu’à ce qu’elle aille trouver les rois, ces parents ». Elle se rend chez le roi Gontran, son cousin pour plaider sa cause. Chrodielde pensait que l’évêque Marovée, soutien de l’abbesse Leubovère, serait désapprouvé par son métropolitain et les évêques des provinces avoisinantes, sujets de Gontran. En effet, Marovée n’était pas apprécié dans le royaume de Bourgogne car il avait refusé de se soumettre à Gontran lors de l’invasion du Poitou. Les soldats royaux avaient été obligés de « se jeter sur l’évêque » afin d’empêcher sa sédition.

Cependant, les nonnes se lassent d’attendre les évêques auxquels le roi Gontran avait donné l’ordre de venir discuter avec l’abbesse.  Ce dernier hésite à envoyer des évêques sur les terres du roi d’Austrasie car il a peur de créer un conflit avec lui. Il attend donc ses instructions. Childebert II « instruit de ces nouvelles, adressa des envoyés au roi Gontran, afin que, réunissant les évêques des deux royaumes, on pût par un jugement canonique remédier à ce qu’il se passait ».

Les nonnes ne veulent pas se résigner à rentrer au monastère. La décision est prise de revenir à Poitiers mais de ne pas réintégrer le cloître.  Elles se mettent à l’abri dans la basilique Saint-Hilaire se trouvant à côté du monastère. Chrodielde décide de rassembler une troupe de gens « coupables de tous les crimes », pour se défendre. Cependant, les évêques Gondegisile de Bordeaux, Nicaise d’Angoulême, Saffaruis de Périgeux et Marovée de Poitiers, convoqués par Gontran et Childebert II, arrivent au monastère de Sainte-Croix. N’y trouvant pas les nonnes, ces derniers se rendent à Saint-Hilaire. Ils veulent « inculper à ses filles le désir de les ramener dans leur monastère ». Celles-ci refusent de se soumettre aux évêques et ils les excommunient. Les hommes rassemblés par Chrodielde, armés de bâtons, se jettent alors sur les évêques, les clercs et les serviteurs en les rouant de coups. Les évêques écrivent aux autres évêques du royaume de Gontran réunis en synode avec le roi pour les informer de la situation. Ces derniers valident la sentence d’excommunication. Plusieurs tentatives de conciliation sont menées mais elles échouent toutes car les nonnes souhaitent que leur sentence d’excommunication soit levée. Durant l’hiver 589/590, ayant peu de ressources pour vivre, une partie des nonnes quittent Chrodielde et Basine afin de retourner dans leur ancien monastère. Le noyau de nonnes qui résiste toujours envisage alors d’envahir le domaine de Sainte-Croix. Pendant la semaine sainte, elles se rendent au monastère, frappent les nonnes fidèles à l’abbesse et après plusieurs tentatives, kidnappent cette dernière.  Le roi Childebert exaspéré par la situation ordonne au comte Maccon de réprimer la sédition, son armée tue alors tous les hommes de Chrodielde. Les révoltées se retrouvant sans défense, sont condamnées à se rendre au tribunal ecclésiastique. 

Lors du procès, l’abbesse est confrontée aux accusations des deux princesses et elle doit donc s’expliquer. Des personnalités, comme le médecin Réovald, interviennent pour défendre l’abbesse Leuvobère. Les évêques, se fondant sur les canons de l’Église, déclarent que les révoltées sont privées de communion jusqu’à ce qu’elles aient accompli une pénitence acceptable. Ils les condamnent également à restituer tous les biens volés. Le jugement condamne les nonnes à la même peine sans faire distinction de rang. Cependant en novembre, suite à l’obstination de Chrodielde, un nouveau procès est organisé en présence du roi Gontran. Basine  « se jeta aux pieds des évêques, demanda pardon, promettant de rentrer dans le monastère pour y vivre en charité avec l’abbesse et de ne transgresser en rien la règle ». Chrodielde quant à elle affirma qu’elle ne rentrerait jamais dans le monastère « tant que l’abbesse Leubovère y resterait ». Le roi leur accorda son pardon. Ainsi « elles furent reçues à la communion et envoyées à Poitiers, Basine pour rentrer dans le monastère, et Chrodielde dans une maison des champs ». Peu de temps après, en 592, Leuvobère et l’évêque Marovée meurent.

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verdun

 Accord négocié et conclu à Verdun entre les fils de l'empereur Louis le Pieux.

Ce traité de partage reconnaît à Louis le Germanique la possession de la Bavière, accrue de tous les pays allemands sur la rive droite de l'Aar et du Rhin (à l'exception de la Frise), et des évêchés de Mayence, de Spire et de Worms, sur la rive gauche du Rhin.

