philippe le belPhilippe IV, dit « Philippe le Bel » ou le roi de fer (né à Fontainebleau en avril/juin 1268 ? mort à Fontainebleau le 29 novembre 1314), fils de Philippe III le Hardi (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon, est roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.

Les États généraux de 1302-1303 se tinrent le 10 avril 1302 à la cathédrale Notre-Dame de Paris et au palais du Louvre le 13 ou 23 juin 1303. Il s'agit de la première réunion des états généraux du royaume de France, convoqués à la demande de Philippe IV le Bel pour asseoir sa légitimité en tant que Roi de France à lever des impôts sur le clergé français face au pape Boniface VIII qui voulait, lui, que le clergé n'ait de comptes à rendre qu'à Rome.

Cet événement peut-être considéré comme le point de départ du gallicanisme français, c'est-à-dire, le fait que le Roi de France soit l'unique représentant de Dieu dans son Royaume, défiant ainsi l'autorité pontificale. Ces premiers états généraux sont aussi l'occasion de former un véritable sentiment national dans le soutien au Roi face au Pape, notamment de la part des grands nobles français. Les Rois de France, à partir de cet événement et jusqu'au Grand Schisme de 1378, tiendront la papauté sous contrôle permanent, notamment en insistant fortement pour que la papauté se déplace de Rome à Avignon, plus proche de Paris.

En 1302 il n'y avait pas à Paris de salle suffisamment grande pour accueillir les Etats-Généraux, Philippe le Bel les a donc réunis le 29 novembre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les effectifs des seconds États Généraux de 1303 son beaucoup plus réduits car les représentants du Tiers-Etat y sont absents, et représentant des nobles et du clergé, ils peuvent donc se réunir dans le palis du Louvre.

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 Saint-Flour, 7300 habitants, est située sur une planèze, un plateau basaltique issu d’éruptions volcaniques. La ville se compose de la ville haute et de la ville basse.

saint flourLes origines de Saint-Flour (Cantal) remontent au IVe siècle avec la venue de l’apôtre Florus qui évangélisa la cité. Le culte voué à Saint Florus est d’ailleurs attesté par une charte rédigée à la fin du Xe siècle. Des vitraux le représentent dans la cathédrale Saint-Pierre, ainsi que dans l’église Saint-Vincent. Le prieuré de Saint-Flour rattaché à l’abbaye de Cluny est dû à Odilon de Mercoeur, 5e abbé de Cluny, qui fait ratifier en 1020 par l’autorité royale, la donation du domaine ecclésiastique, socle de la future cité.

Sur décision du pape Jean XXII, le diocèse de Clermont est scindé en deux en 1317. Clermont devient le siège de l’évêché de la Basse-Auvergne, tandis que Saint-Flour devient celui de la Haute-Auvergne. Les frontières différaient de celles d’aujourd’hui, puisque le diocèse de la Haute-Auvergne comprenait le Cantal, à l’exception du Mauriacois et la Haute-Loire, à l’exception du Velay.

Les travaux d’amélioration de la ville datent également du XIVe siècle avec des modifications apportées à l’enceinte de la ville.

Du Moyen Age au XVIe siècle, la cité connue ses heures de gloire, dues tout d’abord à sa situation géographique qui en faisait une place stratégique. Le roi Louis VIII, en guerre contre le Comte de Toulouse et le roi d’Aragon,  s’y arrêta en 1226, au retour d’une bataille dans le midi. Les murailles de l’oppidum de « Sancti Flori » offraient toute la sécurité désirée. Une autre visite royale et pour les mêmes raisons de sécurité, celle de Charles VII, aura lieu en 1437. C’est également au XIIIe siècle que Saint-Flour devint le chef-lieu d’une prévôté, unité de justice sous l’Ancien Régime.

Située à la croisée du pays d’oïl et du pays d’oc, Saint-Flour fait à l’époque figure de ville importante et connait un certain développement. Par la suite, Saint-Flour va perdre en influence. En effet, la fin des Guerres de religion ne fait plus de Saint-Flour un rempart protecteur.

Au XVIIIe siècle, à l’initiative de l’évêque, urbaniste et mécène, Paul de Ribeyre, la cité épiscopale s’embellit de constructions imposantes comme le Grand Séminaire et sa chapelle, un nouvel hôpital pour indigents, l’aménagement et ouverture d’une porte dans les remparts, aujourd’hui la porte Ribeyre.

Un fait notable, la convocation le 24 janvier 1789 par Louis XVI, des Etats généraux et des assemblées de Haute-Auvergne à Saint-Flour, inscrit la ville dans l’histoire pré-révolutionnaire. S’ensuivra en 1790 la création du département du Cantal. Suite à la rivalité entre Saint-Flour et Aurillac, un alternat est mis en place et Saint-Flour devient chef-lieu  de département pour 2 ans. La ville d’Aurillac s’imposera et depuis 1791, Saint-Flour n’est plus le chef-lieu du Cantal.

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domrémy

Domrémy-la-Pucelle — ou Domremy-la-Pucelle — est une commune française située dans le département des Vosges en Lorraine. La commune de l'arrondissement de Neufchâteau fait aujourd'hui partie de la région administrative Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

Domrémy-la-Pucelle est connue pour être la patrie de Jeanne d'Arc.

La commune est située dans la vallée de la Meuse au nord de Coussey. Le territoire communal englobe vers l'ouest une éminence boisée culminant à 407 m (le bois de Domrémy) et qui domine Les Roises, une petite commune meusienne.

Le nom de la localité est attesté au XI° siècle sous la forme latinisée Domnum Remigium, puis Dompremy la Pucelle en 1578.

S'il existait un toponyme gaulois antérieur, il a disparu comme plusieurs milliers d'autres en Gaule sans laisser aucune trace. La formation toponymique actuelle date du Moyen Âge. Il s'agit d’un composé en Dom-, élément fréquemment rencontré dans la toponymie médiévale et signifiant « saint » au sens de dédicace de la paroisse, suivi du nom de Saint Remy auquel est d'ailleurs consacré la paroisse, d'où la forme latinisée Remigius qui est précisément le nom de Remi (Remy ou Rémy) en latin. Le terme masculin dom, issu du latin dom[i]nus a disparu de l'usage commun, alors que sa forme féminine Dame s'est perpétuée dans le français moderne. Le a de dame, vocable issu du latin dom[i]na, est lié au phénomène de l'haplologie. On trouve également en toponymie la forme altérée Dam- comme dans Danmartin  par exemple.

Domremy est un type toponymique fréquent puisqu'on trouve Domremy-Landéville (Haute-Marne, Domnus Remigius XIe siècle); Donremy-aux-Bois (Marne, Domnus Remigius en 1047); Donremy-la-Canne (Meuse, Domnus Remigius en 1064); ainsi que Dompremy (Marne, Damremigius en 1161). En outre Dom- se retrouve dans les nombreux Dommartin, Domjean, Domptail, Domprix, etc., tous formés avec un nom de saint.

La prononciation rémoise parfaitement constante depuis des siècles est « Remi » (et non « Rémi »). Remy (rarement Remi) est par ailleurs un nom de baptême et un patronyme très fréquemment attesté depuis un millénaire. Dans une monographie sur Jeanne d'Arc, Jérôme Estrada écrit : « Il est inexact d’écrire Domrémy avec un accent. L’« e » initial de Remigius étant libre — c’est-à-dire suivi d’une seule consonne - s’est affaibli en « e » sourd en français ». En réalité ce e intervocalique était devenu muet en français, d'où la prononciation ancienne « r'nard » pour renard, « s'cret » pour secret, « p'tit » pour petit. L'articulation du e [ø] est une réaction moderne, on devait dire « r'mi ». C'est pourquoi il faut écrire Remy comme renard ou secret sans accent aigu. Alain Litaize de l’Université de Nancy pensent, que « la règle qui prévaut veut que l’on retienne la prononciation locale ». En la matière, les Domremois, à commencer par leur maire, Daniel Coince, et l’ancien recteur de la Basilique Jean Mengin prononcent « dom-re-mi ».
Le sénateur Albert Voilquin fit passer au pilon tous les timbres de la maison de Jeanne d’Arc édités en 1970 parce qu’il y avait un accent aigu sur le e.

Le lieu était habité à l'époque celte comme le montrent certaines murailles et tumuli antiques.

Au XV° siècle, du vivant de Jeanne-d'Arc, la paroisse était divisée en deux parties : l'une dépendait du comté de Champagne, française, l'autre du Barrois mouvant. La jeune Jeanne d'Arc aimait se rendre en la chapelle de Bermont, près de Greux, pour prier, comme à l'église de Domrémy où elle avait reçu le baptême. Ses voix, qui l'initièrent à sa mission et l'accompagnèrent dans son action – les saintes Catherine d'Alexandrie, Marguerite d'Antioche et saint Michel Archange – étaient pour elle des figures familières du voisinage, voire familiales, ce qui contribua à ouvrir la psychologie de la jeune adolescente à la vocation hors norme qui fut la sienne.

Domrémy – ou du moins la partie dans laquelle se trouvait la maison de Jeanne d'Arc, à savoir la partie nord du village – fut exempté d'impôts par Charles VII après son couronnement lors de l'anoblissement de Jeanne d'Arc. En 1571, le village de Domrémy fut officiellement rattaché à la Lorraine et perdit le privilège (le duché de Lorraine relevait du Saint-Empire romain germanique) et fut rattaché au royaume de France près de deux siècles plus tard sous Louis XV). En revanche, le village de Greux demeura territoire français et conserva le privilège jusqu'en 1766. La paroisse de Domrémy devint en 1578 Domrémy-la-Pucelle. Elle passa au statut de commune à la Révolution française.

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loches

 En 491, Ursus, venu de Cahors, créa un monastère sur une colline surplombant la vallées de l'Indre dans une ville nommée alors Lucca (Loches). Saint-Ours fit construire un moulin prés du monastère et y vécu jusqu'à sa mort en 508. A la même période fut construit en ces lieux un "castrum", c'est à dire un camp retranché romain. Loche devint ensuite une forteresse  détruite au VIII ème siècle par les fils de Charles Martel. Charles le Chauve fit néanmoins réaménager la forteresse au siècle suivant.

Louis le Bègue, fils de Charles le Chauve, érigea Tours en préfecture royale et nomma Ingelger préfet. Satisfait de ses services, il lui donne une partie du comté d'Anjou et lui fait épouser la fille du comte de Gatinais. De cette union naîtra Foulques le Roux qui épousera Roscille qui lui apportera la forteresse de Loches. C'est ainsi que naîtra la puissante famille des comtes d'Anjou. Foulques le Bon releva les fortifications de la citadelle, tandis que Geoffroy Grise-Gonelle, homme trés pieux et pacifique décida de bâtir (en 965 ou 973) une église dédiée à Notre-Dame à l'emplacement même de l'église primitive Sainte-Marie-Madeleine construite au Vème siècle par Saint Eustoche. Geoffroy Grise-Gonelle dotera la nouvelle église d'une relique : la ceinture de la Vierge, qui existe toujours, pieusement conservée dans un coffre.

Le fils de Geoffroy Grise-Gonelle, Foulques Nerra, régna sur l'Anjou et la Touraine de 987 à 1040. Il érigea treize donjons pour protéger ses territoires, dont celui de Loches. Son épouse, Hildegarde, fit construire une chapelle, aujourd'hui détruite mais sur laquelle a été érigée la tour Saint-Antoine. Foulques Nerra mourut à Metz en 1040 mais fut inhumé prés de Loches en l'abbaye de Beaulieu. Des travaux entreprise en 1970 ont permis d'identifier son sarcophage. Geoffroy Martel succède à son père, puis, mourant lui-même sans héritier mâle, Loches revient en 1060 à ses neveux : Foulques le Réchin et Geoffroy le Barbu.

 Le second fils de Foulques le Réchin,  Foulques V le Jeune, régna de 1109 à 1142 et fit l'unanimité en Touraine.  C'est le fils de Foulques V, Geoffroy le Bel, qui en 1128 épousera Mathilde, la petite fille de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre. De 12 ans plus jeune que son épouse, Geoffroy le Bel dit Plantagenêt  parce qu'il planta une branche de genêt sur sa toque pourpre, fut le fondateur de cette dynastie. De leur union naquit Henri II Plantagenêt qui régnera jusqu'en 1189. Loches doit à Henri II Plantagenêt les magnifiques remparts qui entourent la ville haute, où l'on admire encore les chef-d'oeuvres de cette époque : notamment le donjon qui date du début du XII è siècle.

