TALMONT

L'église Ste Radegonde de Talmont bénéficie d'un site exceptionnel, puisqu'elle est perchée sur un promontoire rocheux en bord de mer.
Talmont resta dépourvu d'église jusqu'au XIIe siècle. On ne trouvait qu'une chapelle, déjà dédiée à Ste Radegonde, possédée par Guillaume Laier. En 1094, ce dernier fait don de la chapelle et d'un terrain attenant aux bénédictins de St Jean d'Angély, communauté réputée pour une importante relique : la tête de St Jean-Baptiste.

 Dans la première moitié du XIIe siècle, les moines entreprennent la construction d'une église. De façon peu habituelle, ils commencent par la nef, qui constitue donc la partie la plus ancienne. Le transept et le choeur datent de la seconde moitié du XIIe siècle.
La mer, qui met en valeur Ste Radegonde, a cependant valu à l'église de perdre deux travées de sa nef et son portail occidental, la roche qui les soutenaient ayant été érodée par l'eau. Depuis, la falaise a été consolidée pour préserver l'église.

Visite extérieure : La façade occidentale, reconstruite après l'écroulement de la nef, présente aujourd'hui peu d'intérêt. La façade sud du transept n'est qu'un mur plein percé d'un oculus.

La seule façade intéressante est donc la façade nord, où se trouve l'entrée principale. L'élévation de la façade est à trois niveaux. Le premier est composé du portail et des deux baies aveugles qui le flanquent (on retrouve ce type de portail, caractéristique du style saintongeais, à l'abbaye Sainte Marie des Dames de Saintes). Le second niveau est orné d'une galerie d'arcades en plein cintre aveugles. Un pignon en légère saillie, soutenu par des modillons, couronne le tout. Il est percé d'un oculus qui offre au croisillon nord son unique source de lumière.
Le portail ne comporte pas de tympan : le programme iconographique est donc contenu dans les voussures. Au centre, on trouve deux thèmes : celui de la victoire sur le mal et celui de l'Apocalypse.

Le premier thème est illustré de deux façons différentes. En haut, des hommes unis par une cordée parviennent à maîtriser un lion. Au milieu, des hommes forment une échelle et écrasent un monstre (presque illisible). Le second thème est représenté dans la première voussure : on y voit l'agneau entouré d'anges.

On peut également noter, à gauche du portail, un chapiteau (3e) consacré au martyr de St Jean Baptiste : on reconnaît là un thème cher aux bénédictins de St Jean d'Angély .
Dans la baie de gauche, on voit l'affrontement de deux dragons (voussure), tandis que dans le tympan le Christ observe la lutte entre une femme allongée et un autre monstre. Plusieurs interprétations sont possibles : il peut s'agir de Ste Radegonde, luttant contre son mari pour affirmer sa foi. On peut également penser à la Femme poursuivie par le dragon de l'Apocalypse.
Dans la baie de droite, la voussure est ornée de motifs végétaux (vigne). Au tympan, on trouve une femme allongée, tendant les bras dans un geste d'offrande : cela figure une ordination.

Le chevet est composé de l'abside et de deux petites absidioles, toutes hémicirculaires. L'abside est à trois niveaux, divisés verticalement par des contreforts ronds dont les ressauts sont ornés de figures géométriques. Au-dessus d'un registre de mur plein, on voit des baies alternativement ouvertes et aveugles. Les fenêtres sont flanquées de colonnettes. Au dernier niveau, on trouve des séries de trois ou quatre petites arcades aveugles.

 Les absidioles ne sont percées que d'une seule baie très étroite. Celle-ci est sans ornement au sud alors qu'au nord, elle est flanquée de petites colonnettes et surmontée par un arc de décharge à motifs géométriques.
Outre ses baies, la décoration des absidioles est faite de contreforts ronds et de superbes modillons historiés (dont certains sont dus à l'imagination des restaurateurs).

La croisée du transept est marqué par une tour carrée très peu élevée et sans ornement.

Visite intérieure : Ayant perdu deux travées de nef, l'église peut presque s'inscrire dans un carré de 25 mètres de long et 21 mètres de larges (au niveau du transept). Les voûtes sont hautes de 13,5 mètres.
 L'unique travée de la nef est dépourvue de collatéraux. Elle est couverte par une voûte en berceau brisé, reposant sur des doubleaux. Deux étroites baies en plein cintre fournissent le seul éclairage.
Les croisillons du transept ne comportent qu'une travée, éclairé par une simple oculus

La croisée est couverte par une coupole sur pendentif. A ce niveau, on peut observer les étapes de construction dans les chapiteaux. En effet, les chapiteaux, côté nef, sont assez sobres.
 En revanche, les chapiteaux orientaux, plus tardifs, sont historiés (bestiaire fantastique). On y voit notamment (nord-est) la légende de St Georges.

Les deux absidioles du chevet sont voûtées en cul-de-four et éclairées par une (au sud) ou deux (au nord) étroites baies en plein cintre. 
L'abside est composée d'une travée droite, couverte en berceau brisé, terminée par un rond-point à cinq pans, voûté en cul-de-four. Le rond-point est ornée d'un réseau d'arcades à motifs géométriques, l'arcade centrale étant légèrement surélevée. Un pan sur deux est éclairé par une baie simple.

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provins

La Tour César est un donjon du XII° siècle, situé à Provins (Seine-et-Marne, France) au sommet de la colline où s'est installée la ville haute.

C'est le seul donjon octogonal à base carrée connu. La tour servit également de prison. Durant la Guerre de Cent Ans, elle fut occupée par les Anglais qui l'ont entourée d'une muraille.

La tour César fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1846.

Une première tour, existant en 1137, est nommée dans la charte fixant les limites des foires de Champagne.

La tour actuelle fut bâtie sur un éperon rocheux qui se trouve sur la Ville-Haute, appelée autrefois, "Tour du Roi", "Grosse Tour", "Tour aux prisonniers", elle a probablement été construite sous le règne de Henri le Libéral, après 1150 selon André Châtelain. Une légende veut que l'origine de Provins se trouve à l'époque romaine. Suivant cette tradition, la grosse tour de Provins aurait été bâtie par Jules César. Toutefois aucune source ne prouve que César ne soit jamais venu À Provins. ce nom est plutôt à rapprocher d'un symbole de puissance. À l'origine, la tour n'était pas couverte et se terminait par des créneaux. Le toit actuel et la charpente datent des XVIe et XVIIe siècles.

Cette tour est construite sur une motte artificielle. Elle est à cheval sur les murs des fortifications dont elle avait la fonction de donjon. Elle a également servi de prison, mais son rôle principal était de l'ordre du militaire: deux chemins de ronde permettant le guet sur la plaine de Brie.

Elle présente un plan carré à sa base, devenant octogonal à mi-hauteur, flanquée de quatre tourelles se détachant au niveau du premier chemin de ronde. La base de l'édifice est couverte par une lourde muraille en maçonnerie, ajoutée par les Anglais après le siège de 1432. La Tour César était surmontée d'une terrasse portant une tour de guet et un chemin de ronde crénelé.

La Tour est couverte et abrite deux cloches du XVII° siècle. Elles sont posées et abrités par des charpentes de bois.

La Tour dispose aujourd'hui d'un toit avec une magnifique charpente du XVII° siècle, mais avant cela, il n'en existait pas jusqu'en 1571. Du chemin de ronde, à l'ouest, on a une bonne vue de la ville haute, tandis qu'à l'est, la vue s'oriente vers la ville basse.

La tour est aussi utilisée comme beffroi, des six cloches d'origine, cinq furent brisées et fondues en 1793 et 1798, pour la fabrication de canons et de la monnaie. La plus grosse et la seule restante a un diamètre de 1,48 m et pèse 3 000 kg. Elle porte l'inscription : « En l'an 1511, ayant été fondue / De Quiriace on me donna le nom, / Je règne dans les airs et chasse de la nuée / Diable, tonnerre et grêle par mon nom ».

À l'intérieur, au rez-de-chaussée, une grande salle voûtée servait d'entrepôt pour l'intendance. A l'étage supérieur, une autre salle de mêmes dimensions mais plus haute, appelée "salle des gardes", était le centre de communication de la tour. De là, partent les escaliers vers la salle basse, la chambre du gouverneur et les chemins de ronde. La voûte est perforée d'un "trou de service", permettant de communiquer avec le dernier chemin de ronde. On accède aux cachots où furent gardés les prisonniers par d'étroits couloirs pris dans l'épaisseur des murs. La tour a été couverte en 1554, et l'installation des cloches, provenant de la tour-clocher de l'église Saint Quiriace effondrée, date de 1689.

La petite cloche, quant à elle, date de 1889.

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cahors

Le pont (en occitan pont de Balandras), également appelé pont du Diable, est un pont fortifié du XIVe siècle franchissant le Lot à l'ouest de Cahors, en France. Il offre aujourd'hui, avec ses trois tours fortifiées et ses six arches précédées de becs aigus, un exemple de l'architecture de défense du Moyen Âge.

Le pont Valentré est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1840 et depuis 1998 au patrimoine mondial de l'UNESCO, dans le cadre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Depuis 2012, avec le viaduc de Millau, le pont du Gard, le pont du Diable et le viaduc de Garabit, il fait partie des ponts remarquables du Sud de la France.

Construit aux temps des guerres franco-anglaises, le pont Valentré, par lequel on pénètre, mais seulement à pied, toujours dans la ville de Cahors, constitue un exemple rare d'architecture militaire française de cette époque, et l'un des plus beaux ponts médiévaux fortifiés subsistant encore.

Il fut décidé par les consuls de la ville en 1306, et la première pierre fut posée le 17 juin 1308. Il avait une fonction de forteresse, destinée à défendre la ville contre les attaques en provenance du sud. Toutefois, ni les Anglais, ni Henri IV ne l'attaquèrent.

En dos-d'âne, long de 138 mètres, avec six grandes arches ogivales gothiques de 16,50 mètres, ce pont est flanqué d'avant-becs crénelés et surmonté de trois tours carrées à créneaux et mâchicoulis dominant l'eau de 40 mètres. Deux barbacanes protégeaient son accès, mais seule celle du côté de la ville (à l'Est) a été conservée.

La construction devait entraîner la création d'un second axe commercial est-ouest, qui était jusqu'alors nord-sud. La ville subit ainsi une importante modification qui allait se répercuter sur toute la cité. Le pont était protégé spirituellement par une chapelle dédiée à la Vierge dans le châtelet occidental.

Il fut achevé en 1378, son aspect initial a été sensiblement modifié au cours des travaux de restauration entrepris en 1879.

Il est situé sur la Via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et sur le sentier de randonnée GR 36.

La légende : "on raconte que l'architecte ne pouvant venir à bout de son oeuvre, eut recours à Satan et fit un pacte avec lui. Satan s'engageait à l'aider par tous les moyens et à lui obéir ponctuellement, quelque ordre qu'il put recevoir. Le travail fini, l'âme de l'architecte en devait être le prix. Mais si le démon, pour une cause quelconque, refusait de continuer son assistance jusqu'au bout, il perdrait tous ses droits sur le prix en question ; la besogne marcha vite avec un tel manoeuvre.
Quand le pont fut presque fini : - ça se dit en lui-même l'architecte, voici le moment de songer à notre âme, afin que nous n'ayons pas fait un sot marché. Et il porta un crible à son formidable associé : - Ami, lui dit-il, je t'ai trouvé docile jusqu'ici, et tu sais que tu dois l'être jusqu'au bout ; prends ce crible, laisse-le tel qu'il est et l'emploie à puiser de l'eau que tu porteras aux maçons pour délayer la chaux. Le diable se mordit les lèvres de dépit ; il tenta pourtant l'expérience, elle échoua vingt fois. Jamais crible n'a gardé l'eau. Confus, le diable vint avouer sa défaite, mais jura de se venger. A quelque temps de là en effet, lorsque les maçons eurent presque achevé de construire la tour du milieu, ils en trouvèrent l'angle supérieur nord-ouest abattu et il leur fut impossible d'achever cette tour."

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uzerches

Uzerche est une commune française située dans le département de la Corrèze et la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente.

En 1787, l'écrivain anglais Arthur Young a qualifié la ville de « Perle du Limousin », surnom dû à son site pittoresque et sous lequel elle est encore largement connue aujourd'hui. Bâtie au sommet d'un éperon rocheux, entourée par un méandre de la rivière Vézère qu'elle domine, Uzerche possède un patrimoine riche hérité des atouts défensifs de son site. D'abord centre décisionnel et carrefour important puis forteresse sous Pépin le Bref, la ville fut aussi le siège d'une puissante abbaye et plus tard d'une sénéchaussée. Héritage de cette aura, de nombreux châteaux, hôtels et autres bâtisses à tourelles construits par la noblesse uzerchoise s'élèvent encore de nos jours et justifient le dicton : « Qui a maison à Uzerche a château en Limousin ».

Uzerche surnommée La " Perle du Limousin " est implantée sur la crête d'un escarpement rocheux entouré par une courbe serrée de la Vézère.

Les premiers, les Gaulois s'installèrent sur ce piton rocheux.

César, après avoir conquis la Gaule, choisit de laisser quelques garnisons dans la région, avec pour mission, à Uzarcba, de surveiller les passages de la Vézère.

Le site occupait une position stratégique. Il surplombait le col de Sainte-Eulalie où se trouvait un important carrefour routier antique, d'origine préromaine. L'une des routes joignait l'Armorique au Bassin Méditerranéen, une autre permettait de franchir la Vézère à gué.

Très tôt, ce col fut équipé d'un lieu de culte consacré à une martyre espagnole du 3ème siècle, Sainte-Eulalie de Mérida.

En 480, les Wisigoths pillent et détruisent Uzerche.

Pépin le Bref, conscient de l'intérêt du site, fait bâtir une forteresse et une église protégées par une haute muraille flanquée de dix-huit tours.

La ville se dote de portes, dont la Porte Bécharie qui subsiste encore. Trente an après leur défaite à Poitiers (732), les Sarrasins envahissent une seconde fois le Limousin.

Durant sept ans la ville résiste à leurs assauts et se libère du siège par un habile stratagème. Un blason symbolisant (selon la légende) cette victoire est sculptée sur la porte Bécharie.

En 909, les Normands saccagent la cité.

Au 10ème siècle, les Carolingiens décident d'y fonder un monastère sous la conduite de l'abbé Gaubert. Un incendie en 1028 met un terme à la prospérité que connaît la communauté.

Le 12ème siècle est une période faste, les grands de ce monde traversent la cité et s'arrêtent au monastère : Henry II d'Angleterre et Aliénor d'Aquitaine, leur fils, Richard Coeur de lion.

La ville résiste à plusieurs sièges, dont celui des Anglais, méritant ainsi le surnom d'Uzerche-La-Pucelle, celle qui n'a jamais été prise.

Dès le 14ème siècle, son développement justifie l'adage " Qui a maison à Uzerche a château en Limousin ". La noblesse de robe va construire hôtels et maisons fortes jusqu'au 16ème siècle.

En 1575, le vicomte de Turenne, à la tête des Huguenots, saccage l'abbaye. Dès 1628, les officiers du roi furent les seuls maîtres d'une ville engourdie et dont on commença à abattre les imposantes murailles sous Richelieu, Louis XIII fut reçu à l'hôtel du Sénéchal lors d'une visite en 1632.

Le pont Turgo, achevé en 1753, fut construit pour faire rejoindre le faubourg Sainte-Eulalie à la vieille ville, qui comprenait auparavant une seule rue montante et tortueuse bordée des demeures nobles et armoriées construites aux XVe et XVIe siècles.

En 1767 fut créée la « loge Saint-Jean de l'Heureuse Alliance », comprenant 18 frères, tous notables, où étaient effectués des rites maçonniques. Fédérée en 1781 au Grand Orient, elle se composait de bourgeois uzerchois, grands propriétaires terriens qui souhaitaient voir la fin des rentes et autres dîmes. La loge s'installa en 1784 au 6 de l'actuelle rue Jean-Gentet et aurait compté jusqu'à 80 membres à la veille de la Révolution. Une loge intégralement féminine a également fonctionné à partir de 1782 grâce à Félicité de Genlis, qui fut l'hôte du château du Puy-Grolier, propriété des Grenaille.

Le 2 mars 1789 se tint à Uzerche l'assemblée de la sénéchaussée ; 29 députés sont choisis parmi les 115 élus. Le 16 mars, ils portent à Tulle le cahier de doléances.

Le 30 juillet 1789 se répand le bruit que le comte d'Artois, frère de Louis XVI, arrive à Uzerche à la tête de 16 000 hommes. Son armée vient de Bordeaux et a incendié plusieurs villes. Aussitôt les hommes d'Uzerche et des paroisses environnantes s'arment mais la prétendue armée n'arrive pas : c'était une ruse pour faire armer tous les Français.

Le département de la Corrèze est formé en 1790. Il est composé de quatre districts : Brive, Tulle, Ussel, et Uzerche. Chacun de ces districts est divisé en 41 cantons, formés eux-mêmes de plusieurs communes.

Sous la Révolution, Uzerche devient chef-lieu de district en adoptant le nom de Faubourg-Egalité et voit la première décapitation du département de la Corrèze, place du Marché, le 19 septembre 1793. Les guerres de la Révolution en 1792-1793 voient deux Uzerchois se distinguer : le général Materre et le colonel Varéliaud. Sous Napoléon Ier, l'Uzerchois Alexis Boyer devient chirurgien de l'empereur, et le suit dans les campagnes de Pologne et Prusse.

En 1826, la commune de Sainte-Eulalie est rattachée à Uzerche.

Programmé en 1840 et achevé en 1855, le tunnel routier est, un siècle durant, le seul sur la route nationale 20. En 1892 vient s'y ajouter un tunnel ferroviaire sur la ligne à voie métrique Uzerche - Seilhac - Tulle - Argentat. La voie ferrée ainsi que la construction du viaduc du « PO-Corrèze » donnent une nouvelle dimension à la ville. Le viaduc, d'une longueur de 142 m, est achevé en 1902 ; il comprend douze arches et permet au tacot de relier la gare PO, située au nord, à la « Petite Gare », station d'Uzerche-Ville. Le POC fonctionne jusqu'en 1969, date de son arrêt définitif. Le viaduc sert aujourd'hui de promenade piétonne (G.R. 46).

Le 5 septembre 1870, le maire, monsieur de Tayac, communique à son conseil les dépêches annonçant la déchéance de l'Empire et la proclamation de la III° République. Le 13 novembre 1870, le conseil municipal exprime son adhésion unanime au plébiscite de Paris du 4 novembre 1870 qui maintient le pouvoir au gouvernement de la Défense nationale.

En juin 1944, la 2° division SS Das Reich, commandée par le général Heinz Lammerding, reçoit l'ordre, au lendemain du débarquement de Normandie, de se positionner entre Tulle et Limoges pour y réduire le maquis. Plusieurs résistants participent alors à l'attaque d'un train en gare d'Allassac, attaque qui permet aux maquisards de libérer le journaliste et partisan de la Résistance allemand Gerhard Leo. Parmi eux se trouve le lieutenant Michel : arrêté peu avant l'attaque de Tulle par les maquisards, il est pendu à Uzerche sous l'ordre et les yeux de Lammerding qui venait de passer deux nuits chez l'habitant.

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quimper

 Quimper dont le nom signifie « Confluent » en Breton (Kemper) est labellisé ville d’Art et d’Histoire grâce à son patrimoine (Cathédrale St Corentin, ces maisons du 16ème – 17ème siècle, ces quais de l’Odet, le quartier de Locmaria etc…)

Quimper est la capitale de l’ancienne Cornouaille. Quimper existait déjà à l’époque romaine et s’est construit autour de son siège épiscopal et autour de sa cathédrale. Mais aussi de la tradition bretonne  avant le rattachement avec la France.

La ville a aussi été coupé en deux très longtemps, en effet en plus d’être capitale de l’évêché de Cornouaille, c’est aussi celle du duché. L’évêque prit la rive gauche du Steïr avec la cathédrale et y fit construire des remparts, le Duc prit la rive droite et y fit construire son château.

La naissance de Quimper est ici à portée de regard. La cathédrale St Corentin et le Palais des Evêques se dressent sur la place St Corentin, noyau vital de la cité close. Avec ces deux édifices, c’est le mythe et l’histoire que nous parcourons et auquel le Musée Départemental Breton fait écho à chacun de nos pas. C’est en 1239 que l’Evêque Reynaud décide de la construction de la cathédrale St Corentin en s’appuyant sur les fondations d’une ancienne église romane. Accolé à la cathédrale, le Palais des Evêques abrite le Musée Départemental Breton. Sous l’Ancien Régime, ce palais était la résidence de l’évêque de Cornouaille, qui était aussi le seigneur de la ville close de Quimper. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, les évêques succéssifs se sont attachés à remodeler, agrandir et restaurer cette demeure. Le bâtiment actuel a été construit entre 1645 à 1647 par l’architecte quimpérois Bertrand Moussin.

Une ceinture de remparts délimite le noyau initial de la ville. Dans cet espace restreint, qui concentre toutes les activités de la cité, ont été édifiées les maisons de chanoines et celles des bourgeois. Au XIXème siècle, le quartier est choisi pour y établir le siège du pouvoir municipal, implanter le Musée des Beaux-arts et construire les halles Saint François.
Les maisons à pans de bois font partie du paysage urbain. Témoignage d’un savoir-faire médiéval, ces édifices ont jalonné les siècles, du XIVe au XIXe, lorsque furent progressivement abandonnés l’usage et les techniques. Véritable puzzle de bois ces maisons font la fierté de la plupart des villes bretonnes Grâce à elles, il est possible d’imaginer Quimper au temps où deux pouvoirs rivalisaient, l’évêque dans la ville close, les ducs sur l’autre rive du Steïr.

La Terre au Duc, de la rue de la Herse à la rue du Chapeau Rouge, séparée de la ville épiscopale par le Steïr. Des noms comme la venelle du Pain Cuit et la venelle du Moulin au Duc, nous rappellent que l’autorité ducale y possédait un moulin et des fours banaux. Dans la Terre au Duc, sont implantés, entre autres, l’ancien couvent des Ursulines, aujourd’hui Médiathèque des Ursulines et divers hôtels particuliers. C’est aussi le lieu où sont réunis des sites culturels majeurs tel que le Théâtre de Cornouaille et le Centre d’Art Contemporain.
Par le nom « Terre au Duc », on désignait jusqu’à la fin du XIXème siècle, l’espace compris entre le Steïr, l’Odet et le faubourg de Bourg-les-bourgs. A l’origine ce quartier appartenait au duc qui y avait installé les symboles de son pouvoir : auditoire de justice, prison, moulin et fours banaux.

Aujourd’hui, l’Odet considérée comme « la plus belle rivière de France », et sa vallée, longue de 16 km, sépare le Pays Bigouden du Pays Fouesnantais, et offre de Quimper à Bénodet tout un ensemble de beautés, tant naturelles qu’architecturales (manoirs, châteaux…).
L’Odet est un fleuve côtier breton qui prend sa source dans les montagnes Noires à Saint-Goazec, au lieu-dit Yeun-ar-Vouster, et aboutit dans l’Atlantique à Bénodet – en breton Pen = « tête », extrémité et donc « embouchure de l’Odet ». Son cours est notamment marqué par la superbe traversée des Gorges du Stangala, haut lieu touristique fréquenté par les randonneurs et les kayakistes. Sa longueur est de 62 km. Bordée de châteaux, de manoirs, de forets magnifiques, de paysages changeant à presque chaque vire-court et méandre, l’Odet a été surnommée la plus belle rivière de France.

Le quartier de Locmaria, est situé sur la rive gauche de l’Odet, au sud de la ville close et de la cathédrale St Corentin. A partir de l’installation de la première faïencerie en 1690, le caractère ouvrier du quartier s’affirma, Locmaria devint un quartier populaire aux nombreuses petites maisons et masures, entrepôts, manufactures, petits commerces, d’où émergeaient quelques belles maisons de notables, de grands jardins, et surtout l’église (XIè et XIIe) et le prieuré (XVIIè et XVIIIè) qui accueillait une communauté de religieuses bénédictines.
Autrefois fief ecclésiastique situé au coeur de l’antique Aquilonia, noyau primitif de Quimper, l’abbaye de Locmaria est le plus ancien établissement chrétien de la ville. L’église abbatiale Notre Dame est un parfait témoin des débuts de l’art roman en Bretagne.

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gien

Le château de Gien est un château français situé dans le centre-ville de Gien située dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire.

Le château de Gien est d'abord un édifice médiéval construit à la fin du XIV° siècle, à l'emplacement d'un rendez-vous de chasse.

Le monument appartient aux châteaux de la Loire, il est actuellement en travaux et devrait rouvrir au public au printemps 2017.

À sa construction, le château est situé dans la province de l'Orléanais dans le Royaume de France.

Aujourd'hui, il est situé sur la rive nord de la Loire, dans le sud-est du département du Loiret (région Centre-Val de Loire) et la région naturelle du Giennois.

L'édifice a été bâti dans le centre de la ville de Gien, il surplombe le quai Lenoir et la rue Gambetta. Il est accessible par des escaliers ou par la rue de la place du château dans laquelle on trouve également l'église Sainte-Jeanne-d'Arc.

Il constitue l'une des étapes de la route touristique Jacques Coeur et est situé à proximité de l'itinéraire cyclotouristique de La Loire à vélo et du sentier de grande randonnée 3 (GR 3).

Une forteresse est construite dès le VIII° siècle sous le règne de l'Empereur d'Occident et roi des Francs Charlemagne afin de prévenir les invasions barbares.

La forteresse est détruite en 1178 à la suite d'affrontements opposants les partisans de Geoffroy, baron de Donzy à ceux de Hervé III.

Le château et le comté de Gien sont rattachés au domaine royal français sous le règne de Philippe Auguste en 1199.

Lors de la guerre de Cent Ans, le futur Charles VII loge au château peu de temps après la délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc en 1428.

Le château est remanié dès la fin du XV° siècle pour Anne de Beaujeu, comtesse de Gien et fille aînée du roi de France Louis XI, le bâtiment héberge le roi de France Henri II et Catherine de Médicis, puis le roi de France Louis XIV et Anne d'Autriche durant la Fronde.

Le conseil général du Loiret achète le château en 1823. Le monument abrite successivement la sous-préfecture, le tribunal et la prison. Il est classé Monument historique en étant placé sur la liste des monuments protégés en 1840.

L'édifice est restauré en 1869.

Le château est très endommagé par les bombardements de juin 1940 survenus au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Le château héberge le musée international de la Chasse, créé sous l'impulsion de Pierre-Louis Duchartre et d'Henri de Linarès, peintre animalier français, à partir de 1952.

Une campagne de restauration intérieure et extérieure débute en novembre 2012, fermant le site au public. Des fouilles archéologiques sont réalisées aux abords du château durant l'été 2013. Le château est toujours en travaux actuellement et sa réouverture est annoncée pour le printemps 2017. Leurs coûts sont ré-estimés à 9 millions d'euros.

Le château de Gien est, avec les châteaux d'Amboise et de Blois, l'un des châteaux de la région naturelle du Val de Loire à avoir été bâtis avant l'arrivée des influences italianisantes et constituant ainsi un exemple de pré-Renaissance purement français. L'ornementation est faite à base d'appareillage de briques polychromes, créant des motifs géométriques.

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tours 1

 Tours est une commune française du centre-ouest de la France, sur les rives de la Loire et du Cher, préfecture du département d'Indre-et-Loire, dans la région Centre-Val de Loire. La ville, comptant 134 803 habitants en 2013 (population municipale au sens strict, opposée au nombre d’habitants de la ville, à savoir 138 268), est au centre d'une unité urbaine de plus de 350 000 habitants (2013), elle-même noyau d'une aire urbaine de plus de 487 000 habitants. Elle est ainsi, selon ces chiffres, la plus grande commune, la plus grande unité urbaine et la plus grande aire urbaine de la région Centre-Val-de-Loire, ainsi que la 18e aire urbaine de France.

Tours est la capitale de la Touraine. Cette cité est historiquement le plus important site de Touraine. L'histoire de Tours se confond avec l'histoire de la région, allant dans ses influences économiques, politiques et sociales bien au-delà des limites de l'actuel département de l'Indre et Loire.

Tours, qui a obtenu le label Villes et Pays d'art et d'histoire, est au cœur du site de la Loire, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de paysage culturel. Cette ville est considérée comme l'une des cités historiques ou se forgea l'unité française.

Dans la plaine de confluence de la Loire et du Cher et dans l'axe du seuil du Poitou, Tours commande, à la croisée des routes Paris-Bordeaux et Lyon-Nantes, un carrefour consacré dès l'Antiquité, souligné aujourd'hui par le rail (gare de triage de Saint-Pierre-des-Corps et T.G.V.) et le transit autoroutier. Ancienne capitale de la province de Touraine, siège d'une généralité comprenant aussi le Maine et l'Anjou, marché entre Varennes, Gâtine et Champeigne, Tours a gardé de ses avantages géographiques un secteur tertiaire prépondérant et diversifié (foires-expositions, hôtellerie de tourisme et de congrès, université, écoles supérieures, presse régionale, archevêché). Elle s'est aussi, bien que tardivement (à l'exception de l'imprimerie et de la réparation ferroviaire), industrialisée, devant à divers apports, dont une décentralisation stimulée par la relative proximité de Paris, des fabrications variées (matériel électrique et électronique, roulements à billes, fûts métalliques, pneumatiques, spécialités pharmaceutiques, meubles, confection). École d'application du train. Base aérienne militaire. L'agglomération tourangelle compte plus de la moitié de la population du département (contre 10 % en 1851 et 38 % en 1954). Mais sa croissance même ne va pas sans poser à la Touraine un redoutable problème d'équilibre. 
Capitale des Turons, la ville, évêché au iiie siècle, devint un grand centre religieux grâce à ses évêques saint Martin (371-397) et saint Grégoire de Tours (573-594), et fut érigée en archevêché au ixe siècle. Elle fut une résidence de Charles VI, Charles VII, puis Louis XI. La Réforme la toucha au xvie siècle. Très prospère au xviie siècle, grâce à la soierie, elle déclina après la révocation de l'édit de Nantes. La délégation du gouvernement de la Défense nationale siégea à Tours du 12 septembre au 9 décembre 1870. 
 
