PRÉFACE

L’immense réunion de matières, toutes adhérentes par quelque point, que comprend le Dictionnaire infernal, forme un tel pandémonium d’aberrations et de germes ou de causes d’erreurs, qui côtoient presque toujours la vérité, qu’il n’y a que l’Église, dont le flambeau ne pâlit jamais, qui puisse être, en ces excentricités, un guide sûr. Les ouvrages qui, avant ce livre, ont traité de ces matières si variées, et qui sont dans chaque spécialité extrêmement nombreux, ne sont généralement, à peu d’exceptions près, que d’indigestes amas d’idées extravagantes, ou d’incomplètes compilations, ou d’interminables discussions désordonnées, ou de mauvais livres dans tous les sens de ce mot. Le lecteur qui veut un peu connaître ce mystérieux dédale des croyances faussés ou dénaturées, et faire la collection des ouvrages rares et recherchés, mais très-peu lus, dont elles sont le sujet, doit, pour cela, dépenser de grandes sommes, consacrer des années à ces recherches, et hasarder sa foi en plusieurs cas. Tous ces frais, toute cette peine et ce péril seront épargnés par cette nouvelle édition du Dictionnaire infernal.

Nous disons « cette nouvelle édition, » parce que, dans les deux premières, publiées en 1818 et en 1825, l’auteur, en combattant l’énorme phalange des erreurs populaires et des impostures mystérieuses, est tombé lui-même dans des égarements non moins funestes. Il cherchait alors la vérité hors de son centre ; au lieu de s’appuyer sûr l’Église, où elle siège toujours inaltérable, il s’était ébloui aux lueurs d’une philosophie orgueilleuse et sans autorité, dont les enseignements pris d’en bas égareront longtemps encore les esprits frivoles. Entraîné là trop longtemps, il eut, en 1841, l’insigne bonheur de sortir des steppes où la lumière lui manquait et de la retrouver dans les seules doctrines où elle est indéfectible et toujours sûre. Il a donc entièrement refondu ses travaux, en reconnaissant que les superstitions, les folles croyances, les sciences et les pratiques occultes, insurrections plus ou moins tacites contre la religion, ne sont venues que des déserteurs de la foi, ou par l’hérésie, ou par le schisme, ou par des voies moins déterminées ;

Tout homme qui étudiera l’histoire avec des intentions droites reconnaîtra que l’Église a constamment lutté contre les superstitions et les fourberies infernales ; qu’elle n’a jamais cessé de répandre la lumière sur les fausses croyances, sur les folles terreurs et sur les pratiques périlleuses des docteurs en sciences secrètes.

Pour ne citer que quelques témoignages, saint Augustin dit que les superstitions sont l’opprobre du genre humain. Origène les condamne avec plus de force que les encyclopédistes, et surtout avec plus de poids. Le pape Léon X notait d’infamie ceux qui se livraient aux divinations et autres pratiques superstitieuses. Le quatrième concile de Carthage les exclut de l’assemblée des fidèles. Le concile provincial tenu à Toulouse en 1590 ordonne aux confesseurs et aux prédicateurs de déraciner, par de fréquentes exhortations et par des raisons solides, les pratiques superstitieuses que l’ignorance a introduites dans la religion. Le concile de Trente, après avoir condamné ces diverses erreurs, enjoint formellement aux évêques de défendre aux fidèles tout ce qui peut les porter à la superstition et scandaliser le prochain.

Nous réunirions au besoin mille témoignages pareils. Contentons-nous d’ajouter, sans craindre un démenti de quelque poids, que l’Église a seule les moyens et les grâces nécessaires pour dissiper ces égarements si souvent dangereux et toujours abominables.

Ce qui peut-être n’a pas été remarqué suffisamment au milieu des clameurs intéressées des philosophes, c’est que les seuls hommes qui vivent exempts de superstitions sont les fidèles enfants de l’Église, parce qu’eux seuls possèdent la vérité. Les douteurs, au contraire, semblent tous justifier cette grande parole, que ceux qui se séparent de Dieu ont l’esprit fourvoyé ; car, parmi eux, les plus incrédules sont aussi les plus superstitieux. Ils repoussent les dogmes révélés, et ils croient aux revenants ; ils ont peur du nombre 13 ; ils ont un préjugé contre le vendredi ; ils recherchent l’explication des songes ; ils consultent les tireuses de cartes ; ils étudient l’avenir dans des combinaisons de chiffres ; ils redoutent les présages. On a cité un savant de nos jours qui poursuit l’élixir de vie ; un mathématicien célèbre qui croit les éléments peuplés, par les essences cabalistiques ; un philosophe qui né sait pas s’il croit à Dieu et qui exécute les cérémonies du grimoire pour faire venir le diable.