 Le logis du gouverneur fut construit au XIV è siècle auprès du donjon. La Tour Neuve dite de Louis XI fut construite vers 1415. Louis XI en fit une prison redoutée. La collégiale Notre-Dame fut reconstruite à la même époque que le donjon par Thomas Pactius à partir de la primitive chapelle castrale et des restes de l'Eglise construite deux siècles plus tôt par Geoffroy Grise-Gonelle. Après la mort de Henri II, la lutte entre le roi de France et ses très puissants vassaux ne sera pas terminée pour autant. Philippe Auguste après un accord passé avec Jean sans Terre, prit possession de la forteresse de Loches, par surprise, en quelques heures, alors qu'elle était  réputée imprenable. Richard Coeur de Lion en reprit possession en 1194. Le roi de France s'en empara à nouveau en 1205. Ce dernier épisode marquera le fin de la présence des Plantagenêt à Loches.

Par la suite, Charles VII, en butte à la fois contre les anglais et la Bourgogne, résida soit à Loches et à Chinon. Après la victoire d'Orléans, Jeanne d'Arc vint à Loches fin Mai 1429 pour persuader le roi d'aller à Reims pour se faire couronner roi de France. Vers la même époque, Charles VII rencontra une jeune fille d'une étonnante beauté : Agnès Sorel, qui deviendra la première maîtresse officielle dont parle l'histoire. Aprés la prise de Rouen et l'expulsion des anglais, Charles VII prit ses quartiers d'hiver à Jumièges où sa maîtresse vint le rejoindre. C'est là qu'elle mourut en 1450 des suites d'une infection puerpérale violente qui l'emporta en quelques heures. Elle fut inhumée à Loches dans le choeur de la collégiale Notre-Dame où un magnifique tombeau lui fut érigé. Louis XVI puis le préfet Pomereul (1806)  firent déplacé le tombeau qui n'a rejoint sa place actuelle qu'en 1970. 

 A partir de 1451, Charles VII séjourna très régulièrement à Loches. Pendant cette période, il releva les fortifications de la ville qui avaient beaucoup souffert de  plusieurs incendies. 

 A partir de 1461, Louis XI fit de fréquents passages à Loches pour y chasser dans la forêt giboyeuse.

 Après la conjuration d'Amboise, Loches, place forte, quartier général du calvinisme, sera occupée le 2 Juin 1562 par les troupes protestantes de Condé. Deux mois plus tard, le connétable de Montmorency, avec ses  troupes, délogera les protestants.

 La tranquillité revenue dans la cité, le duc d'Anjou, futur Henri III, résida lui-même à Loches pendant une quinzaine de jours avant d'aller livrer la  bataille de Moncontour, le 3 Octobre 1569, qu'il remporta contre les protestants.

Hercule-François, duc d'Alençon, jeune frère de Henri III fut nommé  seigneur du Comté de Loches en 1579.

Par la suite, le favori d'Henri III, le duc d'Epernon passa par Loches en 1584 alors qu'il était envoyé en ambassade extraordinaire auprès d'Henri de Navarre (future Henri IV). Par la suite, Epernon supplanta Joyeuse au poste de gouverneur de Loches.

Le successeur d'Epernon sera son fils, Bernard de Nogaret, de la Valette et de Foix, Gouverneur de Guyenne. A sa mort, en 1661, il sera remplacé par le duc de Saint-Aignan, Gouverneur de Touraine et aussi gouverneur des châteaux des villes de Tour, Loches et Beaulieu. Son fils, Paul de Beauvilliers lui succédera à sa mort en 1687. Ce dernier épousera la fille de Colbert avec qui il aura 13 enfants.

Le construction du pont royal à Tours à la fin du XVIII è siècle détourna la plus grosse partie du trafic vers Tours au détriment de Loches.

A la veille de la Révolution, la forteresse et la prison royales de Loches avaient perdu beaucoup de leur importance. Les cachots, où des personnages illustres avaient été incarcérés au cours des précédents siècles étaient vides. Avec la Révolution, avant, pendant et après la Convention, Loches servit à nouveau de prison. Il est à noter que pendant cette période,  le tombeau d'Agnès Sorel n'a pas été dégradé. L'année 1793 fut néanmoins redoutable pour toutes les familles de la région appartenant à l'aristocratie. Après la Révolution, la désaffection pour Loches fut si importante que lorsque Prosper Mérimée, Inspecteur Général des Monuments Historiques, vint à Loches en 1841, l'herbe poussait dans le rue du château. Loches doit beaucoup à Mérimée : c'est grâce à lui et à Viollet-le-Duc qui l'accompagna en 1844 que le logis royal et la collégiale furent sauvés de la ruine. 

Les visiteurs célèbres du château :

En 1301, Philippe IV et son épouse séjournèrent à Loches pendant une semaine et y revinrent en 1307.

En 1510, Claude France, fille de Louis XII, fit son entrée à Loches, accompagnée d'Anne de Bretagne sa mère.

François 1er séjourna régulièrement à Loches pour y chasser.

En 1531, c'est Henri II qui fait son entrée dans la ville. 

En 1534, Jacques V roi d'Ecosse vint y rencontrer sa future épouse Madeleine de France.

En 1535, Eléonore d'Autriche fit une entrée royale suivie de son frère Charles Quint qui y fut reçu par François 1er 4 ans plus tard.

En 1559, François II et son épouse Marie Stuart vinrent à Loches où ils furent reçus de manière très solennelle.

En 1576, Catherine de Médicis vint à Loches où elle résida dans dans l'ancienne maison d'Agnès Sorel située rue du "Puy-Mourier".

En 1617, après l'assassinat de Concini, Louis XIII assigna sa mère à résidence au château de Blois. Avec la complicité d'Epernon, elle s'en échappa et fit halte dans sa fuite à Loches pendant un court séjour.

A partir du milieu du XVII è siècle, les séjours des membres de la famille royale se feront rare. En 1700, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV fera un passage à  Loches lors de son voyage en Espagne pour y prendre possession de ce royaume. En 1739, c'est la fille de Louis XV, Marie-Louise-Elisabeth de France qui transitera par Loches pour aller épouser le fils de Philippe V.

Bien plus tard, le 30 Septembre 1944, Michel Debré sera accueilli à l'Hotel de Ville afin d'apporter à la population des paroles de confiance et d'espoir. Le 28 Mars 1945, c'est le Maréchal Leclerc qui y fera son entrée.

Les prisonniers célèbres du château :

Le duc d'Alençon fut incarcéré à Loches pour avoir pris les armes contre Charles VII.

Le cardinal de La Balue y fut aussi incarcéré pour avoir trahi Louis XI.

Philippe comte de Bugey et Seigneur de Bresse fut incarcéré  sous Louis XI pour avoir semé le trouble dans le Dauphiné.

Pierre de Brézé, grand sénéchal de Normandie, d'Anjou et du Poitou y fut incarcéré pour s'être commis à plusieurs reprises.

Commynes resta huit mois dans les geôles de Loches pour s'être révolté contre la régent Anne de Beaujeu alors que son frère Charles VIII était trop jeune pour régner.

Ludovic Sforza, duc de Milan, fut incarcéré à Loches lorsque Louis XII entreprit de revendiquer le duché de Milan, héritage de sa grand mère Valentine Visconti.

En 1519, eut lieu le complot fomenté par Charles Quint contre François 1er auquel prirent part le connétable de Bourbon, Jean de Poitiers Saint-Vallier. Le complot fut éventé et Jean de Poitiers fut arrêté et condamné à la peine capitale. C'est sa fille, Diane de Poitiers qui convint François 1er de commuer sa peine en incarcération. C'est ainsi qu'il fut emprisonné à Loches où il mourra peut de temps après des suites d'une fièvre (dite par la suite "de Saint-Vallier") qui l'emporta.

Pendant la Révolution, le docteur Viau (peu célèbre j'en convient), fut emprisonné à Loches avec son épouse pour avoir commis l'imprudence d'être trop charitable dans la délivrance des certificats pour éviter l'incarcération de vieillards plus ou moins valides.

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comynes

Philippe de Commynes est né en Flandres (dans le nord de la France) au château de Commynes en 1445.

Diplomate et historien, Philippe de Commynes est d’abord conseiller du Duc Charles le Téméraire. Puis, il entre au service de son ennemi, le roi Louis XI en 1472, qui lui attribue la seigneurie d’Argenton (actuellement dans le département des Deux-Sèvres). Il exerce ensuite auprès des rois Charles VII et Louis XII.

Tombé en disgrâce pour sa participation à divers complots, le conseiller est emprisonné à Loches de janvier 1487 à mars 1489 et est dépouillé de ses biens. Il revient dans l’arène du pouvoir après quelques années d’exil, son talent incontesté de diplomate s’avérant indispensable aux relations avec les royaumes étrangers.

De 1488 à 1494, il écrit les six premiers livres des Mémoires, un des premiers ouvrages d’analyse politique moderne. En 1498, ayant pris sa retraite, il achève les deux derniers tomes de ses Mémoires.

Il meurt en 1511 dans sa seigneurie d’Argenton.

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avignon

 Le palais des Papes est construit sur le lieu le plus élevé de la ville, le rocher des Doms, entre la cathédrale et le palais communal. Le lieu choisi est donc important du point de vue défensif mais également du point de vue symbolique. Construit à l'emplacement de l'évêché – ce qui est rendu possible par le fait que Jean XXII a été évêque d'Avignon et qu'il n'y a pas de nouvel évêque au moment où, devenu pape, il s'y installe – ce nouveau palais remplace la précédente résidence papale. En effet, Clément V demeurait au couvent des dominicains, alors hors les murs de la première enceinte de la ville. C'est essentiellement à Benoît XII et à Clément VI qu'il revient de construire le palais que nous voyons aujourd'hui. Les papes ultérieurs construiront quelques adjonctions qui ne le modifieront que peu. Il est très impressionnant de penser que l'essentiel du palais a été construit en une vingtaine d'années. C'est le plus grand palais gothique conservé, avec ses 6 500 mètres carrés de surface et une emprise totale de 15 000 mètres carrés si l'on inclut les cours et les jardins.

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du guesclin

Homme de guerre français (La Motte-Broons, près de Dinan, 1315 ou 1320-Châteauneuf-de-Randon 1380).

Petit hobereau breton devenu une immense figure de la guerre de Cent Ans, le connétable Bertrand Du Guesclin incarne le chevalier par excellence. Pendant vingt-cinq ans, il mit sa bravoure au service de la couronne de France.

Aîné d'une famille de la petite noblesse, Bertrand Du Guesclin fait ses premières armes en tournoi. La Bretagne étant devenue un enjeu de la rivalité franco-anglaise, il est recruté, en 1355, comme mercenaire pour le compte de Charles de Blois, soutenu par le roi de France Jean II le Bon. Il se distingue aussitôt tant par son courage que par sa ruse et, en 1356, il enlève Rennes aux Anglais.

Armé chevalier en 1357, il passe au service du roi de France lui-même et, lorsque ce dernier est emmené à Londres, après la victoire du Prince Noir à Poitiers (1356), il demeure fidèle à la cause du Dauphin – le futur Charles V, dont il va s'attacher la confiance.

Nommé gouverneur de Pontorson (1359), Du Guesclin devient par là même capitaine général du duché de Normandie, tout en restant vassal du duc de Bretagne. Menant contre l'occupant anglais une véritable guerre de harcèlement, il acquiert une réputation qui lui vaut le surnom de « Dogue noir de Brocéliande ». Dès que le traité de Brétigny (1360), mettant fin à la première partie de la guerre de Cent Ans, est signé, il en fait respecter les clauses en Normandie.

À l'avènement de Charles V, en 1364, Du Guesclin est chargé de défendre la Normandie contre les entreprises de Charles II le Mauvais, roi de Navarre et petit-fils de Louis X le Hutin, qui espère ceindre la couronne de France en se ralliant aux Anglais. En battant les Navarrais à Cocherel (1364), il remporte la première victoire française depuis longtemps et reçoit alors du roi le comté de Longueville. Dans les derniers soubresauts de la guerre de la Succession de Bretagne, il participe à la bataille d'Auray (29 septembre 1364), aux côtés de Charles de Bois, qui y trouve la mort, tandis que lui-même est fait prisonnier.

Du Guesclin, dont Charles V a payé la rançon, prend en 1365 le commandement des Grandes Compagnies, afin d'en débarrasser le royaume. Il les emmène alors en Castille, dont Henri II de Trastamare et son frère Pierre Ier le Cruel, allié du Prince Noir, se disputent la couronne. Tombé aux mains des Anglais, il est à nouveau libéré contre rançon et remporte la victoire de Montiel, qui permet à Henri de Trastamare de monter sur le trône (1369).