Église Saint-Julien, ancienne abbatiale, du xiiie s., avec clocher-porche roman du xiie s. Cathédrale des xiiie-xvie s. (vitraux). Maisons médiévales, maisons et hôtels de la Renaissance, dont l'hôtel Gouin (Musée archéologique). Riche musée des Beaux-Arts dans l'ancien archevêché. Musées du Compagnonnage et des Vins de Touraine dans l'ancienne abbaye Saint-Julien. La ville a été un centre de la peinture et de la sculpture aux xve-xvie s. (Fouquet, M. Colombe et Guillaume Regnault, les Juste). Tours est inscrite sur la liste du site Val de Loire, entre Sully-sur-Loire et Chalonnes, du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2000. 
L'hôtel Goüin est un hôtel particulier du XV° siècle situé à Tours, vestige de l’architecture Renaissance de la ville. Ce bâtiment fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 7 août 1941.
L'hôtel est situé rue du Commerce, à Tours.
L'hôtel a été construit au XV° siècle et a été considéré à tort comme l'hôtel de Jean de Xaincoings, trésorier des finances de Charles VII. On date le remaniement exceptionnel de sa façade antérieure au XVI° siècle par l'ajout d'un corps central hors-œuvre avec porche et loggia et un corps latéral à gauche, dans le style de la première Renaissance, l'hôtel était alors propriété de René Gardette, issu d'une famille de marchands de soieries de Tours.

Il porte le nom des Goüin, une famille de riches banquiers tourangeaux d'origine bretonne qui acheta l'hôtel en 1738. La famille Goüin y entreprend des travaux d'aménagements, notamment concernant la galerie de la cour antérieure sud : destruction des deux maisons situées le long de la grande rue (actuellement rue du Commerce), agrandissement de la cour sud, construction de l'actuel portail et disparition de la galerie sud. Eugène Goüin le fait rénover par l'architecte Edmond Meffre.

Détruit presque entièrement par les bombardements de 1940 – ne demeuraient que la façade sud et la tour d'escalier –, l'hôtel a été partiellement reconstitué dans les années 1950 : seuls le portail d'entrée et le corps de logis principal furent reconstruits,l'hôtel ouest,les bâtiments et la galerie autour de la cour nord et le jardin ont définitivement disparu.

Il comporte des vestiges gallo-romains dans le second sous-sol.

Ce bâtiment fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 7 août 1941.

Il a abrité le musée de la Société archéologique de Touraine (SAT), à qui la famille Goüin en a fait don ; la SAT l'a, en 1977, donné au Conseil départemental d'Indre-et-Loire ; devenu le Musée Goüin, d'importants travaux de restauration, engagés dans les années 2010, ont occasionné sa fermeture.

En 1967, l'hôtel est représenté à l'occasion du 40e congrès de la Fédération des sociétés philatéliques françaises, valeur faciale 0,40 F.

Il connait une importante restauration au début des années 2010. Les fouilles archéologiques liées à cette restauration ont permis la découverte sous la cour d'une maison longue du XII° siècle comprenant quatre arcades, ainsi que d'un puits. Ces éléments avaient été recouvert au XIX° siècle par la famille Goüin pour y faire une cour privative.

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dorat

Le Dorat est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne, en région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

Ses habitants sont appelés les Dorachons. La ville est considérée comme la capitale traditionnelle de la Basse Marche.

La ville est située à 50 km au nord de Limoges. Elle est traversée par le Courthoizon. Au nord-ouest, les limites de la commune suivent le cours de la Brame. Une gare SNCF sur la ligne Limoges-Poitiers permet, en prenant le TGV à Poitiers, d’accéder rapidement à Paris.

Voulons fut réunie au Dorat par l'ordonnance du 7 janvier 1824. La délimitation entre les communes du Dorat et de Dinsac fut fixée par l'ordonnance du 14 juillet 1836.

Le Dorat s'appelait primitivement « Scotorum » du nom des missionnaires écossais qui vers l'an 950 y construisirent ou probablement reconstruisirent, une église dédiée à Saint Michel. Ce n'est qu'une vingtaine d'années plus tard que Boson Ier le Vieux, premier comte de la Marche, fonda, près de Saint Michel, une chapelle Saint Pierre et le chapitre du Dorat, comptant de 20 chanoines illustré au XI° siècle par Israël et Théobald devenus les saints protecteurs du Dorat. La collégiale fut reconstruite après l'incendie de l'an 1060 ; le grand clocher, surmonté de l'ange doré ne fut achevé qu'au début du XIIIe siècle. Les comtes de la Marche avaient dès cette époque un château au Dorat ; il était situé au point le plus élevé de la ville. Vers le milieu du XIe siècle, ils bâtirent un très important château-fort, en dehors de la ville ; château qui fut détruit au cours des guerres de Religion ; un jardin public en recouvre actuellement les ruines.

En août 1356, l'armée du Prince Noir s'empara du Dorat. C'est elle qui, remontant vers Poitiers, y livra quelques jours après la funeste bataille où le roi Jean le Bon fut fait prisonnier et le comte de la Marche tué. Le roi Charles V reprit possession de la Marche en 1370, mais en 1405, Le Dorat tomba de nouveau aux mains des Anglais. La garnison du château faisant de nombreuses exactions dans la ville et dans le pays, le sénéchal de la Marche dut en 1423 promettre mille écus d'or à son commandant pour qu'il évacue la région. L'année suivante, pour se mettre à l'abri de nouvelles invasions, l'abbé du Dorat, Guillaume l'Hermite, entreprit la construction de fortifications tout autour de la ville. Les églises Saint-Michel et Saint-Pierre furent incluses dans les fortifications et une tour de défense fut même construite sur l'une des chapelles de l'église Saint-Pierre. En avril 1466, le roi Louis XI confirma le droit de l'abbé et du chapitre de Saint-Pierre accordé par ses prédécesseurs.

Les guerres de religion n'épargnèrent pas Le Dorat. Le 2 novembre 1567, après un siège de trois jours, la ville fut prise par une troupe de 15 000 Huguenots sous les ordres du Seigneur de Saint-Cyr âgé de 83 ans. Quatre cents hommes furent tués et 3 600 livres de rançon durent être versées ; le pillage dura quatre jours, l'église fut saccagée, de nombreuses reliques et ornements brûlés, les orgues et statues détruites. Les passages de troupes, rançonnements et exactions de toutes sortes se poursuivirent jusqu'au milieu du XVII° siècle : en 1576, ce fut l'armée de l'Amiral Gaspard II de Coligny, celle de la Ligue en 1576 et encore en 1585 ; cette année-là, l'insécurité était telle que la grande foire annuelle du jeudi de la Fête-Dieu dut se tenir dans le cimetière en dehors de la ville dont les portes étaient prudemment fermées. Le 5 mai 1589, une armée de 4000 hommes, envoyée par le roi Henri III de France et commandée par le duc de Montpensier, reprit après quelques coups de canons, le château du Dorat occupé depuis plusieurs années par les Ligueurs, Montpensier accorda aussitôt aux Dorachons la permission de raser cette forteresse, dont la présence était pour eux la cause de continuels tracas. Cela n'empêcha pas les Ligueurs de revenir assiéger Le Dorat en 1591, mais sans succès. Par écrit du roi Charles IX de France du 1er janvier 1561, Le Dorat fut désigné comme chef-lieu judiciaire et capitale de la Basse-Marche qui était composée de sept châtellenies. Elle s'étendait sur 111 paroisses, dont 27 dans le département actuel de la Vienne, 19 en Charente et deux en Creuse. Un autre édit de 1572 créait un siège secondaire à Bellac pour les châtellenies de Bellac, Rancon et Champagnac-la-Rivière (en tout 21 paroisses) qui se trouvaient régies par le droit écrit, tandis que les quatre autres châtellenies étaient soumises au droit coutumier. Ce nouvel édit, pour attester la suprématie du Dorat, spécifiait que le Lieutenant général pourrait aller tenir les plaids de Bellac une ou deux fois chaque année. Le prétoire de la sénéchaussée du Dorat fut installé en 1572 dans l'ancienne église Saint-Michel. Cette église se trouvait à l'emplacement actuel des parloirs du carmel.

Vers la mi-avril 1578, le désordre était à son comble au Dorat. Deux dames firent venir trois soldats de Montmorillon afin de se venger des mauvais traitements que leur infligeaient leurs maris. Arrivés au Dorat, ces soldats cherchèrent querelle à Jacques Brujas, lieutenant particulier. Le greffier Jari, indigné, les blâma et frappa l’un d’eux. Il tomba immédiatement sous les coups. Brujas cria au meurtre par les fenêtres. Plusieurs habitants accoururent. L’un d’eux fut frappé d’un coup de coutelas, sans en être tué. La foule poursuivit les soldats qui allèrent se réfugier chez lieutenant-général Claude de la Pouge.

Arrivé devant sa porte, la foule le somma de livrer les soldats à la justice. Mais le lieutenant-général refusa. Alors, commença le siège de la maison. Les soldats se défendirent à coups d’arquebuse et de mousquet, tuant sept ou huit assiégeants. Les habitants demandèrent du secours à Léonard Feydeau, lieutenant du siège particulier de Bellac et beau-frère de Brujas. Il envoya cent arquebusiers. Les assiégés se défendirent pendant plusieurs jours. Manquant de munitions et de vivres, ils finirent par se rendre. Les trois soldats furent massacrés et l’hôtel du lieutenant fut livré au pillage.

Claude de La Pouge chercha refuge dans une maison voisine. Mais il ne tarda pas à être dénoncé par le maître de logis. Le lieutenant-général fut aussitôt atteint de plusieurs coups de hallebarde. Il se défendit, et finit par succomber dans une lutte inégale. Son corps fut défenestré. Le lendemain, il fut enterré au cimetière de l’Hozanne.

Le parlement déclara tous les officiers du Dorat et de Bellac interdits de leurs offices.

En 1624, trois religieuses bénédictines de la Trinité de Poitiers vinrent fonder une maison au Dorat. Parmi elles se trouvait Catherine Pidoux, tante de Jean de La Fontaine; elle mourut en 1662 âgée de 66 ans, et avait contribué en 1656 à l'ouverture, dans leur maison, d'une école publique et gratuite de fille qui fonctionna jusqu'à l'incarcération en 1792 des 22 religieuses de ce couvent. Après la Révolution, un petit séminaire, qui devint très brillant, s'installa dans le local des anciennes religieuses, mais dut se disperser après la loi du 9 décembre 1905, portant séparation de l'Église et de l'État. Cependant, dès 1910, un lycée de jeunes filles vint prendre la relève et perpétue encore de nos jours, et dans la même maison, la fondation en 1656 de sœur Pidoux.

Au XVIII° siècle, la société dorachonne, composée surtout de robins, qui avaient étudié dans les universités de Poitiers, Paris ou Montpellier, participa au mouvement des idées. En 1782, fut créée au Dorat une loge maçonnique, dite Loge des Amis réunis. Aujourd’hui encore, la mairie du Dorat possède une collection de l’Encyclopédie de Diderot. En 1783, la musique de Pergolèse y était jouée. Le 14 juillet 1790 y fut un jour de liesse. La Garde nationale défila musique en tête, redingote bleue et culotte blanche, par les rues de la ville. Son commandant en chef était Jacques, marquis du Theil, qui devait émigrer l’année suivante. Mais, dans l’ensemble, les notables avaient épousé les idées nouvelles. En 1792, chaque famille envoya ceux de ses fils en âge de porter les armes combattre à la frontière. Ils y servirent comme officiers, les plus jeunes d’entre eux comme soldats.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

La collégiale Saint-Pierre ou église Saint-Pierre-ès-Liens est une église située dans la ville du Dorat en Haute-Vienne, à 12 km au nord de Bellac et 76 km au sud-est de Poitiers.

Imposante église romane (77 mètres de long et 39 mètres au transept), elle est bâtie en granite gris. Son plan est en croix latine. Sa construction a débuté au XII° siècle. Elle fut fortifiée au XV° siècle, d’où son caractère massif. Elle a été classée monument historique en 1846.

En 866 - L'église, le monastère furent saccagés et brûles par les Normands.

Vers 980 - Boson Ier, dit le Vieux, premier comte de la marche, installe le chapitre du Dorat avec ses vingt chanoines dont Esther Foucault, doyen du Châpitre de Dorat en 987.

En 1013 - Un nouvel incendie est allumé par les habitants de Magnac-Laval, commandés par Étienne de Muret, baron de Magnac, lors d'une guerre ente Bernard, comte de la Marche et Hugues de Lusignan.

En 1063 - Consécréation d'une bouvelle église.

En 1080 - Nouvel incendie

En 1107 - Conflit entre le chapitre du Dorat et la comtesse Almodis.

En 1112 - Les chanoines ouvrent un important chantier.

Le 27 janvier 1130, les corps de saint Israël et saint Théobald sont levés de terre et transportés en procession dans la collégiale. Ces reliques sont exposées sur les autels pour être vénérés par les fidèles. Enfin, elles sont descendues dans la crypte, où les attendent deux tombeaux en granit, travaillé avec soin et piété, par un tailleur de pierre nommé Legros. Le chœur et la crypte sont consacrés

Jusqu’en 1170, vont se succéder des campagnes de travaux qui ajouteront la nef, la façade, le clocher du transept.

En janvier 1482, le roi Louis XI confirma sa protection royale, en ratifiant les privilèges de l'église par lettres patentes.

En 1659, par une ordonnance de Monseigneur de La Fayette, évêque de Limoges, les ostensions dorachonnes furent autorisées dans le cadre des ostensions limousines septennales. Elles n'ont été suspendues qu'une seule fois en 1799.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1846.

  • La tour date de la fortification de l’église au XV° siècle, réalisée en même temps que les remparts de la ville. Elles subirent beaucoup de dégâts en 1507. Il ne reste que la tour de défense (Tour Notre Dame), dressée sur la chapelle axiale du chevet, et dotée d'archères, d'échauguettes qui sont supportées par des masques sculptés appartenant primitivement à la tour romane.
  • Le clocher du transept apparaît entièrement conique au premier coup d'œil, pourtant plus de la moitié de sa hauteur est constituée par trois étages verticaux à peine en retrait. Les proportions respectives et surtout leurs décors prolongent jusqu'au toit de l'église la dynamique des obliques supérieures. À la base, les fenêtres en plein cintre forment une puissante colonnade portante, implantée sur la ligne de crête des toits, comme sur un horizon. Le deuxième étage aveugle correspond à la coupole intérieure. Le troisième étage s'étire vers le ciel. Ses baies en plein cintre sont refendues par des colonnettes médianes qui imposent leur verticalité et font pressentir le gothique. À 60 mètres au-dessus du sol, veille le grand ange en cuivre doré datant du XIII° siècle, haut de 1,30 m reposant sur une boule de 36 cm de haut, encastré sur la pierre du sommet de la flèche.
  • Le portail Ouest est polylobé, témoignant d'une influence mozarabe, cela apporte une note gaie à la sévérité de la façade.
  • L'escalier monumental de douze marches, allusion au nombre des apôtres, permet de découvrir d'un seul coup d'œil la nef et le chœur. On remarque que l'axe du chœur s'infléchit un peu sur la droite, ce qui résulte des légères déviations que l'on constate dans les murs des bas côtés dans la 4e travée et qui manquent une reprise des travaux.
  • La nef s'élève à 17 mètres et compte 5 travées voûtées en berceau brisé. Elle est percée de baies d'aération donnant sur les combles. Les bas-côtés anormalement larges pour cette région 2,50 m à 3 m, sont aussi très élevés. Les grandes arcades qui séparent la nef des bas-côtés, ont une partie de 6 m, cela a été rendu possible par la grande résistance du granit.
  • La croisée est située sous une coupole à tambours ajourée de huit fenêtres. La tour-lanterne, est voûtée d'une coupole octogonale qui culmine à 26m. 60. Un oculus à 8 pétales en occupe le centre. La lumière pénétra par les baies de plein cintre que relie par une arcade continue, une triple moulure limousine. La chapelle du transept nord est le baptistère, sa cuve est monolithe, côtelée et dominée par une statue de saint Jean-Baptiste. La chapelle du transept sud est appelée "Chapelle des Saints". Les deux sarcophages en granit qui ont recouvert les reliques des Saints Israël et Théobald y sont placés.
  • Le transept est profond et porte sur chaque bras une absidiole. Deux marches séparent la nef du transept.
  • Le chœur se compose de deux travées. La première, droite, est voûtée d'un berceau cantonné entre deux doubleaux sur colonnes engagées. La seconde travée semi-circulaire est voûtée en cul de four. Les colonnes prolongent leur envolée par des arcs surélevés. Leurs espacements irréguliers sont calculés pour mettre en valeur l'arcade centrale. Les chapiteaux de ces colonnes sont parmi les plus beaux de la collégiale. Le chœur, surélevé, comprend un déambulatoire orné de trois chapelles rayonnantes, deux d'entre elles contiennent les châsses de saint Israël et saint Théobald.
  • Les colonnes des chapelles ont de beaux chapiteaux de calcaire blanc dans la partie nord, de granit dans la partie sud (petits lions, beaux masques d'hommes lions adossés à tête de tunique). Les sculpteurs ont tiré parti du granit extra dur de la région. On trouve des motifs végétaux, des palmettes et rinceaux très fouillés, des animaux adossés mordant les jambes d'un homme qui a la tête renversée, des masques. Dans la partie nord du déambulatoire, les chapiteaux sont en calcaire blanc. Sur le portail, saint Pierre et dans le transept, les chapiteaux sont en serpentine verte (pierre volcanique de la région). Dans la nef, sur les quatrième piliers, des petites colonnes montent à mi-hauteur et portent des chapiteaux de granit.
  • La crypte date du XIe siècle. On y accède par le bras droit du transept. Elle s'étend sous le chœur, et marque très probablement le point de départ de la collégiale. Son plan se superpose avec celui de l'ensemble chœur, déambulatoire qui se trouve à l'étage supérieur. Dédiée à Sainte Anne, elle contenait les sarcophages reliquaires de Saint Israël et Saint Théobald que les fidèles pouvaient vénérer directement de l'église à travers 3 ouvertures maintenant obturées. La chapelle centrale est renforcée par 4 colonnettes. À proximité de l'autel, une piscine eucharistique, sorte de colonne en granit où l'on versait l'eau des ablutions de la messe. Le déambulatoire voûté en berceau légèrement brisé, est séparé de la nef centrale par un mur de près de 2 mètres d'épaisseur, reposant sur une banquette et percé de 5 baies. Les chapelles sont voûtées en cul de four. Seule la chapelle du centre présente un dallage, le reste du sol est en terre battue. La déclivité du sol extérieur a permis à la crypte, d'accéder au jour par 7 ouvertures en plein centre.
  • La grande cuve baptismale carolingienne, qui se trouve au fond de la nef, est en granite rose monolithe, de forme rectangulaire. La face postérieure est arrondie pour épouser la forme du mur ou de la niche dans laquelle elle était incrustée. Aucun endroit de la collégiale ne lui convenant, elle est donc antérieure. Le grand côté ouest est sculpté de deux lions opposés dos à dos, dont les queues se terminent en palmette. Ces queues feuillues sont symbole de fécondité. La tête du lion de gauche, placée dans l'angle, est commune à un lion sculpté sur le côté nord. De semblables lions sculptés se retrouvent dans la chapelle de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Le côté sud est percé d'un orifice circulaire pour l'évacuation de l'eau. Sa hauteur est de 68cm, sa longueur de 167cm, sa largeur de 152cm, et sa profondeur de 40cm. Le trou d'évacuation des eaux en bas, la feuillure pour un couvercle sur le dessus, les dimensions, tout indique qu'il s'agit d'une cuve qui servait aux baptêmes par immersion.
  • Les orgues: la partie instrumentale de cet orgue de chœur est un témoin quasi intact de la facture d'Aristide Cavaillé-Coll, facteur d'orgues à Paris. C'est grâce aux libéralités d'une riche famille du Dorat que la collégiale s'est à nouveau trouvée dotée d'un instrument, ainsi que l'atteste une plaque au-dessous de la plate-face centrale du buffet : « Cet orgue a été donné l'an 1876 par M. et Mme Robert du Dorat, bienfaiteurs insignes de cette église ». Il fut restauré en 1962 et classé en 1978.
  • L'autel, œuvre de Philippe Kaeppelin (1973), est placé sur un dallage comprenant cinquante dalles de granits aux joints à la chaux. Il comprend quatre cadres de bois latté extrêmement résistant, recouverts d'une épaisse feuille de plomb battue sur la pierre. La table d'autel est une épaisse plaque d'ardoise d'Angers de 3 cm. d'épaisseur, soutenue par deux piliers intérieurs. Il est surmonté d'une croix suspendue, et à proximité un Christ de chêne couvert d'une feuille de cuivre, réalisée par le sculpteur Gubellini (1961).
  • Les châsses des saints du XVII° siècle sont bois doré. Elles contiennent les restes des saints protecteurs du Dorat saint Israël. et saint Théobald. Elles reposent sur des stèles de granit avec un entourage en fer forgé, en médaillon des émaux de Georges Magadoux (1967).
  • Deux vitraux sont installés dans les chapelles du transept en 1870. Jusqu’alors, les 60 fenêtres étaient fermées par des murets aveugles ou de simples vitres. De 1881 à 1885, 36 autres vitraux sont installés. Dans cet ensemble, dominent les grisailles, les bordures colorées et les médaillons légendaires.
  • Une statue de saint Pierre de plâtre avec le pied droit en bronze. Il est sur son trône, en train de bénir les fidèles d'un geste de la main droite.
  • Les quinze stations du chemin de croix en terre cuite sont réparties sur les murs des nefs latérales. Ce chemin de croix est l'œuvre de Félix Oudin (1962)

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laval

Si les bords de la Mayenne font l'objet d'un peuplement diffus dès la protohistoire, c'est le rôle de marche économique, militaire et religieuse de la vallée qui orienteson devenir urbain. Alliés successivement aux familles nobles de Normandie, de Bretagne et d'Anjou, les seigneurs de Laval contrôlent, dès le XIème siècle, les hauteurs de la rive droite et la traversée à gué de la Mayenne.
Autour d'une motte, puis d'un grand donjon, s'ordonne un bourg prospère cerné de murailles qui, par son nom même, traduit l'emprise des seigneurs sur le site (Vallis Guidonis, puis Laval).
Un pont de pierre est bâti au XIIIème siècle pour franchir la Mayenne. Il restera, jusqu'à la Révolution, la voie de passage obligée entre Rennes et le Mans.
Au sortir de la Guerre de Cent Ans, la terre de Laval est érigée en comté. Ses seigneurs (maîtres de Laval et de Vitré) font de la rivière un vecteur de renouveau économique. Sur ses berges, on développe le blanchiment des toiles de lin exportées jusqu'à Paris puis, plus tard, jusqu'aux colonies d'Amérique.
La prospérité revenue permet l'expansion des faubourgs ainsi que de hameaux périurbains (Avesnières, Saint-Vénérand, la Coconière, la Senelle, etc…). Les maîtres de la ville, alliés à René d'Anjou, portent alors dans le Maine les valeurs de la Renaissance.
Le tuffeau de la Loire permet de renouveler l'architecture publique (église St-Vénérand, Château Neuf) ou privée (Maison du Grand Veneur, Hôtel Boulain).

La Contre-Réforme donne l'occasion aux artistes locaux de diffuser le modèle du retable lavallois dans toutes les églises de l'ouest, faisant ainsi oublier l'engagement des seigneurs de Laval dans le parti protestant.
Le XVIIIème siècle marque l'apogée économique d'une ville toute entière tournée vers le textile et dirigée de fait par une oligarchie de marchands vivant dans de somptueux hôtels particuliers.
Mais l'apparition des cotonnades au XIXème siècle qui supplantent rapidement la toile de lin entraîne une réduction du rôle jusqu'alors prépondérant de la rivière.
La ville n'échappe au déclin démographique qui se précise dès la fin du Second Empire dans tout le département que, grâce à l'activité déployée par les premiers préfets et par les édiles urbains.
Les grands travaux comme le Pont Neuf (1815) ou le viaduc ferroviaire (1855) améliorent sensiblement la desserte Paris-Rennes.
La Mayenne bordée par plus de quatre kilomètres et demi de quais devient un lieu de promenade menant jusqu'aux frontières de la ville qui sont réservées à l'industrie.
Le renouveau urbanistique s'accompagne d'une réelle amélioration de l'équipement public. Laval se dote ainsi d'un musée (1890), de nombreuses écoles et d'une prison modèle (1901).
Le faible dynamisme des années d'entre-deux-guerres sera, heureusement, compensé par le retour à la prospérité qui caractérise les Trente Glorieuses (1945-1975).
L'exode rural fournit alors en main d'œuvre des entreprises comme LMT ou Thomson qui viennent compléter une activité agro-alimentaire de pointe (Besnier).
En périphérie, la ZUP des Fourches, les ZAC de Grenoux et du Bourny et avec la ZUP Saint Nicolas (9 000 habitants) achèvent la création de nouvelles traverses Est-Ouest de part et d'autre de la rivière.

Le Vieux-Château est principalement construit en moellons et ses toits sont en ardoises. Les portes et les fenêtres sur cour qui n'ont pas été refaites au XVe siècle sont encadrées de granit, les autres sont en calcaire.

À l'intérieur, on trouve la Chapelle du Château de Laval. Il s'afit d'une chapelle romane du XIIe siècle.

Une autre richesse du château est la grande salle à plafond voûté en bois, datant du XVe siècle, mais ses lambris ont toutefois été remplacés en 1913. Le donjon circulaire du XIIIe siècle possède encore son hourd en bois, également du XIIIe siècle. Le château comprend trois escaliers, un dans le logis, un autre dans le donjon et un troisième provenant de l'Abbaye de Clermont et installé après 1909.

La façade donnant sur la Mayenne est relativement sobre, avec des mâchicoulis, de larges meurtrières et des reliefs en voûte d'ogive encadrant des fenêtres à meneaux. Ces détails gothiques et militaires contrastent avec la travée à deux fenêtres à meneaux du donjon. Celles-ci sont typiques de l'architecture néoclassique ; elles sont surmontées par des frontons et encadrées par des pilastres, ioniques au premier niveau et corinthiens au deuxième. Le premier donjon, carré, est encore partiellement visible, en avancée par rapport aux façades des logis.

Les ornements des façades sur cour sont beaucoup plus caractéristiques de la Renaissance française et l'influence gothique est encore visible, notamment sur les nombreux bas-reliefs qui couvrent la moindre surface plane. Ceux-ci illustrent des entrelacs de rinceaux, des animaux fantastiques, des lions, des personnages grotesques ou réalistes… Les lucarnes, éléments centraux de la Renaissance française, sont dépareillées. Elles sont pour la plupart surmontées de gable à pinacles, mais certaines sont aussi à fronton arrondi.

Le Pont Vieux est un pont construit sur la Mayenne à Laval. Il date du XIIIe siècle et c'est le pont le plus ancien de la ville. Il est par ailleurs resté le seul pont de Laval jusqu'à la construction du Pont Aristide-Briand (ou « Pont Neuf ») au début du XIXe siècle. Il est inscrit Monument historique depuis 1926. À l'origine, il était nommé Pont Saint-Julien ou Pont de Mayenne.

Le Pont Vieux relie la rue du Pont de Mayenne sur la rive gauche à la Grande rue sur la rive droite.

Le pont a été construit au XIIIe siècle à l'emplacement d'un gué très ancien puisqu'il se trouvait sur la voie romaine entre Le Mans et Corseul. Au Moyen Âge, le pont commandait l'accès à la Bretagne et il avait donc un important rôle stratégique et commercial. Sa construction avait été rendue nécessaire après qu'un barrage a été construit sur la Mayenne pour alimenter des moulins à eau. À cause du barrage, le niveau de la rivière avait monté, et le gué s'était retrouvé submergé.

Le pont fut restauré en 1528, puis au début du XVIIIe siècle. À l'origine, il comportait une porte de ville, baptisée Porte du pont Saint-Julien ou Porte du Pont de Mayenne, ainsi qu'un pont-levis. Par ailleurs, des maisons étaient construites de chaque côté de la voie. Il était donc très étroit et sa traversée était ardue. La porte ainsi que la plupart de ces maisons ont été détruites en 1779. À la même époque, la construction d'un second pont est envisagée pour la première fois, et celui-ci est finalement construit au début du XIXe siècle. Le Pont Neuf, situé au nord du Pont Vieux, permet de désengorger la vieille-ville de Laval, et un centre-ville moderne est progressivement construit autour.

Le Pont Vieux est une nouvelle fois remodelé lors de la construction des quais le long de la Mayenne au XIXe siècle. Les dernières maisons médiévales qui empiétaient sur l'ouvrage disparaissent et la quatrième arche du pont se retrouve prise dans le quai ouest. Le 6 août 1944, lors de la Libération de Laval, le pont fut partiellement dynamité par les Allemands, puis restauré par la suite.

L'ouvrage est en moellons de schiste, composé de trois arches visibles en arc brisé et portées par des piles à bec.