Ce livre donc reproduit les aspects les plus étranges des évolutions de l’esprit humain ; il expose tout ce qui concerne les esprits, lutins, fées, génies, démons, spectres et fantômes, les sorciers et leurs maléfices,’les prestiges des charmeurs, la nomenclature et les fonctions des démons et des magiciens, les traditions superstitieuses, les récits de faits surnaturels, les contes, populaires. Il ouvre les cent portes fantastiques de l’avenir, par la définition claire des divinations, depuis la chiromancie des bohémiens jusqu’à l’art de prédire par le marc de café ou le jeu de cartes. L’astrologie, l’alchimie, la cabale, la phrénologie, le magnétisme, ont leur place en des notices qui résument par quelques pages de longs et lourds in-folio. Enfin, le spiritisme, les tables parlantes et les progrès du magnétisme se trouvent dans ces pages. Depuis quarante-cinq ans, l’auteur n’a cessé d’agrandir ce patient travail, en poursuivant ses recherches dans des milliers de volumes. Avant lui, personne n’avait songé à réunir en un seul corps d’ouvrage toutes les variétés que rassemble le Dictionnaire infernal ; et nul ne peut nier l’utilité de cette entreprise.

Les superstitions et les erreurs ont toujours pour fondement une vérité obscurcie, altérée ou trahie ; les éclairer, c’est les combattre. Si on les groupe, elles font saillie, et leurs difformités se révèlent. Ainsi, peu à peu, on produit la lumière dans ces pauvres intelligences qui refusent de s’élever jusqu’aux mystères sublimes de la foi, et qui s’abaissent à croire fermement les plus grossières impostures. On donne aussi des armes aux amis de la vérité, pour confondre les déceptions auxquelles se soumettent des esprits qui se croient supérieurs, parce qu’ils ne sentent pas leur faiblesse.

Par-dessus ces avantages, on a voulu satisfaire le goût de notre époque, qui exige des lectures piquantes, et, les sujets aidant, on a pu lui offrir très-fréquemment ces excentricités, ces singularités, cet imprévu et ces émotions dont il est si avide.

L’auteur de cette sixième édition, en la revoyant avec grand soin, l’a augmentée de 800 articles ; et l’éditeur l’a illustrée de 550 gravures, parmi lesquelles 72 portraits de démons, dessinés, d’après les documents de Wierus et des plus curieux démonographes, par M. L. Breton.

                                                                                                            A

Aaron, magicien du Bas-Empire, qui vivait du temps de l’empereur Manuel Comnène. On conte qu’il possédait les Clavicules de Salomon, qu’au moyen de ce livre il avait h ses ordres des logions de démons et se mêlait de nécromancie. On lui fit crever les yeux ; après quoi on lui coupa la langue, et ce ne fut pas là une victime de quelque fanatisme ; on le condamna comme bandit : on avait trouvé chez lui, entre autres abominations, un cadavre qui avait les pieds enchaînés et le cœur percé d’un clou. (Nicétas, Annales, liv. IV.)

Abaddon, le destructeur ; chef des démons de la septième hiérarchie. C’est quelquefois le nom de l’ange exterminateur dans l’Apocalypse.

Abadie (Jeannette d’), jeune fille du village de Siboure ou Siboro, en Gascogne. Delancre ; dans son Tableau de l’inconstance des démons, raconte que Jeannette d’Abadie, dormant, un dimanche (le 13 septembre 1609), pendant la sainte messe, un démon profita du moment et remporta au sabbat (quoiqu’on ne fît le sabbat ni le dimanche ni aux heures des saints offices, temps où les démons ont peu de joie). Elle trouva au sabbat grande compagnie, vit que celui qui présidait avait à la tête deux visages, comme Janus, remarqua des crapauds royalement vêtus et très-honorés, et fut scandalisée des débauches auxquelles se livraient les sorcières. Du reste, elle ne fit rien de criminel et fut remise h son logis par le même moyen de transport qui l’avait emmenée. Elle se réveilla alors et ramassa une petite relique que le diable avait eu la précaution d’ôter de son cou avant de l’emporter, II paraît que le bon curé a qui elle confessa son aventure lui fit comprendre en vain les dangers qu’elle avait courus ; elle retourna au sabbat et y fit sans scrupule tout ce que Satan ou ses représentants lui conseillaient de faire, se disant à elle-même qu’en faisant le mal prescrit elle n’en était pas responsable.

Abalam, prince de l’enfer, très-peu connu. Il est de la suite de Paymon

Abano est un philosophe, astrologue et médecin, né dans le village d'Abano ou Apono près de Padoue, en 1250. C'était le plus habile magicien de son temps, disent les démonomanes. Il s'acquit la connaissance des sept arts libéraux, par le moyen de sept esprits familiers qu'il tenait enfermés dans des bouteilles ou dans des boîtes de cristal. Il avait, de plus, l'industrie de faire revenir dans sa bourse tout l'argent qu'il avait dépensé.
Il fut poursuivi comme hérétique et magicien. Et s'il eût vécu jusqu'à la fin du procès, il y a beaucoup d'apparence qu'il eût été brûlé vivant, comme il le fut en effigie après sa mort. Il mourut à l'âge de 70 ans.
Cet homme avait, dit-on, une telle antipathie pour le lait, qu'il n'en pouvait sentir le goût ni l'odeur. Thomazo Garsoni dit, entre autres contes merveilleux sur Pierre d'Apone, que, n'ayant point de puits dans sa maison, il commanda au diable de porter dans la rue le puits de son voisin, parce qu'il refusait de l'eau à sa servante. Malheureusement pour ces belles histoires, il paraît prouvé que Pierre d'Apone était une sorte d'esprit fort qui ne croyait pas aux démons.