Élevé au titre de connétable, en 1370, Du Guesclin dirige jusqu'à sa mort les opérations militaires de la guerre de Cent Ans. Conscient de la supériorité de l'armée anglaise dans les batailles rangées, il préfère aux grandes manœuvres, à l'issue incertaine si ce n'est en vies humaines, une guerre qui épuise l'ennemi et l'accule sur des places fortes. Il chasse les Anglais du Poitou, les poursuit en Bretagne, puis les contient en Île-de-France, où il se borne à précéder l'ennemi de loin en détruisant ses approvisionnements et en attaquant les troupes isolées.

En 1374, Du Guesclin combat encore en Guyenne et, en 1378, il assiège Cherbourg. En 1380, il reçoit le commandement militaire du Languedoc. À ce titre, il repart en guerre contre les Grandes Compagnies ; mais, tombé malade alors qu'il assiège la place forte de Châteauneuf-de-Randon, dans le Gévaudan, il meurt le 13 juillet 1380, deux mois avant Charles V, qu'il avait tant servi.

Bertrand Du Guesclin avait émis le vœu de reposer dans sa terre natale de Bretagne. Le cortège funèbre, parti du sud de l'Auvergne en ce mois de juillet 1380, dut faire plusieurs haltes en raison du mauvais embaumement du corps. Les entrailles furent laissées au Puy-en-Velay, en l'église Saint-Laurent, puis les chairs inhumées à Montferrand. Parvenu au Mans, le convoi fut arrêté par ordre de Charles V. Le souverain tenait à ce que son connétable eût son tombeau, à côté du sien, en la basilique royale de Saint-Denis. Le squelette de Du Guesclin y fut envoyé. Seul son cœur arriva à Dinan. Deux gisants conservent son effigie, l'un au Puy, l'autre à Saint-Denis.

En arrière plan du timbre: la bataille de Cocherel où le roi de Navarre Charles le Mauvais est battu par Du Guesclin le 16 mai 1364.

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vaucouleurs

  Situé au croisement de routes gallo-romaines, le site de Vaucouleurs sur les hauteurs de la vallée de la Meuse, était déjà occupé à cette époque.
Citée dans l’histoire à partir du 9ème siècle, elle n’a pris de l’importance que sous la protection des Sires de Joinville.
C’est Etienne de Vaux qui fit construire à partir de 1025 un château fort sur les hauteurs de la colline surplombant la Meuse. Rasé en 1056 sur l’ordre de l’évêque de Toul, il fut reconstruit à partir de 1060 sur l’initiative de Geoffroy 1er – Sire de Joinville.
C’est au 12ème siècle que la forteresse prit son essor sous l’influence de LOUIS VI le gros. CHARLES V rattacha Vaucouleurs à la France et y nomma un Gouverneur en 1365.
Vaucouleurs resta toujours la place avancée du royaume de France et un point de rencontre avec le Saint Empire, le Duché de Lorraine et les évêchés de Toul, Metz et Verdun.
Vaucouleurs poursuivi son développement pour devenir une ville industrielle importante dans la première moitié du 20ème siècle (Textiles, Fonderies, Fours à chaux, Brasserie, Statuaire,…).

Et bien sûr JEANNE D’ARC (1412-1431)

qui rencontra la Seigneur Robert de Baudricourt à Vaucouleurs et d’où elle prit son départ pour CHINON.
Jeanne d’Arc, née vers 1412 à Domrémy (Vosges), village du duché de Bar dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l’évêché de Toul pour le spirituel et morte dans sa 19ème année, sur le bucher le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de Normandie alors possession du royaume d’Angleterre, est une héroïne de l’histoire de France, chef de guerre et sainte de l’église catholique, connue depuis l’époque comme la « pucelle d’Orléans », et depuis le 19ème siècle comme « mère de la nation française ».

Elle est béatifiée le 18 avril 1909 et canonisée le 16 mai 1920. Jeanne d’Arc est devenue une des quatre saintes patronnes secondaires de la France, et dans le monde entier une personnalité mythique qui a inspiré une multitude d’œuvres littéraires, historiques, musicales, dramatiques et cinématographiques.

Sa fête légale et nationale établie par la loi promulguée le 10 juillet 1920 par le Président de la République Paul Deschanel est fixée au second dimanche de mai. Sa fête religieuse est fixée par l’église catholique au 30 mai, jour anniversaire de son martyre.

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louis ii

 Louis XI, fils de Charles VII, est un grand roi qui est souvent mal connu. Il a suscité des opinions contradictoires, plutôt défavorable envers l'homme, mais élogieuses quant à l'œuvre accomplie. Si on le disait cruel, il s'avère cependant que Louis XI n'était pas pire que la plupart des rois de cette triste époque. Son règne est principalement marqué par sa lutte avec le puissant duché de Bourgogne et de son représentant : Charles le Téméraire.

Né au plus sombre de la guerre de Cent Ans, en 1423, Louis XI a vu le royaume de son père Charles VII amputé des territoires situés au nord de la Loire. Il a connu tout jeune un pays dévasté, ravagé par les troupes du duc de Bourgogne et par les Anglais. Or soixante ans plus tard, à sa mort, les Anglais ne possédaient plus en France que Calais, le duché de Bourgogne avait disparu, les seigneurs et les soldats de fortune étaient réduits à l'obéissance. Le domaine royal avait absorbé la Bourgogne, l'Artois, la Picardie, la Franche-Comté, le Maine, l'Anjou et la Provence. Comment nier les qualités d'un tel souverain ? Et pourtant… un seigneur a dit de lui : « le roi le plus terrible qui fut jamais ». Pour les Bourguignons, il a été « l'universelle araigne », l'araignée qui contrôle tout au centre de sa toile qu'elle étend au monde entier. Un ambassadeur milanais a rapporté que de son entrevue avec le roi, il sortait si impressionné qu'il baignait dans la sueur que provoque la terreur. Bien longtemps après, les écrivains du XIXe siècle comme l'Ecossais Walter Scott, ont souligné l'aspect terrible de son règne. Même quand on voulait rendre justice à l'œuvre du roi, ainsi que l'a fait l'historien Michelet, on parlait de lui comme d'un génie démoniaque. Que faire pour en juger, sinon réexaminer le règne de cet étonnant souverain ?

Le jeune prince a fait un rude apprentissage. Avant de gouverner le Dauphiné, il a vécu chevauchées et batailles contre les Bourguignons et les Anglais. Louis n'entretient pas de bonnes relations avec son père Charles VII. A 13 ans, son père lui donne pour épouse Marguerite d'Ecosse. Cette union stratégique déplaît au jeune Dauphin (l'Ecosse est alliée à la France contre les Anglais). Louis XI ira jusqu'à battre Agnès Sorel, la maîtresse de Charles VII. On l'accusera même de l'avoir empoisonnée. En 1440, à 17 ans, il rejoint la Praguerie, révolte de nobles mécontents contre Charles VII, comprenant également Dunois ou la Trémoille (grands combattants de la guerre de Cent Ans). Parallèlement, Louis continue la lutte contre les Anglais et contre les compagnies (mercenaires vivant de leurs rapines). Il instaure une nouvelle noblesse, épouse Charlotte de Savoie, se procurant une alliance avec le duc. Dès la naissance de sa fille Jeanne, une enfant laide et boiteuse, il la donne en mariage à Louis d'Orléans (futur Louis XII), fils du poète Charles d'Orléans. Il espère ainsi que le mariage reste stérile afin d'éteindre cette branche capétienne rivale de la sienne. Alors que Louis XI continue de comploter contre son père, Charles VII envoie une armée qui le chasse du Dauphiné. Louis est contraint de se réfugier chez le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui l'accueille. En 1461, apprenant la mort de son père, il marque l'indifférence, il n'assistera pas aux obsèques royales à Saint-Denis.

Louis XI est avant tout un grand diplomate. Il sait faire preuve de beaucoup de finesse et de ruse. Il, n'étant pas physiquement particulièrement avantagé, est de plus pauvrement vêtu (son chapeau à médailles est resté dans l'Histoire) et est très avare, à l'opposé de Charles VII qui vécut fastueusement. De plus, il n'est pas accommodé à une vie de Cour, il préfère se déplacer dans le royaume. D'ailleurs, il ne demeura pas longtemps à Paris, il s'installa à Tours, ville gagnée à sa cause.

Les premières mesures prises par Louis XI furent de destituer les officiers de Charles VII et de réhabiliter ceux qu'il avait condamnés. A l'instar de son père, Louis sait s'entourer mais ses plus habiles conseillers comptent aussi parmi les plus rusés. Il fait appel à des sbires, toutes couches sociales confondues. Il les récompense largement mais exige d'eux le maximum, dans le cas échéant, il les punit avec une sévérité exceptionnelle. A son accession au pouvoir, c'est encore un état médiéval que le roi va gouverner. Louis XI transformera le pays comme aucun de ces prédécesseurs ne l'aura fait. La société française est alors en décomposition, les structures hiérarchiques de classe et de rang se maintiennent tout juste. Un chef d'Etat de l'envergure de Louis XI devait trouver dans cette situation le ferment idéal pour mettre en pratique ses idées : un absolutisme monarchique dilué se mêlant à des principes progressistes de développement économique, commercial et de marché. Il truffa Paris d'espions à sa charge, il lança ses sbires sur les routes de France, jugula la hiérarchie ecclésiastique et écrasa l'arrogante et puissante noblesse française.

Roi en 1461, Louis XI est à la tête d'un royaume en ruine, la France compte à peine 15 millions d'âmes, soit 8 millions de moins qu'au début du XIVe siècle. Les campagnes sont dévastées, Paris a conservé des remparts qui conviennent à une ville peuplée de 200 000 habitants, mais les Parisiens ne sont plus que 60 000 à 80 000. Pourtant, la guerre est finie, la France se rebâtit et reconstitue ses forces. Louis XI aide à ce relèvement, pour cela il faut être obéi. Contre la noblesse indisciplinée, le roi va lutter sans cesse par la ruse ou la violence. En 1465, il bat l'armée des grands féodaux à Montlhéry, au sud de Paris. Il fait périr par l'assassinat ou par des condamnations à mort exemplaires les rebelles et les traîtres : le comte d'Armagnac, le connétable de Saint-Pol, le duc de Nemours. Fait inouï, il ose emprisonner un homme d'Eglise, le cardinal Balue, qui intrigue avec le duc de Bourgogne. Lentement, les plaies se sont pansées, les campagnes ont été à nouveau mises en valeur. Lin dans le Nord, chanvre dans l'Ouest, laine partout : la France a recommencé à produire des tissus exportés dans toute l'Europe. Rouen double sa population en vingt ou trente ans. Des banquiers italiens s'installent à Lyon, où l'on inaugure la première foire internationale en 1464. Mieux obéi dans une France qui sort de la misère, le roi multiplie par quatre le poids de la fiscalité (en restaurant la Taille, l'Aide et la Gabelle) et entretient ainsi la meilleure armée d'Europe. En 1479, il crée la charge de « contrôleur général des chevaucheurs », c'est-à-dire responsable de la poste, le premier système régulier de relais sur les grandes routes de France. Enfin à ce royaume remis en ordre il fallait assurer la paix extérieure, en ruinant définitivement la prétention des rois d'Angleterre, et en brisant l'Etat le plus riche et entreprenant d'Europe, celui des ducs de Bourgogne.

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valréas

Pour comprendre les origines de l'Enclave des Papes, il faut remonter au temps où les Papes vivaient encore en Avignon.

En effet, pendant tout le 13ème siècle, des luttes sans merci déchirent le nord de l'Italie. A Florence et dans Rome, où les ruines dévorent la ville, les Guelfes, partisans du Pape, s'opposent aux gibelins, partisans des empereurs germaniques. Le trône de Saint-Pierre est si fortement menacé que les papes quittent Rome et transportent le Saint-Siège en Avignon où ils résideront au cours du 14ème siècle. En quelques décennies, cette ville rhodanienne devient une opulente cité commerciale et intellectuelle qui brille en Europe d'un éclat sans pareil.

Les papes ne cessent d'acquérir des terres d'Avignon, afin d'agrandir leur domaine et d'en tirer de substantiels revenus et surtout d'asseoir leur pouvoir face aux Etats du Royaume.