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cordes

Cordes-sur-Ciel (en occitan, Còrdas, en français Cordes jusqu'en 1993) est une commune française située dans le département du Tarn, en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Bastide construite en 1222 par le comte Raymond VII de Toulouse, haut lieu du catharisme, cette cité médiévale adapte ses rues tortueuses et ses maisons séculaires à un relief escarpé dominant la paisible vallée du Cérou. Site touristique fréquenté, grand site de Midi-Pyrénées, elle est une étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ses habitants sont appelés les Cordais et Cordaises. En 2014, ce village a été élu Village préféré des Français dans l'émission présentée par Stéphane Bern sur France 2.

Cordes-sur-Ciel est situé dans le nord-ouest du département du Tarn, dans la vallée du Cérou. La commune se trouve sur la Route nationale 122 et sur la rive gauche du Cérou, un affluent de lAveyron, à 1h15 environ par la route, de Toulouse.

L'altitude de la commune varie entre 159 et 320 mètres. Le village a donné son nom au plateau calcaire qu'il occupe, le plateau cordais.

La rivière appelée le Cérou coule en contrebas du village.

À sa création, le village reçut le nom de Cordoa, vraisemblablement en référence à la ville de Cordoue. En effet, il existait des ateliers de tannerie le long du Cérou et cette ville espagnole était connue pour son artisanat du cuir. D'autres villages du Tarn font référence à des villes espagnoles, comme Pampelune, Cadix ou Valence.

Lors de la révolution française, la ville est rebaptisée Cordes-la-Montagne.

En 1947, une journaliste romancière et poétesse, Jeanne Ramel-Cals, invente le nom de Cordes sur Ciel, le village évoquant la mer de nuages qui entoure le puech à l'automne et au printemps. Le nom de la commune est changé officiellement en 1993 par le ministre de l'intérieur et futur maire de Cordes-sur-Ciel, Paul Quilès.

L'histoire de Cordes précédant la bastide ne signifie pas une absence de peuplement. Des vestiges d'un château fort semblent avoir subsisté jusqu'au XVIIe siècle, témoin d'une occupation antérieure à la construction de la bastide. Toutefois, ce foyer de population est trop faible pour être le siège d'une paroisse. A cette époque, il existe probablement des ateliers de travail du cuir au bord de la rivière Cérou.

Lors de la croisade des Albigeois, Saint-Marcel est incendié par les croisés de Simon IV de Montfort.

Cette ville nouvelle s'inscrit dans le contexte de la fin des combats de la croisade des Albigeois. Elle a pour but de reloger des populations ayant tout perdu lors destructions opérées par les chevauchées des croisés. Le comte de Toulouse veut repeupler les zones ravagées et accessoirement y favoriser le développement économique. Pour Charles Higounet, ces projets portent la marque de Doat Alaman, et de son fils Sicard qu'il surnomme bastidors. Ces gestionnaires de la fortune des comtes de Toulouse sont les initiateurs de cette politique de construction. La bastide de Cordes constitue un verrou militaire au nord du comté de Toulouse et barre la vallée du Cérou.

Les deux premières enceintes fortifiées sont bâties dans un délai de sept ans. En 1222, le comte de Toulouse Raymond VII octroie une charte de privilèges aux futurs habitants de la construction sur le lieu dit « Puech de Mordagne ». En 1229, date du traité de Paris, Cordes est signalé comme une des villes forte de l'Albigeois. Il est attesté que des habitations sont antérieures à la première enceinte.

Des habitants du village voisin de Mouzieys-Panens participent à l'érection des murailles et au creusement des fossés. Une lecture des restes de remparts révèle que les premiers murs sont bâtis avec les pierres calcaire locales. Plus tard, des briques, et des pierres de carrières plus lointaines sont utilisées : carrière de Corrompis sur la commune de Les Cabannes et grès rouge de Salles. Les murs ont probablement été construit par les habitants eux-mêmes : les parcelles comprenaient une maison donnant sur la rue, un petit jardin derrière, clos par un mur aveugle dont l'entretient est à la charge de l'habitant.

Conformément au traité de Paris de 1229, Jeanne, fille unique de Raymond VII de Toulouse, épouse en 1241 Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Le comté de Toulouse, jusqu'alors autonome, est rattaché à la Couronne de France à la mort d’Alphonse II et de Jeanne en 1271. Jamais conquise, Cordes devient ainsi terre de France en 1370.

Un atelier de tisserands occupé par des parfaits, religieux cathares, est attesté dès 1226 par des interrogatoires conservés de l'inquisition. Il est probable que ce havre de paix ait attiré cette population, première victime du conflit qui s'achève. Une légende indique une révolte de la population contre une décision d'envoyer des cathares locaux au bûcher ayant abouti à la précipitation de trois inquisiteurs dans le puits de la halle. Charles Portal la démonte, aucun texte antérieur au XVIIe siècle ne l'ayant reprise.

Les artisans installés dans la nouvelle ville profitent de l'essor économique dû à une longue période de paix. Les familles s'enrichissent et d'artisanes, deviennent bourgeoises et marchandes. Ces familles décident alors de montrer leur richesse en signe de puissance et commence la construction de maisons gothiques. Ces bâtisses à architecture voisine réunissent atelier, entrepôt et magasin au rez-de-chaussée, habitation au premier étage et greniers au second étage. Une cour et des bâtiments annexes occupent l'arrière de la construction. Ces demeures confortables sont bâties entre la fin du XIIIe siècle et le milieu du XIV° siècle. Cette durée relativement courte donne une unité architecturale à la bastide, lui valant le surnom de « Cité aux Cent Ogives ». Son âge d'or dure du XIV° siècle au XVIe siècle avec un maximum de 5 500 habitants.

Cordes, fidèle à « l'Église de Dieu » bien après le bûcher de Montségur en 1244,  résista à l’Inquisition  jusqu’en 1312, date de sa soumission officielle à l’Eglise catholique romaine. Les guerres de religions de la fin du XVI° siècle occasionnent peu de dommages à Cordes : elle est attaquée le 9 septembre 1568 par le baron de Paulin ; elle repousse l’assaut du vicomte Peyrole de Bruniquel, dans la nuit du 22 au 23 mai 1574.

Prosper Mérimée, alors chargé par Napoléon III d’établir un inventaire du patrimoine architectural français, la visita. La cité s’éveilla à nouveau à partir du milieu du XX° siècle, lorsque des artistes la redécouvrirent.

Albert Camus, après l’avoir visité dans les années 1950, disait « À Cordes, tout est beau, même le regret ». La cité est officiellement devenue « Cordes-sur-Ciel » en 1993.

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calais

Calais est une commune française, sous-préfecture du département du Pas de Calais en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Ses habitants sont appelés les Calaisiens.

La ville de Calais est la ville la plus peuplée du département, bien qu'elle n'en soit pas le chef-lieu, cette fonction revenant à Arras. Elle est également la principale ville française de liaison avec la Grande Bretagne grâce à son port, premier port français de passagers, et au tunnel sous la Manche.

Calesium en latin médiéval, ou Kales en vieux flamand était un village de pêcheurs et de marins, attesté dès le VIII° siècle, et Kaleeis vers 1180.
Le premier document officiel mentionnant l'existence de cette communauté est la charte de commune octroyée par Mathieu d'Alsace au XII° siècle, charte connue par la confirmation qu'en fait, en 1181, Gérard de Gueldre, comte de Boulogne.
D'autres auteurs citent des titres mentionnant Calesium à partir du IX° siècle mais sans les détailler.

Albert Dauzat et Charles Rostaing émettent des réserves sur l'explication du nom par un pré-celtique *kal, pierre, rocher, donnée par Hermann Gröhler, suivi du suffixe pré-celtique -es(um). Xavier Delamarre propose le gaulois caleto-, dur, que l'on trouve dans Caleti, Caletes, peuple de Gaule belgique qui a laissé son nom au pays de Caux.

Calais remonterait en fait à *Caletes (d'où la forme ancienne Kaleeis donnée par Dauzat) « la dure » (cf.vieil irlandais calad, gallois caled, breton kaled, dur) effectivement basée sur *kal, thème indo-européen désignant la dureté et que l'on retrouve dans le latin callum, cal, durillon. Le sens toponymique de *Caletes reste cependant obscur.

Le nom de la commune en néerlandais est Kales, et Cales en flamand occidental.

Ses habitants sont appelés les Calaisiens.

Sa proximité avec l'Angleterre fait de Calais une place militaire stratégique. L'histoire de la ville est marquée par plusieurs sièges dont celui de 1346 lors de la guerre de Cent Ans, où le roi Edouard III d'Angleterre choisit Calais pour débarquer en France, la ville passant alors sous contrôle anglais, celui de 1436, où Philippe le Bon, duc de Bourgogne, attaque les Anglais cherchant à libérer Calais, et celui de 1558 où la France réussit finalement à récupérer la ville restée pendant plus de deux siècles sous occupation anglaise. En 1595, Calais est capturée par les Espagnols qui la rendent deux ans plus tard.

Au XVIIIe siècle, le port de Calais est en difficulté et ses activités disparaissent peu à peu au profit de Boulogne et Dunkerque. Elle garde néanmoins une place importante lors des guerres napoléoniennes opposant la France au Royaume-Uni. Calais, petite ville de pêcheurs à la fin du XIXe siècle, se développe avec notamment l'apparition d'un tramway en 1879. Elle fusionne avec son industrielle voisine de Saint-Pierre-lès-Calais en 1885, triplant ainsi sa population et devenant la plus grande ville du Pas-de-Calais.

Calais est épargnée par la Première Guerre mondiale malgré plusieurs raids allemands faisant quelques dégâts. Le bilan de la Seconde Guerre mondiale est plus lourd. Calais, assiégée en 1940, devient « zone interdite », les Allemands craignant un débarquement des forces alliées dans le Pas-de-Calais. La ville finit détruite à 73 % (tout comme ses voisines, Boulogne et Dunkerque, détruites respectivement à 85 et 70 %).

La ville reconstruite après la guerre se développe, renforçant sa place de leader du transport transmanche devant Boulogne. L'ouverture du tunnel sous la Manche en 1994 donne une nouvelle dynamique à l'agglomération, apportant des emplois, des commerces et de nouvelles infrastructures routières et ferroviaires. La ville est néanmoins bien touchée par la crise économique à la fin du XXe siècle, puis par la crise des réfugiés voulant rejoindre l'Angleterre au début du XXIe siècle. De multiples campements de fortune, désignés sous le nom de « jungle de Calais », régulièrement démolis et reconstruits, jouxtent la ville depuis 2002.

Le Beffroi de Calais : Chaque commune possède un trésor composé de sceaux et surtout de la charte.

Cette charte est la seule et unique preuve des privilèges accordés par le seigneur. Bien le plus précieux, ce document est conservé dans un coffre-fort fermé. La charte de coutume de Calais a été confirmée aux habitants vers 1181 par Gérard de Gueldre. Elle est aujourd’hui déposée aux Archives Départementales du Pas-de-Calais. La partie basse des vitraux de l’Hôtel de Ville reproduit trois sceaux : sceau du bailliage de Calais en 1310, sceau de Robert d’Artois, sceau et contre sceau de Mahaut, Comtesse d’Artois.

Les échevins veillent à la sécurité de la ville car chaque trouble entrave la bonne marche du commerce. Le beffroi devient le lieu idéal pour surveiller les environs et prévenir tout risque d’invasion ou d’incendie. Des terrasses, tourelles sont aménagées pour les guetteurs au sommet des tours communales. Les guetteurs signalent les dangers et rythment les journées en sonnant les heures. A Calais, c’est la tour du Guet qui avait cette fonction. Cet édifice, proche de l’ancien beffroi, appelait les habitants de la cité lors d’évènements importants à l’aide d’une cloche.

Les cadrans solaires puis les horloges permettent de donner des horaires précis pour rythmer la vie des habitants. L’horloge devient rapidement un élément incontournable du beffroi et dans la plupart des cités, elle orne les quatre faces de la tour communale. Symbole de richesse, l’horloge fait l’objet de tous les soins. Le beffroi de Calais est agrémenté d’une horloge à quatre cadrans orientés vers les quatre points cardinaux : Nord, Sud, Est, Ouest.

Une fois le droit de cloche et le droit de beffroi acquis, la commune apparaît comme le troisième pouvoir.

Les beffrois du Nord de la France et de la Belgique marquent le paysage avec leur beffrois, églises et donjons. Les relations entre les trois pouvoirs tiennent à la fois de la coopération et de la concurrence. L’architecte de l’actuel Hôtel de Ville de Calais a bien compris cette rivalité puisqu’il a intégré dans l’architecture générale du bâtiment les symboles forts des trois pouvoirs (vitraux, plafonds et salles aménagés comme les anciens châteaux français...).

A partir du 17ème siècle des carillons fonctionnent avec l’horloge : ils jouent des ritournelles.

La ritournelle correspond au petit air joué par le carillon à l’heure, au quart, à la demie et aux trois-quarts. Elle attire l’attention des habitants sur l’heure ensuite sonnée par la cloche. Ces petits airs servent encore de point de répère pour les habitants qui connaissent parfaitement ces mélodies propres à leur beffroi. Le carillon mécanique de l’ancien beffroi de Calais chantait l’air de « La Gentille Annette » de Boieldieu (compositeur français 1775-1834). Cette ritournelle est toujours jouée sur l’actuel carillon électrique.

Dans ces territoires où le relief est timide les beffrois viennent apporter volume et hauteur aux paysages. A l’aube du 20ème siècle, le Nord de la France et de la Belgique exhibent de nombreux et magnifiques beffrois hérités des siècles précédents. Ces hautes tours témoignent de la puissance passée des villes et si leur autorité pratique s’estompe peu à peu au profit des hôtels de ville, les beffrois remplissent encore un rôle symbolique très fort. A Calais, après la réunion des villes de Calais et de Saint-Pierre en 1885, la municipalité décide de construire un nouvel Hôtel de Ville, l’ancien beffroi devenant un musée.

Isolés ou accolés à d’autres bâtiments, les beffrois sont l’épicentre de la vie communale. Il est vrai que les guetteurs surveillent plus les départs de feu que les invasions, il est vrai que les cloches sonnent plus souvent le rassemblement à la fête que l’appel aux armes... Le beffroi ne joue plus un rôle aussi prépondérant qu’au cours des siècles précédents, mais qu’importe ! Il conserve une place de choix au coeur de la cité et dans le coeur des habitants. Pour preuve à Calais où plus de 90 projets émanant d’architectes vont être adressés à la municipalité pour la construction du nouvel Hôtel de Ville.

Le projet de l’architecte Louis Debrouwer est choisi pour la construction du nouvel Hôtel de Ville de Calais. La construction de l’Hôtel de Ville de Calais fut prévue dans le décret du 29 janvier 1885 qui autorisait la fusion des communes de Calais et de Saint-Pierre. Elle fut définitivement décidée le 4 mars 1910. Le lieu de sa construction semblait tout désigné : entre les deux villes s’étendait une plaine sablonneuse « le Sahara ». Cette plaine, bordée au Nord-Est par un vélodrome ne servait qu’aux jeux des enfants. Au début du 20ème siècle le célèbre cirque américain BARNUM vint y planter son chapiteau. Les premières esquisses du bâtiment ont été exécutées en 1908. La construction décidée par le conseil municipal le 4 mars 1910, fut commencée en 1911 sous l’administration d’Emile Salembier et continuée jusqu’à la Première Guerre mondiale.

L’architecture marie avec beaucoup de bonheur le style Flamand et le style Renaissance. Le beffroi de l’Hôtel de Ville de Calais est une tour carrée de brique rouge de Courtrai et de pierres blanches, rejetée à l’extrémité de la façade nord du bâtiment. Il y est relié par une arche. L’intérieur du bâtiment est presque entièrement vide, l’armature en béton armé (conçue afin de résister aux tempêtes et s’adapter à la nature du sol) étant collée aux parois intérieures.

Un beffroi haut de 75 mètres pour symboliser la naissance du grand Calais. Suspendus pendant les hostilités, les travaux de construction sont achevés en 1923. L’édifice est inauguré le 12 avril 1925 par le général Alvin, représentant le Ministre de la guerre. Ce bâtiment a été conçu par l’architecte Louis Debrouwer, né à Dunkerque, qui fit oeuvre de précurseur en utilisant le béton armé. Aucun joint de dilatation n’a été ménagé.

Le sommet de la tour du beffroi est doté d’une multitude de clochetons et recouvert d’ardoises. La partie supérieure est agencée de quatre cadrans d’horloge jaunes, tous orientés vers un point cardinal. Ces cadrans sont soutenus par des consoles sculptées en tête de lion. Au Moyen Âge, l’horloge était un élément essentiel à la vie communale. La maîtrise du temps offrait un pouvoir important et le beffroi, symbole de l’indépendance de la ville, constituait un support idéal. Les cités les plus riches ne lésinaient pas sur les moyens afin de doter leur beffroi de cadrans majestueux, affirmant ainsi aux yeux de tous leur pouvoir et leur richesse. Au-dessus, on trouve quatre chevaliers dorés qui fixent les points cardinaux.

Construit au fil des siècles, le beffroi représente le reflet de l’évolution de l’architecture. Un carillon électrique sans cloche, installé dans le beffroi en 1961, chante l’air de « La Gentille Annette » de Boieldieu (compositeur français 1775-1834). Au sommet, la girouette représente un dragon, qui dans l’antiquité était le gardien des trésors. Ces figurines, lion, dragon sont l’emblème protecteur de la ville et trônent donc au sommet des beffrois afin de surveiller symboliquement ce que les communes ont de plus précieux et en particulier les chartes de franchise.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Calais est l’objectif premier de l’armée allemande.

Dès 1939, les bombardements pilonnent la ville et le port pour empêcher le débarquement des troupes anglaises. Le 25 mai 1940, l’infanterie entre dans la cité. Durant quatre années, Calais essuie les bombardements des batteries de Douvres. Calais Nord est un véritable champ de ruine. La ville est sinistrée à 73 %. Disparaissent de nombreux monuments dont l’ancien Hôtel de Ville de Calais. A la Libération, la ville accuse un bilan très lourd : 1835 maisons sont anéanties, 892 Calaisiens sont morts dont 551 civils. Calais est à reconstruire...

Malgré l’intensité des bombardements allemands et alliés, le nouveau beffroi est épargné.

A part quelques dégâts sur la façade et à la tour qui furent réparés à la Libération, les bombes lancées au cours de la dernière guerre n’ébranlèrent pas le bâtiment, sans doute grâce à son ossature en béton armé. En raison de son attitude héroïque, Calais est titulaire de la Croix de Guerre 1914/1918 avec citation à l’ordre des armées, de la Croix de Guerre 1939/1945 avec palmes et de la Croix de la Légion d’Honneur. Ces distinctions sont exposées dans le hall de l’Hôtel de Ville.

Les Bourgeois de Calais : est un groupe statuaire d'Auguste Rodin commandé par la Ville de Calais où a été inauguré le premier exemplaire en bronze en 1895. Le plâtre original achevé en 1889 a été édité en onze autres exemplaires en bronze dans le courant du XX° siècle. L’ultime fonte légale a eu lieu en 1995. De manière définitive, il existe ainsi douze éditions originales en bronze des Bourgeois de Calais. C’est une des œuvres les plus célèbres de Calais (Eustache de Saint Pierre, Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Fiennes, Andrieu d'Ardres et Jean d'Aire), victimes d'un marché imaginé par le roi d'Angleterre Edouard III en août 1347 : le sacrifice de ces six hommes pour laisser la vie sauve à l’ensemble des habitants de la ville sur le point d'être conquise par les Anglais.

Cet épisode de la guerre de Cent Ans, le siège de Calais de 1346-1347 durant la chevauchée d'Edouard III au cours de cette année-là, est établi sur la foi du récit du chroniqueur médiéval Jean Froissart dans l’ouvrage Les Chroniques de France. Il rapporte les faits au moment où il est écrivain royal à la cour du roi d’Angleterre. Il est aussi ami de Philippa de Hainaut, épouse d’Édouard III et reine d’Angleterre originaire de Valenciennes, comme Froissart. C’est donc une vision française favorable au roi d’Angleterre Edouard III qui est restituée dans ce texte. De plus, sa crédibilité à ce sujet a été fortement remise en question lorsque des actes d'Édouard III concernant Eustache de Saint-Pierre ont été découverts par Bréquigny, à Londres, à la fin du XVIIIe siècle : ils mentionnaient qu'Eustache de Saint-Pierre, prétendu « bourgeois héroïque » s'étant sacrifié pour sa ville, vivait toujours à Calais, et avait même les faveurs d'Édouard III.

En septembre 1346, Édouard met le siège devant la ville de Calais dont la garnison commandée par le chevalier Jean de Vienne résiste héroïquement à l'armée du roi d’Angleterre. Après onze mois de siège, la cité affamée négocie sa reddition. Édouard III, fatigué et énervé par la longue résistance calaisienne, accepte que six bourgeois lui soient livrés afin d'être exécutés. C'est à ce prix qu'il laissera la vie aux habitants toutefois contraints de déserter leur ville une fois les Anglais arrivés. Son épouse Philippa de Hainaut parvient cependant à le persuader d'épargner la vie de ces six malheureux, désespérés, venus devant le souverain en chemise, la corde au cou, les clefs de la ville et du château en mains. Par ce geste d’amour chrétien, Édouard épargne la vie d’Eustache de Saint-Pierre et de ses cinq compagnons d'infortune devant une reine en pleurs. Calais devient anglaise le 3 août 1347 et le demeure jusqu’au 6 janvier 1558 lorsque Henri II de France reprend la ville à Marie Tudor.

C’est sur les fondements de ce texte que Rodin trouve l’inspiration pour composer son œuvre une fois que la commande lui a été faite.

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ripaille

Le château de Ripaille est un ancien manoir de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle qui se dresse sur la commune de Thonon-les-Bains une commune française, dans le département de Haute-Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le château fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 11 juillet 1942. Le pavillon d'entrée, la tour Bonne de Bourbon, le pavillon et la cellule des Chartreux, les bâtiments dits le Prieuré et Saint-Michel, le sol de la cour d'honneur, les bâtiments ruraux de l'ancienne chartreuse (moulin, fenière, buanderie, porcherie, ferme, grange, forge, chenil), la tour du Noyer et le bastion du mur d'enceinte font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 19 novembre 1991

Le château est situé au bord du Léman,  juste au nord de la Ville de Thonon. Le domaine est bordé au nord par la marina de Port-Ripaille, à l’est par la zone industrielle de Vongy, au sud par l’agglomération de Thonon, et à l’ouest par le Lac.

On le confond souvent avec le château de Thonon, détruit au XVIIe siècle, et qui fut de 1411 à la fin du XVe siècle une des principales résidences de la maison de Savoie. Ce château occupait approximativement l’espace situé entre le château de Sonnaz (de 1666) et la chapelle Saint-Bon (du XIe siècle).

Le château de Ripaille, construit à partir du milieu du XIVe siècle, est à l’origine un manoir, pavillon en bois sur un soubassement de pierre, au milieu d’une réserve de chasse.

Amédée V de Savoie y aurait séjourné en 1293 après la conclusion du traité de Saint-Jean-de-Moirans.

Bonne de Bourbon le fait agrandir entre 1371 et 1388 et le transforme en maison de plaisance. Son fils Amédée VII y meurt en 1391. Constamment remanié et agrandi, notamment par l’adjonction en 1410 par Amédée VIII du prieuré des augustins de Ripaille, ordre à qui il cède sa maison et son manoir avec toutes ses dépendances. En 1417 le papeMartin V consacre le couvent placé sous le vocable de Notre-Dame et de Saint-Maurice, il est doté d’un revenu de mille florins d’or pour l’entretien d’un prieur et de quatorze religieux. En 1434 Amédée VIII s'y retire avec six de ses compagnons, dont Louis de Chevelu, qui y fonderont l’Ordre de Saint-Maurice.

L'invasion du Chablais par les Bernois en 1536 marque la fin du monastère des augustins. Emmanuel Philibert, relève le château en 1579 et en fait une place forte, travaux que compléteront Charles Emmanuel. En 1589 l'invasion genevoise oblige la garnison de Ripaille à la capitulation. Les vainqueurs rasent l'enceinte et détruisent bon nombre de bâtiments. Ils en seront chassés en 1590 par les troupes savoyardes.

Charles Emmanuel en 1624 y constitue la chartreuse de Ripaille en l'unissant avec le couvent de Vallon. À la Révolution les chartreux doivent abandonner le monastère en 1793, ils se retirent alors en Suisse. Les bâtiments sont vendus en 1795 comme bien nationaux à monsieur Amand qui les cédera à monsieur Tillot qui lui-même les vend en 1809 au général comte Pierre Louis Dupas.

Acquis à la fin du XIXe siècle par Frédéric Engel-Gros, de Mulhouse, patron des usines textiles DMC, il fut remanié, l’extérieur en style Renaissance, l’intérieur en style Art nouveau. Son fils André Engel créa sur le domaine l’arboretum, planté en 1930, il fut endommagé par la tempête de 1999.

Les descendants, les Necker-Engel, de la famille du ministre des Finances de Louis XVI, sont toujours propriétaires d’une grande partie de Ripaille. En 1976 Madame Harold Necker, aidée des pouvoirs publics, créa la Fondation Ripaille pour conserver et mettre en valeur ce patrimoine.

Autour du château, se trouve un important domaine viticole de 22 hectares, produisant un vin blanc très apprécié, Le Ripaille, ainsi qu’une forêt de 53 hectares entretenue conjointement avec la ville de Thonon-les-Bains qui en possède une partie.

Le monument des Justes parmi les nations de France a été inauguré dans la clairière de Ripaille par le président de la République, Jacques Chirac, le 2 novembre 1997. Situé entre la forêt et l’arboretum, le Mémorial des Justes commémore le courage de 2 740 Français ayant sauvé des Juifs d’une mort certaine durant la Seconde Guerre mondiale et invite au devoir de mémoire.

Selon la légende, l’expression faire ripaille, trouverait ici son origine : les ducs de Savoie, un temps propriétaires de ce qui fut un grand domaine de chasse, auraient eu l'habitude d’y festoyer. L'anecdote est trop belle : l’expression « faire ripaille » est attestée dans les textes plusieurs décennies avant la construction du premier pavillon. Le nom de Ripaille dérive par ailleurs du terme « rispe », broussailles ou encore « landes ». Le lien avec le château vient du lieu lui-même qui, avant la construction, était une lande recouverte de broussailles.

Le château a accueilli à plusieurs reprises la troupe de théâtre semi-professionnelle basée à Thonon-les-Bains "la Compagnie du Graal". Elle y joue des adaptations son et lumière de Roméo et Juliette en 2006, les Trois Mousquetaires en 2007 et 2015, la création originale Hypérion en 2012 et le spectacle en tournée la Flûte enchantée en 2014.

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rocheouartLe château de Rochechouart est un château situé en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (Haute-Vienne), dans le Limousin historique, au-dessus du confluent de la Graine et de la Vayres, construit initialement au XIIe siècle et qui comporte également des parties du XVe siècle. La dynastie des vicomtes de Rochechouart en a été propriétaire de la création du château à sa vente à l'État français au XIXe siècle. Le château de Rochechouart abrite aujourd'hui un musée départemental d art contemporain et des services locaux du conseil general de la Haute Vienne.

L'histoire du château commence vers l'an 1000 par la fortification par les vicomtes de Limoges d'un éperon rocheux dominant la Graine.

Le château, dont le donjon date du XII° siècle, et la majorité du bâtiment du XV° siècle, est situé au-dessus du confluent de la Graine et de la Vayres dans la commune de Rochechouart.

Jusqu'en 1470, la châtellenie est le fief d’une branche cadette des vicomtes de Limoges. De l'ancienne forteresse il ne subsiste plus que le châtelet d'entrée à pont-levis qui conserve une des tours duXIII° siècle.

Pendant la Révolution, on essaie de démolir le château. Les révolutionnaires ne réussirent qu'à démolir le sommet des deux tours qui encadrent la façade sud-est.

Le château est acheté par le département en 1836, pendant le règne de Louis-Philippe. Il entreprend sa restauration à l'identique.

Entre 1858 et 1859, le début des campagnes de restauration est mené par le service des Monuments historiques pour installer dans le château la sous-préfecture et la mairie, sous le règne de Napoléon III.

De nos jours, il abrite depuis 1985 le musée d'art contemporain de Rochechouart où l'on peut admirer le fond Raoul Hausmann, artiste dadaïste, et des œuvres d'artistes internationaux des années 60 à nos jours, tels que Giuseppe Penone, Arte Povera, Christian Boltanski ou Tony Cragg. On peut aussi y voir des collections de silex, haches, pierres taillées et polies, ossements des époques préhistoriques, des reconstitutions d'hypocaustes provenant de Chassenon, des poteries découvertes en Auvergne et en Charente.

Trois expositions temporaires s'y déroulent chaque année.

On peut y visiter aussi la salle des chasses qui abrite des fresques polychromes du début du XVI° siècle, représentant une chasse au cerf, et la salle d'Hercule ornée de peintures murales en grisaille du milieu du XVI° siècle.

Dans la cour d'honneur, on peut admirer la galerie soutenue par des colonnes torses.