Charles le Chauve reçoit les pays de langue romane à l'O. de l'Escaut, de l'Argonne, de la Saône et des Cévennes, plus le comté de Chalon, sur la rive gauche de la Saône, et moins les régions du Lyonnais, du Viennois, du Vivarais et de l'Uzège, situées sur la rive droite du Rhône et qui reviennent à Lothaire. Celui-ci reçoit le reste de l'Empire, de la mer du Nord au golfe de Tarente, avec les deux capitales Aix-la-Chapelle et Rome, et le titre impérial. Confirmé à Yütz (844), puis à Meerssen (847 et 851), le traité de Verdun donnait naissance à trois grands États (France, Germanie, Italie) et réduisait l'empire d'Occident à une fiction politique.

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grégoire

 Grégoire de Tours (538 à 594 après Jésus Christ.), de son vrai nom Georgius Florentius Gregorius, naquit à Riom, près de Clermont Ferrand.

Son père était issu d'une famille noble arverne, et sa mère comptait de nombreux évêques dans sa famille. La jeunesse de Grégoire de Tours ne fut pas de tout repos : à la mort de son père, c'est sa mère qui décida de l'élever. Puis elle décida de confier l'éducation de Grégoire à d'autres personnes, et ce dernier dut donc voyager dans diverses régions de France.

Devenu adulte, Grégoire de Tours fut tout d'abord ordonné diacre de la basilique Saint Justin, à Brioude. Puis, il fut élu évêque de Tours, en 573.

C'est à cette époque qu'il rédigea sa principale oeuvre, Histoire des Francs. Écrit dans un latin peu orthodoxe, son ouvrage est un recueil de 10 livres, racontant l'histoire du monde, de la genèse à l'accession des Francs au pouvoir (le titre original était d'ailleurs Dix livres d'histoire.).

Dans cet ouvrage, Grégoire de Tours n'hésitait pas à critiquer les rois mérovingiens qui étaient sur le trône à son époque, les invitant à s'inspirer du règne de Clovis.

Grégoire mourut à Tours, en 594 après Jésus Christ.

Grégoire de Tours écrivit une dizaine d'autres ouvrages, dont un peu plus de la moitié nous sont parvenus. 

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germiny

 

La mosaïque fut retrouvée vers 1820 par hasard, les gamins du village jouaient avec des petits cubes de verre colorés trouvés dans l'église. Les archéologues furent alertés et découvrirent ainsi, sur le cul-de-four de l'abside orientale, cachée sous une épaisse couche de badigeon datant du XVIIIème siècle, une splendide mosaïque sur fond d'or du IXème siècle : la seule de cette époque qui subsiste en France. A Aix-la-Chapelle, Charlemagne avait décoré la chapelle de son palais de belles mosaïques (inspirées de celles de Ravenne) mais elles n'ont pas tenu. Celle de Germigny a été conservée parce que techniquement elle a été bien réalisée et qu'elle a dû être bien entretenue par les moines de Fleury.
La voûte de la mosaïque de Germigny fut entièrement refaite en 1843 et la restauration de la mosaïque était terminée en 1856 (mais des zones avait déjà subi des reprises avant son badigeonnage).
On ne connaît pas l'artiste chargé de l'exécution de la mosaïque qui demeure à l'abside orientale, on a dit qu'il pourrait s'agir d'un réfugié byzantin fuyant les persécutions des iconoclastes, mais ce serait plutôt un mosaïste italien de Rome. Il dut composer une équipe d'artisans locaux ne maîtrisant pas la technique de la mosaïque et travailler sur une surface à trop grande courbure ce qui explique les distorsions des figures latérales. La mosaïque (9 m2) est composée de 130 000 petits cubes de verre (tesselles ou tessères de 6 mm2 à 1 cm2) ou d'émails (smalts) de différentes couleurs : vert, rouge, bleu, blanc, noir, sinople, gris, or, argent...

Le sujet de la mosaïque est particulier et unique, il ne représente pas comme motif central un personnage comme d'ordinaire en Italie (le christ, les évangélistes, la vierge Marie par exemple), mais un objet : l'Arche d'Alliance. Il faut voir dans ce choix la volonté de Théodulfe qui était iconophobe : selon lui, on ne doit pas représenter des images à figure humaine dans les églises de peur que les fidèles ne les adorent et tombent dans l'idolâtrie. L'Arche d'Alliance est représentée avec ses brancards pour la transporter, lors de l'exode elle était portée par des prêtres marchant en tête du peuple : au désert, dans la traversée du Jourdain, lors de l'attaque de Jéricho... Elle est ornée, comme le demande Moïse, de deux chérubins (Exode, 25, 17-20) qui gracieusement s'inclinent et nous indiquent avec leurs bras le coffre. Cette Arche rappelle la Première Alliance de l'Ancien Testament, mais elle symbolise ici le Christ qui a révélé la Nouvelle Alliance (le Nouveau Testament). Au-dessus du coffre, dans le ciel bleu étoilé, deux beaux archanges en vêtements antiques (de style byzantin) et dont le corps épouse la voûte montrent de la main droite l'Arche d'Alliance tandis que leur main gauche s'élève en signe d'adoration. Le vent qui agite les vêtements des archanges symbolise l'Esprit-Saint. L'archange de gauche, avec son auréole cruciforme, représente le peuple chrétien, celui de droite, la nation juive. Entre les deux têtes auréolées d'or des archanges, la main de Dieu (ou plutôt celle du Christ avec le stigmate de la blessure) sort du ciel étoilé en traversant un arc-en-ciel et bénit l'Arche. Ainsi sept mains nous invitent à porter notre regard sur l'Arche. 
La frise du soubassement de la mosaïque est bleue et porte une inscription de quatre vers latins tracés en cube d'argent qui disent "Vois ici et contemple le saint oracle et ses chérubins : ici resplendit l'arche du testament divin. Devant ce spectacle, efforce-toi de toucher par les prières le Maître du tonnerre; et ne manque pas, je t'en prie, d'associer Théodulphe à tes vœux". 
On peut retrouver cette inscription, qui assimile l'Arche au Temple de Salomon, dans le "Livre des Rois" et dans les "Libri carolini" (Livres Carolins) dont Théodulf est l'auteur. 