En 1317, après son élection à Lyon, le Pape Jean XXII, très malade, au cours d'une étape sur le chemin d'Avignon, goûta un vin de Valréas. "Il s'en trouva fort ragaillardi", et même très vite guéri. Il conclut que ce vin était miraculeux. Aussi, pour en disposer à sa convenance, il acheta la cité au Dauphin du Viennois. L'Eglise, héritant les biens des Templiers, Richerenches agrandit le territoire en 1320, puis Visan en 1344 et Grillon en 1451. L'Enclave était née ! Cette enclave permettait surtout au Pape de posséder une place-forte papale au sein des Etats du Dauphiné, propriété du Royaume de France. Elle fut délimitée par des bornes papales que l'on peut encore admirer à certains endroits (le circuit est disponible au Point-Tourisme).

Mais, curieusement, en traçant les limites définitives, l'administration pontificale s'aperçut qu'une petite bande de terrain, appartenant au Dauphiné, séparait toujours le Comtat Venaissin de la Région de Valréas. Le Pape s'efforça donc de racheter cette petite bande de terrain mais, en vain, le Roi de France s'y opposa, inquiet de l'avancée du Saint-Siège dans le Midi. Toute communication entre les deux possessions pontificales était donc impossible, sans franchir le territoire français.

En 1791, après la Révolution, l'Enclave des Papes, dépendant du Comtat Venaissin, fut rattachée à la France. A la formation des départements, les habitants de l'enclave furent consultés par référendum afin de décider de leur rattachement au Vaucluse ou à la Drôme. Désirant rester provençaux, les habitants votèrent pour le rattachement de l'Enclave des Papes au Vaucluse et devinrent vauclusiens tout en étant enclavés dans la Drôme !

L'Enclave des Papes devint ainsi une véritable enclave vauclusienne en terre drômoise, unique en son genre !

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mort de du dueclin

 Si la vie de Bertrand Du Guesclin, comblée de la gloire et des d'honneurs que méritait l'homme qui avait délivré la France des Anglais, forme une des plus nobles pages de notre histoire, sa mort et les circonstances touchantes dont elle fut entourée expriment mieux encore, peut-être, l'estime qu'inspirait ce beau caractère aussi bien à ceux qu'il combattait qu'au peuple pour qui il tirait l'épée.

Du Guesclin s'était rendu en Auvergne afin de compléter le grand oeuvre d'affranchissement auquel il avait consacré sa vie ; les Anglais, chassés des plus importantes provinces, étaient encore maîtres de quelques forteresses que le connétable voulait leur enlever.

Au commencement du mois de juin, il rejoignait le maréchal de Sancerre, son ami, devant le château de Randon, où s'était renfermé une de ces compagnies franches auxquelles le meurtre et le pillage étaient habituels et qui désolaient le pays de leurs excès.

Du Guesclin pressa le siége avec vigueur : à diverses reprises, il avait tenté l'assaut sans réussir à pénétrer dans la place ; mais la résistance qu'on lui opposait, loin de le décourager, n'avait qu'excité son ardeur, et il jura de n'abandonner Randon que le jour où il y aurait planté son étendard.

Il avait complètement investi la place, et plusieurs fois il avait sommé le gouverneur de se rendre ; celui-ci qui attendait des renforts d'Angleterre, avait énergiquement refusé, acceptant seulement pour toute condition de livrer la forteresse de Randon à Du Guesclin si, dans un intervalle de quinze jours, il n'avait point reçu de secours.

Durant cette négociation, Du Guesclin était tombé dangereusement malade ; mais on avait réussi à cacher au commandant de Randon ce triste événement : le maréchal de Sancerre avait été l'intermédiaire de sa soumission conditionnelle, et l'orgueil irrité du connétable avait servi de prétexte pour expliquer son absence.

Le mal fit de rapides progrès, et bientôt Du Guesclin dut faire à ses amis d'éternels adieux ; il leur adressa ses derniers conseils, leur recommandant, avec une humanité qu'on se plait à voir unie à tant de valeur, de ne jamais considérer comme ennemis, dans quelque pays qu'ils fissent la guerre, les gens d'église, les femmes, les enfants, les vieillards et tout le pauvre peuple.

Se tournant enfin vers Olivier de Clisson, son compagnon d'armes :

"Messire Olivier, lui dit-il, je sens que la mort m'approche de près, et ne vous puis dire beaucoup de choses.

Vous direz au roi que je suis bien marry que je ne lui aye fait plus longtemps service, de plus fidèles n'eussé-je pu ; et si Dieu m'en eût donné le temps, j'avois bon espoir de lui vuider son royaume de ses ennemis d'Angleterre.

Il a de bons serviteurs qui s'y emploieront de mesmes effets que moi, et vous, messire Olivier, pour le premier.

Je vous prie de reprendre l'espée de connestable et la lui rendre : il saura bien en disposer et faire élection de personne digne.

Je lui recommande ma femme et mon frère ; et adieu, je n'en puis plus."

Ce souvenir touchant de Du Guesclin, à sa dernière heure, pour le prince à qui il devait sa fortune, semble heureusement démentir cette mésintelligence qu'on prétend avoir séparé, sur la fin de leur vie, le connétable et le roi de France, le serviteur fidèle et dévoué et le maître reconnaissant.

Lorsqu'on le voit sur son lit de mort se préoccuper si vivement encore du salut de la France, on a peine à croire qu'il eût dès lors résolu de porter ses services à l'Espagne et d'abandonner le pays pour lequel il avait si vaillamment et si longtemps combattu.

Bertrand Du Guesclin, le bon connétable, comme on l'appelait, mourait le 13 juillet 1380, et le même jour expirait le délai accordé au gouverneur de Randon pour la reddition de la place qu'il avait courageusement défendue.

Lorsqu'il se présenta au camp français, il le trouva silencieux et triste ; les soldats, dans ce chef qui les avait conduits si souvent à la victoire, pleuraient leur défenseur et leur père, celui qui avait fait leur fortune, et qui plus d'une fois avait payé de ses propres deniers la rançon qu'exigeait l'ennemi.

Le capitaine anglais, reçu par le maréchal de Sancerre, traversa le camp, et lorsqu'il arriva à la tente de Du Guesclin il vit le connétable à qui il venait faire sa soumission, étendu inanimé sur son lit de mort.

Toutefois il ne se crut pas dégagé de sa promesse ; mais il ne voulut remettre qu'au connétable seul les clefs du château de Randon.

Réunissant ses troupes, il revint à cette tente, où il ne restait plus qu'un noble souvenir, déposer sur le cercueil de Du Guesclin les clefs de cette forteresse qu'il livrait pour ainsi dire à la glorieuse mémoire du brave chevalier breton.

Cet hommage touchant, qui honore également le vainqueur et le vaincu fut bientôt suivi de ceux de toute la France ; la mort de Du Guesclin fut l'objet d'un deuil auquel toutes les villes s'associèrent, le peuple n'avait pas oublié que c'était Du Guesclin qui avait chassé l'Anglais du sol national, et il voulut que ses regrets témoignassent hautement de sa reconnaissance.

Partout où le cortège passa, dit un historien, il fut accompagné d'un concours prodigieux de peuple, qui, avec de grands gémissements, priait pour le connétable et le comblait de bénédictions et d'éloges.

Les chapitres et les évêques le recevaient dans leurs églises, et il n'en partait qu'après les services qui se faisaient pour lui et les oraisons où on le nommait le conservateur du royaume et le libérateur de la patrie.

Le convoi se rendait à Dinan, où Du Guesclin devait être enseveli, quand un ordre du roi changea la direction de cette marche funèbre.

Charles V avait réservé un honneur suprême au vaillant chevalier, au connétable dont les services avaient affermi sur son front la couronne de France : il voulut que les restes de Du Guesclin reposassent à Saint ­Denis, dans la noble sépulture des rois de France.

Le cercueil de Du Guesclin arriva à Saint Cloud dans le commencement du mois d'août, et de là, sans traverser Paris, il se rendit à Saint Denis.

Sur son passage se pressaient les Parisiens empressés de saluer encore une fois le héros à qui la France devait son indépendance.

La cérémonie fut célébrée avec une pompe royale ; tous les princes qui se trouvaient à Paris et les plus grands personnages de la cour de Charles V y assistèrent, et l'illustre connétable qui fut : "Bayard dans sa jeunesse, Turenne dans son âge mûr," a dit M. de Chateaubriand, reçut, avant de prendre pour toujours place parmi les cendres royales, des honneurs dont l'éclat prouve que la France était digne de la grandeur de son dévouement.

Deux mois après la mort de Du Guesclin, le 16 septembre 1380, Charles V mourait, et à côté des restes du connétable on déposait le corps du roi : la pensée persévérante et sage et le courage inébranlable qui avaient réparé les malheurs du règne précédent étaient réunis dans leur éternel repos, comme ils l'avaient été pour le salut de la monarchie dans leur heureuse activité.

En 1389, Charles VI, dont la démence devait ramener en France les ennemis que la sagesse de son père en avait éloignés, rendit dans l'église de Saint Denis un nouvel hommage à la mémoire de Du Guesclin.

La popularité du bon connétable s'était accrue depuis sa mort ; sa vie avait été écrite pour l'enseignement du jeune roi, qui admirait avec passion les hauts faits du chevalier breton, dont l'écrivain qui nous les a transmis dit, dans son naïf enthousiasme :

"Ses actions n'étaient que hérauts de sa gloire ; les défaveurs, théâtres élevés à sa constance ; son cercueil, embasement d'un immortel trophée."

Charles VI et avec lui le duc de Touraine, son frère ; le comte de Nevers, fils du duc de Bourgogne, qui depuis fut Jean sans Peur ; le fils du roi de Navarre ; Clisson, qui avait obtenu la charge de connétable ; tous portant l'épée nue, environnés d'écuyers qui tenaient chacun une bannière éployée aux armes de Du Guesclin, d'argent, à l'aigle impérial de sable, avec sa devise, vinrent solennellement à Saint Denis, dont ]es voûtes retentirent encore une fois de l'éloge de l'Aigle de l'Ouest, comme les chroniques nomment parfois le chevalier breton.

La tombe de Du Guesclin, placée dans l'église royale, était de marbre noir et surmontée de sa statue en marbre blanc ; sur cette tombe on lisait cette épitaphe :

ICY GIST

MESSIRE BERTRAND DU GUESCLIN,

COMTE DE LONGUEVILLE, CONNESTABLE DE FRANCE,

QUI TRÉPASSA AU CHATEL NEUF DE RANDON EN GÉVODAN,

EN LA SÉNÉCHAUSSÉE DE BEAUCAIRE,

LE TREIZIÈME DE JUILLET 1380.

Longtemps une lampe brûla incessamment devant le tombeau du noble chevalier dont le nom, au milieu de nos guerres fatales contre l'Angleterre, jette un si pur et si vif éclat dans l'histoire de la France.

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charles 7

 (Paris 1403-Mehun-sur-Yèvre 1461), roi de France (1422-1461), fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière.

D'abord comte de Ponthieu, puis duc de Touraine et, enfin, dauphin en 1417 après la mort de ses trois frères aînés, il est reconnu roi à la mort de son père par la faction des Armagnacs. Mais il lui faut reconquérir son royaume. Conformément au traité de Troyes (1420), Henri VI, alors en bas âge, est à la fois roi de France et d'Angleterre (1422). Les Anglais, sous l'autorité du duc de Bedford, régent de France au nom de son neveu Henri VI, occupent toute la France au nord de la Loire, sauf quelques villes et forteresses isolées, et tiennent la partie occidentale de la Guyenne.

Charles VII, de son côté, dispose d'un embryon de gouvernement à Bourges, d'un parlement à Poitiers. Il tient les pays au sud de la Loire, a rallié le riche Languedoc à sa cause (voyage de 1420), et s'appuie sur le sentiment populaire. Mais il n'a ni finances, ni armée régulière, ni alliances sérieuses. Ses troupes sont vaincues à Cravant (1423) et à Verneuil (1424).

Les Anglais profitent de sa faiblesse et décident de mettre un terme à sa résistance en occupant Orléans, dont ils entreprennent le siège en octobre 1428. Vainqueurs d'une armée de secours qui tente de couper leur ravitaillement lors de la journée des Harengs, le 12 février 1429, ils semblent sur le point de remporter un succès définitif lorsque Charles VII reçoit le secours de Jeanne d'Arc. Il lui confie la conduite de sa dernière armée, à la tête de laquelle Jeanne délivre Orléans le 8 mai 1429, bat une armée anglaise de secours à Patay le 18 juin et fait sacrer Charles VII à Reims le 17 juillet.