Les vicomtes de Rochechouart ont régné 800 ans sur le château. Ils étaient vassaux du comte de Poitiers. On peut citer parmi eux :

  • Aymeric Ier Ostofranc, fils du vicomte de Limoges, Géraud, qui a vécu vers 990, est l'ancêtre de la dynastie.
  • Aymeric IV participa à la première croisade aux côtés de Godefroy de Bouillon.
  • Aymeric VI 1170-1230 fut celui qui fit bâtir le château actuel, dont il reste le donjon et le châtelet d'entrée. De lui, on connaît la légende suivant : en 1205, son épouse Alix ayant été accusée d'adultère par l'intendant du château, il la fit enfermer dans la cage d'un lion dans la tour est du château, mais l'animal ne la dévora pas et se coucha à ses pieds. Elle fut donc innocentée et l'intendant prit sa place avec le lion qui ne tarda pas à le dévorer (voir ci-après).
  • Aymeric IX participa en 1283 à l'expédition d'Aragon, aux côtés du roi de France Philippe le Hardi.
  • Simon et Jean Ier se battirent en Flandres en 1304 et 1328 aux côtés des rois de France Philippe le Bel et Philippe VI de Valois. En 1346b, le vicomte Jean Ier participa à la bataille de Crécy. Il fut tué dix ans plus tard, à la bataille de Poitiers, en défendant le roi Jean le Bon.
  • Le château fut un haut-lieu de la résistance aux Anglais durant la guerre de Cent Ans avec Louis, chambellan du roi Charles V, compagnon d'armes de Bertrand Du Guesclin, puis son fils Jean II et son petit-fils Geoffroy qui fut compagnon de Jeanne d'Arc.
  • Le vicomte Foucaud (1440-1472) fut un conseiller du roi Louis XI.
  • Le vicomte Jean de Rochechouart-Ponville fit restaurer le château dans le style Renaissance.
  • François, fils de Jean, fit décorer la salle de chasse. Il fut condamné à l'exil car accusé du meurtre de Pierre Bermondet.
  • Claude, son fils, fit décorer la salle Hercule. Il fut un compagnon d'armes du connétable de Montmorency, et fut blessé et fait prisonnier à la bataille de Saint-Quentin en 1557
  • François-Athenaïs de Rochechouart,  plus connue sous le nom de Madame de Montespan fut la favorite de Louis XIV.
  • Sous la Terreur, la vicomtesse Marie-Victoire, fut arrêtée et incarcérée à Paris, elle y fut guillotinée en 1794.
  • Le général Louis-Victor-Léon de Rochechouart (1788-1858) participa durant les guerres napoléoniennes aux campagnes de Russie, d'Allemagne et de France, et notamment à la Bataille de la Bérézina. Il fut ensuite maréchal de camp du roi Louis XVIII et gouverneur de Paris (1814-1821). Il acheta en 1825 le château de Rochechouart qu'il revendit en 1836 au département de la Haute-Vienne, et ses dépendances à la ville. Auteur d'un ouvrage remarquable sur sa famille.

Le vicomte Aimery VII de Rochechouart est, avec sa femme Alix, le protagoniste d'une légende connue sous le nom d'Alix et le lion, rapportée par l'abbé Duléry : Alix était une femme exceptionnellement belle et parée de grande vertu. L'intendant du château conçut une violente passion pour la vicomtesse qui repoussa ses avances. Pour se venger, il se plaignit auprès du vicomte en inversant les rôles. Fou de rage, Aimery fit jeter Alix dans un cachot où était enfermé un lion qui lui avait été offert lors de son expédition aux Croisades. Quelques jours plus tard, on explora la pièce. Alix était vivante, et le lion dormait à ses côtés. Il n'en fallut pas plus pour convaincre Aimery de l'innocence de sa femme. Le vicomte fit alors enfermer au cachot l'intendant qui fut dévoré sans attendre par le lion affamé.

En 1470, Anne, fille unique de Foucaud de Rochechouart, épouse Jean de Pontville, chambellan de Charles de France, duc de Guyenne et frère de Louis XI. La vicomté de Rochechouart quitte alors la famille de Rochechouart (qui subsiste avec les Seigneurs du Bourdet et les Seigneurs du Chandenier).

En 1512, leur fils François fait assassiner Pierre Bermondet, seigneur du Boucheron et de Saint-Laurent-sur-Gorre dont il convoitait les terres. S'ensuivit un procès retentissant qui ruina les Pontville. De cette simple histoire sordide naquit peu à peu la légende suivante :

« François de Pontville étant parti chasser, un ami, Bermondet de Cromières, serait venu lui rendre visite au château de Rochechouart. L'homme, réputé pour ses belles mains, aurait été reçu par la vicomtesse, puis s'en serait retourné, après avoir longuement attendu le vicomte.
À son retour, la vicomtesse aurait prévenu ce dernier de la visite de Bermondet, tout en louant ses manières élégantes et ses belles mains. Pontville, d'un caractère jaloux et impulsif, serait parti précipitamment avec quelques hommes à la poursuite de son ami. À sa vue, les cavaliers auraient fondu sur l'homme qui venait les saluer, et l'auraient tué à coups de poignards. Pontville aurait alors coupé une main de la victime, l'aurait mis dans une boîte et de retour au château, l'aurait offert à sa femme en lui disant : « Madame, voici l'objet de votre idolâtrie. C'est la belle main du marquis de Cromières! » Le parlement de Paris, saisi de l'affaire, François de Pontville et ses complices auraient été condamnés à mort. »

Le châtelet d'entrée à pont-levis avec une de ses tours du XIII° siècle est la seule partie restant de l'ancienne forteresse.

Après la guerre de Cent Ans, le château fut rebâti suivant un plan pentagonal. Le corps de logis présente de grandes travées de baies couronnées de lucarnes passantes, et la galerie de la cour est sur colonnes au fût mouluré en torsades.

La tour nord-ouest maintenant arasée, était la tour maîtresse.

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collègiale

La Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie est une église gothique des XII° et XIII° siècles située à Mantes-la-Jolie (Yvelines, France) en bord de Seine. Elle fut classée Monument historique en 1840.

Cette église ressemble à Notre-Dame de Paris par le style et par son élévation sur trois niveaux. C'est une nef simple, encadrée de bas-côtés, sans transept, qui se termine par une abside entourée d'un déambulatoire et de neuf chapelles rayonnantes construites au XIIIe et XIVe siècles. La façade orientée vers l'ouest est percée de trois grands portails sculptés surmontés d'une rosace. Cette disposition s'inspire du modèle de la cathédrale de Laon. Le portail central dédié à la Vierge a été endommagé pendant la Révolution.

Commencée vers 1150, elle fut achevée vers 1350 après plusieurs campagnes de travaux. Les travaux commencèrent par l'implantation d'une plate-forme au nord et les murs extérieurs avec les trois portails. La tour sud fut construite vers 1250 et la tour nord vers 1510.

Pendant la Révolution française, la collégiale est gravement endommagée. En particulier, de nombreuses statues de la façade ont été mutilées en 1794. L'édifice a été alors converti en « temple de la Raison », puis est devenu successivement une fabrique de salpêtre et un arsenal.

Après la signature du Concordat en 1801, quelques travaux de restauration d'urgence ont été réalisés.

Une campagne de restauration importante est menée ensuite durant le XIXe siècle. La restauration de la tour nord est réalisée de 1851 à 1855 sous la direction d'Alphonse Durand, architecte de Mantes-la-Jolie, élève de Viollet-le-Duc. Il décida de la reconstruire à l'identique de la tour sud, outrepassant quelque peu le principe d'une restauration.

Le 30 mai 1944, un important bombardement aérien allié, visant le pont de Mantes, détruit une grande partie du vieux centre de Mantes-la-Jolie. La collégiale est légèrement touchée.

La toiture a été entièrement refaite en 2001 et 2002. Ces travaux ont nécessité la pose de 44 650 tuiles vernissées. La rosace a été restaurée en 2003.

Depuis 2011, la façade nord est en cours de restauration.

Le 27 septembre 2012, à l'occasion du lancement d'un timbre à l’effigie de la collégiale, Michel Vialey, maire de Mantes-la-Jolie, annonce son intention de demander l'inscription du bâtiment au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

La collégiale de Mantes-la-Jolie a des dimensions proches de celles de la cathédrale de Senlis.

  • Longueur totale : 67,70 m ;
  • longueur de la nef et du chœur : 57,70 m ;
  • largeur de la nef : 11,75 m ;
  • hauteur sous voûtes : 29,90 m ;
  • hauteur totale des tours : 61 m ;
  • largeur de la façade : 29,70 m ;
  • largeur des bas-côtés : 6,10 m ;
  • hauteur jusqu'à l'étage des galeries : 31,25 m.

L’œuvre la plus ancienne de l'édifice. Il aurait été réalisé vers 1175 en pierre blanche de Vernon ou blonde d'Île-de-France par les ateliers qui travaillèrent à Saint-Denis et Notre-Dame de Paris. Ce portail est dédié à la Résurrection du Christ. Sculpté dans un style plus archaïque, il démontre une moins grande maîtrise technique de l'artiste. On peut néanmoins apprécier la simplicité qui s'en dégage et qui est en lien sans aucun doute avec sa vocation pédagogique.

L'entrée principale de la Collégiale vouée à Marie et à son assomption. Le portail de la Vierge est considéré comme un chef-d'œuvre de la sculpture occidentale. Il se compose de deux ensembles conçus à dix ou quinze ans d'intervalle. La partie basse, sous le niveau de la base du linteau, a dû être exécutée très peu de temps après le portail de la Résurrection. Toute la partie supérieure (voussure et tympan), est sensiblement postérieure.

Situé à droite de la façade, ce portail très richement décoré a été construit en 1300 à la demande des échevins de la ville. Il ressemble par sa composition et son style au portail sud la Calende de la cathédrale de Rouen. Il fut gravement endommagé lors de la Révolution. Il a perdu notamment les statues des ébrasements en partie basse et une partie de la décoration du tympan où les têtes des statues ont disparu.

La nef gothique la plus élevée du XIIe siècle. De son temps, seule Notre-Dame de Paris la dépassait de seulement deux mètres. L'élévation de la nef est partagée en trois étages de hauteur sensiblement égale : les grandes arcades du rez-de-chaussée, celles des tribunes et enfin les fenêtres hautes. La disposition de la nef est en grande partie due à ses trois voûtes d'ogives à six branches (sexpartites), chacune embrassant deux travées. L'adoption de ce type de structure a une conséquence évidente : les piles ne supportent pas toutes la même charge. D'où l'alternance de fûts cylindriques simples et de piles flanquées de colonnettes.

Le style de l'architecture frappe par sa sobriété. Les grandes baies des tribunes ne sont pas moulurées. De vastes pans de murs nus, dus à l'absence de division horizontale, y apparaissent notamment à l'étage des fenêtres hautes. Cette sobriété est parfaitement dans l'esprit des architectes parisiens du XIIe siècle. La longueur modeste de la nef, l'écartement du pilier qui ouvre largement sur les bas-côtés, ainsi que les amples zones horizontales confèrent à l'ensemble une étonnante majesté.

La grande rose de Mantes est l'une des plus anciennes de France. Les plus anciens panneaux remontent aux environs de 1210. Elle représente le jugement dernier. L'oculus central est occupé par une mandorle où trône le Christ juge, se détachant sur un fond bleu peuplé d'étoiles rouges. Il est entouré d'un chœur d'anges dont les bustes ailés sortent des nuées. Le premier cercle, qui obéit à un axe de symétrie vertical, est celui des anges et des intercesseurs. Le fond bleu des quadrilobes figurés s'oppose au rouge sur lequel se détachent les rinceaux décoratifs qui complètent chaque compartiment.

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limoges

Chef-lieu de la Région Limousin et du département de la Haute-Vienne, à 374 km au S. de Paris.

  • Population : 141 540 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Limougeauds
  • Population pour l'agglomération : 185 867 hab. (recensement de 2009)

Située dans l'ouest du Massif central, c'est la plus grande ville entre Loire et Garonne. L'agglomération concentre 20 % de la population régionale, mais souffre des difficultés des branches industrielles traditionnelles (porcelaine [dont elle demeure cependant le grand centre français], travail du cuir). Celles-ci sont insuffisamment relayées par les constructions mécaniques (industrie automobile) et électriques. Ce rôle moteur de l'industrie est insuffisamment assuré aujourd'hui (les anciennes industries sont mal relayées par des activités nouvelles, comme l'automobile, l'aéronautique, malgré la réussite du matériel électrique, la chimie (pharmacie). L'essor actuel est davantage dû au commerce, à l'administration, aux services (université), qui font de Limoges le principal pôle de développement dans un Limousin dépeuplé, vieilli, sous-industrialisé et d'agriculture extensive. Tournée vers l'O., mais mordant peu sur les Charentes (Confolentais) et le Périgord (Nontronnais), la zone d'influence s'étale du N. au S., d'Argenton à Thiviers, mais, à l'E., laisse à Montluçon et à Clermont-Ferrand de vastes secteurs du Limousin toujours orientés vers l'Auvergne. La fonction tertiaire (administration, université, commerce) est aujourd'hui prépondérante. L'aéroport de Bellegarde, situé à 10 km au N.-O. de la ville, accueille 400 000 passagers par an, ce qui en fait le 23e aéroport français, et propose notamment des vols à bas coût vers la Grande-Bretagne.

La ville est née à l'époque romaine, grâce à un site favorable (gué, début d'élargissement de la vallée de la Vienne) plutôt qu'à sa situation (uniformité relative des plateaux limousins, éloignement des grands courants de circulation). Devenue artisanale (émaillerie, tissus, pelleterie) au Moyen Âge, puis animée par les manufactures du xviiie s. (filature, tissage, flanelles, porcelaine), elle connaît son expansion industrielle principale au xixe s. (porcelaine, chaussures; papeteries au voisinage).

Tirant son nom de la tribu des Lémovices, dont la capitale est probablement située au lieu-dit Villejoubert (commune de Saint-Denis-des-Murs), ou au bourg de Saint-Gence, Limoges, qui revendique 2 000 ans d'histoire, est fondée par les Romains vers l'an 10 avant notre ère, sous Auguste, dans le cadre de la réorganisation des cités et provinces gauloises de l'Empire romain.

La nouvelle capitale des Lémovices, Augustoritum (le gué d’Auguste), est ainsi créée de toutes pièces, peut-être sur la place d’un petit site gaulois, au premier endroit où il est possible de passer la Vienne à gué. La cité est posée au carrefour de la Via Agrippa, qui relie Lugdunum (Lyon) à Mediolanum Santonum (Saintes), et de la Via Avaricum Tolosa qui relie Avaricum (Bourges) à Tolosa (Toulouse). Augustoritum dispose d’arènes plus vastes que celles d’Arelate (Arles) ou de Nemausus (Nîmes), et de thermes parmi les plus somptueux de la Gaule. Elle est construite suivant un réseau de rues parallèles orientées sud-est / nord-ouest, venant croiser en angle droit un autre réseau de rues parallèles orientées nord-est / sud-ouest. Ce quadrillage presque parfait suit le schéma d'urbanisme habituellement en usage chez les Romains.

Peu de vestiges gallo-romains sont visibles, la plupart sont détruits ou enfouis. Ainsi, l'amphithéâtre (fin du Ier siècle) est enfoui sous le jardin d'Orsay. Le théâtre est situé en bord de Vienne, sous le quai Saint-Martial et la place Sainte-Félicité. Les thermes (IIe siècle), enfouis sous la place des Jacobins, ont été détruits dans leur quasi-intégralité lors de travaux de réalisation d'un parc de stationnement. Les nouveaux thermes (Bas-Empire) sont situés sous les jardins de l'évêché. Le forum (100 mètres de large pour plus de 300 de long, placé au centre de la cité) est localisé sous l’actuelle place de l’Hôtel de ville. Malgré la tradition qui rapporte l’existence d’un temple consacré à Vénus, Diane, Minerve et Jupiter à la place de l’actuelle cathédrale, aucun sanctuaire ou temple gallo-romain n'est à ce jour identifié. L’importance des vestiges antiques semble cependant démontrer qu’Augustoritum est une cité gallo-romaine conséquente, dont l’étude et la mise en valeur globales restent à faire.

Vers 250, saint Martial venu de Rome avec deux compagnons, Alpinien et Austriclinien, évangélise la ville. Il en devient le premier évêque. Il convertit sainte Valérie, fille de Léocadius, proconsul romain et gouverneur de l’Aquitaine, au christianisme. Saint Aurélien, qui devient, au Moyen Âge, le saint patron de la puissante corporation des bouchers de Limoges, lui succède à la tête du diocèse naissant.

Du IIIe à la fin du IVe siècle, Augustoritum, dont le site deviendra « le Château », est progressivement abandonnée en raison de l'insécurité provoquée par les invasions germaniques. La population se concentre sur un lieu plus facilement fortifiable, le puy Saint-Étienne, sur lequel, au Moyen Âge, sera édifiée la cathédrale Saint-Étienne de Limoges et qui deviendra « la Cité ».

Au début du VIe siècle, Augustoritum devient Limoges et le second pôle urbain, le futur Castellum Sanctis Martialis (le Château), émerge autour de la nécropole située à proximité, au nord-ouest, qui accueille le tombeau de Martial, le premier évêque que saint Loup de Limoges est chargé de conserver.

Dans la première moitié du VIIIe siècle, Limoges et le Limousin font partie du duché d'Aquitaine successivement tenu par les ducs Eudes, Hunald et Waïffre, ayant acquis une large autonomie au sein du Royaume des Francs. Ils semblent très liés à la ville de Limoges et notamment au site de Saint-Martial. Dans les années 760, le nouveau roi carolingien Pépin le Bref mène de dures campagnes pour mettre l'Aquitaine au pas. Limoges et le Limousin sont frappés à plusieurs reprises lors de ces campagnes. Le dernier duc Waïfre est assassiné en 768 en Périgord. L'ensemble de l'Aquitaine, dont Limoges, est alors soumise au nouveau pouvoir franc. En 781, Charlemagne fonde le Royaume d'Aquitaine qu'il confie à son jeune fils Louis, futur Louis le Pieux. A la fin du IXe siècle, un palais royal est attesté aux portes de Limoges à Jocundiac (Le Palais-sur-Vienne). En septembre 832, l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, fait acclamer son fils Charles (futur Charles le Chauve) âgé de 9 ans seulement, par les Grands d'Aquitaine, lors d'une assemblée générale tenue dans ce palais suburbain ; l'empereur souhaitait alors punir son fils Pépin Ier, roi d'Aquitaine. Les luttes entre Charles le Chauve et Pépin Ier, puis le fils de celui-ci Pépin II, se poursuivront jusque dans les années 850. En 855, Charles le Chauve, décide de donner un roi aux Aquitains en la personne de son fils Charles l'Enfant. La cérémonie de sacre et couronnement a lieu dans la basilique du Sauveur à proximité du Sépulcre de saint Martial.

Bien que pillée en 862 par les Vikings du chef Hasting, Limoges se développe toujours en ville double, partagée entre la Cité, qui relève du pouvoir de l'évêque, et le Château, qui relève des moines gardiens du tombeau de saint Martial, puis des vicomtes.

Invoqué à l’occasion du mal des ardents lors des ostensions de l’an 994, Martial obtient l'apostolicité par l'action du prédicateur Adémar de Chabannes, lors des conciles de Limoges de 1029 et 1031. Placé au rang des apôtres, saint Martial draine un courant de pèlerinages fructueux pour l’abbaye et la ville. Dénoncée dès le XVIIe siècle, cette apostolicité plaidée par Adémar de Chabannes est définitivement abandonnée au début du XXe siècle, Martial de Limoges n'étant pas inclus dans le groupe des douze Apôtres.

Limoges accueille le troisième des Lemovicensia concilia, le concile de Noël 1095. C'est au cours de ce concile de Noël qu'après son appel de Clermont, Urbain II prêche pour la première fois pour la première croisade en vue de la libération de la Terre sainte.

À la fin du XIe siècle, et durant la première moitié du XIIe siècle, la notoriété de Limoges est à son apogée. Elle est portée par le rayonnement de l’abbaye Saint-Martial, qui est alors le plus important centre de production intellectuelle, littéraire, poétique, artistique et musical du monde médio-latin. Les chants grégoriens y connaissent leur premier apogée, avec les productions de l'Ecole de Saint-Martial. La ville bénéfice également du rayonnement des troubadours limousins, qui font de la langue limousine la langue de la culture du monde roman. Limoges est également renommée pour la qualité de sa production d'émaux ou de sa production textile de limogiatures.

À partir du XIIe siècle, Limoges, lieu de couronnement traditionnel des ducs d'Aquitaine, est l’une des principales villes de la dot d’Aliénor d'Aquitaine. La majeure partie de son histoire médiévale se calque sur celle des guerres entre Plantagenêts et Capétiens. Richard Coeur de Lion est couronné duc d'Aquitaine lors de deux cérémonies tenues successivement à Poitiers, puis, dans la grande tradition des monarques d'Aquitaine, à Limoges en 1172. À la tête de l'empire Plantagenêt, le roi-chevalier meurt en Avril 1199 à Châlus, place-forte défendant l’accès sud-ouest de Limoges, lors d’une expédition punitive contre son vicomte, Adémar V de Limoges.

Au XIVe siècle, les affrontements entre rois de France et rois d’Angleterre, détenteurs du duché d’Aquitaine dont relève Limoges, culminent à l’occasion de la guerre de Cent Ans. Entre deux événements guerriers, Limoges doit faire face aux pillages des routiers et brabançons désœuvrés. Constituant toujours une « ville double », partagée entre la Cité et le Château, les bourgeois (par leurs consuls), évêques et vicomtes de Limoges jouent des alliances et protections, chacun selon les opportunités du moment. Ainsi, en 1370, la Cité ouvre ses portes aux troupes du roi de France, alors que le Château reste fidèle au roi anglais. Cet événement sera d’ailleurs l’occasion, pour le Prince Noir, de mettre à sac la Cité.

En 1463, le roi Louis XI passe à Limoges le vendredi 1er juillet, et confirme, par lettres patentes, les privilèges accordés par ses prédécesseurs afin que la ville s'accroisse.

Au XVIe siècle, Limoges tourne, avec la fin du Moyen Âge, l’une des plus riches pages de son histoire et intègre définitivement le royaume de France sous Henri IV, lors du rattachement en 1589, à la couronne de France de sa vicomté, passée par héritage à la maison d'Albret.

La Réforme qui gagne le pays affecte peu Limoges. L’activité missionnaire est faible et les conversions à l’Église réformée, estimées à 10 % de la population seulement. De même, les troubles sous les guerres de Religion sont limités. Grâce à l’action des consuls, la Saint-Barthélemy n’a aucune répercussion à Limoges. La ville ressent cependant quelques contrecoups des batailles incessantes que se livrent les nobles catholiques et protestants dans le reste de la province et qui, épuisant récoltes et paysans, donnent lieu, dans le sud du département, à Châlus, Oradour, Saint-Yrieix, Nexon et Saint-Léonard de Noblat, à l’émergence de la révolte dite jacquerie des croquants.

Au XVIIe siècle, la Contre-Réforme a une grande importance dans la ville. Six compagnies de pénitents sont créées (noirs, rouges ou pourpres, et blancs, qui ont laissé leurs noms à des rues de la ville, mais aussi gris, bleus et feuille-morte, d'après la couleur de leur tenue). De nombreux couvents sont fondés (Visitation, ursulines, etc.), d'autres réformés (bénédictins, Saint-Martin des feuillants, etc.). Le collège des jésuites oriente la formation des élites limougeaudes, alors que les ostensions et processions à grand spectacle (procession de l'octave de la fête du Saint-Sacrement, en particulier) connaissent un important renouveau. Selon Jean Levet, Limoges y gagne le surnom de ville sainte. Cependant, dès cette époque, des voyageurs commencent à relater une certaine évolution urbanistique de la ville ; l'abbé Louis Coulon voit Limoges comme une ville, certes marchande et populaire, mais qui paraît sale et mal bâtie, et dont « les bâtiments n'y sont que de bois et de terre ».

Au XVIIIe siècle, l’intendant Turgot améliore considérablement le réseau routier limousin, relance l’économie limougeaude, favorise la création et le développement d’industries, dont celles du textile et du cuir. Mais le véritable tournant est celui de 1765 : un gisement de kaolin est découvert à Saint-Yrieix-la-Perche, à 40 km au sud de Limoges. L’industrie de la porcelaine est lancée.

La Révolution engendre des événements tragiques à Limoges. Un bref épisode de la Grande Peur y est signalé. Comme partout, les biens de l'Église sont vendus comme biens nationaux, et la politique de Déchristianisation décide de la fermeture de la plupart des églises et de la totalité des monastères. Un prêtre, l'abbé Chabrol, est tué dans une émeute plus ou moins spontanée et quelques prêtres sont guillotinés. L'un des effets majeurs de la Révolution à Limoges sera territorial puisqu'en 1792, la Cité de Limoges et le Château de Limoges sont enfin réunis. Juridiquement, le Château absorbe la Cité et l'ensemble forme officiellement une seule et unique commune, qui intègre, en outre, les territoires de La Brugère, de Saint-Christophe et de Sainte-Claire-Soubrevas.

Au XIXe siècle, avec la révolution industrielle, et l'essor des ateliers et des manufactures de textile, cuir, chapeau, chaussures ou porcelaine, Limoges se peuple, au préjudice de sa campagne, d'une population ouvrière, jeune, féminisée, et qui embrasse massivement la cause syndicale. Limoges doit son surnom de Ville rouge (Pauline Roland parle de la Rome du socialisme) aux événements ouvriers de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Ainsi, en 1848, des émeutes très graves marquent les élections législatives. En 1851, Limoges tente de s'opposer au coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, avant de connaître, en 1871, un très éphémère, mais tragique, épisode de Commune. La CGT est créée à Limoges en 1895. Enfin et surtout, en avril 1905, une protestation contre les pouvoirs des contremaîtres, jugés exorbitants dans le milieu ouvrier de la porcelaine (usine Théodore Haviland, notamment) et de la chapellerie (usine Beaulieu) va donner naissance à d'importants événements ouvriers qui tournent à la révolte sociale et causent la mort d'un jeune ouvrier, Camille Vardelle.

Le secteur industriel est à son apogée entre 1850 et les années 1930, comme en témoigne la création des grandes usines porcelainières Haviland, en 1892, dans le quartier du Mas-Loubier et dès 1852 sur le site de l'actuel Centre commercial Saint-Martial. La première de ces usines devient rapidement la plus grande de la ville avec, en 1907, huit cents ouvriers pour dix-sept fours. Parallèlement à ces structures imposantes, la micro-industrie porcelainière, dont l'usine Labesse qui emploie quatre-vingt-dix personnes entre 1873 et 1938, perdure.

L'essor de l'industrie est le moteur de l'expansion urbaine de la ville, qui au milieu du siècle dépasse à peine ses limites de l'Ancien régime, mais qui passant de 30 000 habitants en 1841 à 98 000 en 1926, s'étend en faubourgs résidentiels. Cette croissance se fait de façon plutôt anarchique, sans réelle réflexion urbanistique globale, exception faite de petites opérations localisées pilotées par des bourgeois locaux tels l'entrepreneur et mécène Ernest Ruben.

En 1914, Limoges est la ville de casernement des 63° et 263° régiments d'infanterie. Après les premiers revers militaires de la France au début de la Grande Guerre, Joseph Joffre estime que de nombreux officiers font preuve d'incompétence ou d'apathie. Il décide de les écarter du front et les assigne à résidence dans la 12° région militaire, dont la capitale est Limoges. Un nouveau terme apparaît : le limogeage. S'il demeure dans le vocabulaire actuel, le lien avec la ville de Limoges est à relativiser : sur cent-cinquante à deux cents hauts gradés (soit près de 40 % du total) limogés, moins d’une vingtaine sont effectivement envoyés dans la région.

Le 22 juin 1940, durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande se trouve à 30 km de Limoges lorsque le gouvernement Pétain demande l’armistice. Limoges et sa région, en zone libre jusqu'en 1942, accueillent de nombreux enfants retirés des zones de combats par leurs familles, puis des familles entières jetées sur les routes de l’exode. Limoges voit jusqu'à 200 000 réfugiés errer dans ses rues. Malgré les multiples maquis limousins qui organisent la Résistance en campagne, la ville apparaît comme relativement calme, bien que les juifs, dont la communauté Strasbourg-Limoges passe pour l’une des rares véritablement organisées en France, connaissent dès février 1943 les rafles de la Gestapo. Traumatisée par le massacre d'Oradour-sur-Glane et appelée « capitale du Maquis » par le général de Gaulle lors de son discours du 4 mars 1945, Limoges sort de la Seconde Guerre mondiale le 21 août 1944, libérée par les résistants des maquis Francs-tireurs et partisans dirigés par le colonel Georges Guingouin, mais cette libération est marquée par des exécutions sommaires lors de l'épuration.

Depuis 1945, la ville n'a été marquée par aucun événement historique ou politique, son histoire se fondant dans celle, plus générale, et pacifiée, de la République.

La cathédrale Saint-Étienne est la principale église de Limoges et le siège de l'évêché de Limoges. Elle est située au cœur du vieux quartier de la Cité, contiguë aux jardins de l'Evêché et au musée des Beaux-Arts. C'est l'un des édifices les plus remarquables de Limoges, avec la gare des Bénédictins, et le seul monument religieux du Limousin qui soit construit en style gothique homogène.

Sa construction commença en 1273 et ne fut terminée qu'en 1888 par le rattachement du clocher d'origine romane à la nef. La construction commença par le chœur caractéristique du gothique rayonnant du XIIIe siècle qui fut rattaché à la nef romane. Les travaux s'interrompirent une première fois en 1327 faute d'argent. En 1378, la chapelle Saint-Martial et une partie du transept nord furent élevés, le clocher roman fut renforcé par une imposante maçonnerie ; quelques années plus tard, c'est au tour du transept sud. Après la guerre de Cent Ans, les deux premières travées de la nef sont édifiées entre 1458 et 1499. Entre 1516 et 1541, Philippe de Montmorency et Charles Villiers de L'Isle-Adam firent construire le portail Saint-Jean, chef-d'œuvre limousin du gothique flamboyant, afin d'inclure la chapelle Saint Martial dans l'enceinte de la cathédrale. Jean de Langeac, en 1533, commanda un jubé pour fermer le chœur, et entrepris la construction des quatre dernières travées de la nef. Mais de nouveau, la construction s'arrêta avec la mort de l'évêque et les trois travées de la nef et le narthex reliant l'église au clocher de la cathédrale romane ne furent élevées qu'à la fin du XIXe siècle.