La mosaïque est la transcription symbolique de la pensée de Théodulf, les positions théologiques qu'il a développées dans les Livres Carolins pour, à la demande de Charlemagne, contrer les conclusions du concile de Nicée II qui venait d'autoriser à nouveau les images dans les églises.

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andelotLe traité d'Andelot, signé en 587 entre Gontran Ier, roi de Burgondie, et son neveu Childebert II, roi d'Austrasie, devait assurer une paix perpétuelle entre les deux royaumes.

En novembre 587, le roi Childebert II d'Austrasie, accompagné de sa mère la reine Brunehaut et de sa sœur Chlodoswinthe ainsi que de son épouse Faileuba et du conseiller Magnéric de Trèves, alla à la rencontre de Gontran, roi des Francs de Burgondie, à Andelot (aujourd'hui Andelot-Blancheville), près de Chaumont dans la Haute-Marne, afin de réconcilier les royaumes d'Austrasie et de Burgondie.
Les parties s'échangèrent des prisonniers : les Austrasiens livrèrent le duc Gontran Boson aux Burgondes, que le roi Gontran fit juger immédiatement et condamner à mort, et les Burgondes livrèrent aux Austrasiens Dynamius le Patrice, recteur de Provence, et Loup, duc de Champagne, que Childebert II accepta de reprendre sous sa domination. Les deux rois négocièrent un pacte, lequel déboucha sur le traité d'Andelot, daté du vendredi 28 novembre 587, en présence de nombreux évêques et grands laïcs des deux royaumes.

Ce traité assura la paix perpétuelle entre Austrasie et Burgondie et reconnut à Gontran les possessions de Châteaudun, Vendôme et les fortifications de la région de Chartres et d'Etampes.
Childebert II se vit reconnaître, à l'exception du duché de Dentelin (c'est-à-dire Paris), les possessions de son père Sigebert Ier : Meaux, Tours, Poitiers, Avranches, Aire-sur-Adour, Couserans, Labourd et Albi.
De plus, il reçut les deux tiers de Senlis avec une option d'achat sur le troisième tiers, propriété de Gontran, en échange de domaines situés à Ressons, près de l'Oise.
Le traité d'Andelot stipula que le dernier vivant recevrait le domaine de l'autre. Gontran considérait son neveu comme son héritier.
En échange, Childebert s'engagea à protéger la princesse Clotilde, fille du roi Gontran, après la mort de celui-ci.
Si Childebert venait à mourir en premier, Gontran s'engageait à protéger les princes Thibert II et Thierry II, les faisant héritiers des deux royaumes, la reine mère Brunehaut, la sœur du roi, la princesse Clodoswinthe et la reine Faileuba.

Le texte reconnut officiellement à Brunehaut son pouvoir de reine, par la présence de son nom sur la suscription du traité. Brunehaut réclama le Morgengabe que Chilpéric Ier avait constitué pour Galswinthe en Aquitaine, Gontran lui restitua Cahors mais, bien que Brunehaut s'en vît confirmer la propriété, il décida d'administrer en usufruit sa vie durant Bordeaux, Limoges, Béarn et Bigorre.
Chlodoswinthe, Faileuba et Clotilde, nièce de Brunehaut, furent assurées de leurs rentes et biens en dépit de la mort des souverains mérovingiens.
Les anciens leudes de Sigebert Ier durent jurer fidélité à Childebert II et l'accueil de fuyards fut interdit. Néanmoins, le texte assurait la libre circulation des voyageurs et marchands entre les deux royaumes. Le pacte stipula également que les dons accordés par les souverains restaient valides malgré les partages de territoire. Les deux rois et la reine jurèrent de respecter le pacte, s'échangèrent des cadeaux et s'embrassèrent en signe de paix