Le roi est désormais légitimé. Il ne soutient plus guère l'action de Jeanne, qui est capturée devant Compiègne (1430) et suppliciée en 1431. En 1433, prend fin l'influence qu'exerçait sur le souverain Georges de La Trémoille. Le connétable Arthur de Richemont, qui avait déjà conseillé Charles VII de 1425 à 1427, rentre en grâce et reprend la lutte contre les Anglais. Par le traité d'Arras (1435), Philippe le Bon abandonne l'alliance anglaise. Paris est repris en 1436 par Richemont, et la libération du territoire se poursuit avec méthode. En 1450, la campagne de Formigny enlève la Normandie aux Anglais. En 1453, ce sont la victoire de Castillon, la délivrance de Bordeaux et de la Guyenne. Les Anglais ne tiennent plus que Calais. En outre le roi s'est débarrassé des « écorcheurs » en les envoyant combattre victorieusement en Suisse (1444). 

Les conseillers de Charles VII, justement appelé le Bien-Servi, peuvent terminer l'œuvre commencée depuis 1436 et reconstituer le pouvoir royal. Les finances reçoivent une organisation durable. Les ressources de la monarchie deviennent fixes et régulières. L'organisation des compagnies d'ordonnance (1445) et des francs archers (1448) marque le début d'une armée régulière, dotée par les frères Bureau d'une puissante artillerie.

L'opposition aristocratique est impuissante : la révolte de la Praguerie (1440), dont le dauphin Louis prend la direction, est vigoureusement réprimée, et le duc d'Alençon, Jean II, arrêté pour intelligences avec l'Angleterre, est condamné par la Cour des pairs (1458). Enfin, le scandale de sa vie privée permet de bannir à perpétuité le comte d'Armagnac Jean V (1460).

La pragmatique sanction de Bourges (1438) soumet le clergé au roi. La vie économique reprend son essor, notamment grâce à l'activité de Jacques Coeur. Mais, à la fin de son règne, le souverain craint d'être empoisonné par son fils le dauphin Louis, hostile au parti des Angevins, qui est au pouvoir, ainsi qu'à leur protégée, Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII.

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langeais

 Bâti sur ordre de Louis XI, le château de Langeais est une demeure du Moyen Âge superbement restaurée et meublée à la fin du XIXe siècle par Jacques Siegfried, qui l’a léguée à l’Institut de France en 1904 ; le château est soigneusement conservé depuis cette date par un membre de l’Institut. Le conservateur actuel est l’historien Jean Favier. La gestion du château et de son parc est confiée à une société délégataire.
La forteresse médiévale et son vaste parc dominent la Loire et la petite ville blottie à leurs pieds. Le visiteur découvre, au fil des salles, la reconstitution unique d'un intérieur du XVe siècle doté de très belles pièces de mobilier, d'objets d'art et d'une exceptionnelle collection de tapisseries.

Le décor originel et l’ameublement ont été reconstitués à la fin du XIXe siècle par le dernier propriétaire, Jacques Siegfried, homme d’affaires et amateur d’art éclairé. Il souhaitait redonner à ce château le décor de la demeure princière telle qu’elle était au temps du mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne. Tapisseries, meubles, tableaux, sculptures, boiseries, étoffes... tous les objets les plus significatifs du milieu aristocratique flamboyant du XVe siècle alors présents sur le marché de l’art ont été systématiquement achetés pendant vingt ans. Ils constituent aujourd’hui un ensemble exceptionnel des XVe et XVIe siècles, tout en donnant au château son caractère accueillant et vivant.

Entendant préserver l’œuvre de Jacques Siegfried, l’Institut a engagé et poursuit de grandes campagnes de restauration : le pont-levis, l’escalier monumental, le donjon et les tapisseries font l’objet d’importants travaux.

Au cœur de la Touraine, le château de Langeais est une des dernières forteresses construites par le pouvoir royal. Belle demeure seigneuriale du XVe siècle, elle fut bâtie de 1465 à 1467 par Bourré pour Louis XI. Langeais est cependant mentionné dans les textes bien avant cette construction. En effet, aux alentours de l’an mille, le puissant comte d’Anjou, Foulques Nerra, fonde le castrum de Langeais face à Tours, la plus importante ville de la région. Subsistent aujourd’hui, dominant les jardins, les vestiges du plus ancien donjon de pierre en France, « le donjon de Foulques Nerra ».

L’évènement majeur de l’histoire de Langeais eut lieu le 6 décembre 1491 : la célébration du mariage de Charles VIII et de la duchesse Anne de Bretagne.
Cette cérémonie discrète devait conduire à la réunion de la Bretagne au royaume de France.
La scène du mariage a été reconstituée avec des mannequins de cire dans la salle même où eut lieu la cérémonie.

Durant des siècles, le donjon de Langeais n’a cessé d’être une forteresse.

Le château a été construit rapidement, semble-t-il, et présente, de ce fait, une grande homogénéité. Son aspect extérieur sévère rappelle sa fonction de forteresse et offre l’image typique du château fort traditionnel, avec l’apparence d’un site défensif.

Seuls les côtés Sud et Est de la construction en quadrilatère prévue à l'origine ont été bâtis : un grand corps de logis, à côté d’un important pavillon d’entrée, et, en retour d’équerre, une aile d’aspect assez semblable. L’ensemble de ces façades est surmonté de hauts toits en ardoises que l’on aperçoit de loin.

Pont-levis en état de marche, tours imposantes, courtines, chemin de ronde couvert et mâchicoulis composaient un bon dispositif de défense contre les assauts. Ces éléments font de Langeais un des exemples les plus significatifs de l’architecture du XVe siècle.

Sur ses façades intérieures, Langeais témoigne de quelques influences de la Renaissance. Les élévations de la cour, d’une grande austérité, sont cependant percées de nombreuses fenêtres à meneaux disposées par travées couronnées, et, aux niveaux des toitures, de hautes lucarnes que termine un gâble orné de crochets, typique de l’exubérance décorative de l’époque flamboyante. Ce sont, avec les arcs en accolade surmontant les portes d’entrée du château et quelques beaux exemples de heurtoirs en fer forgé sur les portes, les seules concessions décoratives. Aucune frise sculptée, aucun bandeau mouluré ne viennent rompre la sobriété des murs.

Intérieurement, le château présente les dispositions classiques d’une grande demeure de la fin du Moyen Âge dont les salles et les chambres sont ornées de grandes cheminées et de tapisseries exceptionnelles.

Certaines cheminées sont remarquables par leur décor finement sculpté, comme celle de la salle du banquet qui représente une forteresse à quatre tours, avec, sur le chemin de ronde sur mâchicoulis, l’alternance de merlons et de créneaux où apparaissent les têtes des gardes au milieu d’un décor de feuilles de chêne, de pampres, d’arcatures flamboyantes et de corniches de choux frisés.

Au dernier étage du château, une superbe charpente en carène donne son volume impressionnant à la salle qui abrite la série de tapisseries des Preux.

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petrarque

 Poète et humaniste italien (Arezzo 1304-Arqua, Padoue 1374).

Premier des grands humanistes de la Renaissance, Pétrarque est passé à la postérité pour la perfection de sa poésie en langue vulgaire, devenue au cours des siècles, en alternative au réalisme dantesque, le modèle de tous les classicismes occidentaux.

La vie de Pétrarque a été aussi studieuse que mouvementée. S'il est initié au culte de Virgile et surtout à celui de Cicéron par son père Pietro, notaire florentin originaire d'Incisa in Valdarno, c'est à l'exil politique (1304) de celui-ci qu'il doit de naître à Arezzo. Dédaignant l'amnistie promulguée en 1309, Pietro rejoint à Pise, en 1311, son épouse, Eletta Canigiani, qui avait élevé seule à Incisa Francesco et son jeune frère Gherardo, de trois ans son cadet, et il conduit sa famille à Avignon (1312), transformée en capitale par le récent transfert du siège pontifical. Faute de pouvoir y trouver un logement pour les siens, il les établit dans la voisine Carpentras ; là, Francesco reçoit l'enseignement du trivium. Son père l'envoie en 1316 à Montpellier entreprendre des études de droit, poursuivies sans grande inclination, en compagnie de Gherardo, à l'université de Bologne à partir de 1320. Francesco les abandonnera définitivement en 1326 à la mort de son père, ce qui le ramène à Avignon, où l'effervescence de la cour pontificale sert à merveille sa soif de plaisirs (qui lui valut deux enfants naturels Giovanni et Francesca, nés respectivement en 1337 et en 1342) ainsi que ses ambitions mondaines, littéraires et politiques. Dans l'intervalle de ses fréquentes missions diplomatiques, assorties de recherches érudites, il séjournera en Provence jusqu'en 1353.

La carrière ecclésiastique s'annonçant la plus rapide, il reçoit les ordres mineurs et se gagne les faveurs du cardinal Giovanni Colonna, au service duquel il restera jusqu'en 1347. Les lauriers poétiques, enfin, ne sont pas, il s'en faut, le moindre atout social du jeune Pétrarque, qu'il rime en langue vulgaire sa passion pour Laura, rencontrée pour la première fois, selon la fiction du Canzoniere, le vendredi saint 6 avril 1327 et morte vingt et un ans plus tard le 6 avril 1348, ou qu'il entreprenne (entre 1339 et 1341), dans la solitude de sa retraite à Vaucluse, le monumental poème latin de l'Africa et le De viris illustribus, pour lesquels il sera solennellement couronné poète sur le Capitole (8 avril 1341) grâce à l'appui du docte roi Robert de Naples. Il s'est déjà rendu à Rome auprès des Colonna en 1337, après une longue pérégrination en 1333, en France, en Flandre et en Rhénanie.

À son retour à Avignon, en 1342, il connaît une profonde crise de conscience religieuse, accentuée par la conversion monastique de Gherardo (1343), à qui il rendra de fréquentes visites dans la chartreuse de Montrieux (notamment en 1347 et en 1353). Lui-même se retire de plus en plus souvent à Vaucluse (1342-1343, 1346-1347, 1351-1353), où il compose le Secretum meum, le De vita solitaria, le De otio religioso, les Psalmi penitentiales et nombre de poésies latines et italiennes qui attestent la nouvelle orientation de sa vie spirituelle. Celle-ci coïncide avec un intérêt croissant pour le sort politique de l'Italie, alors compromis par les rivalités municipales et l'anarchie nobiliaire, ainsi que pour une restauration de l'Église préludant à une régénération de toute la chrétienté. Dès 1335 et 1336, Pétrarque avait adressé deux épîtres latines à Benoît XII pour l'exhorter à rétablir à Rome le siège pontifical, supplique qu'il renouvelle en 1342 à Clément VI. Ses théories politiques présentent, à vrai dire, bien des contradictions, et nombre de revirements marquent son action, au gré des événements, des princes auxquels il prête ses services et des missions qui lui sont confiées. Il n'hésite pas, toutefois, quitte à perdre l'appui des Colonna, à prendre ouvertement parti pour Cola di Rienzo, qui avait instauré à Rome un gouvernement populaire (mai 1347) et en faveur de qui il s'était prononcé à la cour pontificale dès 1342. Il envisage même, un instant, de le rejoindre à Rome. Et ni l'évolution dictatoriale du tribun, ni son écrasement, ni son emprisonnement à Avignon ne le dissuadèrent jamais de défendre avec force ses idées de rénovation morale et politique de la chrétienté à partir d'une réforme radicale des institutions romaines, et surtout son concept centralisateur du rôle politique de Rome dans l'unification italienne.

Las de la corruption de la cour d'Avignon, qu'il fustigera dans ses sonnets et les épîtres Sine nomine (1351-1353), Pétrarque songe à quitter définitivement la Provence. Il s'y décide enfin en 1353 après de brefs voyages à Vérone, à Padoue, à Mantoue et à Florence, qu'il interrompt pour son dernier séjour à Vaucluse (1351-1353), déclinant l'offre qu'en qualité d'ambassadeur de Florence Boccace lui avait faite de rentrer en possession des propriétés paternelles et d'enseigner à l'université florentine. Contre toute attente, il s'établit à Milan au service des Visconti ; il y demeurera jusqu'en 1361. Chargé de fonctions surtout honorifiques et de missions diplomatiques (à Prague en 1356 et à Paris en 1361), il jouit, en échange, d'une grande aisance matérielle et de longs loisirs, qu'il met à profit pour terminer le Secretum et le De otio religioso, pour établir la version définitive de son Bucolicum Carmen, pour réunir ses Rime en langue vulgaire, ses épîtres en vers et les Familiari, pour entreprendre enfin le De remediis utriusque fortunae et les Trionfi.