La cathédrale est classée au titre des monuments historiques par la liste des monuments historiques de 1862.

En 2005, l'explosion d'une bonbonne de gaz provoquée par un acte de vandalisme, sur un chantier du chœur, a pulvérisé des vitraux du XIXe siècle, remployant des éléments du XIVe, et ébranlé l'édifice.

La cathédrale renferme deux œuvres Renaissance d'une grande qualité : un jubé réalisé sur commande de l'évêque Jean de Langeac, et le tombeau de cet évêque sur lequel sont sculptés des scènes de l'Apocalypse inspirées de Dürer.

Les murs de la crypte romane, fermée au public, possèdent de belles fresques représentant le Christ en gloire. Elles sont peut-être de la même main que les miniatures d'un manuscrit du XII° siècle autrefois conservé par la cathédrale.

Quelques peintures médiévales sont encore visibles dans certaines chapelles rayonnantes ainsi que sur les voute du chœur (représentant notamment des anges musiciens) mais la quasi-totalité présente des fresques du XIXe siècle.

La cathédrale de Limoges possède deux orgues.

Le grand orgue néoclassique Danion-Gonzalez a été inauguré le 13 décembre 1963 par Noëlie Pierront. En 1986, un relevage est effectué sur cet instrument devenu pratiquement injouable. Il est alors doté d'un véritable clavier de Récit expressif.

L'orgue de chœur Ducroquet date de 1851. En 1891, la maison Merklin effectue un relevage et installe le buffet actuel.

Un timbre postal, d'une valeur de 12 francs, représentant le pont Saint-Etienne et la cathédrale Saint-Étienne de Limoges a été émis le 26 mars 1955.
Le pont Saint-Étienne est un pont de la ville de Limoges. Il mesure 120 m de longueur et a été construit au XIII° siècle.

Au Moyen Âge, lorsque la ville de Limoges se retrouva coupée en deux (la Cité et le Château), les habitants du quartier de la cathédrale (la Cité) se retrouvèrent dépendants du vieux pont St Martial situé en aval sur la Vienne. Ils décidèrent donc de construire un pont, afin de ne plus être tributaires du Château.

Achevé en 1203, au-dessous de la muraille de la Cité, ce pont participait au système défensif de cette dernière. Il était défendu par deux tours munies de pont-levis, une à chaque extrémité. L'inscription rappelant les travaux de 1619 est enterrée sous le quai Louis Goujaud, avec la dernière arche. Réparé en 1854, il fut question de le démolir en 1903 pour bâtir un nouveau pont. L'opinion publique s'émut, les projets se modifièrent, et le pont est toujours là.

Durant la période industrielle, la Vienne était utilisée pour le flottage des bois d'œuvre et de chauffage, en provenance de la forêt limousine. Ces bois, débités aux dimensions marchandes, descendaient la rivière sous forme de trains ou en bûches perdues. Le pont St Étienne marquait la limite du flottage des bois. Ceux-ci étaient arrêtés en amont du pont par de solides "ramiers", constitués de pièces de charpentes, construits vers 1760 et détruits en 1897.

Le bois était alors stocké sur la berge, dans l'espace bois du port au bois (port du Naveix).

Le flottage des bois s'intensifiera au XIX° siècle, pour alimenter les nombreux fours à porcelaine de la ville de Limoges. Le plus ancien d'entre eux (Four des Casseaux), subsiste encore vers le Port du Naveix et dont le four dit "four à globe", classé monument historique (IA87000296) se visite dans l'usine de porcelaine Royal Limoges.

Depuis toujours, côté rive droite, le pont était entouré par les maisons des laveuses. Les laveuses assuraient la lessive des gens du Château, puis, plus tard, celle des bourgeois de la ville de Limoges. Cette pratique cessa vers le milieu du XX° siècle.

Le pont St-Etienne, désormais réservé aux piétons, est encore utilisé par les pèlerins de St Jacques de Compostelle.

Ce pont médiéval du XIII° siècle, est l'un des mieux conservé de France.

Pont à Avant-bec, côté amont pour casser le courant, et à contrefort en aval, pour défaire les remous.

Sa longueur est de 120 m environ, sa largeur de 5 m (11m entre avant-bec et contrefort).

Il est supporté par sept arches inégales, en arcs brisés, (10,20m, 10,60m, 11,30m, 12,40m, 12,5m, 11,40m et 10,10m). Leur système de construction permet à chacune d'elle d'assurer son autonomie.

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vire

Vire est une ancienne commune française du Bocage Virois, située dans le département du Calvados (dont elle est une sous-préfecture) et la région Normandie)(anc. Basse-Normandie), devenue le 1er janvier 2016 une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Vire-Normandie.

Elle est peuplée de 11 597 habitants (les Virois).

Vire est au sud d'un bassin entouré de collines du Bocage virois, pays du nord-est du Massif armoricain. La ville est à 30 km au nord-ouest de Flers, à 38 km au sud-est de Saint-Lô et à 60 km au sud-ouest de Caen.

La ville est traversée du nord au sud par la route départementale 577 (ancienne N 177) de Villers-Bocage à Mortain et du sud-est à l'ouest par la D 524 (ancienne N 24 bis) d'Argentan à Granville. La D 674 (ancienne N 174) de Vire à Carentan se greffe sur la D 577 au nord de la commune. Flers, en direction de Paris, est accessible par la D 524, Saint-Lô par la D 674 et Caen par la D 577. Des routes plus secondaires permettent de relier Vire au chefs-lieux de canton ou communes plus proches : Condé-sur-Noireau par la D 512 (ancienne N 812) à l'est, Aunay-sur-Odon par la D 55 au nord-est, Pont-Farcy et Tessy-sur-Vire par la D 52 au nord-ouest et Gathemo et Juvigny-le-Tertre par la D 76 au sud-ouest. La D 407, appelée « rocade de Vire », permet le contournement de la ville à l'est, de la D 674 à la D 524.

La gare de Vire est sur la ligne de Paris-Vaugirard (Montparnasse 3) à Granville par laquelle Villedieu-les-Poêles, Flers et Argentan peuvent également être jointes. Vire est à h 30 de Granville et à h 30 de Paris.

L'agglomération est située sur la Vire, fleuve côtier dont elle partage le nom, à sa confluence avec la Virène. La Vire arrive sur le territoire par le sud en le délimitant avec celui de Saint-Germain-de-Tallevende-la-Lande-Vaumont. Après sa traversée du sud de la ville, elle marque, à partir du confluent de la Virène, la limite entre Vire et sa commune associée, Saint-Martin-de-Tallevende (que la Virène sépare de Saint-Germain-de-Tallevende), puis entre Vire et Coulonces. C'est sur ce dernier tronçon que le fleuve reçoit les eaux de l'Allière après que celle-ci a traversé le territoire de l'ancienne commune de Neuville, au nord.

Le territoire communal est au cœur d'une région communément appelée, notamment par les météorologues, collines de Normandie. Le relief présente un dénivelé important, notamment au sud, dans les Vaux de Vire, et sur la commune associée de Saint-Martin-de-Tallevende. Le point culminant (225 m) se situe à l'est, à la sortie du territoire, sur la route de Condé-sur-Noireau. Le point le plus bas (85 m) correspond à la sortie de la Vire du territoire, au nord.

Comme toute la Basse-Normandie, Vire bénéficie d’un climat océanique avec des étés frais et des hivers doux. Les stations météorologiques les plus proches sont celles de Caen-Carpiquet et de Granville-Pointe du Roc situées à 50 km. Celle d'Alençon-Valframbert est à 85 km. Le Bocage virois s'en différencie toutefois nettement pour la pluviométrie annuelle qui, à Vire, avoisine les 900 mm, les communes environnantes étant quant à elles plus arrosées. Du fait du relief environnant, les hivers sont ordinairement plus enneigés qu'en plaine de Caen.

En 1123, Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre et duc de Normandie, fait construire sur un éperon rocheux, contourné par un méandre de la Vire, un donjon carré muni d'une première enceinte, afin d'assurer la défense du duché contre les appuis extérieurs à ses opposants, telles les troupes du comte d'Anjou ou des seigneurs de Bretagne.

Cet ensemble est plus tard, à partir du milieu du XIII° siècle, sur ordre de saint Louis, complété par des remparts extérieurs. Cette deuxième enceinte n'est achevée qu'au début du XIV° siècle. Elle correspond aux actuelles tours de Geôle, Saint-Sauveur, aux Raines, de la Douve et à la porte Horloge.

Sur l'ancienne commune de Neuville, au nord du territoire, le château de Tracy est le siège d'une châtellenie importante. Arcisse de Caumont, en 1857 en écrit : « dont les ruines étaient encore imposantes il y a quelques années et sur lequel on ne manque pas de documents historiques ».

À la fin du Moyen Âge, la ville devient prospère, d'abord par les activités du cuir, puis par l'industrie drapière. Lors de la guerre de Cent Ans, Vire est pillée en 1368 par les grandes compagnies, puis livrées aux Anglais en 1418. L'occupation anglaise ne prendra fin qu'en 1450 et aura été particulièrement brutale. L'exécution de Hugues Vaux, propriétaire de la plus grande ferme du village, après son refus de livrer sa femme au sergent anglais Fields, laisse la populace dans un désarroi total. Quelques habitants ont néanmoins profité de l'occupation anglaise : Eugène Vergny, qui fournissait des renseignements sur les troupes françaises à Fields, reçut la ferme de Vaux après son exécution.

Sous le règne de Louis XIII, comme bon nombre de constructions défensives du Moyen Âge pouvant servir d'éventuelles rébellions (huguenotes en particulier), le château et son enceinte sont démantelés sur ordre de Richelieu.

À la suite du traité de Paris, en 1763, l'industrie drapière locale perd un de ses principaux débouchés par la cession du Canada à l'Angleterre. Parmi d'autres dont la charge des impôts, cet évènement contribuera à l'accueil favorable des Virois à la convocation des états généraux. La Garde nationale est constituée à partir d'août 1789 et le premier numéro de l'hebdomadaire Le Courrier des campagnes, favorable à la Révolution, parait le 14 janvier 1791. Sous la Terreur, les églises sont fermées, Notre-Dame devient un dépôt de fourrage, Sainte-Anne une écurie, Saint-Thomas un magasin à poudre et l'Hôtel-Dieu un hôpital militaire. Un vaste tranfert de propriété, profitant surtout à la bourgeoisie, résulte de la vente des biens nationaux.

À partir de 1795, les Chouans s'organisent dans le bocage sous la direction de Louis de Frotté. Début 1796, Vire est en état de siège. Une tentative de Hoche de pacifier la région échoue et le 25 octobre 1799, les troupes de de Frotté attaquent Vire que les gardes nationaux, aidés de renforts de tout l'ouest du Calvados, défendent victorieusement. L'éxécution de de Frotté en février 1800 met un terme à la Chouannerie normande.

Au XIXe siècle, la ville résiste mal à l'industrialisation et subit une récession importante. Une forte tradition de compétence en botanique l'a fait néanmoins connaître, au point d'être considérée comme l'un des berceaux de la botanique moderne. Ses chercheurs et peintres d’histoire naturelle étaient renommés dans toute l’Europe.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le 6 juin 1944 vers 20 heures, comme beaucoup d'autres villes normandes, Vire subit les bombardements stratégiques alliés et est détruite à plus de 95 %. Ceux-ci font environ 350 morts. Les soldats du 1er bataillon du 116e régiment d'infanterie de la 29° division d'infanterie américaine libèrent la ville le 8 août 1944. Du 6 au 8 août, ce régiment subit cent huit tués et quatre disparus dans la bataille.

La reconstruction s'effectue jusqu'au milieu des années 60. L'architecte Marcel Clot est chargé, dès 1944, d'élaborer le plan de reconstruction et d'aménagement. Une vaste opération de déminage et de déblaiement se poursuit jusqu'en mars 1946. Un remembrement urbain est alors effectué. Les réseaux et la nouvelle voirie sont créés. La réalisation des nouveaux immeubles est suivie par l'architecte en chef de la ville Marcel Chappey, remplacé en 1949 par Claude Herpe. La première pierre de la reconstruction est posée le 25 février 1949. La bibliothèque, dernier grand édifice public à être réédifié, est ouverte le 4 décembre 1964[

Dans le cadre du plan Raymond Marcellin visant à réduire le nombre de communes, la commune de Saint-Martin-de-Tallevende est associée à Vire le 1er juillet 1972.

La porte Horloge de Vire, anciennement porte Gastinel, est un monument historique emblématique de la ville de Vire, commune française située dans le département du Calvados (Basse-Normandie).

La porte Horloge était la principale porte d'entrée de la cité au Moyen Âge, lorsque celle-ci était fortifiée. L'actuelle capitale du Bocage virois devint, après les invasions normandes, une importante place de guerre des ducs de Normandie. La fortification de Vire fut renforcée sous Guillaume Ier le Conquérant. Un château à double enceinte et donjon, dont seules les ruines du donjon subsistent, fut construit par Henri Ier Beauclerc.

À l'origine, la porte Gastinel est une simple porte d'usage équivalent à la porte Saint-Jean, plus à l'ouest, et à la porte Saint-Sauveur, plus au sud. Elle est construite au XIII° siècle et est flanquée de deux tours, réunies par une voûte, au-dessous de laquelle passait avant la Reconstruction la rue Saulnerie (cette rue passe aujourd'hui de part et d'autre et son porche n'est plus que piétonnier). Elle était précédée par un fossé large d'environ sept mètres et profond de cinq mètres. Elle était protégée par un pont-levis à flèches, par une herse et enfin par une porte à deux vantaux. Par la suite, elle fut surmontée d'une tour de guet qui s'élevait jusqu'au premier rang de gargouilles. Au XVe siècle (1480), celle-ci fut surélevée d'un niveau (second rang de gargouilles) la transformant en beffroi, très original avec son clocheton. Ces travaux avaient pour but d'y installer une horloge publique et sa cloche. Ce beffroi est rajouté sous l'impulsion des bourgeois de la ville pour symboliser la force et l'indépendance de Vire. L'horloge et une cloche sont installées en 1499. Deux autres cloches sonnant les quarts d'heure sont ajoutées au XIX° siècle. Le beffroi porte la hauteur de l'édifice à 33 mètres. Au sommet, la vue panoramique sur le bocage virois permettait de surveiller les approches de la ville et de prévenir toute attaque. Surmontant l'ogive de la porte se trouve une statue de la Vierge dans une niche. Au-dessous une inscription est gravée : « Marie protège la ville ». Sous celle-ci, sont sculptées les armoiries de la ville : De gueules à la flèche renversée d'argent  accostée de deux tours du même maçonnées de sable, ouvertes du champ.

Si Vire a beaucoup souffert de la Seconde Guerre mondiale, ce témoignage de son passé a été relativement peu touché par les destructions massives — la ville fut détruite à 95 % — causées par les bombardements de juin 1944, qui ont ravagé la Normandie après le débarquement des Alliés sur ses plages. Les principaux dommages concernent les couronnements des deux tours et les toitures en poivrières devront être entièrement restaurées par les travaux de la Reconstruction. La cloche de 1499 est détruite ainsi que l'horloge déjà remplacée au XIX° siècle.

Un mémorial dédié aux victimes du bombardement du 6 juin 1944 est installé au rez-de-chaussée de la tour sud. Il est inauguré le 6 juin 1960.

La porte du XIIIe siècle a été construite en mélange de moellons des deux principales pierres locales : la granodiorite du sud du territoire et le schiste cornéen du nord. La tour du XVe a été élevée entièrement en granodiorite.

L'édifice a été classé monument historique, par arrêté du 12 juillet 1886.

Le 10 juillet 1967, les postes françaises ont émis un timbre commémoratif représentant la porte Horloge de Vire, dont le 1er jour d'émission a été célébré dans la ville deux jours auparavant.

Ce timbre apparaît clairement dans le film de François Truffaut, Baisers volés (1968), sur l'enveloppe de la lettre qu'Antoine Doinel envoie à madame Tabard.

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les baux

 La situation du plateau des Baux-de-Provence, naturellement perchée et retranchée, a toujours assuré aux populations qui ont habité le lieu, le double avantage de pouvoir observer les environs et de se protéger, ce qui explique sans doute la précocité et surtout la continuité de l'occupation humaine du site depuis la préhistoire jusqu'à nos jours.
 
Les premiers textes connus du Xe siècle font état du "Balcium Castrum". Ils mentionnent le nom du seigneur du lieu Pons le Jeune dont les descendants adoptent le nom des Baux pour patronyme. Cette fortification a été remplacée au XIIIe siècle, lors de la grande campagne de travaux des seigneurs Hugues et Barral des Baux, par le donjon qui profite de la configuration naturelle du rocher et qui sert d'appui aux autres bâtiments du château.

La lignée des Baux est, au Moyen-âge, une des grandes familles provençales, importante par ses possessions qui à l'origine sont principalement concentrées sur Arles et sur Marignane, et qui se sont au fil des générations étendues dans toute la Provence, dans le Comtat Venaissin, dans le Dauphiné et en terre italienne.

La Maison des Baux fut ainsi maîtresse de soixante-dix-neuf villes ou places fortes qui furent appelées "Les terres Baussenques". Ce nombre, composé de deux chiffres prétendus sacrés, symbolisait la totalité du domaine des princes, son unicité et son intangibilité, en exprimaient, en quelque sorte, leur puissance. Cette dynastie a marqué l'histoire de la Provence par l'influence et la personnalité de ses seigneurs rebelles et guerriers.

Leur histoire mouvementée montre que la forteresse, notamment au cours des guerres baussenques et des guerres de religion, semble avoir principalement servi de place forte au temps de ces rébellions.

C'est ainsi que Louis III, roi de Sicile et comte de Provence se saisit à la mort d'Alix, dernière princesse des Baux, du château médiéval si souvent utilisé contre l'autorité de ses prédécesseurs et le rattache à la couronne comtale. La ville et les terres baussenques entrent ensuite dans le domaine royal lorsque la Provence est rattachée à la couronne de France sous Louis XI. Le roi de France se méfie d'une forteresse à la fois si puissante et si loin de sa cour. De peur qu'elle ne tombe dans les mains de quelques ennemis et notamment des opposants à son autorité en Provence, il ordonne alors son démantèlement en 1483.

 Cependant, en raison de son ancienne puissance et de son passé glorieux, la terre des Baux fut intégrée parmi "les Terres Adjacentes" au royaume de France n'ayant d'autre seigneur que le roi, ne dépendant nullement du Comté de Provence et ayant conservé toutes ses coutumes, franchises et prérogatives.

A la Renaissance, période faste pour la Cité, les bâtiments résidentiels du château sont en partie reconstruits. Mais en 1631, la forteresse est de nouveau aux mains des insurgés, la décision royale d'aliéner le Parlement de Provence, l'année précédente, a provoqué à Aix en Provence, une révolte par le prince de Condé. Certains rebelles s'enfuient et se réfugient aux Baux.

 La ville est assiégée par les troupes de Richelieu. A la suite de ces combats, la forteresse est de nouveau démantelée.

 La seigneurie des Baux est donnée, en 1642 par Louis XIII, à Hercule Grimaldi pour le remercier de sa politique favorable à la couronne de France. Celui-ci transmettra à ses descendants le titre de Marquis des Baux dont le Prince Albert II de Monaco est l'actuel détenteur.

 Après la Révolution, le marquisat est rattaché à la France. Le village des Baux-de-Provence est peu à peu abandonné et ne compte plus que 400 habitants à la fin du XIXe siècle. Il y en avait 3000 au XIIIe siècle. Mais Les Baux ont à nouveau rendez-vous avec l'Histoire. En 1821, un géologue découvre une roche rouge riche en alumine qu'il nomme bauxite.

C'est après la seconde guerre mondiale que le village entame sa vocation touristique et culturelle, avec l'arrivée de Raymond Thuillier qui contribue à la renommée internationale des Baux en ouvrant le célèbre "Oustau de Baumanière", ambassade gastronomique où se succèdent les grands de ce monde. En 1966, André Malraux inscrit par décret l'ensemble de la commune sous la protection du Ministère de la Culture et de l'Environnement. De nouveau s'engage pour la cité une période de renaissance et de réhabilitation qui lui vaudra, en 1998, son classement parmi "Les Plus Beaux Villages de France".

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bonaguil

Le château de Bonaguil existe au moins depuis la seconde moitié du XIIIe siècle. Il est mentionné en 1271 et dépend directement du roi Philippe III le Hardi.

Par le jeu des alliances matrimoniales, il parvient dans le patrimoine des sires de Roquefeuil durant la première moitié du XVe siècle. Jean de Roquefeuil entame la modification de la place vers 1443, mais c'est son fils, Bérenger, qui lui donne toute sa splendeur à compter de 1483. Le personnage est doté d'un caractère bien trempé. Bérenger appartient en effet à l'engeance de ces derniers grands féodaux imbus de leurs prérogatives, qui regardent avec mépris l'émergence des mouvements communaux et les progrès de l'absolutisme royal, tout en rejetant les fastes de la vie de cour. Il s'intitule volontiers - en toute modestie - " Homme puissant, noble et magnifique, baron de Roquefeuil, de Blanquefort, de Castelnau, de Combret, de Roquefère et comte de Naut. " Malgré toute sa détermination, il perd devant le parlement de Toulouse un procès qui l'oppose aux habitants de sa châtellenie de Castelnau-Montratier. Par dépit, il cache derrière les murs de Bonaguil son orgueil blessé : " Par Monseigneur Jésus et tous les saints de son glorieux paradis, j'élèverai un castel que ni mes vilains sujets ne pourront prendre, ni les Anglais s'ils ont l'audace d'y revenir, voire même les puissants soldats du roi de France. " Il meurt aigri et solitaire en 1530 derrière ses hautes murailles et sa dépouille repose pour l'éternité dans la petite chapelle castrale dominée par son défi de pierre. Construit à l'écart de toute voie principale de communication, en un lieu dépourvu d'importance stratégique, Bonaguil n'eut d'autre fonction que d'afficher la puissance d'un potentat en mal de reconnaissance. Comme le souligne l'historien Max Pons, " Bérenger eut surtout le tort de naître trop tard. " Thierry Ribaldone conclue : " Il n'est pas exagéré de dire que son Hastings ou son Cocherel, c'est Bonaguil. "

Propriété de Marguerite de Fumel au XVIIIe siècle, le château fait l'objet de transformations dans le goût du temps. Des jardins en terrasse sont aménagés dans les fausses-braies ouest et des ponts dormants se substituent aux vieux ponts-levis. Menacé de destruction à la Révolution, la ville de Fumel acquiert les impressionnantes ruines en 1860. Prosper Mérimée obtient leur classement dès 1862.

Dans un cadre verdoyant, la forteresse occupe une éminence rocheuse surplombant la vallée d'un petit affluent de la Thèze. Elle surprend dès le premier abord par sa complexité et son ampleur, que ne saurait embrasser un simple regard. Au nord, côté de l'attaque, trône une large barbacane en U autrefois accessible par un pont-levis à flèches. Les courtines sont percées de belles canonnières assurant un contrôle parfait des alentours. Un profond fossé sec sépare ce boulevard du reste de la place. Il était autrefois enjambé par un second double pont-levis (charretier et piétonnier), désormais remplacé par un pont dormant. Un moineau attend toujours d'invisibles ennemis à fond de cuve.

Le château dessine une grande enceinte irrégulière flanquée de quatre tours cylindriques aux principaux angles et d'une grosse tour carrée au milieu de la courtine ouest. Cette dernière abritait l'entrée primitive de la forteresse et comporte, au moins depuis le XVe siècle, une chapelle. La tour la plus imposante, communément désignée sous le nom de Grosse Tour, culmine au ponant à 35 mètres. Elle arbore toujours une jolie couronne de mâchicoulis bretons (en pyramides renversées) et possédait sans doute un étage au-dessus du chemin de ronde, selon une disposition très courante à cette époque. Son diamètre avoisine les 14 mètres et ses murailles atteignent 4 mètres d'épaisseur. Ses étages supérieurs affichent une destination indéniablement résidentielle, comme l'indique la présence de latrines et de fenêtres à meneaux. Les niveaux inférieurs sont pourvus de canonnières, réaffirmant malgré tout son caractère essentiellement militaire. Ses parois intérieures sont couvertes d'étonnants graffitis dont l'origine reste encore aujourd'hui obscure. Elle communique directement avec un logis droit adossé sur la courtine ouest, abritant la grande salle et des appartements. Un escalier à vis permettait de desservir les étages.

Ce bâtiment s'ouvre sur la haute cour dominée par la silhouette gracile d'un donjon pentagonal, présentant un éperon acéré du côté de l'attaque. Il possède trois niveaux intérieurs et date du XIIIe siècle. Ses murailles furent percées au XVe siècle de belles fenêtres à meneau et croisillon. Un escalier à vis ménagé dans une tourelle externe permet d'accéder à la terrasse. La vaste plate-forme sommitale de la tour maîtresse est agencée pour accueillir des pièces d'artillerie de calibre modeste. Un parapet sur mâchicoulis (reconstitution du siècle dernier) et une guette viennent parachever l'ensemble, portant la hauteur totale à près de 45 mètres.

A ses pieds, sur son flanc oriental, s'étire une basse-cour. On y aménagea un deuxième logis au début du XVIe siècle, complétant ainsi les capacités d'accueil de cette étonnante demeure seigneuriale. Ce côté possède une surprenante galerie de circulation et la tour de l'angle nord-est (tour des Loges) a reçu une superbe et rare voûte en limaçon. Ultime précaution défensive, la forteresse fut dotée sur tout son pourtour de fausses-braies constellées de canonnières prévues pour effectuer un tir rasant, à l'exception du front nord déjà solidement protégé par les profonds fossés, la Grosse Tour et la barbacane. Un souterrain creusé dans le roc sous la place relie les fausses-braies sud aux fossés nord. La chapelle seigneuriale accueillant les sépultures de Bérenger et de son épouse, se dresse au pied du château.

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uzes

 Le Duché est bâti sur un ancien ‘Castrum" ou camp romain. Ce lieu devint dans le premier millénaire la résidence du gouverneur. Ces constructions en bois n'ont pas traversé le temps. Toutefois, Dhuoda, Duchesse de Septimanie y fut exilée au milieu du 9ème siècle par son époux Bernard. Dhuoda fut la première femme a écrire un livre en occident. Ce livre, qui existe toujours, est un manuel d'éducation pour son fils.

Le Château Ducal appelé le "Duché" est par son architecture un résumé de l'histoire de France. Le Moyen-Age, la Renaissance, le Siècle des Lumières et les Temps Modernes s'y retrouvent. Cette composition architecturale offre malgré cela une belle harmonie au regard.

Cette bâtisse connaît de moments difficiles à la Révolution, vendue comme bien national, elle est saccagée et elle est transformée en collège.
Le Duc d'Uzès rachète le Duché en 1824 aux familles uzétiennes (dont celle de l'écrivain André Gide) qui en l'achetant l'ont protégées. Le Duc y fait d'importants travaux à partir de 1834, date de la fin de la construction d'un nouveau collège à Uzès et de son aménagement.

La première partie du 20ème siècle est aussi une période noire pour le Duché, le Duc d'Uzès en difficulté vend son mobilier et il loue le Duché à l'Education Nationale qui y installe de nouveau un collège. Peu scrupuleux du monument, elle ne remplit pas ses obligations d'entretien et elle bétonne l'intérieur et l'extérieur.

A partir de 1951, la Marquise de Crussol récupère avec l'aide du Ministère des Beaux Arts le Duché et elle commence à le restaurer. Amie du Ministre de la Culture du Général de Gaulle, André Malraux, qu'elle avait connu dans son salon politique, elle obtient le secteur sauvegardé en 1964 qui va permettre à la Ville d'Uzès de renaître de deux siècles d'oubli.

Son petit fils et son épouse, le Duc et la Duchesse d'Uzès actuels, continuent les restaurations entamées par la Marquise de Crussol. Depuis, une grande partie du gros œuvre à été restaurée et régulièrement de nouvelles acquisitions de meubles et objets enrichissent les collections et la qualité de la visite. Le Duché est un des rares exemples de châteaux de famille faisant l'objet d'une restauration complète en ce début du 21ème siècle.

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villeneuve

Villefranche-sur-Saône (en arpitan : Velafranche) est une commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ses habitants sont appelés les Caladois.

Elle est la capitale du Beaujolais.

Seule sous-préfecture et une des principales villes de la circonscription départementale du Rhône, c'est désormais la commune la plus peuplée du nouveau département du Rhône, dans ses limites de 2015. Sa population était de 36 241 habitants au recensement de 2012, tandis que la population de l'arrondissement, dans ses nouvelles limites, était de 471 026 habitants. Villefranche-sur-Saône fait partie de l'unité urbaine de Lyon et de l'aire urbaine de Villefranche-sur-Saône.

La communauté d'agglomération Villefranche-Beaujolais-Saône comprend quant à elle une population de 77 793 habitants en 2012.

Les sires de Beaujeu désireux de se protéger des archevêques de Lyon décident de créer une ville autour de Limas en 1140, face à la forteresse ennemie d'Anse.

En 1260, ils accordent une charte de franchise à la ville, dont elle tire son nom, pour inciter des personnes à s'installer.

La vieille ville (qui correspond aujourd'hui à l'hyper-centre) a été construite en suivant le schéma d'un bateau construit autour de l'axe de l'actuelle rue Nationale. Cette dernière fait un creux en son milieu où se situe la collégiale Notre-Dame des Marais qui est le cœur de la ville.

Elle était par le passé entourée de remparts et par la suite, elle s'est principalement étendue vers l'Est et plus légèrement vers l'Ouest.

En 2006, des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des vestiges de l’église conventuelle des Cordeliers, fondée dans le courant du XIIIe siècle.

En 1540, Villefranche remplace Beaujeu en tant que capitale du Beaujolais.

Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement les noms de Commune-Franche et de Ville-Libre-sur-Saône.

En 1925, le socialiste Armand Chouffet est élu maire de Villefranche. Sous ses mandats, la ville va connaître de profonds changements avec notamment la création du marché couvert, du palais des sports ou encore le réaménagement de certains quartiers.

Le 19 juin 1940, des troupes allemandes entrent dans la ville, mais s'en retirent après l'armistice du 22 juin qui inaugure l'ère de la Collaboration. L'année suivante, le préfet du Rhône révoque de son mandat le maire Chouffet, qui ne le retrouve qu'en 1947.

Villefranche est libérée le 3 septembre 1944 par les troupes débarquées en Provence du capitaine Henri Marie Alexandre Louis Giraud (1910-1970), fils du général Henri Giraud, commandant en chef des forces armées en Afrique du Nord en 1942. Le 3 septembre 2010, le député-maire de Villefranche-sur-Saône, Bernard Perrut et le vice-amiral Hervé Giraud, fils du libérateur de Villefranche, ont commémoré cette page d'histoire en inaugurant une plaque à sa mémoire sur la place qui lui est dédiée.

Pour des raisons d'image économique, la ville de Villefranche a tenté, dans la seconde moitié du XXe siècle, de changer son nom en Villefranche-en-Beaujolais, dénomination d'ailleurs utilisée de facto par l'office du tourisme, mais le Conseil d'Etat n'a pas fait suite à ces demandes, et avec les campagnes anti-alcooliques récentes, la municipalité y a renoncé.

À partir des années 2000, la ville essaye de s'affirmer comme un contrepoids à l'hégémonie de Lyon dans le département du Rhône. De nombreux projets sont évoqués, comme l'installation d'un magasin Ikea (abandonné), la construction d'un multiplexe de cinéma, l'éco-quartier Quarantaine ou encore renommer la ville en Villefranche-en-Beaujolais.

La réforme des collectivités territoriales amène la fusion de la CAVIL avec des communautés de communes voisines pour former la communauté d'agglomération Villefranche-Beaujolais-Saône le 1er janvier 2014

Notre-Dame-des-Marais :  La légende raconte qu'un berger, faisant paître ses bêtes sur un terrain marécageux souvent inondé par le Morgon, découvrit une statue de la Vierge. Sur avis du curé, on transféra la statue dans l'église paroissiale. Le lendemain, elle avait disparu et on la retrouva à l'endroit de sa découverte. On décida alors d'édifier sur cet emplacement une chapelle dédiée à Notre-Dame, devenue la collégiale. Sous une dalle vitrée, vous verrez le Morgon passer sous l'édifice. Sa construction datée du XIIe s'acheva au XVIe c'est pourquoi le chevet est roman, tandis que les adjonctions gothiques. De l'église initiale, à une nef, Anne et Pierre de Beaujeu vont réaliser de nouvelles travées, puis la tour dotée d'une flèche (détruite par un incendie en 1566, reconstruite en 1862) et cette remarquable façade, gothique flamboyant, véritable dentelle de pierres, qui rend hommage à la Vierge des Marais et à ses saints. A l'intérieur, la nef centrale, un peu étroite, est d'une belle élévation. Elle présente 7 croisées d'ogives ayant chacune un plan différent et un symbolisme particulier. La chaire du XVIe en marbre polychrome est desservie par un gracieux escalier à rampe en fer forgé. Faites le tour des quinze chapelles pour admirer tous les vitraux, dont le plus ancien date du XIVe. Sans oublier ce grand orgue de 1834, classé Monument historique, avec ses 45 jeux, ses 2 buffets et ses 2 300 tuyaux, oeuvre de la maison Callinet.

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pont

Lyon est une commune située dans le sud-est de la France, au confluent du Rhône et de la Saône. C'est la commune où siège le conseil de la métropole de Lyon, le chef-lieu de l'arrondissement de Lyon, de la circonscription départementale du Rhône et de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ses habitants s'appellent les Lyonnais.

Lyon est en situation de carrefour géographique, au nord du couloir naturel de la vallée du Rhône (qui s'étend de Lyon à Marseille). Située entre le Massif central à l'ouest et le massif alpin à l'est, la ville de Lyon occupe une position stratégique dans la circulation nord-sud en Europe. Ancienne capitale des Gaules au sein de l'Empire romain, Lyon est le siège d'un archevêché dont le titulaire porte le titre de primat des Gaules. Lyon devint une ville très commerçante et une place financière de premier ordre à la Renaissance. Sa prospérité économique a été portée successivement par la soierie, puis par l'apparition des industries notamment textiles, chimiques, et plus récemment, par l'industrie de l'image.

Lyon, historiquement ville industrielle, a accueilli de nombreuses industries pétrochimiques le long du Rhône, nommé le couloir de la chimie. Après le départ et la fermeture des industries textiles. yon s'est progressivement recentrée sur les secteurs d'activité de techniques de pointe, telles que la pharmacie et les biotechnologies. Lyon est également la deuxième ville étudiante de France, avec quatre universités et plusieurs écoles. Enfin, la ville a conservé un patrimoine architectural important allant de l'époque romaine au XXe siècle en passant par la Renaissance et, à ce titre, les quartiers du Vieux Lyon, de la colline de Fourvière, de la Presqu'île et des pentes de la Croix-Rousse sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.                                                                                                                                   Par sa population, Lyon constitue la troisième commune de France, avec 500 715 habitants au dernier recensement de 2013. Lyon est ville-centre de la 2e unité urbaine de France, laquelle comptait 1 584 738 habitants en 2012 et de la 2e aire urbaine (2 237 676 habitants en 2013) de France. Elle est la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes et le siège de la métropole de Lyon, qui rassemble 59 communes et 1 336 994 habitants en 2013. La ville de Lyon exerce une attraction d'importance nationale et européenne. Son importance dans les domaines bancaires, financiers, commerciaux, technologiques, ou encore les arts et les divertissements, font aujourd'hui de la ville de Lyon une ville mondiale. Lyon est également le siège d'Interpol depuis 1989.

La ville de Lugdunum est fondée en 43 avant JC par Lucius Munatius Plancus, c'est une simple colonie romaine mais l'essor de la cité est rapide. Lugdunum devient la capitale de la province de Gaule Lyonnaise et le siège du pouvoir impérial dès 27 avant JC. L'ancêtre de Lyon devient un important port fluvial. Au IIéme siècle, un prétendant au trône impériale s'installe à Lugdunum pour affronter Septime Sévère mais il est défait et la ville est pillée. Lugdunum perd son titre de capitale des Gaules en 297. Les tribus burgondes font de Lyon leur capitale à la chute de l'empire romain.

Au début du Moyen-Âge, Lyon est une cité d'importance moyenne à l'écart des grandes routes et des centres de pouvoir mais la ville se développe lentement sous l'égide de forces ecclésiastiques locales. En 1312, Lyon passe sous le giron du Roi de France mais reste encore à l'écart. Il faudra attendre la Renaissance pour voir revenir la prospérité.

Lyon se développe fortement à partir du XVéme siècle et devient un important centre urbain, économique et intellectuel. C'est notamment le temps des grandes foires. La ville sera cependant fortement touché par les guerres de religion et notamment la guerre de 30 ans. Par la suite, Lyon sera un centre révolutionnaire important en France.

  • La ville sera à partir de 1800 étroitement contrôlé par les autorités politiques en revanche elle prend une place importante dans l'économie nationale grâce à ses activités de soieries ou le développement du secteur bancaire.
  • Le coté radicale républicain de Lyon est de nouveau mis en avant lors de la Commune, dès 1871 elle est donc sous le contrôle d'un préfet ayant tous les pouvoirs.
  • Au XXéme siècle, Lyon déplace sa base industrielle de la Soie vers les secteurs de l'automobile, de la chimie textile ou de la pharmacie qui contribue encore aujourd'hui à la prospérité de la ville.   

Le pont de la Guillotière, dénommé aussi autrefois pont du Rhône est le plus ancien des ponts lyonnais franchissant le Rhône.

Ce pont est l'une des grandes affaires urbanistiques du XIIIe siècle lyonnais. Entamé à la fin du XIIe siècle, le chantier est financé par des dons, des legs et des offrandes faites à la chapelle édifiée à l'extrémité du pont sur la rive gauche. Achevé en 1183, le premier pont en bois s'effondre sous le passage des croisés en 1190. Reconstruit en partie en pierre et en partie en bois, il subit tout le long du siècle de nombreux dégâts et sa construction n'est réellement achevée qu'au début du XIVe siècle.

Le pont du Moyen Âge reposait sur une forêt de pieux en chêne, qui ont compliqué le percement du tunnel du métro, dans les années 1980. Quelques arches ont été comblées sur la rive gauche, dans les années 1820. Ceci explique l'anomalie lyonnaise qui fait qu'on appelle Place du Pont (aujourd'hui place Gabriel Péri) une place qui est à une centaine de mètres du début du pont. Le pont a été détruit lors de la retraite de l'armée allemande, en septembre 1944. Il a été démoli en 1952 et remplacé par un pont plus large et doté d'une structure métallique en 1953. Les pierres issues de la démolition de 1952 comportaient des fragments antiques, portant des épitaphes et des dédicaces en latin, provenant de la récupération faite sur les monuments en amont par les bâtisseurs du Moyen Âge.

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verdun

Chef-lieu d'arrondissement de la Meuse, sur la Meuse, à l'O. des Côtes de Meuse.

  • Population : 19 714 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Verdunois
Après les terribles destructions de la Première Guerre mondiale, la reconstruction a été menée avec un grand soin. Mais la ville eut encore à souffrir pendant la Seconde Guerre mondiale. À l'O. de la Meuse et au N. du canal des Augustins s'étend la Ville-Haute, dominée par la cathédrale. La Ville-Basse s'étend sur la rive droite de la Meuse. À l'O. de la Ville-Haute s'étend la citadelle, dont les immenses souterrains ont constitué de puissants abris pendant la Première Guerre mondiale. Verdun reçoit chaque année de nombreux visiteurs. La ville possède quelques industries (petite métallurgie, laiterie, textile, etc.). Évêché.
Oppidum gaulois (Verodunum), puis bourgade gallo-romaine, Verdun fut un foyer de la renaissance carolingienne. Gouvernée par ses évêques, ville libre impériale au xiiie s., elle subit le sort des Trois-Évêchés et l'annexion à la France en 1552. La place, fortifiée par Vauban, fut prise par les Prussiens le 2 septembre 1792 et en novembre 1870.
La porte Chaussée, ou tour Chaussée, est une porte de ville située à Verdun, dans le département de la Meuse en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

Construite en 1380 le long de la Meuse, elle était l'une des trois portes monumentales du Grand Rempart de Verdun. Remaniée en 1690, elle sert de prison militaire à l'État de 1755 à 1860 avant d'être rachetée par la ville en 1889.

Elle est classée aux monuments historiques depuis le 21 mars 1881.

La porte Chaussée est construite en 1380 grâce à la générosité Jean Wautrec, un riche drapier et le Premier Magistrat de la Cité. C'est l'une des trois portes monumentales du Grand Rempart, qui symbolise le nouveau statut de Verdun, devenue ville libre d'Empire en 1374. Elle porte tire son nom d'une route établie au XIIe siècle par une riche famille de Verdun.

En 1690, lors des travaux de fortifications de Vauban, la porte ogivale est remplacée par un portail en plein cintre surmonté d'un fronton toscan. À la même époque, la tour sud qui s'est effondrée à la suite d'un affaissement du sol est reconstruite à l'identique avec les anciennes pierres.

En 1755, la tour est cédée à l'État qui en fait une prison militaire. Cette dernière est fermée en 1860 lorsque les médecins militaires dénoncent les conditions de vie épouvantables des prisonniers.

En 1880, le pont-levis est détruit. Le génie militaire veut percer l'une des tours pour agrandir le passage pour les véhicules, mais les habitants s'y opposent. Une voie d'accès est alors construite pour contourner la porte.

La porte est classée aux monuments historiques le 21 mars 1881. Elle est rachetée par la ville en 1889.

Le monument est composé de deux tours jumelles circulaires couronnées de créneaux et de mâchicoulis. Hautes de 20 m, leurs murs extérieurs ont une épaisseur de 1,75 m. Elles sont rattachées par un portique comprenant un portail en plein cintre surmonté d'un fronton toscan. Le monument est de style gothique, décoré de gargouilles et de sculptures en trèfles.

La porte possède trois étages au-dessus de la cave et se termine par une terrasse en plein air,.

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esquelbec

Le château d’Esquelbecq a la forme d’un grand quadrilatère flanqué de huit tourelles. Un liseré de pierres blanches le ceinture à mi-hauteur et aurait pour signification la haute puissance des seigneurs du lieu. L’édifice, auquel on accède par deux ponts, est entouré de douves.

     On suppose qu’un premier château en bois a existé dès le 9ème siècle afin de protéger des invasions nordiques mais rien ne prouve qu’il existait à l’endroit actuel. La dernière restauration générale du château date de 1606, date que l’on pouvait lire sur le donjon avant son effondrement. Cette restauration permit de rajouter de nombreuses fenêtres dans les murs dont l’épaisseur dépasse parfois 1 mètre en certains endroits de leur base.

     Le château et ses dépendances ont été inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 24 juillet 1944. En septembre 1984, l’effondrement du donjon suscita la création d'un comité de sauvegarde du patrimoine d’Esquelbecq qui permit le classement de l’édifice en tant que Monument Historique.

Le château d’Esquelbecq ne se visite pas. Mais vous pouvez apercevoir depuis ses grilles : le colombier datant de 1606, le jardin à la française jouxtant un parc boisé, la conciergerie (1590). Sur la place, remarquez l’auberge du château (1615) dont le pignon est orné de signes runiques.

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vitre

 

Le château de Vitré est un puissant château fort situé à Vitré, en Ille-et-Vilaine.

Le château appartenant à la commune de Vitré fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 1er juin 1872.

La prison fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 15 juillet 1898.

Une partie subsistante fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 octobre 1902.

Vers 1010, un premier château en bois fut construit par le baron Riwallon de Vitré à l'emplacement actuelle de l'église Sainte-Croix. Ce château fut incendié à de nombreuses reprises et un nouveau château en pierre fut bâti quelques années plus tard. À Vitré, le château en pierre a été construit par le baron Robert Ier de Vitré à la fin du XI° siècle. Le site défensif choisi, un promontoire rocheux, domine la vallée de la Vilaine. Cet édifice, dont il subsiste encore un porche de style roman, succède à un château en bois bâti sur une motte féodale vers l'an 1000. Le baron André III, pendant la première moitié du XIII° siècle, le rebâtit et lui donne sa forme actuelle, triangulaire, dominée par un gros donjon circulaire, qui suit le sommet de l'éperon rocheux, entouré de fossés secs.

À sa mort, le domaine échoit par alliance à la famille des Comtes de Laval. Guy XII de Laval agrandit le château au XV° siècle. C'est à cette époque que sont réalisés les derniers ouvrages défensifs : châtelet avec double pont-levis à flèche, tour de la Madeleine, tour Saint-Laurent (ultérieurement percée de canonnières).

Pendant la guerre folle, Guy XV de Laval ouvre, selon Bertrand d'Argentré, sans combat, le 1er septembre 1487, les portes de son château de Vitré et de la ville, aux troupes royales. D'Argentré affirme qu'il avait laissé pour instruction : Entrer de nuict les François en son chasteau de Vitré par une posterne, et par ce moyen les fist maistres de la ville. Cette décision fut prise contre la volonté des habitants et présentée comme un fait accompli.

À partir de la fin du XVe siècle et au XVI° siècle, ce sont les aménagement de confort qui prévalent : construction de galeries de circulation et d'un oratoire de style renaissance (en 1530). Le Parlement de Bretagne s'y réfugie à trois reprises (1564, 1582 et 1583) lors des épidémies de peste qui sévissent à Rennes.

Avec les familles des Rieux et Coligny, propriétaires du château entre 1547 et 1605, Vitré abrite le culte protestant et devient pendant quelques années un bastion huguenot. En 1589, la forteresse résiste à un siège de 5 mois du Duc de Mercoeur.

En 1605, après la mort de Guy XX de Laval, le château devient la propriété de la famille de La Trémoille, originaire du Poitou. Le château est abandonné au XVII° siècle et se dégrade, notamment avec l'effondrement partiel de la tour Saint-Laurent et l'incendie accidentel qui a détruit le logis seigneurial à la fin du XVIII° siècle.

Une prison départementale est construite à la place du logis seigneurial et occupe toute la partie Nord, y compris la Tour de la Madeleine. La prison devient garnison lors de l'arrivée du 70° régiment d'infanterie de 1867 à 1877.

Le Château est acheté par l'état au XIX° siècle. En 1872, il est l'un des premiers châteaux classé monument historique en France et restauré à partir de 1875 sous la direction de l'architecte Darcy. Passé dans le domaine public, on y aménage un petit musée, en 1876, sous l'impulsion d'Arthur de La Borderie. Paradoxalement, ce dernier fait détruire la collégiale de la Madeleine, située sur l'avant-cour du Château alors qu'il était conservateur de la ville. Une école de garçons est construite à la place.

De nos jours, l'hôtel de ville de Vitré est installé à l'intérieur de l'enceinte du château, dans un bâtiment reconstruit en 1912 selon les plans du logis médiéval.

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louviers

 L'église Notre-Dame à Louviers (Eure) est un édifice de style gothique commencé en 1197 et terminé pour l'essentiel en 1240.

En 996, le duc Richard Ier place Louviers sous le patronage de l'abbé de Saint-Taurin d'Evreux. En 1197, Richard Coeur de Lion échange avec l'archevêque de Rouen, Gautier de Coutances, Louviers contre Les Andelys où il voulait construire Château-Gaillard pour protéger la Normandie des ambitions de Philippe Auguste. Les archevêques de Rouen sont restés seigneurs temporels de Louviers jusqu'à la Révolution.

La tour de la croisée est réalisée en 1240. La nef construite à la fin du XIIe siècle était prévue avec un vaisseau central de sept travées et un bas-côté de chaque côté. Le décor reprend le style de la cathédrale de Rouen avec des larmiers encadrant des fenêtres trilobées placées dans l'axe de chaque travée. On constate que sous le larmier au-dessus du second niveau, les chapiteaux ont été bûchés. Ces chapiteaux devaient porter les grandes voûtes de la nef prévues par le premier architecte. Le vaisseau central de la nef prévu à la fin du XIIe siècle devait donc être moins élevé que la voûte actuelle. La tour du chœur est construite après 1240. À une date inconnue, on décide de surélever la nef de 2,60 m au-dessus du niveau initialement prévu en réalisant le voûtement d'ouest en est. Cela a conduit l'architecte à rehausser les appuis des arcs-boutants sur les murs gouttereaux pour reprendre la poussée des voûtes à leur nouveau niveau de poussée. Cet ordre d'avancement peut se lire sur la forme des fenêtres hautes. Leur style remonte au début du XIIIe siècle dans les deux premières travées occidentales, tandis que les fenêtres côté est ont un style plus tardif. La fin de la construction de la voûte du vaisseau central de la nef doit remonter à la fin du XIIIe siècle.

La ville subit des pillages par les troupes anglaises en 1346, puis en 1356. Elle est libérée en 1360, de nouveau assiégée en 1418, puis en 1431. Libérée en 1440, la ville est dévastée et va se reconstruire après 1450, fin de la guerre de Cent Ans.

La tour de la croisée qui avait une flèche en bois et avait été incendiée par les Anglais en 1346 pour en chasser les derniers défenseurs de la ville. Des travaux y sont faits à partir de 1379 pour la reconstruire. En 1414, on commença à construire la tour hors œuvre appelée tour Chalenge, à cause du nom du fondateur, en 1428, de la chapelle qui se trouve à sa base, Guillaume de Chalenge. Cette tour était inachevée au moment du siège de 1431.

La paix retrouvée, les travaux sont repris à partir de 1460 pour donner cinq vaisseaux à la nef. Pour alimenter le chantier de construction en pierres, la fabrique bailla à ferme une carrière de pierre. Les travaux sont commencés sous la direction de Jehan Gillat par le second collatéral nord de quatre travées et demi de part et d'autre d'un portail couronné d'un grand gâble à réseau.

On entreprit ensuite une nouvelle façade côté sud avec un grand porche réalisé à partir de 1506 grâce aux libéralités de Guillaume Le Roux. Un architecte dont le nom n'est pas certain a réalisé le second collatéral sud. La réalisation du porche sud en face du porche nord a créé un axe nord-sud. La réalisation du chantier est financée par des familles nobles et des corporations. La construction d'un porche de style gothique flamboyant au XVIe siècle atteste de la prospérité de la ville à cette époque. Des chapelles sont fondées dans les collatéraux

Au début du XVIe siècle, la tour de la croisée est remaniée de fond en comble, avec les deux piliers occidentaux et la voûte octopartite de la tour munie de liernes et tiercerons. Les travaux du chevet et de l'aménagement de la face nord de la tour-lanterne de la croisée ne sont entrepris qu'après 1580.

La flèche de la tour du chœur reconstruite à partir de 1379 est détruite par un ouragan, le 30 décembre 1705.

L'église n'a pas subi de dégâts pendant la Révolution.

Entre 1826 et 1853, des sommes importantes sont mobilisées pour restaurer la façade sud de la nef et le chevet. Sous la direction de l'architecte Étienne Bourguignon, les sculpteurs Brun, puis Pyannet ont repris toutes les sculptures. Les statues sont probablement leurs œuvres. Une restauration plus radicale est entreprise à partir de 1863 dans le chevet. En 1905, l'architecte diocésain Gabriel Rubrich-Robert entreprend la restauration des parties hautes de la nef et de la tour-lanterne.

L'église a subi des dégâts au cours des bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale. De nouvelles restaurations ont été entreprises sur la façade sud et les éléments du chevet modifiés au XIXe siècle.

L'église a été classée au titre des monuments historiques depuis 1846.

L'église possède un riche mobilier. Les statues en pierre du XVI° siècle qui ornent la nef, au-dessus des chapiteaux, proviennent de la chartreuse de Gaillon. Contre la façade occidentale, vient se loger, dans une niche, une mise au tombeau du XVI° siècle. Le Christ est tenu à la tête et aux pieds par 2 personnages tandis que 5 femmes se tiennent sur le côté. Le collatéral sud abrite, dans un enfeu, le gisant du XV° siècle de Robert d'Acquigny, conseiller au parlement de Paris et doyen de Saint-Omer.

L'église possède une remarquable série de onze verrières réalisées entre 1490 et 1530, classées à titre d'objet en 1846, témoignant de l'opulence de la ville à cette époque. Les plus grands peintres-verriers de l'époque ont participé à leur réalisation : Arnoult de Nimègue (ca. 1470 - ca. 1540), Engrand et Nicolas Le Prince de Beauvais.

Louviers ayant accueilli le parlement de Normandie pendant le sac de Rouen par les protestants en 1562, les vitraux n'ont pas eu à souffrir des guerres de religion. Les effets du temps et des caprices climatiques ont eu raison de certaines verrières. L'ouragan du 3 septembre 1841 détruisit les vitraux des baies 9 et 10.

Des regroupements des parties basses anciennes sont faits en 1836. Le peintre-verrier Maurice Muraire restaure, complète et modifie les verrières entre 1902 et 1904. Les parties refaites se remarquent car elles sont mal conservées.

Des verrières sont réalisées dans la seconde partie du XIXe siècle. Antoine Lusson réalise les vitraux des baies 0, 1 et 2, posés en juillet 1853, ceux des baies 3, 5 et 7 de la chapelle de la Vierge en février 1854. Le vitrail de la baie 10 du transept est posé en 1862 et celui de la baie 12 en 1866. Les verrières des baies hautes sont posées en 1858 et complétées par les onze verrières du triforium en 1861. Duhamel-Marette réalise les baies de la chapelle de Chalenge en 1877 qui perd ses dernières verrières du XVe siècle. L'atelier Lobin de Tours réalise le vitrail de la baie 14, en 1859-1860. Pierre-Jules Boulanger décore la baie 16. En 1939, seuls les vitraux classés sont déposés et envoyés à Niort. La Seconde Guerre mondiale entraîne la destruction d'une partie des verrières du XIXe siècle. Elles ont été remplacées par des vitraux de Jean Barillet en 1952-1955. Des vitraux anciens sans emploi sont remontés dans la sacristie ainsi que des fragments des vitraux de Lusson.

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millau

 

Chef-lieu d'arrondissement de l'Aveyron, sur le Tarn, au pied du causse du Larzac et du causse Noir.

  • Population : 22 775 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Millavois

Traditionnel centre de la mégisserie et de la ganterie (activités en difficultés), Millau bénéficie aujourd'hui de l'autoroute A 75, qui relie Clermont-Ferrand à Béziers, et des retombées touristiques liées au viaduc de Millau, situé à 5 km à l'O. de la ville.

Cité très ancienne et l'un des centres de la Réforme au xvie s. Beffroi et église Notre-Dame, des xiie et xviie s. Musée archéologique dans un hôtel du xviiie s. (poteries de la Graufesenque). Maison de la peau et du cuir.

Le 17 mars, est émis un timbre de 3 FRF sur Millau, dans le département de l'Aveyron. Le panorama illustrant le timbre met en valeur le beffroi et l'église au-dessus des toits de la ville. En arrière-plan, un Kayakiste navigue dans les gorges du Tarn.

Le timbre est dessiné et gravé par Eve Luquet. Il est imprimé en taille-douce en feuille de cinquante exemplaires.

Environ 9,1 millions de timbres sont vendus avant le retrait du 7 novembre 1997.

Beffroi de Millau : est un monument situé dans la ville chef-lieu de la commune de Millau dans l'Aveyron.

La tour forme le vestige d'un palais cité en 1172. Incarnant la souveraineté du roi d’Aragon, elle montre une grande sophistication et concentre le meilleur du savoir-faire du temps. Propriété privée à partir du XIII° siècle, la tour sera achetée par les consuls de Millau en 1613 pour servir de base à la tour octogonale devant abriter le bourdon communal. Ainsi naissait le beffroi. La tour carrée servira de prison du XVII° siècle au XIX° siècle, notamment pendant la période révolutionnaire.

L'édifice est actuellement privé de sa flèche, incendiée par la foudre le 29 juillet 1811. Celle-ci portait la hauteur totale de l'ensemble à 52 mètres. Il est possible d'accéder à la plate forme supérieure, située à 42 mètres de hauteur. Ce qui permet d'admirer une vue d'ensemble de la commune de Millau, des contreforts des causses et du viaduc de Millau.

1613 : Achat du donjon carré par les consuls de Millau.

1614 / 1617 : Construction de la tour octogonale pour contenir la cloche et l'horloge communales. Divisée tout d'abord en étages par des planchers reliés par des échelles.

1790 / 1818 : Le donjon sert de prison communale, contiguë de l'hôtel de Tauriac, alors Hôtel de Ville.

1811 : Construction de l'escalier latéral, après un incendie.

1931 : Classé monument historique.

Eglise de Millau : L'église Notre-Dame-de-l'Espinasse de Millau est mentionnée pour la première fois en 1070, à l'occasion de sa donation par le vicomte de Millau, Béranger II à l'abbaye bénédictine de Saint-Victor de Marseille. Ce sont les deux frères de Béranger, Bernard et Richard, qui poussent à l'établissement de l'abbaye, bénédictine à Millau. Personnages de premier plan, abbés de Saint-Victor, légats du pape Grégoire VII, agents actifs de la réforme grégorienne et grands promoteurs de l'essor domanial de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille en Rouergue, ils ouvrent ainsi le Rouergue à leur ordre.

La ville y dispose d'une position géographique privilégiée, au voisinage de la rivière, voie de pénétration et point d'appui pour la traverser, mais aussi stratégique, dans le cadre de la lutte entre les grands empires monastiques, Cluny et Saint-Victor de Marseille, qui bat alors son plein.

 Dans l'acte de donation de 1070, le vicomte de Millau donne l'église « à Dieu et à Marie .../... à Bernard, abbé de Saint-Victor de Marseille, à ses successeurs et aux religieux », ainsi que « le terrain nécessaire pour bâtir un monastère spacieux, avec des dépendances autour de l'église » ; il cède également les droits qu'il possède sur les biens situés dans le bourg de Millau. Si la donation ne le stipule pas, il apparaît dans la documentation postérieure, que le prieuré obtient également le monopole du culte. Une bulle du pape Adrien IV, datée du 10 juin 1157, interdit formellement la construction d'une autre église dans le bourg. L'interdiction sera réitérée en juin 1170 puis en 1175 dans des bulles d'Alexandre III touchant la construction d'une église par le commandeur des Hospitaliers de Bouloc. Des lettres patentes des rois d'Aragon, enfin, les seigneurs de Millau à partir du 3e quart du XIIe siècle, confirmeront ensuite ces mêmes privilèges.

 L'abbé Richard prend possession de l'église dès 1071 et lance probablement la construction du monastère dont plus rien ne subsiste aujourd?hui. Et c'est une vingtaine d'années plus tard, le 25 septembre 1095, que l'église est consacrée par le pape. Urbain II se rend alors au Concile de Clermont où il prêchera la croisade et invitera les chevaliers à faire le voyage vers Jérusalem et à y repousser les infidèles. Les églises de La Chaise Dieu, d'Aurillac, de Saint-Sernin de Toulouse seront également consacrées lors de ce voyage. La consécration de Notre-Dame et la construction du monastère se placent dans un vaste mouvement de reconquête de la papauté dans le cadre de la réforme grégorienne. En outre, par le rattachement à Saint-Victor de Marseille, le prieur se hisse au rang de personnage important, en même temps que la ville et son unique église paroissiale revêtent un nouveau statut dans le maillage territorial Victorin.