En 1361, il fuit la peste qui menace Milan, d'abord à Padoue, puis à Venise, où il est comblé d'honneurs et séjournera de 1362 à 1367. Il y termine le De remediis et met la dernière main aux Familiari ainsi qu'au nouveau recueil des Senili, tandis qu'il compose le De sui ipsius et multorum ignorantia en réponse aux attaques d'un cercle de jeunes averroïstes vénitiens. En 1367, il accepte à Padoue l'hospitalité de Francesco da Carrara (?-1393), en compagnie de sa fille Francesca et de son gendre, qui l'assisteront jusqu'aux derniers jours de sa pieuse et studieuse vieillesse. Au séjour de Padoue, il préfère le plus souvent le recueillement de sa petite propriété d'Arqua, sur les collines Euganéennes, sans renoncer pour autant à de fréquents voyages : à Udine en 1368, au-devant de l'empereur Charles IV en guerre contre les Visconti, puis à Milan, pour intervenir auprès de ces derniers, et à Pavie, où il continue jusqu'en 1369 à passer l'été, selon une habitude prise en 1363 ; en 1370, une syncope interrompt un voyage à Rome entrepris pour saluer le pape Urbain V ; en 1372 Pétrarque est à Venise. Et jusqu'à sa mort, dans la nuit du 18 au 19 juillet 1374, soutenu surtout par l'amitié de plus en plus étroite qui le lie à Boccace, il ne cesse d'entretenir et d'élargir par correspondance le très vaste réseau d'échanges culturels auquel il a travaillé toute sa vie, jetant durablement les bases de l'humanisme.

L'essentiel de sa gloire, de son influence linguistique et stylistique tient à son Canzoniere (dit également Rime sparse) en langue vulgaire, dont le dernier état se trouve transcrit dans le manuscrit autographe « Vaticano latino 3195 » intitulé Francisci Petrache laureati poete rerum vulgarium fragmenta. Dès avant 1336, Pétrarque avait songé à rassembler et à ordonner ses rimes amoureuses, qu'il ne cessa toute sa vie d'affiner, et le premier recueil qu'il établit comptait 215 pièces. Le recueil définitif en compte 366 (317 sonnets, 29 chansons, 9 sextines, 7 ballades et 4 madrigaux), articulées en deux sections : In vita di Madonna Laura (1-263) et In morte di Madonna Laura (264-366). À l'exception, en effet, des quelques poèmes d'inspiration politique exaltant la Rome antique ou fustigeant l'envahisseur étranger et la corruption de la cour pontificale, le Canzoniere est tout entier dédié à l'amour du poète pour celle qu'il nomme Laura, Laura-Aurora, Laura-Lauro-Laurea (le laurier : l'arbre et la couronne), Laura-L'Aura (souffle vital et poétique), mais aussi – à deux reprises – Laureta, gracieux diminutif évoquant hors de tout symbolisme une figure féminine concrète, dont l'identité demeure cependant mystérieuse. Si, dans la tradition provençale, Pétrarque recourt à la fiction d'un unique amour idéalisé et s'il fait de cette fiction, dans l'esprit du « dolce stil novo », la métaphore d'une révélation divine (soulignée par la chronologie de la passion amoureuse qui répète littéralement la passion du Christ), il élude la transcendance et la logique du symbole, dans l'analyse des contradictions du désir d'une part, et à travers la répétition obsessionnelle de fantasmes emblématiques d'autre part. Le désordre amoureux ne saurait ni conduire à l'ordre divin (sauf à travers le reniement du repentir) ni surtout le représenter, et la sublimation même du désir de Laura en désir de gloire (Lauro) ne s'accomplit jamais qu'ici-bas. À la fiction réaliste du symbolisme théologique de la Vita nova dantesque, Pétrarque oppose les figures et les emblèmes intemporels de l'aliénation amoureuse.

Les « Rime disperse » ou « extravaganti », autrement dit non contenues dans les Rerum vulgarium fragmenta, sont en partie apocryphes.

Par ailleurs, l'entreprise la plus ambitieuse de Pétrarque en langue vulgaire est le poème allégorique des Trionfi, entrepris vers 1354 et poursuivi presque jusqu'à la fin de sa vie, écrit en « terzine » (l'unité métrique de la Divine Comédie) et dans lequel Pétrarque ordonne son autobiographie spirituelle en une succession de cycles symboliques culminant dans le triomphe, tour à tour, du Désir, de la Chasteté, de la Mort, de la Gloire, du Temps et de l'Éternité. 

L'œuvre latine de Pétraque comprend : – les neuf livres de l'Africa (inachevés, malgré plusieurs rédactions postérieures à celle de 1341), exaltant la gloire de Rome à travers la grande figure de Scipion l'Africain, non sans remonter à la fois jusqu'aux origines de l'Urbs et jusqu'à l'époque contemporaine par l'artifice d'un rêve prémonitoire du héros ;– le De viris illustribus, dont le projet primitif prévoyait une série de biographies allant de Romulus à Titus (interrompu à Caton le Censeur, le cycle est ensuite élargi à tous les héros de l'humanité, d'Adam aux Temps modernes, puis de nouveau abandonné ; dans la dernière rédaction, les vies de Scipion et de César se signalent par leur ampleur et leur qualité historique) ;– les quatre livres de Rerum memorandarum (commencés en 1344), recueil thématique d'« exempla », d'anecdotes et d'épisodes historiques ;– le Secretum (1342-1343 et 1353-1358), dialogue, de structure cicéronienne et d'inspiration religieuse, entre Pétrarque et saint Augustin, qui, inspiré par la Vérité (témoin muet de leur entretien), s'efforce de surmonter les conflits intérieurs du poète (à chacun des trois livres correspond une journée du dialogue) ;– les traités De vita solitaria et De otio religioso (1346-1347 tous deux remaniés par la suite), éloges de la retraite et de l'étude, selon l'idéal classique et la règle monastique ;– les Psalmi penitentiales (vers 1347), où le poète implore la rémission divine ;– le De remediis utriusque fortunae, traité entrepris vers 1354, divisé en deux séries de 122 et de 132 brefs dialogues entre la Raison,la Joie et l'Espérance, et entre la Raison, la Douleur et la Crainte, selon une casuistique érudite qui emprunte à toute la réflexion morale médiévale ;– les quatre livres de l'Invective contra medicum (1352-1355) et le De sui ipsius et multorum ignorantia (1367-1370), où Pétrarque défend la dignité et l'utilité des études littéraires contre l'encyclopédisme, l'abstraction, le formalisme et la vaine subtilité de la philosophie et de la science contemporaines ;– l'Invectiva contra eum qui maledixit Italiae (Apologia contra Gallum), de 1373, réfutation de la thèse favorable au maintien du siège pontifical à Avignon ;– quatre recueils d'épîtres en prose (24 livres de Familiari, 17 de Senili, 3 de Varie et 4 de Sine nomine [ou Sine titulo ;– un recueil, en trois livres, de soixante-quatre épîtres en vers composées pour la plupart avant 1350, les Epistolae metricae, qui s'apparentent, par leur inspiration autobiographique, aux églogues du Bucolicum Carmen (composées vers 1346 et revues en 1357). 

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jean

Amiral français (vers 1341-Nicopolis 1396).

Chevalier bourguignon, Jean de Vienne participa à de nombreux combats au cours de la guerre de Cent Ans, d'abord dans l'armée de Charles le Mauvais, roi de Navarre (notamment à Cocherel, 1364), ensuite dans l'armée de Charles V (à partir de 1369), qui le fit amiral de France en décembre 1373. Il dirigea en particulier le siège de Saint-Sauveur-le-Vicomte en 1375. Il fut l'organisateur de la marine dont Charles V avait ordonné la construction en vue d'une éventuelle expédition en Angleterre. Il dirigea l'expédition d'Écosse de 1385, puis participa à celle de Gueldre en 1388. Il avait combattu les Turcs, sur le détroit des Dardanelles, lors de la croisade ébauchée en 1366 et pris part à la croisade d'Afrique en 1390. Il participa à la dernière grande entreprise de la sorte, déclenchée en 1396 contre Bayézid (Bajazet) pour tenter de protéger l'Europe danubienne de la menace ottomane ; il fut tué à Nicopolis.

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arc jeanne

Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy (en Lorraine), village du duché de Bar dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l'évêché de Toul pour le spirituel et morte dans sa 19e année, sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de Normandie alors possession du royaume d'Angleterre, est une héroïne de l'histoire de France, chef de guerre et sainte de l'Église catholique, connue depuis l'époque comme « la Pucelle d'Orléans », et depuis le xixe siècle comme « mère de la nation française ».

Au début du xve siècle, cette jeune fille de dix-sept ans d'origine paysanne dit avoir reçu de la part des saints Michel, Marguerite et Catherine la mission de délivrer la France de l'occupation anglaise, parvient à rencontrer le Dauphin Charles, à conduire victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d'Orléans, conduisant le dauphin au sacre à Reims, contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.

Capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg, comte de Ligny, pour la somme de dix mille livres, et condamnée à être brûlée vive en 1431 après un procès en hérésie conduit par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et ancien recteur de l'université de Paris. Entaché de nombreuses irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456 ; un second procès, en réhabilitation, est instruit, conclut à son innocence et l'élève au rang de martyre. Grâce à ces deux procès dont les minutes ont été conservées, elle est l'une des personnalités les mieux connues du Moyen Âge.

Elle est béatifiée le 18 avril 1909 et canonisée le 16 mai 1920. Jeanne d'Arc est devenue une des quatre saintes patronnes secondaires de la France, et dans le monde entier une personnalité mythique qui a inspiré une multitude d’œuvres littéraires, historiques, musicales, dramatiques et cinématographiques.

Sa fête légale et nationale établie par la loi promulguée le 10 juillet 1920 par le Président de la République Paul Deschanel est fixée au second dimanche de mai. Sa fête religieuse est fixée par l’église catholique au 30 mai, jour anniversaire de son martyre.

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louis et charles

À partir de 1467, le roi Louis XI commence ses intrigues pour lutter contre son cousin Charles le Téméraire, le duc de Bourgogne. Les possessions de celui-ci sont à la fois dans le royaume de France (Bourgogne, Charolais, Picardie, Artois et Flandre), mais aussi dans le Saint-Empire romain germanique (pour la Hollande, le Hainaut, le Luxembourg, la Franche-Comté).

Le rêve du duc de Bourgogne est de se rendre indépendant des rois de France et de se faire accorder le titre de roi par l'empereur. Il lui faut aussi réunir en un seul bloc ses possessions. Pour cela il doit s'emparer de la Champagne (relevant du royaume de France) et de la Lorraine (relevant de l'empire).

Par l'intrigue, des alliances avec les Suisses et les Lorrains, ennemis des Bourguignons, Louis XI va s'opposer avec plus ou moins de réussite aux ambitions de Charles le Téméraire. La mort de Charles le Téméraire, pendant le siège de Nancy en 1477, va permettre à Louis XI de s'emparer d'une partie de l'héritage bourguignon.

La situation est plus difficile avec le nouveau duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Alors qu'en secret le roi pousse les villes de Gand et Liège (appartenant au Téméraire) à se révolter, il rencontre le duc à Péronne en octobre 1468. La traitrise du roi étant découverte, le duc de Bourgogne le fait prisonnier. Pour retrouver la liberté Louis XI doit abandonner les apanages de son frère Charles de Berry, et venir assister à l'écrasement de Liège par les armées bourguignonnes.

Dès 1470, Louis XI fait annuler le traité de Péronne par une assemblée de notables qu'il a réunie à Tours . La mort de son frère Charles de Berry en 1472, lui enlève un adversaire. En 1472-1475, en Picardie, les troupes royales affrontent les armées bourguignonnes. Charles échoue à prendre Beauvais, dont les habitants soutenus par l'exemple de Jeanne Hachette lui résistent.

Charles le Téméraire s'allie au roi d'Angleterre Edouard IV qui débarque en France. Louis XI en lui versant une forte somme parvient à casser l'alliance avec la Bourgogne.

Louis XI soutient les Suisses et les Lorrains qui doivent affronter Charles le Téméraire qui menace leur indépendance. Les Suisses triomphent de Charles à Grandson (mars) et à Morat (juin) en 1476, et détruisent la moitié des forces militaires bourguignonnes. En janvier 1477,le duc de Bourgogne trouve la mort devant Nancy (capitale de la Lorraine) qu'il tentait de reprendre.