Au milieu du XIIe siècle, la vicomté de Millau passe sous la domination de la famille de Barcelone avec le mariage de l'héritière des derniers vicomtes, Douce 1ère, avec le comte de Barcelone Raymond-Béranger III (1112-1131). Par ce mariage, la vicomté entre dans un ensemble plus puissant l'associant à l'Aragon et à la Catalogne. Quelques cinquante années plus tard s'élève, vers 1172, l'emblème d'un nouveau pouvoir, un palais, dont seule la tour (dite le beffroi) bâtie au centre de la ville témoigne aujourd'hui. Il incarne la volonté de son détenteur, Alphonse II d'Aragon, nouveau vicomte de Millau, de marquer symboliquement sa domination sur un territoire nouvellement acquis. Avec Alphonse II, la ville obtient en outre le sceau et la bannière ainsi qu'une charte de coutumes (v. 1187) confirmant le consulat.

 Révélateurs de l'incapacité du clergé séculier de répondre aux besoins d'une société nouvelle et malgré le privilège papal, cinq couvents de mendiants font leur apparition. S'implantent ainsi les cordeliers en 1232, les sachets (ou frères du sac) en 1255, les dominicains en 1278, les carmes en 1282, et les clarisses en 1291, premier couvent féminin à Millau. S'ils sont pour la plupart installés hors les murs, les dominicains cherchent très tôt à prendre place au plus près de la population, dans la ville, à la rencontre des aspirations quotidiennes d'une société en formation. Malgré l'opposition des bénédictins de Notre-Dame et des consuls qui détiennent en partie la fabrique de l'église, l'église des dominicains est élevée dans le centre de la ville, non loin de la maison commune et de la tour des rois d'Aragon, signant la décadence de l'ordre des bénédictins. Et, à la fin du XIIIe siècle, les documents d'archives montrent que le monastère ne comprend que treize personnes : un prieur, un sacristain, cinq ou six religieux, quatre prêtres séculiers (dits conduchier, panetier ou prenaires) logés sur place, un curé (ou vicaire perpétuel), un secondaire du curé, un clerc mage et un sonneur de cloches. En revanche, lorsqu'en 1282, les dominicains s'installent à Millau, leur monastère est déjà doté de vingt-deux personnes, un prieur, un lecteur, dix-huit frères et deux convers. Les Clarisses quant à elles sont au nombre de quatorze, avec douze religieuses et deux chapelains.

C'est durant cette période que le vocable de Notre-Dame de l'Espinasse apparaît, remplaçant celui de Sainte-Marie. On doit probablement l'appellation de l'Espinasse au trésor de l'église qui contiendrait comme relique, une épine de la couronne du Christ. Quant au glissement du vocable Sainte-Marie à Notre-Dame, il correspond à la pastorale mendiante qui se développe au XIIIe siècle autour de la question de la virginité de la mère du Christ.

 Pour tout le bas Moyen Age et au-delà, les archives municipales conservent la mémoire de nombreux conflits qui émaillèrent les relations entre le prieuré, les consuls de Millau ou les dominicains. Elles gardent également nombre de prix-faits, de comptes et dépenses et de délibération touchant la fonte des cloches, la (re)construction des clochers, la construction des orgues, ou encore les réparations à effectuer.

 Le calvinisme apparaît en Rouergue vers 1558, à Millau et Villefranche de Rouergue. Il triomphe dès 1560 grâce aux prêches des missionnaires cévenols. La ville devient alors un solide bastion du calvinisme méridional. Entre 1563, le début de la première guerre de Religion, et 1629, l'édit d?Alès, rapines, pillages et brigandages affectent la ville qui est en état de guerre, chaque parti, catholique ou protestant, voulant imposer sa loi par la force.

 Dès l'automne 1561, l'église est prise d'assaut par les protestants millavois. Le culte catholique supprimé, les moines bénédictins, comme les carmes, les cordeliers ou encore les « nonnains » sont dispersés. Des ornements sont ensuite vendus dès novembre 1562 suivis de biens ecclésiastiques et de cloches, en 1576. Le prieuré quant à lui, est détruit à partir de 1568, comme le conte le Calviniste de Millau, suivi de la flèche de l'église, abattue l'année suivante.

 Le temporel de l'église ne « s'améliore qu'à partir de 1608, sous le priorat de Daniel de Bourzès » ; si les prêtres ne sont pourvus que des faibles revenus, ils peuvent toutefois « exercer décemment leur ministère » auprès d'une population catholique pauvre loin et d'être majoritaire (1/4 des habitants).
Faute d'entretien, un des clochers de l'église Notre-Dame s'écroule le 1er juin 1613. La ville rachète alors la tour des rois d'Aragon pour y faire construire un nouveau clocher, dit alternativement « tour » ou « grand clocher », destiné à donner les heures.

 Les calvinistes se révoltent de nouveau en 1615 suite à une altercation entre un jésuite et un pasteur, qualifié d'ignare. Il aboutit en octobre 1631 à la publication de lettres patente du roi exigeant le partage mi-partis des charges communales qui « met fin au pouvoir huguenot sur la cité ».

 Les ordres religieux réapparaissent avec l'Édit d'Alès (1629). Dès 1631 un nouveau curé, Vincent Melchior de Solargues, est nommé à Notre-Dame. Âgé de 25 ans, fils d'un riche avocat au parlement de Toulouse, chanoine de la cathédrale de Mende et directeur théologique de l'Université de Toulouse, il est un parfait représentant des prêtres de la Contre-réforme.

Le curé décide alors d'entreprendre la reconstruction de l église de Notre-Dame de l'Espinasse (ainsi que celle de l'Église). Les travaux ne débutent réellement qu'en 1641 après la réalisation des plans. Ils sont confiés à Jacques Baudoin, « maître architecte et esculpteur du Puy en Velay ». Il est le fils d'un architecte du Puy en Velay et semble y avoir fait ses premières armes (notamment à l'église du Puy, sous l'appellation de Jacques Chaspinhac) avant de s'installer en Rouergue, probablement grâce au mécénat de la famille d'Arpajon, où son oeuvre est documentée.

Le 16 août 1633, on lui confie la mission de réaliser un dessin ou un plan destiné à permettre de relever l'église, et de lancer une voûte en berceau reposant que les élévations extérieures, supprimant ainsi les collatéraux originaux séparés de la nef centrale par une série de colonnes. Il meurt à Millau en 1641, avant d'avoir achevé sa tâche et c'est à Jean Fabrières, maître maçon de Broquiès, qu'est alors confiée la charge d'effectuer les travaux de reconstruction à partir des plans de Jacques Baudoin. Les premiers travaux débutent par le choeur « suivant le dessin jadis commencé par feu maître Jacques Baudoin, consistant à faire quatre voûtes d'icelui en forme de berceau et tiers point d'une muraille à l'autre, sur les vieux fondements, sur les arcs encommencés de pierre de taille appelés auzives, qui feront le nombre de huit, montant les angles d'icelui choeur vers une seule clef, laquelle il sera tenu faire tailler ensemble l'arc doubleau qui doit aller depuis l'extrémité de l'une des murailles du choeur jusqu'à l'extrémité de l'autre... ». Les travaux se poursuivent ensuite par la reconstruction de la nef.

 Comme le montre le registre de paroisse de l'abbé de Solargues, le service divin est rétabli en 1646 alors que l'église est achevée pour moitié. Il est probable que la clef de voûte de la 4e travée de la nef et ornée des armes de Vincent Melchior de Solargues, en porte le témoignage. La reconstruction reprend en 1650-51, par la reconstruction du clocher sud. Sa flèche est ensuite édifiée en 1654 «conformément au plan de M. Baudoin architecte», année où Vincent Melchior de Solargues décède (Fig. Clef de voûte aux armes de V. Melchior de Solargues).

 L'église n'est toujours pas achevée en 1657 lorsqu'un bail à prix fait est signé avec Julien Baudoin, « maître maçon du lieu de Sainte-Eulalie [du Larzac] » afin d'élever les deux dernières travées de la nef. Il n'achèvera ses travaux que cinq années plus tard.

 Les années qui suivent voient la fondation de la sacristie, en 1668-69, et de chapelles, celle de Notre-Dame de l'Assomption en 1683, accolée semble-t-il à l'élévation sud du choeur, celle dédiée à Saint-Caprais en 1700, de la chapelle des Saints Sébastien et Fabien en 1715. Les tribunes latérales sont ensuite édifiées en 1759-1760.

Le XVIIIe siècle voit ensuite de nombreuses réparations, celle, en 1726-29, de la galerie du clocher, de la voûte de tuf de la nef en 1738, ou encore la refonte de la grande cloche Vivian, par Aubrou et Jean Gély en 1762 et de sa réception en 1764, ou encore le blanchissage de la nef de l'église en 1785.

 Sous la Révolution, Notre-Dame est transformée en temple de la Raison puis elle est rendue au culte catholique le 21 brumaire (12 Novembre) 1795 par arrêté de la Municipalité. Entre temps, la flèche du clocher avait été détruite puis reconstruite la même année 1794. Se succédèrent ensuite la construction de nouvelles chapelles, la chapelle du sacré C?ur en 1822, la chapelle du Rosaire et la sacristie en 1826, la chapelle Sainte-Philomène (au fond de la nef au sud), en 1846, la chapelle des fonts baptismaux (à l'opposé, et aujourd'hui transformée en WC publics), la chapelle de la sainte-Vierge au sud. Enfin, un orgue est installé sur l'élévation ouest, face au choeur. Il est fabriqué par Thiebault Maucourt et inauguré le 30 juillet 1874 par l'organiste de la Métropole de Toulouse, Leybach.

 La voûte du choeur est ensuite entièrement peinte en 1939 par Jean Bernard : elle représente l'assomption de la Vierge.

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pont saint esprit

Le pont du Saint-Esprit, construit de 1265 à 1309, est un pont médiéval à vingt-six arches enjambant le Rhône entre Pont-Saint-Esprit et Lamotte-du-Rhône. Il mesure 919 mètres de long.

Sa construction fut voulue par le frère de Louis IX, le comte de Poitiers et de Toulouse Alphonse de Poitiers ; elle commença en 1265 pour s’achever en 1309.

D’après Viollet-le-Duc, elle fut confiée à Jean de Tensanges ou de Thianges. La tradition veut que celui-ci, prieur des bénédictins de Saint-Saturnin-du-Port se soit d'abord refusé à cette construction puis qu'il céda, inspiré par l'Esprit Saint et posa lui-même la première pierre.

C'est le plus vieux de tous les ponts sur le Rhône encore en activité. Il a longtemps constitué un point de passage obligé sur le fleuve entre la Provence et le Languedoc. Il est composé de 26 arches, dont 19 grandes et 7 petites. Sur chaque arche, il existe une arcade de dégagement identique à celle du Pont Julien, ouverte pour mieux faire évacuer les hautes eaux au moment des crues.

L'Œuvre hospitalière du pont du Saint-Esprit fut une congrégation totalement civile chargée de la gestion et de l'entretien. Pour l'accueillir, une Maison des Chevaliers existait à Pont-Saint-Esprit. Elle fut du XIIe au XVIIe siècle, la propriété exclusive de la famille de Piolenc, de riches négociants qui firent fortune dans le trafic du sel et du fer et qui par les taxes payées finançaient en partie l'Hospitalité du pont du Saint-Esprit. Le plus connu d'entre eux est Guillaume de Piolenc qui, en 1450, fit réaliser ce chef d'œuvre qu'est la salle d'apparat au premier étage.

Sur la rive droite du fleuve, l'entrée du pont était précédée par le Logis de l'Œuvre du Saint-Esprit. Celle-ci, dirigée par un Recteur laïc, avait pour fonction de faire curer le Rhône, afin de faciliter le passage des barques sous le pont et de faire entretenir celui-ci. Cette œuvre, à fonction hospitalière, pouvait recevoir des aumônes et des dons par testament. Louis XI y ajouta le privilège de récupérer les taxes saunières au passage du pont. Grâce à cette manne financière, en 1474, l'Œuvre fit appel à Blaise Lécuyer pour faire construire une église hospitalière.

Tant pour l'entretien et les réparations du pont ou des digues du fleuve, l'Œuvre prenait en charge le salaire des ouvriers des différents corps de métiers, ainsi que l'achat et le transport des matériaux. Maîtres d'ouvrage, les Recteurs rémunéraient de même le magister operis qui était chargé de faire exécuter ses plans et de surveiller ses chantiers.

La majeure partie de sa structure est sur la commune de Lamotte-du-Rhône. Le pont était protégé par un fort de ce côté, qui fut dénommé Fort de Montrevel au XIX° siècle. Il fut vendu par les Domaines en 1967 et il n'en subsiste aucune trace. En 1966, le pont a été classé Monument historique.

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Nancy

 

Chef-lieu du département de Meurthe-et-Moselle, sur la Meurthe et le canal de la Marne au Rhin.

  • Population : 107 710 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Nancéiens
  • Population pour l'agglomération : 285 977 hab. (recensement de 2009)
L'annexion de l'« Alsace-Moselle » (1871-1918) avait fait affluer des milliers de personnes, apportant leur savoir et leurs capitaux dans la métallurgie, la cristallerie, l'imprimerie, la minoterie, et s'y développer aussi l'enseignement supérieur. C'est l'époque où la ville éclata de tous côtés. La vie culturelle est, elle, un héritage plus ancien de la vie de cour. Nancy compte deux universités (Académie Nancy-Metz) et un Institut national polytechnique qui réunit différentes écoles (mines, chimie, génie des matériaux, électricité et mécanique, géologie, agronomie, systèmes industriels et architecture), un opéra national ainsi qu'un Festival théâtral, et est présente dans l'édition. Divers services régionaux sont implantés dans la ville (évêché, cour d'appel). Trois sièges de banques et une Bourse des valeurs lui donnent un certain pouvoir de décision. L'industrie est installée à la périphérie (sidérurgie, métallurgie, mécanique, textile, chaussures, biscuiterie, confiserie, pâtes alimentaires). Deux nouvelles zones industrielles ont été installées au Sud, à Ludres et à Heillecourt. Toutefois, l'ensemble de l'agglomération à se désindustrialiser. La reconversion dans la recherche de pointe s'est faite autour notamment du technopôle de Brabois (au Sud-Ouest). Le déclin démographique communal (133 500 habitants en 1962) s'explique par l'étroitesse du territoire urbain (14 km2) et l'expansion de la périphérie. Après 1945, des lotissements nouveaux ont été construits au Nord, le Haut-du-Lièvre, Maxéville et Malzéville, mais surtout au Sud (Vandœuvre-lès-Nancy est devenue la deuxième commune du département). L'intérieur de la ville a connu un certain nombre d'opérations de rénovation : quartier Saint-Sébastien (avec centre commercial du même nom), quartier de la gare. Nancy est desservie par l'autoroute Lorraine-Bourgogne et par l'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine. La gare Lorraine T.G.V., qui a été inaugurée en 2007, est située à 37 km au nord de Nancy, à Louvigny. Nancy est le centre d'une communauté urbaine qui groupe 20 communes.
Au XIe siècle, le duc Gérard Ier établit dans ce qui est alors un hameau carolingien, son"Castrum Nanceium", château fort qui va devenir rapidement le centre administratif du Duché de Lorraine.Après le terrible incendie de 1218, Mathieu II et seccesseurs participent activement à la reconstruction de la ville.Ceinte de remparts au XIVe siècle, Nancy eut à subir le siège de Charles le Téméraire en 1475, et tomba sous domination bourguignone jusqu'au 5 octobre 1476, date à laquelle le Duc René II la reconquit.Trois mois plus tard, le 5 janvier 1477, le Téméraire devait périr à Nancy en tentant de la reprendre.
A partir du XVIe siècle, les Ducs de Lorraine en ont fait leur capitale, René II, Antoine, puis Charles III vont s'employer à lui en donner le visage en l'entourant d'une enceinte bastionnée et en multipliant les constructions, en particulier le Palais Ducal.C'est en 1587 que Charles III projetta la construction d'une "ville neuve" au sud de la ville médiévale. Nancy fut en chantier pendant 20 ans.
La vie brillante que connaissait alors Nancy fut interrompue par le siège et l'occupation de la ville par les troupes françaises de 1633 à 1662 puis de 1670 à 1698.
Le traité de Ryswick en 1698 et le retour dans ses états du Duc Léopold marquent le début d'une ère nouvelle en Lorraine.

Léopold développera la magnificence de sa capitale et y fera construire de nombreux bâtiments dont la cathédrale auxquels s'ajouteront les hôtels particuliers de sa Cour.

Sous le règne de Stanislas, au XVIIIe siècle, Nancy devait atteindre le summum de sa splendeur. La célèbre place Stanislas date de cette époque.Devenue française à la mort de Stanislas en 1766, Nancy y perd ses remparts mais devient le siège d'une université, d'un parlement, et d'un évêché.

Après 1871, alors que la Lorraine est annexée à l'Allemagne, Nancy voit sa population augmenter et devient peu à peu une grande ville industrielle.

Porte de la Craffe : est une porte de Nancy, imposant vestige des fortifications médiévales, érigée au XIV° siècle au nord de la ville-vieille. Elle est classée monument historique depuis juillet 1886.

Sise au sein du quartier Ville Vieille-Léopold, la porte marque la limite septentrionale de la Grande-Rue qu'elle relie à la rue de la Citadelle.

L'imposant bâtiment, constitué d'une tour centrale carrée où s'insère la porte elle-même, flanquée de deux tours rondes plus élevées, borne la Grande-Rue au nord. Les murs en pierres de taille parées de briques rouges dans les parties basses sont épais de trois mètres

La porte centrale, en forme d'arc-brisé en tiers-point, est surmontée d'une niche où l'on a placé une statue en ronde-bosse d'une vierge à l'enfant du XIV° siècle. Deux fenêtres encadrent cette niche et, de part et d'autre, deux bas-reliefs des profils casqués des ducs de Lorraine Raoul (à l'ouest) et Jean (à l'est) se regardent. Un chardon lorrain orne le sommet de la niche, elle-même surmontée d'une croix de Lorraine et d'une ceinture de mâchicoulis en accolades et à consoles formées d'un triple tore, d'un style résolument gothique.

De part et d'autre de la croix de Lorraine, deux têtes casquées en bas-relief se font face. Selon les inscriptions, il s'agit des effigies de Charles II, vainqueur de Louis d'Orléans en juillet 1407 à la bataille de Champigneulles et de René II, vainqueur de Charles le Téméraire en janvier 1477 à la bataille de Nancy.

L'ensemble est encadré par deux gigantesques tours rondes aux toits coniques, percées de fenêtres permettant les tirs de tous côtés et dont les plus hautes sont surmontées de corbeaux destinés à soutenir des volets de bois disparus.

À côté de la tour ouest, un escalier extérieur donne accès à la terrasse au-dessus du passage voûté, ce qui permet de découvrir une échauguette carrée en briques rouges située à l'arrière de la tour est, invisible depuis la rue, ainsi que la façade interne du bâtiment Renaissance surmontant la porte au nord, du côté de la rue de la citadelle.

Unique vestige des fortifications nancéiennes antérieures à Vauban la porte de la Craffe était la seule entrée située au nord de la ville-vieille de Nancy. Outre sa fonction défensive, elle servit de porte d'honneur aux ducs de Lorraine jusqu'en 1610. Au cours de son histoire, elle connut diverses modifications et restaurations.

Lors de son édification sous le duc Jean Ier de Lorraine (1346-1390) au milieu du XIV° siècle, elle comportait uniquement la tour carrée centrale garnie de mâchicoulis et de bretèches sur les deux faces. Les deux tours rondes, furent ajoutées en 1463 et disposaient d'une dizaine de salles fortes qui ont servi de prison jusqu'au milieu du XIX° siècle. Ces tours jumelles, crénelées à l'origine, ont reçu leurs toitures caractéristiques en poivrière surmontées de lanternons au XVI° siècle.

En 1505, sous René II, la défense extérieure a été renforcée par la création d'un terre-plein dans le prolongement de la porte, côté campagne au nord, en direction de l'ancien village de Saint-Dizier (actuel faubourg des trois maisons). Ce boulevard est percé d'une nouvelle porte, la porte Notre-Dame, reliée à la Craffe par un tunnel voûté.

Lors de la création des bastions à orillons le Duc et le Marquis, à la fin du XVI° siècle (1598), une troisième porte fut ajoutée à l'extérieur de la première enceinte. Elle prit initialement aussi le nom de porte Notre-Dame, prêtant à confusion, mais est connue ensuite sous l'appellation de porte de la Citadelle.

Au XVII° siècle (1616), la porte de la Craffe fut surmontée d'un toit avec lanternon qui contenait une cloche provenant de l'église Saint-Epvre. En 1633, sous l'occupation française, la façade côté ville est profondément modifiée : Louis XIII y fait plaquer un ordre grec (fronton triangulaire et piliers doriques) qui subsistera jusqu'en 1861, date à laquelle le commandant Trancart la fit restaurer dans le style gothique qu'on lui connaît depuis.

Deux portes piétonnes entourant la porte principale ont été percées en 1870 à la base de chaque tour ronde par Prosper Morey.

Au XX° siècle les salles ont été aménagées en musée où étaient entre autre exposés des instruments de torture. La porte a fait l'objet d'une importante restauration en 2012-2013 pour régler les problèmes d'étanchéité de la voûte qui causaient des dégradations importantes (dépôt blancs sur les parements en briques, développement de mousses) du fait d'infiltrations des eaux pluviales, pour remplacer le sol de béton et d'enrobé du passage voûté (où la circulation automobile était possible jusqu'en 1991) par un pavage en granit bleu, réparer le sol de la terrasse et conforter les fondations sous l'échauguette.

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riom

Chef-lieu d'arrondissement du Puy-de-Dôme , en Auvergne, dans la Limagne, au pied des monts Dôme.

  • Population : 18 684 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Riomois

Riom occupe une hauteur, site défensif au cœur d’une zone de contact entre la plaine de la Limagne à l’est et les premiers contreforts de la chaîne des Puys à l’ouest.

Le nom celtique de Ricomagnum – le riche marché – indique un centre économique aux fonctions commerciales importantes au carrefour de deux grandes voies, la route de la vallée de l’Allier et celle de l’océan Atlantique.

Au Moyen-Age, Riom, bourg d’origine antique, se développe autour d’un édifice religieux devenu lieu de pèlerinage sur les reliques de saint Amable. Capitale administrative des Terres royales d’Auvergne dès le XIIIe siècle, la ville connaît alors deux périodes fastes : celles des apanages d’Alphonse de Poitiers (1241 – 1271) et de Jean de Berry (1361 – 1416). L’un lui donne un nouveau plan d’urbanisme, l’autre construit le palais ducal et la Sainte-Chapelle.

A la renaissance, après l’apanage de la famille de Bourbon (1416 – 1527) la ville, comme le duché d’Auvergne, revient à Louise de Savoie, mère de François 1er, puis définitivement à la couronne de France en 1531. Riom est une ville florissante, siège des différentes juridictions royales. Le soin apporté à la construction et au décor des demeures témoigne de l’essor urbain.

Au XVIIIe siècle, la ville s’ouvre sur l’extérieur avec la démolition des remparts et l’aménagement de boulevards plantés d’arbres. Parallèlement aux grands travaux d’urbanisme, les particuliers construisent de nouveaux hôtels ou entreprennent des rénovations en remplaçant les façades à pignons du XVIIe siècle par des façades rectangulaires.

Après la Révolution, Riom conserve une fonction judiciaire et obtient la création de la cour d’appel en 1804, année où Riom devient sous-préfecture. Débute alors ce qu’on appellera « le chantier du siècle » : la construction du Palais de Justice à l’emplacement du Palais des Ducs (1824-1846). Le XIXe siècle voit l’extension de la ville mais il n’a que bien peu transformé le centre ancien.

Unanimement reconnu aujourd’hui, le caractère esthétique du patrimoine architectural fait l’attrait de ce secteur sauvegardé (1967) qui est aussi un pôle culturel attractif grâce à ses deux musées : le musée d’Auvergne (1969) et le musée Mandet, rénové et considérablement agrandi en 1983.

La Sainte-Chapelle de Riom est une chapelle classée « monument historique », édifiée à Riom en Basse-Auvergne, au tournant du XV° siècle, sur le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris. Elle est l'une des sept Saintes chapelles (sur les dix d'origine, outre celle de Paris) qui subsistent en France.

La Sainte-Chapelle de Riom, élevée de 1395 à 1403 par Hugues Foucher, maître d'œuvre d'Auvergne pour le compte de Jean Ier de Berry, sur les plans de Guy de Dammartin et Pierre Juglar, est le dernier élément qui reste de sa somptueuse demeure en Auvergne évoquée dans ses Très Riches Heures. Elle est construite à l'emplacement d'un oratoire édifié par Alphonse de Poitiers en 1241-1271, précédent bénéficiaire de l'apanage d'Auvergne.

La Sainte-Chapelle rappelle celle celle de Bourges, aujourd'hui disparue. Elle mesure 72 m de long et présente trois travées et un chevet, de style gothique flamboyant et bâtis sur le modèle de celle de Paris, mais elle est faite en pierre volcanique de Volvic, couverte d'ardoise. Le mur du fond est décoré d'une tapisserie d'Aubusson et les verrières de vitraux du XVe commandés par Charles Ier de Bourbon, le petit-fils de Jean de Berry, à des verriers Berruyers et restaurés en 1850 par le maitre verrier Etienne Thevenot.

Elle est actuellement la propriété du ministère de la Justice car incluse dans l'enceinte de la Cour d'Appel de Riom, qui a remplacé en 1824 le palais du Duc qui avait été bâti entre 1370 et 1403, et était passé à la famille de Bourbon par le mariage de la fille de Jean Ier de Berry avec Jean Ier le Bourbon, avant que l'apanage d'Auvergne revienne dans les biens du royaume.

La Sainte-Chapelle est classée monument historique depuis le 16 mai 1979.

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perouges

Pérouges est une commune française, située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes.

La commune est connue pour sa cité médiévale, qui juchée sur un mamelon de la Côtière, constitue le Vieux Pérouges.

La cité médiévale de Pérouges est classée parmi les Plus Beaux Villages de France et en fait un des lieux les plus touristiques du département. C'est une ancienne cité de tisserands, dont la double enceinte de remparts a pu être restaurée. L'architecture interne est typique de l'époque du Moyen Âge avec des demeures datant XVe et XVIe siècles, mais également des rues en galets et une église fortifiée.

Les habitants de Pérouges s'appellent les Pérougiens et les Pérougiennes.

Sa position dominante sur la plaine du Rhône, au nord-est de Lyon, et sa situation au bord du plateau de la Dombes semblent expliquer le choix du site par un groupe de réfugiés gaulois qui s'en revenait de Pérouse en Italie après avoir fui Rome.

En 1173, la permutation entre le comte de Forez et l'Eglise de Lyon indique que le Comte Guy a cédé, par-delà le Rhône et la Saône, tout ce qu'il possédait à l’Eglise pour en jouir à perpétuité dont le château de Pérouges que Guichard d'Anthon possédait de lui en fief.

Elle a appartenu en des temps immémoriaux aux seigneurs d'Anthon dont l'histoire cite Guichard Ier qui participa à la première croisade, et jusqu'à Louis d'Anthon disparu en 1326.

Cependant il faudra attendre le XIII° siècle pour que la cité acquière un poids plus important. Située aux confins de la France, de la Savoie et du Dauphiné, assiégée par les souverains du Dauphiné, puis de Savoie, elle fut prise en 1468, et servit de place forte aux ducs de Savoie pour protéger leur frontière. Sa fidélité lui valut sa charte de franchise et une expansion économique encouragée par les souverains de Savoie.

La place fortifiée perdit de son importance avec le rattachement de la Bresse et du Bugey à la France en 1601. La forteresse fut démantelée et Pérouges devint une cité de tisserands paisible et prospère jusqu'au début du XIX° siècle. Lorsque commença à se développer l'industrie, la cité voisine de Meximieux récupéra la prospérité économique, car elle était mieux située sur les voies de communication.

Peu à peu, délaissées, les constructions médiévales menacèrent de tomber en ruine, mais d'importantes restaurations furent entreprises dès le début du XX° siècle pour sauvegarder le patrimoine historique, sous l'impulsion du Comité de défense du Vieux Pérouges (association fondée entre autres par Edouard Herriot), et des Beaux-Arts.

Aujourd'hui, les rues sont toutes pavées et la cité a retrouvé ses murailles. Pérouges est gratifiée du label des plus beaux villages de France, décerné par une association indépendante visant à promouvoir les atouts touristiques des petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité.

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Epinal

 La basilique Saint-Maurice d'Epinal est un édifice religieux construit, pour son état actuel, entre les XI° siècle et XIII° siècle, elle dépend du Diocése de Saint-Dié.

Au Moyen Âge, les terres dépendaient du seigneur de Metz, pour le religieux, elles dépendaient du diocèse de Toul, paroisse de Dogneville. Elle se situe vraisemblablement sur l'emplacement de la première église de la ville, édifiée au X° siècle par l'évêque Gérard de Toul sur la demande de Thierry de Hamelant, évêque de Metz, la paroisse est formée de cinq manses prélevèes à la paroisse de Dogneville : Spinal, Grennevo, Avrinsart, Villers et Rualménil. Thierry de Hamelant, fondant le monastère, l'église accueillait à la fois la population de la ville et les moines bénédictins, était initialement dédiée à saint Maurice. Pour parfaire la fondation, les deux évêques se déplacent, Thierry de Hamelant apportant les reliques de Saint Goëry, un miracle aurait eu lieu en cette occasion relatée par Widric. Au sud de la nef, se trouvait le cloître. Au sud du chœur y était associé le premier cimetière spinalien, sur l'actuelle place de l'Âtre, comme le rappelle un crucifix appliqué sur le mur du bras sud du transept. L'évêque suivant, Adalbéron II, trouvant le monastère déserté, décida d'y installer des moniales bénédictines sous le patronage de saint Goëry, un de ses prédécesseurs sur la cathèdre messine.

Dans le milieu du XI° siècle, une nouvelle église romane, fut reconstruite, et consacrée par le pape lorrain saint Léon IX. On suppose qu'elle avait un aspect comparable à aujourd'hui. Les murs de la nef sont toujours ceux du XI° siècle auxquels des bas-côtés ont été ajoutés au XIII° siècle. Les traces des ouvertures originelles sont bien visibles à l'extérieur, sur le mur sud.

C'est vraisemblablement au cours du XIII° siècle que les moniales sont remplacées par un chapitre de chanoinesses qui subsistera jusqu'à la fin du XVIII° siècle. De nouveau consacrée à Saint-Maurice, la collégiale servit aussi d'église paroissiale pour les habitants d’Epinal, un autel ayant été placé à cet effet à l'extrémité est de la nef.

Des travaux eurent lieu du XIII° siècle au XIV° siècle. Dès le XIII° siècle, le chœur est reconstruit, un nouveau portail ouvrant sur la ville est bâti dans le mur nord de la nef et cette dernière est couverte de voûtes.

En 1846, l'église est classée monument historique. Au XIX° siècle, la tour-beffroi fut ouverte d'un portail néo-roman.

C'est le 20 février 1933 que l'église paroissiale Saint-Maurice fut consacrée basilique mineure, sous le pontificat de Pie XI. D'importantes restaurations ont eu lieu au XX° siècle. Un parasol à bande rouge et or, un écusson et une clochette, dans le chœur, rappellent ce titre

La Tour :

Telle qu'elle est visible actuellement, la tour est très massive et fait une trentaine de mètres ; elle comporte deux parties :

  • 1 : depuis le sol, la partie la plus large, elle fait dix sept mètres de hauteur, deux salles carrées en son sein et couverte par un chemin de ronde, ouverte sur l'extérieur par des baies et des meurtrières ;
  • 2 : par dessus est apposé un beffroi en retrait d'un mètre cinquante, contenant les cloches ;
  • depuis l'extérieur (T1 sur le plan), sur la droite en entrant et dans l'épaisseur du mur sud, se trouve un escalier en spirale dont les marches sont posées les unes sur les autres ne faisant qu'un avec le moyeu, il arrive jusqu'au chemin de ronde en se terminant par un chapiteau à crochets ;
  • un second escalier (T2 sur le plan), prenant naissance dans la nef, à gauche de la porte menant de la tour, fut redécouvert en 1984;
  • un toit en bâtière de grès posé en 1933 avec sur le dessus deux croix, l'une en pierre nimbée, l'autre en fer forgé avec en son haut un coq.

 Le Choeur :

Il se compose d'un vaisseau central qui est formé :

  • deux travées précédant (A et B),
  • une abside à cinq pans,
  • deux absidioles à quatre pans en retrait d'une travée (A).

Le lieu principal de culte, l'abside, est mis en valeur alors que les absidioles en sont traitées que comme de simples annexes. Ces dernières sont remarquables en ce qu'elles sont désaxées, 45° par rapport à l'axe de l'église ; cette configuration est assez rare dans l'art roman. On peut ainsi la comparer aux églises de Montbron, à celle de Monsempron-Libos, à l'Abbaye de Puypéroux et à la chapelle Saint-Quenin de Vaison-la-Romaine. Cette disposition sera reprise dans l'art gothique dans des exemples rayonnant depuis Eglise abbatiale Saint-Yved de Braine dans la Champagne et vers le nord, mais aussi vers Collégiale Saint-Gengoult de Toul ou la sainte-chapelle de Dijon ainsi que Bonlieu et Saint Maximin.

Le portail des bourgeois :

Au XIIIe siècle, l'église était bordée au sud par un cloître et les bâtiments du couvent et les chanoinesses avaient ainsi une entrée particulière (A1 sur le plan) ; les paroissiens entraient donc par le nord, entrée dite des bourgeois (A2 sur le plan). Cette disposition persista jusqu'au XIXe siècle où en fut alors percée une autre dans la tour (portail roman). Ce portail est alors nommé Antrée Mons St-Goéry

Il comportait un important décor sculpté avec des statues sur les parois de droite et de gauche, tandis que les deux tympans latéraux et le tympan de face comportaient des décors. Il y avait aussi des voussures ornées. L'ensemble subit une forte dégradation en 1793, mais Emile Boeswillwald supervisa des travaux réalisés par Schuler. Le portail est formé d'une entrée de 7,6 m en forme de trapèze avec une croisée d'ogive dont la clef est un agnus dei entouré d'un cercle de feuillage et d'un personnage très abîmé qui pourrait être un ange. L'arête sur la rue est un arc légèrement brisé avec une archivolte à deux voussures avec un décor en feuilles terminées en crochets. Le tout est surmonté d'une arête en saillie supportée par des corbeaux en gargouilles.

Au centre, entre les deux portes, se trouve une statue de la Vierge à l'Enfant haute de 2,25 m posée sur un trumeau ; elle porte des traces de polychromie et semble dater du XIIIe siècle. Il reste cinq têtes de ce portail conservées au Musée départemental d'art ancien et contemporain d'Épinal.

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crussol

Le château de Crussol est une forteresse médiévale du début du XII° siècle, située sur la commune de Saint-Péray, dans le département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Maintenant en ruines, le château de Crussol fut construit sur une hauteur dominant la vallée du Rhône, face à la ville de Valence (Drôme)

Posé sur la crête de la montagne de Crussol, au bord d'un versant de plateau de plus de 200 mètres de haut, le château domine les communes de Saint-Péray à l'ouest, Guilherand-Granges et Valence à l'est. Il s'étend sur trois hectares et comprend la Villette, un ensemble composé d'une centaine de maisons, ainsi que le château lui-même au sommet de la colline, le tout ceinturé par des remparts encore bien visibles, surtout sur l'arrière où il y a une tour.

Cette sentinelle, dressée sur un éperon rocheux dominant la plaine rhodanienne, contrôlait une voie de communication très fréquentée depuis la plus haute antiquité.

La végétation de la montagne de Crussol est constituée de pelouse sèche, de chênaie verte, landes sur marnes, éboulis sur calcaire et même de chênaie pubescente en faible proportion. De nombreux habitats représentent un intérêt, en particulier les prairies steppiques subcontinentales, que l’on appelle aussi des pelouses à orchidées, dont la plupart sont protégées par la loi française. La faune de Crussol est importante. La plupart des espèces avifaunes méditerranéennes remontent au nord jusqu’à Crussol. Il y a plusieurs espèces protégées sur ce territoire, on en compte 7 d'oiseaux et 19 d'autres animaux.

La montagne est occupée depuis l'époque romaine où un temple est édifié pour honorer Mars. Un premier ensemble fortifié est construit au sud pendant le V° siècle mais abandonné quelques siècles plus tard pour le site actuel, situé au nord. Le premier château fort, construit probablement au cours du X° siècle, était une construction en bois. Après avoir brûlé, il est rebâti en pierre calcaire au XII° siècle par un seigneur nommé Gérald Bastet, afin de contrôler la voie de communication existant le long du Rhône.

À la fin du XV° siècle, un mariage unit la famille de Crussol à la famille d'Uzès. Le château est alors abandonné pour celui d'Uzès, plus confortable. Les guerres de religion lui redonnent un certain attrait puisqu'il est pris et incendié à plusieurs reprises par les différents belligérants. Il est définitivement rasé au cours du XVII° siècle.

Le 3 octobre 1855, un tir de mine dans la carrière située sous le château provoque la destruction d'une partie de l'édifice. Le château fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 31 mai 1927.

En 1952, la foudre détruit une partie du donjon.

La commune de Guilherand-Granges a acheté les ruines en 1984, mais le site est situé sur la commune de Saint-Péray. La communauté de communes Rhône-Crussol travaille à la réhabilitation du site. On peut voir aujourd'hui une belle avancée des travaux de rénovation.

Chaque début d'été, une fête a lieu pendant deux jours sur le site, avec des concerts, des animations et des reconstitutions historiques.

Les ruines du château ainsi que le rocher de Crussol font partie des 18 sites naturels classés de l'Ardèche

Dans la nuit du 2 février 2014, un important éboulement touche une partie de la montagne de Crussol .

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nyons

Le pont de Nyons est un pont routier en maçonnerie situé dans la ville de Nyons, dans le département de la Drôme en région Rhône-Alpes. Avec une voûte d'une portée de 40,5 mètres, cet ouvrage fait partie des ponts en maçonneries à grandes voûtes.

Elle intervient alors que le petit bourg de Nyons vient de connaître une remarquable expansion. Au vieux noyau féodal perché sur la butte rocheuse des Forts, se sont ajoutés deux nouveaux quartiers : le bourg neuf autour de la place des Arcades et un faubourg à l'est. C'est à l'extrémité de ce dernier, à l'endroit où la vallée de l'Eygues se rétrécit qu'il est envisagé de construire un pont sur ce cours d'eau torrentiel et difficile à franchir, sur les plan des frères du Saint-Esprit.

Le problème du financement est résolu par un prélèvement du vingtième des récoltes (le vingtain) et également par des dons et legs encouragés par les évêques de Vaison-la-Romaine et de Valence, et Die qui accordent des indulgences aux donateurs.

Selon les historiens de Nyons, la construction a commencé en 1341 mais pendant un demi siècle, les travaux n'ont guère avancé (en 1361, le Nyonsais Thibaud de Noyx ne réussit pas dans sa tentative), seules les culées de part et d'autre de la rivière ayant été édifiées. En mars 1398, un contrat est conclu avec Guillaume de Pays, carrier et charpentier de Romans qui s'engage à construire « bien et convenablement » le pont d'une seule arche entre les deux « piles » déjà existantes, pour la somme de 1200 florins d'or. De son côté, la communauté nyonsaise s'engage à fournir vivres et logement ainsi que matériaux et journées de travail nécessaires ; en 1400, elle renouvelle sa confiance à l'artisan romanais (manuscrit de prix fait rédigé en latin conservé aux archives municipales de Nyons).

Terminé sans doute avant 1405, le pont est inauguré en grande pompe en 1409 par l'évêque de Vaison. Jusqu'au XIX° siècle, une tour de péage était placée au centre du pont.

  • Arche en demi cercle un peu aplati à la clef, de 40,50 m d'ouverture et de 19 m de hauteur. Épaisseur à la clef, 1 m environ ;
  • voûte en grand appareil formée de blocs calcaires disposés de champ ;
  • largeur hors tout : 3,95 m (2 cannes, mesure de l'époque), largeur chaussée, 3,25 m ;
  • à la base, protection assurée par deux éperons triangulaires ;
  • passage voûté ménagé dans la culée de gauche à 3,50 m au-dessus de la rivière ; « il faut passer sous le pont de Nyons avant de passer dessus » ;
  • Massive tour carrée érigée au sommet du pont pour percevoir le péage et fermer l'accès à la ville ;
  • de part et d'autre de la tour, pentes très fortes (plus de 10 %), ce qui interdit le passage des voitures attelées.

Pendant quatre siècles le pont est resté inchangé si l'on excepte les réparations des dommages causés par les crues de l'Eygues. Vers 1850, la tour qui le surmonte est détruite et quelques années plus tard, ses accès sont modifiés pour le rendre accessible aux voitures mais celles-ci ne peuvent pas s'y croiser. Jusqu'à la construction, en 1970, d'un nouveau pont à l'aval (Pont de l'Europe), il est resté le seul pont permettant de franchir l'Eygues sur le territoire de la commune de Nyons.

Toujours emprunté par les automobiles, il n'en reste pas moins par son ancienneté, sa hardiesse et ses qualités esthétiques, un des éléments majeurs du patrimoine architectural nyonsais (le pont est classé au titre des monuments historiques le 8 octobre 1925). En 2009, son sixième centenaire a été fêté avec faste par la population nyonsaise.

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sully

Le château de Sully-sur-Loire est un château français situé au bord de la Loire, dans la commune de Sully-sur-Loire, le département du Loiret et la région Centre-Val de Loire.

Le monument accueille environ 55 000 visiteurs par an et constitue le quatrième site le plus visité du Loiret.

Le château proprement dit est constitué de deux parties séparées, avec chacune leur système défensif. Le donjon a été construit vers 1395 pour Guy de La Trémoïlle, seigneur de Sully, par Raymond du Temple, architecte du roi. C’est à la fois un bâtiment fortifié, destiné à défendre le pont sur la Loire mais aussi d’apparat, pour organiser les réceptions fastueuses données par le seigneur. Le petit château a été construit quelques décennies plus tard. De taille plus modeste, il sert davantage pour la vie quotidienne du châtelain et sa famille. La basse-cour, délimitée par des tours d’angle, comporte la tour dite de Philippe Auguste, construite en 1218, l’église du village, ainsi que divers communs et éléments défensifs.

Les grandes modifications de cette époque sont dues à Maximilien de Béthune, duc de Sully, qui achète le château en 1602. Il fait construire la tour dite d’artillerie, dotée de murs épais et de canons, pour renforcer cette zone peu défendue du site. Cette tour est reliée au reste du château par deux galeries couvertes. Une troisième galerie relie le donjon et le petit château. Le château est désormais un site entièrement clos, ce qui est plus dissuasif en cas d’attaque. Dans la basse cour, l’église est déplacée et reconstruite en centre ville, tandis que des écuries sont construites. La levée est renforcée pour protéger le château des crues de Loire. L’accès à la levée est facilité par la création d’un pont.

Le château a été marqué au XVIIIe siècle par les destructions et les constructions. Ainsi la tour Philippe Auguste, vestige de temps féodaux révolus, a été démolie, tandis que de nouveaux bâtiments d’exploitation agricole ont été construits. Une importante aile reliant le donjon et le petit château est aussi élevée vers 1767. Elle contient les appartements luxueux des châtelains, siège d’une vie mondaine brillante. Un pont dormant, remplaçant l’ancien pont-levis, mène désormais au château. Les tours du donjon sont découronnées en 1794 par le 8e duc de Sully, favorable aux idées nouvelles de la Révolution. La galerie reliant la tour d’artillerie au donjon est détruite vers le milieu du XIXe siècle.

Le château a connu de profonds bouleversements au XXe siècle. En 1900-1902, le châtelain fait reconstruire les sommets des tours du donjon, mais seules les tours orientales sont achevées. En 1918, un terrible incendie détruit l’aile construite au XVIIIe siècle. Elle sera reconstruite peu après, avec un niveau en moins, sans être aménagée à l’intérieur. Le château subit quelques détériorations lors de la Seconde guerre mondiale. La galerie reliant la tour d’artillerie au petit château est fortement restaurée après guerre.

En 1962, le château et son parc sont rachetés par le Département du Loiret à la famille de Béthune-Sully. D’importants travaux de restauration sont ensuite menés. Plus récemment, l’aile brûlée a fait l’objet d’un réaménagement complet, poursuivi par une active politique d’ameublement.

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auray

Auray est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

La ville est encadrée par les communes de Crac'h au sud et à l'ouest, Brech au nord, et Pluneret à l'est. Elle est traversée par un petit fleuve côtier, la rivière d'Auray, qui débouche dans le golfe du Morbihan. La ville haute est sur la rive ouest de la rivière d'Auray sur le bord du plateau armoricain profondément entaillé par la rivière. Le port de Saint-Goustan est au fond de la vallée, à l'est de la rivière.

Auray est classée ville d'art et d'histoire jusqu'au printemps 2006.

  • La bataille d'Auray (29 septembre 1364) fut la dernière de la guerre de Succession de Bretagne. L'endroit où est mort Charles de Blois à Kerblois en Brech est marqué par un calvaire.
  • En 1632, des marins partent du port de Saint-Goustan pour rétablir la ville de Port-Royal en Acadie sous les yeux du cardinal de Richelieu.
  • Benjamin Franklin débarque au port de Saint-Goustan le 3 décembre 1776 au début de la guerre d'indépendance des Etats-Unis pour demander l'aide militaire de la France à Louis XVI.
  • Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.
  • En 1795, après l'échec de l'expédition de Quibeon et la reddition des Émigrés commandés par Sombreuil le 21 juillet, la plupart des prisonniers sont transférés à Auray. Après un jugement sommaire par des commissions militaires où siègent des citoyens de la ville, 750 sont fusillés dans un pré en Brech sur la rive ouest du Loch, appelé depuis le Champ des martyrs, et inhumés sur place. En 1829, leurs ossements sont exhumés et déposés dans le caveau d'une chapelle mémorial à la Chartreuse d'Auray.
  • La gare fut un lieu stratégique pendant la Seconde Guerre mondiale. Y a transité le béton qui servit à construire de nombreux blockhaus sur les plages de la région.
  • Après-guerre, la collecte des déchets militaires amène la création d'une entreprise sur le lieu-dit Pi-park.

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bourré

Le château du Plessis-Bourré est situé sur le territoire de la commune d’Ecuillé en Maine-et-Loire, à une quinzaine de kilomètres au nord d’Angers, à mi-chemin des vallées de la Mayenne et de la Sarthe. Il figure parmi les châteaux de la Loire n’ayant que peu subi de modifications quant à son architecture extérieure depuis sa construction, il y a plus de cinq siècles, ce qui en fait un lieu très sollicité pour des tournages.

Autrefois ce domaine s’appelait le Plessis-le-Vent. Il fut acheté par Jean Bourré, le Grand Trésorier du roi Louis XI, qui lui donna son nom en 1462…

Le château fut édifié selon les directives de Jean Bourré en seulement 5 ans de 1468 à 1473, une performance remarquable pour l’époque. Aujourd’hui encore, il demeure tel qu’il fut construit au XVème siècle.

Le château du Plessis-Bourré a la particularité d’être de style Transition. En effet, il possède toutes les caractéristiques d’une forteresse de la fin du Moyen-âge avec son système de défense. Cependant, son élégance, son promenoir à arcades, ses hautes fenêtres à meneaux et le confort de ses intérieurs apprécié par plusieurs rois de France annoncent la Renaissance.

Au cours des siècles, le château a vu son existence plusieurs fois menacée. Changeant à différentes reprises de propriétaires, c’est en 1911 que Monsieur Vaïsse, grand oncle des propriétaires actuels, en prend possession. En 1931, le château du Plessis-Bourré est classé Monument Historique. A la mort de Monsieur Vaïsse, son neveu, le duc de Dalamatie, lui succède et ouvre ses portes au public dès 1955. Aujourd’hui, ses descendants se chargent d’y préserver son caractère authentique et familial.

L’espace aménagé autour du château recrée l’illusion que le château sort des eaux qui l’entourent.

En raison de ses larges douves que franchit un pont de quarante-quatre mètres de long et d’une architecture clairement défensive - double pont-levis, donjon et chemin de ronde - c’est une forteresse, mais aussi une résidence d’agrément.

C’est cette particularité qui lui confère les qualités d’un château dit de transition, car il témoigne de l’arrivée de la Renaissance (hautes fenêtres à meneaux, grands salons…), tout en conservant les caractéristiques de la place forte (quatre tours massives, douves, ponts-levis et chemin de ronde).

Particularité architecturale, les douves ne baignent pas directement les murs de la forteresse, une petite terrasse, large de trois mètres, permet aux artilleurs de prendre position tout autour du château.

Il abrite aussi des chefs-d'œuvre, tapisseries, tableaux, boiseries et meubles :

  • Le plafond à caissons de la salle des gardes forme vingt-quatre tableaux. L’auteur des peintures du plafond à caissons est anonyme. Six grands caissons comprennent chacun quatre hexagones ; seize de ces tableaux affichent une symbolique des alchimistes de l’époque, notamment inspiré des trois grands principes actifs : le mercure, le soufre et le sel ; les huit autres représentent des scènes proverbiales et sont d’« esprit malin et hardi ». Cette hardiesse est telle que les tableaux furent dissimulés au XVIII° siècle au regard des hôtes.
  • une Vierge aux douleurs, en bois polychrome.
  • deux tapisseries des Flandres, inspirées des Actes des Apôtres. Une tapisserie du martyre de saint Étienne.
  • un portrait de Jean Bourré en 1461, un autre de Marguerite de Feschal, son épouse et un portrait de Charles Bourré, peints au XVII° siècle.
  • deux natures mortes signées de Quentin de la Tour.
  • de nombreux meubles sont aussi des objets classés.

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saint quentin

 

Chef-lieu d'arrondissement de l'Aisne, sur la Somme et sur le canal de Saint-Quentin.

  • Population : 57 533 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Saint-Quentinois
Principale agglomération du département, bien desservie par la route (sur le trajet de l'autoroute reliant Calais à Reims), Saint-Quentin est le centre d'une communauté d'agglomération regroupant 20 communes. La ville possède une tradition industrielle ancienne, notamment textile. S'y sont ajoutés les cycles et motocycles, les cartonnages, l'imprimerie et les cosmétiques. Saint-Quentin possède le label “ville d'art et d'histoire” depuis 2006 et accueille des établissements d'enseignement supérieur :  I.U.T. et Institut Supérieur des Sciences et Techniques, rattaché à l'Université Picardie Jules Verne.
Ancienne capitale romaine des Véromanduens (Augusta Veromanduorum), elle fut évangélisée au iiie s. par saint Quentin. Sur la route des invasions venant du nord, la ville a connu des sièges et des combats en 1557, 1870, 1871 et pendant la Première Guerre mondiale.
L’hôtel de ville actuel s’élève sur l’emplacement d’un édifice appelé Maison du Plaid en 1295 (charte de Philippe le Bel) ou Maison de la Paix en 1332 (lettre de Wauquier, prévôt de Saint-Quentin).

Après l’établissement de la commune par le comte Herbert IV de Vermandois (1080), c’est là que les échevins et jurés de la ville prirent l’habitude de se réunir pour débattre des affaires de la ville.
A la fin du XVe siècle, l’immeuble bourgeois d’origine fit sans doute l’objet d’un réaménagement architectural dont seule la façade porte témoignage. En effet, un rébus de Charles de Bovelles, enfant de Saint-Quentin, humaniste et chanoine de Noyon a donné la date de la fin des travaux : 1509.
La Renaissance est déjà là mais le gothique flamboyant jette ses derniers feux sur une des plus belles façades d’édifice civil connue.

On ne connaît pas le ou les architectes qui ont travaillé à l’édification de la façade et au nouvel aménagement des espaces intérieurs. Certains évoquent le Maître Valenciennois Colard Noël, appelé par Louis XI en 1477 pour consolider le chœur et le transept sud de la collégiale voisine.

Il faut, en ayant pris du recul, laisser son regard errer sur la façade, suivre les lignes de séparation des formes et des volumes et s’imprégner de l’extraordinaire harmonie qui se dégage d’une géométrie parfaitement maîtrisée.
Il semble que le monument ne repose que sur les six piliers qui le relient au sol dans lequel il puise sa force d’élévation, six piliers octogonaux découpant l’espace du rez-de-chaussée en 7 arcades inégales, 3 larges et 4 étroites. Une frise ouvragée ferme ce premier espace, pour mieux souligner « l’étage noble » où s’ouvrent neuf fenêtres, par séries de trois. Une autre frise souligne le bandeau ajouré qui porte les trois pignons percés chacun par un oculus dans lequel s’entrecroisent deux carrés concaves.

Les crochets qui courent le long des pignons apportent également leur marque de légèreté.
La succession des nombres symboliques qui marquent la façade : 3 (pignons) ; 9 = 3 x 3 (fenêtres) ; 7 = 4 et 3 (arcades) ; 6 (piliers) rappelle étrangement ceux que Charles de Bovelles réunit pour une démonstration spéculative sur le Nombre de l’Homme dans le Livre du Sage, achevé en novembre 1509 dans l’abbaye d’Isle, la même année que la façade précisément.

On remarquera également la transition parfaitement maîtrisée du gothique flamboyant à la Renaissance. En effet, l’architecte a maintenu de grands à-plats de pierre pour mieux faire vibrer la lumière sur un ensemble de sculptures décoratives et de motifs floraux qui ne surchargent pas la façade. On veut croire que les fabricants et marchands de sayette ont délibérément choisi la sobriété élégante à l’étalage de leur richesse.

Le campanile qui se dresse au-dessus du pignon central n’est évidemment pas d’origine. Une première grosse tour avait été érigée après 1643 afin de pouvoir installer l’horloge puis, en août 1663, une cloche achetée au Cateau-Cambrésis. Le campanile actuel date de 1923 et abrite un carillon de 37 cloches.

La balustrade qui ceint la couronne des frontons ainsi que les motifs décoratifs des oculi qui les ajourent datent de la dernière restauration de 1902. Un élément authentique de la balustrade d’origine peut être admiré sur la façade postérieure du bâtiment. Là, on apercevra aussi une tour du milieu du XVIIIe siècle en place de l’ancienne tour des archives, plus importante, démolie en 1803.
Le regard est encore attiré par de nombreuses niches vides en façade, sur les piliers latéraux et les trumeaux entre les fenêtres mais il est peu probable qu’elles n’aient jamais abrité des statues.

En s’approchant du monument, on est frappé par la profusion de petites sculptures, toute une imagerie civile qui fait le pendant aux scènes bibliques des édifices religieux des siècles précédents. Au XVIe siècle, l’Hôtel de Ville, siège de l’administration communale, réunissait une assemblée de 13 échevins ou juges royaux et 50 à 55 jurés ou administrateurs de la communauté.

On peut raisonnablement penser que cette imagerie se divise en deux grands ensembles correspondant à la répartition de leurs fonctions : Au rez-de-chaussée, fonctions, personnages ou scènes de la vie communale ; à l’étage, scènes relevant de l’administration comtale ou royale.

A l’intérieur des arcades une plaque de marbre noir présente en lettres d’or les vers latins de Santeuil immortalisant la résistance héroïque des citoyens pendant le siège de 1557.

L’orchestre des anges musiciens, joueurs de cornemuse, de flûte, de harpe, placés dans les écoinçons qui prolongent les arcades, vous accueille.

Les chapiteaux des 6 piliers, côté place présenteraient des notables ou des fonctions importantes.

De chaque côté de la porte d’entrée : le Maire et le Bouffon.

À l’extrême gauche, la comtesse Eléonore du Vermandois qui renouvela la charte sous le règne de Philippe Auguste.

À l’intérieur des arcades, des fonctions administratives : le Greffier à l’opposé du Bouffon, le Juriste à l’opposé du Maire ; des comportements ou réactions sociales. L’adolescent qui grimace à l’opposé de l’écuyer qui accueille le visiteur.

Dans les voussures des arcades, toute une population de personnages allant du maître tailleur aux fous, en passant par la représentation du tonnelier, de l’ivresse. Puis toute une faune allant du singe prêchant en chaire, du loup devenu berger, aux monstres les plus divers d’inspiration médiévale. Sous les arcades, toute une série de culs de lampe renvoyant aux us et coutumes locales et à l’extrême droite, une représentation symbolique de l’attribution des droits communaux par le comte Herbert IV aux bourgeois.
On pourra distinguer dans les écoinçons au-dessus des fenêtres les représentations du soleil et de la lune, de Saint-Quentin martyr et l’effigie de François Ier qui vint six fois à Saint-Quentin, de 1517 à 1543.

Enfin, entre les pignons du troisième étage, on verra le chien et le singe, assis là depuis le milieu du XIXe siècle et qui semblent méditer sur la destinée de la ville. Ils symbolisent, l’un la fidélité de la ville, l’autre l’ingéniosité des Saint-Quentinois.
Si le siège de 1557 a vu la mise à sac de la ville, le monument ne semble pas en avoir souffert.

Puis la première guerre mondiale a miraculeusement épargné l’édifice qui ne subit que des dégâts mineurs alors que les immeubles alentour atteints par les bombardements de l’artillerie en 1917 étaient détruits.

L’intérieur de l’Hôtel de Ville est accessible en visites guidées organisées par la Ville. Les voûtes des salles du premier étage sont en bois de châtaignier et en forme de carène de bateau renversée. Au premier étage se trouve la salle des mariages ornée d’une cheminée monumentale de type Renaissance et la salle du Conseil, classée, réalisée dans le style « Art Déco » est l’œuvre de l’architecte Louis Guindez.

Le carillon de l’hôtel de ville est le dernier héritier d’une tradition campanaire qui a pris naissance dès le XVIIe siècle.

En 1647, le premier campanile abrite une grosse cloche et un ensemble de neufs petites, neuf « appeaux », destinées au jeu des ritournelles. En 1763, le campanile est reconstruit, et on le dote d’un grand carillon de 28 cloches, premier instrument de concert.

En 1917, c’est l’exode des Saint-Quentinois. Le mécanisme et les cloches du carillon sont brisés par l’occupant.

Dès 1924, le carillonneur G. inaugure un nouvel instrument de 37 cloches installé dans le campanile restauré (fonderie Michaux, de Louvain).

Deux carillonneurs ont particulièrement marqué l’histoire campanaire de la ville : Gustave Cantelon (carillonneur de 1880 à 1930, propriétaire d’un magasin de musique, place de l’Hôtel de ville, dont la façade porte encore l’inscription « Maison du carillonneur »), et André Ranfaing (1934 et 1980).

Le carillon actuel est un ensemble de 37 cloches (trois octaves du Do 4 au Do 7 ; masse totale : 2,5 t - clavier-bâton manuel de 37 touches - pédalier de 18 marches). Le peu de justesse du carillon de 1924 a obligé au remplacement d’une grande partie des cloches (deux campagnes : 1985 et 2004 – fonderie Paccard d’Annecy).

Le carillon de l’hôtel de ville permet l’organisation de nombreux concerts assurés par son titulaire, Francis Crépin, ou par des musiciens invités.