Charles le Téméraire n'avait qu'une fille Marie de Bourgogne. Le roi Louis XI réclame, comme le prévoit le droit féodal, le retour des territoires français formant l'apanage de Bourgogne puisqu'il n'y avait plus d'héritier mâle. Louis XI espère aussi pouvoir s'emparer des terres en dehors du royaume. L'armée française envahit les terres bourguignonnes (duché de Bourgogne, Artois et Picardie).

Marie de Bourgogne se marie en août 1477 avec l'archiduc d'Autriche Maximilien de Habsbourg, fils de l'empereur Frédéric III de Habsbourg, qui lui vient en aide. Les Français sont battus à Guinegatte en août 1479, ce qui leur interdit de reprendre la Flandre (en théorie terre relevant du royaume de France).

En 1482, l'héritage bourguignon est disloqué. La France conserve la Bourgogne, la Picardie. Elle occupe provisoirement l'Artois et la Franche-Comté, qui doivent servir de dot à Marguerite de Bourgogne, alors âgée de trois ans, la fille de Maximilien et Marie, qui doit épouser le dauphin Charles, alors âgé de 12 ans, fils de Louis XI.

Les autres possessions bourguignonnes (Flandre, Hainaut, Luxembourg, Hollande) passent aux Habsbourg.

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dauphiné

 

Province de France qui s'étendait sur une partie des Alpes et jusqu'au Rhône, entre la Savoie au N., la Provence et le Comtat Venaissin au S.

Elle se divisait en Bas-Dauphiné (basses vallées : Royans, Grésivaudan ; et bords du Rhône : Viennois, Valentinois, Tricastin et Baronnies) et en Haut-Dauphiné, plus montagneux (Champsaur, Embrunais, Oisans, Briançonnais, etc.). Capitale Grenoble.

Le Dauphiné est né vers 1029-1030 de l'inféodation de la partie méridionale du comté de Vienne (ou de Viennois) par l'archevêque de Vienne, Brochard, à Guigues Ier, comte d'Albon. Cette partie du Viennois est gouvernée par les maisons d'Albon (vers 1029 /1030-1162), de Bourgogne (1162-1282) et de La Tour du Pin (1282-1349) qui lui annexent le Briançonnais (1039), le Grésivaudan (vers 1050), l'Embrunais et le Gapençais (1202) puis le Faucigny (1241), et réunissent ainsi les territoires essentiels du Dauphiné dont les souverains prennent le titre de Dauphin au xiie s. Divisée en sept bailliages au xiiie s., la province est dotée d'un gouvernement central (gouverneur [1310], Conseil delphinal [1336], Chambre des comptes [1340]), siégeant à Grenoble, sa capitale, qui reçoit une université en 1339. Par le traité de Romans (30 mars 1349), le Dauphiné est vendu par le Dauphin Humbert II à Philippe VI de Valois. Désormais réuni à la France, il devient l'apanage de l'héritier présomptif de la Couronne. Pourvu d'états provinciaux (1357), il est amputé du Faucigny, cédé par le Dauphin Charles (futur Charles V) au comte de Savoie par le traité de Paris (5 janvier 1355), mais s'agrandit, par ce même traité, des territoires situés à l'O. du Guiers, puis, en 1419, du Valentinois et du Diois. Il forme un État puissant et semi-indépendant sous le gouvernement du Dauphin Louis II (futur Louis XI) qui renforce son organisation intérieure (création d'une chancellerie [1447] et d'un parlement [1453] issu de l'ancien Conseil delphinal), lui annexe Montélimar (1447) et Vienne (1450) et fonde une université à Valence (1452). Mais il retombe sous le contrôle étroit du roi de France (1560) qui le prive de ses états provinciaux (1628) et le dote d'un intendant (1630). Gagné très tôt (1523) au protestantisme, le Dauphiné est très éprouvé par les guerres de Religion. Au xviiie s. il connaît une certaine prospérité grâce à ses activités manufacturières (textile, métallurgie). Entraîné dans la Révolution par son parlement qui, le premier, réclame la convocation des États généraux (21 août 1787), il est le théâtre de la journée des Tuiles (Grenoble, 7 juin 1788) puis de l'assemblée de Vizille (21 juillet 1788) qui obtient la convocation de ses états provinciaux et celle des États généraux. En 1790, la Constituante le partage en trois départements : l'Isère, la Drôme et les Hautes-Alpes.

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palais

L’actuel Palais des Ducs et des Etats de Bourgogne est né de presque rien : simple forteresse adossée au ‘Castrum’, rempart élevé au IIIe siècle contre les invasions barbares, il est reconstruit à partir de 1366 par le premier des Ducs de Valois, Philippe le Hardi. La ‘Tour de Bar’ en est le bâtiment le plus ancien. Les ‘cuisines ducales’ lui font face. Le corps de logis principal fut bâti par l’architecte lyonnais Jean Poncelet de 1450 à 1455. La Tour de la Terrasse (aujourd’hui Tour Philippe le Bon), haute de 52 mètres, fut élevée en même temps que le corps de logis. Elle comportait des pièces d’habitation. Entreprise en 1681, la construction du Palais des Etats allait durer plus d’un siècle, sous la direction d’architectes de renom. Après Daniel Gittard et Martin de Noinville, c’est Jules Hardouin-Mansart, premier architecte du roi, qui intervient à Dijon dès 1685 et imagine l’aménagement du palais à partir de celui de la Place Royale. L’ensemble ne fut achevé qu’en 1786.
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jeanne

Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy (en Lorraine), village du duché de Bar dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l'évêché de Toul pour le spirituel et morte dans sa 19e année, sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de Normandie alors possession du royaume d'Angleterre, est une héroïne de l'histoire de France, chef de guerre et sainte de l'Église catholique, connue depuis l'époque comme « la Pucelle d'Orléans », et depuis le xixe siècle comme « mère de la nation française ».

Au début du xve siècle, cette jeune fille de dix-sept ans d'origine paysanne dit avoir reçu de la part des saints Michel, Marguerite et Catherine la mission de délivrer la France de l'occupation anglaise, parvient à rencontrer le Dauphin Charles, à conduire victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d'Orléans, conduisant le dauphin au sacre à Reims, contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.

Capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg, comte de Ligny, pour la somme de dix mille livres, et condamnée à être brûlée vive en 1431 après un procès en hérésie conduit par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et ancien recteur de l'université de Paris. Entaché de nombreuses irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456 ; un second procès, en réhabilitation, est instruit, conclut à son innocence et l'élève au rang de martyre. Grâce à ces deux procès dont les minutes ont été conservées, elle est l'une des personnalités les mieux connues du Moyen Âge.

Elle est béatifiée le 18 avril 1909 et canonisée le 16 mai 1920. Jeanne d'Arc est devenue une des quatre saintes patronnes secondaires de la France, et dans le monde entier une personnalité mythique qui a inspiré une multitude d’œuvres littéraires, historiques, musicales, dramatiques et cinématographiques.

Sa fête légale et nationale établie par la loi promulguée le 10 juillet 1920 par le Président de la République Paul Deschanel est fixée au second dimanche de mai. Sa fête religieuse est fixée par l’église catholique au 30 mai, jour anniversaire de son martyre.

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bataille

 Dimanche 5 janvier 1477 : la bataille de Nancy oppose René II, duc de Lorraine à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Mais pourquoi cet épisode est-il si fameux dans l'histoire régionale ? Petit retour de 536 ans en arrière...

D'un côté, René II, 26 ans, héritier du duché de Lorraine constitué à la fin du Xème siècle suite à la désagrégation de la Lotharingie. Face à lui, Charles le Téméraire, 43 ans, duc de Bourgogne. Il est le petit-fils du Roi de France Jean II dit "le Bon", qui a octroyé le duché de Bourgogne à l'un de ses fils cadets, un usage de l'époque pour ne pas "léser" un descendant. A la mort de son père, Charles cumule les titres de "duc de Bourgogne, de Lothier, de Limbourg, de Brabant de Luxembourg, Comte de Flandres et d'Artois, de Charolais, d'Auxerre, de Macon, de Boulogne et de Zutphen, Palatin de Hainaut, de Hollande, de Zeeland et de Namur, Marquis du Saint-Empire, Seigneur de Salin, de Frise et de Malines". Autrement dit, il possède la Bourgogne et la Franche-Comté actuelles, mais aussi les régions de ce qu'on appelle aujourd'hui le Benelux, les Flandres et la Picardie. L'Etat bourguignon est puissant, indépendant, mais coupé en deux. Et entre ces contrées se trouve... le duché de Lorraine !

Charles est peut-être décrit par les historiens comme un homme de goût, vertueux et chevaleresque, il est aussi ambitieux : il rêve de gloire et d'épopée. Et son courage est aussi grand que son entêtement. Il se voit conquérant à une époque où les banquiers, les marchands et les diplomates commencent à tenir le haut du pavé. Très tôt, il tient tête à son voisin et cousin, le Roi de France Louis XI. Il tente même d'inciter les Anglais à reprendre la Guerre de Cent Ans pour prendre la France en tenailles ! Mais en 1475, Louis XI et le roi d'Angleterre Edouard IV signent le Traité de Picquigny qui met un point final à cette guerre (guerre qui avait d'ailleurs cessé en... 1453). Désireux de réunir ses possessions et d'agrandir son royaume, le Téméraire va alors tenter de conquérir la Lorraine.

En 1475, il installe ses troupes dans la région. René II en appelle alors à tous ceux qui voient d'un mauvais oeil les désirs d'expansion du duc de Bourgogne : le Roi de France Louis XI, les Confédérés suisses, les villes alsaciennes qui se sentent menacées. Le Téméraire prend Nancy à la fin de l'année 1475. La capitale du duché de Lorraine est alors une ville de 5000 habitants (l'actuelle "vieille-ville") et le Téméraire souhaite en faire la capitale de son royaume unifié. Le Téméraire part ensuite combattre les Confédérés suisses. Mais ceux-ci infligent des pertes sévères à son armée ! Apprenant cela, les Lorrains se soulèvent contre les garnisons bourguignonnes en place et René II reprend Nancy en octobre 1476.

Mais le Téméraire est têtu... Il lève une nouvelle armée et assiège à nouveau Nancy. Celle-ci s'installe sur une butte - l'actuelle place Thiers -, et le Téméraire dirige les opérations depuis la commanderie Saint-Jean. Assuré que la ville peut tenir le siège quelques semaines, René II part chercher du renfort en Suisse, où il va engager des mercenaires, ces soldats qui obéissent à ceux qui les rémunèrent. Le Roi de France Louis XI va contribuer à l'effort de guerre en finançant cette armée et en envoyant lui aussi des soldats. Le dimanche 5 janvier 1477, jour de l'épiphanie (ou "des rois"), l'armée de René II quitte Saint-Nicolas-de-Port et marche sur Nancy. L'hiver a été rude et celle du Téméraire n'est pas au mieux : le froid, la disette, les maladies l'ont sérieusement affaiblie, sans parler des retards de payements qui en ont découragé. Cette fois, René II a l'avantage. Il attaque le Téméraire sur deux fronts et la bataille tourne vite au massacre, aidé par un capitaine du Téméraire qui le trahit. Le duc de Bourgogne est mortellement blessé par un gentilhomme du nom de Claude de Beaumont (ou Beauzémont) qui est sourd et n'entend pas le duc lui demander grâce. Pensant avoir affaire à un simple soldat, il l'achève froidement d'un coup de lance. Cette scène est représentée par Eugène Delacroix dans sa "Bataille de Nancy", tableau visible au musée des beaux-arts (voir photo) et daté de 1831. On retrouvera le cadavre du duc nu, gelé, meurtri par les blessures (preuve qu'il s'est battu avec ardeur) et à moitié dévoré par les loups. On l'identifiera par quelques particularités physiques et grâce à son anneau ducal. La scène est représentée dans le tableau d'Auguste Feyen-Perrin, également visible au musée des beaux-arts, à deux pas de celui de Delacroix. Un autre tableau évoquant ce macabre épisode se trouve au musée lorrain.

5 siècles plus tard, le souvenir de cette bataille reste très présent. Pour preuve... La dépouille du Téméraire est transportée à Nancy et déposée en grandes pompes, au niveau du numéro 30 de la Grande Rue, à l'emplacement où les pavés dessinent un "1477". Une plaque sur la façade de l'immeuble vient rappeler ce fait (voir photos). Sur le lieu de la bataille, on fait construire un ermitage et une chapelle. L'endroit deviendra un lieu de culte et on y bâtira au XVIIIème siècle l'église Notre-Dame de Bonsecours que nous connaissons. De la même manière, René II fait installer une croix à l'endroit où on a retrouvé le cadavre du Téméraire. Lorsque cette partie de la ville sera urbanisée (début du XXème siècle), on remplacera la croix par le monument de Victor Prouvé que l'on peut voir aujourd'hui, Place de... la Croix de Bourgogne ! (photo) C'est aussi à l'issue de cette bataille que la ville de Nancy aurait pris pour emblème le chardon et pour devise "Non inultus premor", à savoir "nul ne s'y frotte" qu'on peut rapprocher du proverbe "qui s'y frotte s'y pique". Et ce n'est pas fini : c'est pour remercier Saint-Nicolas de sa protection que René II aurait ordonné la construction de la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port !

La mort du Téméraire signe la fin du duché de Bourgogne. Très vite, Louis XI va essayer de faire main-basse sur les terres du défunt. Marie de Bourgogne, fille unique et héritière épouse en toute hâte Maximilien de Habsbourg, futur Empereur d'Autriche, pour obtenir sa protection. Pour la petite histoire, leur fils épousera plus tard l'infante d'Espagne qui aura lui-même pour fils le futur Empereur Charles Quint ! Celui-ci se trouvera au XVIème siècle à la tête d'un Empire qui englobera à la fois l'Empire Germanique, l'Espagne et le Benelux, cernant la France pendant deux siècles... Charles Quint ne manquera pas de rapatrier par la suite les cendres de son glorieux aïeul dans un somptueux tombeau à Bruges. Sauf que... Une légende raconte qu'au lendemain de la bataille, une aubergiste de Wasselonne - dans les Vosges alsaciennes - aurait donné l'hospitalité à un homme blessé, de noble apparence malgré ses vêtements déchirés, homme qui disait aller en Allemagne dans un couvent à la recherche de l'oubli et du rachat. Il chevauchait un cheval noir identique au cheval du Téméraire. Le tombeau de Bruges renfermerait-il les cendres d'un bourguignon anonyme ?

Selon certains analystes, la bataille de Nancy constituerait le début du rapprochement de la Lorraine et de la France, qui auraient "uni leurs destinées" à cette occasion. Par les siècles qui suivront, le duché lorrain oscillera toutefois longuement entre l'influence du royaume capétien et celui des Habsbourg à l'Est, avant d'être cédé à Stanislas et d'être rattaché définitivement à la France à la mort de ce dernier, en février 1766...

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jean

(château du Gué de Maulni, près du Mans, 1319-Londres 1364), roi de France (1350-1364), fils aîné de Philippe VI de Valois.
Il épousa (1332) Bonne de Luxembourg (morte en 1349), fille du roi de Bohême, puis (1350) Jeanne de Boulogne. C'est avant tout un chevalier (le Bon signifie le Brave) prodigue, irréfléchi, dénué de sens politique et mal conseillé. Il est sacré à Reims le 26 septembre 1350. Ayant marié sa fille Jeanne au roi de Navarre Charles le Mauvais (1353), il ne lui cède pas les provinces promises (→ Champagne, Brie, Bourgogne) et, son gendre ayant fait tuer le connétable Charles de la Cerda, conseiller du roi, et recherché l'alliance anglaise avec Edouard III, Jean le capture à Rouen (1356).

La guerre contre les Anglais ayant repris, alors que la France était en pleine crise après la défaite de Crécy (1346) et la peste noire de 1347-1348, le roi doit dès décembre 1355 réunir les états généraux pour leur demander des subsides que l'assemblée, poussée par Etienne Marcel, ne lui accorde qu'à condition d'en surveiller l'emploi. Vaincu et pris à Poitiers (19 septembre 1356) par le Prince Noir, il est retenu captif à Londres, où il signe deux traités (janvier 1358 et mars 1359), le premier fixant sa rançon et cédant à Édouard III le sud-ouest de la France, et le second cédant également à ce monarque la Touraine, l'Anjou, le Maine et la Normandie.

À Paris, la régence est exercée par son fils aîné Charles, qui rejette le second traité et reprend en main les rênes du pouvoir, notamment en tenant en échec Étienne Marcel. Après les préliminaires de Brétigny et le traité de Calais (1360), qui donnent aux Anglais la moitié du royaume, Jean II est libéré (1362) contre promesse d'une rançon de 3 millions d'écus d'or et la remise comme otages de deux de ses fils et de son frère Philippe d'Orléans. Pour obtenir l'argent nécessaire, il marie sa fille Isabelle à Jean-Galéas Visconti.

Héritier de la Bourgogne à la mort de Philippe de Rouvres (1361), Jean ménage les susceptibilités locales en constituant ce duché en apanage pour son fils préféré Philippe le Hardi. Incapable de payer la rançon et ayant appris la fuite de Louis d'Anjou (son deuxième fils), otage en Angleterre, il revient se constituer prisonnier à Londres (1364), où il meurt.

Après sa libération en juillet 1360, le Roi demande un impôt spécial pour rétablir la monnaie et il crée le 5 décembre 1360 le Franc, dit le « Franc à cheval» car il représente un cavalier.

Le timbre reproduit le tableau attribué à Girard d'Orléans représentant Jean II le Bon (détrempe à l'œuf sur enduit de plâtre, 60 x 44,5 cm, Paris - Musée du Louvre)

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philippe

(Dijon 1396-Bruges 1467), duc de Bourgogne (1419-1467).

Fils aîné de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, il épouse en 1409 la fille de Charles VI, Michelle de France, qui lui apporte les villes de la Somme, le Boulonnais et la majeure partie de la Picardie. Veuf en 1422, il se remariera avec Bonne d'Artois (1424) puis Isabelle de Portugal (1429-1430).

Ayant succédé à son père, assassiné au pont de Montereau par les Armagnacs (septembre 1419), Philippe se lie aussitôt aux Anglais contre le Dauphin (→ futur Charles VII, qu'il rend responsable du meurtre et participe au Traité de Troyes (1420), qui fait d'Henri V l'héritier du trône de France. À la mort de Charles VI (1422), il reconnaît Henri VI comme roi de France. Le régent anglais Bedford, qui épouse Anne, sœur du duc de Bourgogne (1423), cède à Philippe Tournai (1423), les comtés de Mâcon et d'Auxerre, la châtellenie de Bar-sur-Seine (1424).

En 1429, le duc de Bourgogne prend possession du comté de Namur, acheté en 1421 ; surtout, il se consacre au règlement de la succession de Jacqueline de Bavière (Hainaut, Zélande, Frise), qu'il finit par capter (1428-1433) ; en 1430, il hérite le Brabant et le Limbourg de son cousin Philippe de Saint-Pol. Occupé à unifier les Pays-Bas, Philippe le Bon n'apporte dans la lutte contre Charles VII qu'un appui médiocre aux Anglais, puis il finit par conclure avec le roi de France le traité d'Arras (septembre 1435), qui lui confirme les domaines cédés par Charles VI ou par Bedford (seules les villes de la Somme sont susceptibles de rachat) et le délie de tout lien de vassalité à l'égard du roi.

Philippe continue son expansion aux Pays-Bas, achetant le Luxembourg (1441), dont il prend possession en 1443, étendant sa protection aux évêques de Thérouanne et de Tournai, de Cambrai, de Liège et d'Utrecht, ainsi qu'aux duchés de Gueldre et de Clèves.

Au milieu du siècle, Philippe est ainsi parvenu à constituer un véritable Empire bourguignon auquel il ne manque que la continuité, la Champagne (le don lui en avait été fait par Henri VI d'Angleterre en 1430, mais les victoires de Jeanne d'Arc avaient tout remis en question) échappant en fait à son autorité. Le « grand-duc du Ponant » demande à l'empereur Frédéric IIIhéoriquement suzerain de la partie orientale de ses domaines, la couronne royale de Lotharingie (1447), mais il ne reçoit que l'offre de la couronne du Brabant, qu'il refuse. La part qu'il prend au gouvernement de ses États est mal connue.

Il s'entoure de « légistes », dont le plus remarquable est, de 1422 à 1462, Nicolas Rolin, chancelier et Premier ministre de fait. Il a aussi des favoris, notamment les Croý. Féru de chevalerie, il fonde l'ordre de la Toison d'or (1429). Il se conduit en mécène averti, et autour de lui se développe une des plus grandes écoles d'art de l'histoire (→ Hans Memling, Van Eyck, Rogier Van der Weyden).

Son règne aboutit à la constitution d'un État fort pourvu d'institutions efficaces : quatre Chambres des comptes fonctionnent séparément à Dijon, Lille, Bruxelles, La Haye, tandis qu'un Grand Conseil siège à Dijon et qu'un chancelier et un receveur général ont compétence sur tous les États.

La fin du règne est marquée par le déclin du caractère du duc. Les rapports avec Charles VII deviennent franchement mauvais, mais Philippe se préoccupe surtout de la croisade à laquelle il s'est engagé lors du fameux « banquet du Faisan » (1454). Le Dauphin Louis, qu'il a recueilli fugitif (1456) et qui est devenu le roi Louis XI (1461), le paie d'ingratitude. Mené par les Croý, qui travaillent, en fait, pour le compte du roi de France, le duc de Bourgogne accepte le rachat des villes de la Somme (1463), puis son fils, le comte de Charolais, chasse les Croý (avril 1465), et son règne s'achève sous le gouvernement effectif de Charles le Téméraire.
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église

L’église sainte Jeanne d’Arc, située au cœur de Rouen et inaugurée en 1979, a été construite avec le cahier des charges suivant :
  • remplacer, comme église paroissiale, l’ancienne église saint Vincent littéralement explosée pendant la guerre, frappée en son cœur (et son chœur !) par une bombe,
  • permettre la construction dans son environnement du monument national d’hommage à Jeanne d’Arc,
  • intégrer les vitraux de saint Vincent, mis à l’abri avant la guerre,
  • laisser un espace de marché partiellement couvert,
  • offrir un cadre à la statue de Jeanne d’Arc réalisée par REAL DEL SARTE,
  • s’intégrer dans le cœur historique de Rouen.

Louis ARRETCHE (1905-1991) fut le lauréat du concours et, tournant résolument le dos à un néo-classicisme ou à un style pseudo normand, il usa audacieusement des techniques et du style contemporain pour bâtir l’édifice que nous pouvons contempler aujourd’hui.

Face à 2000 ans de foi et à des vitraux cinq fois centenaires, l’audace de la voûte et la dynamique des formes offre un cadre du XXème siècle à l’expression de la foi des chrétiens d’aujourd’hui.

Nous le verrons, cette architecture ne laisse pas indifférent et si certains ont dû prendre du temps avant d’apprécier, d’autres la rejettent d’emblée, la plupart s’enthousiasment.

Dressée à coté de l’ancien pilori, mis à jour à la faveur du chantier de construction, la grande croix du monument national d’hommage à Jeanne d’arc se dresse à proximité de l’entrée de l’église.

A l'intérieur de l'église, un livre d'or permet aux visiteurs de laisser leurs impression , vous en trouverez ci-dessous quelques et commentaires extraits du livre "courbes et contre-courbes" de Norbert Prouin et proposé en vente à l’entrée de l’église.
A votre tour de vous faire une opinion et de vous laisser interpeller par cette architecture peu commune.

Sur un mur édifié à coté de l'église on peut lire un extrait du discours d'André Malraux en hommage à Jeanne d'Arc « Ô Jeanne sans sépulcre et sans visage, toi qui savais que le tombeau des héros est dans le cœur des vivants ....»

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rattachementL'année 1477 est celle de la naissance d'Anne de Bretagne qui, en épousant le Roi Louis XII, rattachera son Duché au Royaume de France.
L'année 1477 est aussi celle de la mort de Charles le Téméraire à la bataille de Nancy, affaibli psychologiquement et militairement quelques mois plus tôt par les Suisses à Grandson (Canton de Neuchâtel, Suisse) et Morat (ou Murten, canton de Fribourg) . Le Téméraire avait renié sa parole donnée aux habitants de Grandson alors qu'il leur avait promis vie sauve en cas de reddition il en fit mettre à mort plus de 400. Les Suisses ne lui ont pas pardonné cette cruelle lâcheté et mirent en déroute sa puissante armée qui sera définitivement vaincue à Nancy en 1477.
Louis XI profite alors de la mort de son vieil ennemi pour faire main-basse sur la Bourgogne
Le sceau du contrat de rattachement représente un ange tenant en ses mains les armoiries du Royaume de France et celles de Bourgogne.
Mais ce premier rattachement ne durera que jusqu'en 1493, il ne deviendra définitif qu'en 1678.

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