Les amateurs de livres superstitieux recherchent sa Géomancie. Mais ne lui attribuons pas un petit livre qu'on met sur son compte et dont voici le titre: Les œuvres magiques de Henri-Corneille Agrippa, par Pierre d'Aban, latin et français, avec des secrets occultes, réimprimé en 1788.
On dit dans ce livre que Pierre d'Aban était disciple d'Agrippa. La partie principale est intitulée Heptaméron, ou les Eléments magiques. On y trouve les sûrs moyens d'évoquer les esprits et de faire venir le diable. Pour cela il faut faire trois cercles l'un dans l'autre, dont le plus grand ait neuf pieds de circonférence, et se tenir dans le plus petit, où l'on écrit les noms des anges qui président à l'heure, au jour, au mois, à la saison, etc.

Abaris, grand prêtre d’Apollon, qui lui donna une flèche d’or sur laquelle il chevauchait par les airs avec la rapidité d’un oiseau ; ce qui a fait que les Grecs l’ont appelé l’Acrobate. Il fat, dit-on, maître de Pythagore, qui lui vola sa flèche, dans laquelle on doit voir quelque allégorie. On ajoute qu’Abaris prédisait l’avenir, qu’il apaisait, les orages, qu’il chassait là peste ; on conte même que, par ses sciences magiques, il avait trouvé l’art de vivre sans boire ni manger. Avec les os de Pélops, il fabriqua une figure de Minerve, qu’il vendit aux Troyens comme un talisman ; descendu du ciel : c’est le Palladium qui avait la réputation de rendre imprenable là ville où il se trouvait.

Abdeel (Abraham), appelé communément Schoenewald (Beauchamp), prédicateur à Custrin, dans la Marche de Brandebourg, fit imprimer à Than, en 1572, le Livre de la parole cachetée, dans lequel il a fait des calculs pour trouver qui est l’Antéchrist et à quelle époque il doit paraître. Cette méthode consisté à prendre au hasard un passage du prophète Daniel ou de l’Apocalypse et à donner à chaque lettre, depuis a jusqu’à z, sa valeur numérique. A vaut 1, b vaut 2, c vaut 3, et ainsi de suite. Abdeel déclare que l’Antéchrist est le pape Léon X. Il trouve de la même manière les noms des trois anges par lesquels l’Antéchrist doit être découvert. Ces trois anges sont Huss, Luther et un certain Noé qui nous est inconnu.

Abd-el-Azys, astrologue arabe du dixième siècle, plus connu en Europe sous le nom d’Alchabitius. Son Traité d’astrologie judiciaire a été traduit en latin par Jean de Séville (Hispalensis), L’édition la plus recherchée de ce livre : Alchabitius, cum commento, est celle de Venise, 1503, in-4° de 140 pages.

Abélard, Abailard, ou encore Abeilard (Abaelardus en latin), Pierre alias Petrus en religion (né en 1079 au Pallet près de Nantes - mort le 21 avril 1142, au prieuré Saint-Marcel près de Chalons-sur-Saône) est un philosophe, dialecticien et théologien chrétien, père de la scolastique et inventeur du conceptualisme.

Né dans une famille de souche poitevine établie dans le duché de Bretagne, il a été abbé du Rhuys mais a exercé principalement dans le domaine royal (Ile-de-France actuelle), d'où sa renommée à travers tout l'Occident, comme professeur appointé par des familles aristocratiques et comme compositeur de chansons pour goliards, a été un phénomène social du début du XIIe siècle qui aboutira à l'extension du statut de clerc au corps enseignant et étudiant.

Auteur latin, entre autres, de Oui et non (la), qui a été le premier ouvrage à être diffusé, de son vivant, à un large public non spécialisé, il est un des principaux acteurs du renouveau des arts du langage au sortir d'un Haut Moyen Âge carolingien entrant dans la réforme grégorienne. Il initie au sein des écoles cathédrales les études aristotéliciennes et fonde en 1110 à Sainte Geneviève le premier collège qui, préfigurant l'Université, échappe à l'autorité épiscopale. Il se fait moine en 1119 à Saint-Denis mais voit en 1121 au concile de Soissons son cours Théologie du souverain bien dénoncé pour sabellianisme et livré à un autodafé. En 1125, son traité d'éthique Connais-toi toi-même inaugure le droit moderne en fondant la notion de culpabilité non plus sur l'acte commis mais sur l'intention. Apologiste de la femme et partisan de l'éducation de celle-ci, il fonde en 1131 en Champagne la première abbaye qui suive une règle spécifiquement féminine, le Paraclet, refuge de femmes savantes pour lesquelles il produit un important corpus de musique liturgique. En 1140, sa Théologie pour les étudiants fait l'objet d'une seconde condamnation pour hérésie au concile de Sens.

Instrument de propagande au gré des disgrâces du second personnage de l'état, le Chancelier Etienne de Garlande, Abélard, protégé du rival des Capétiens, le comte de Champagne Thibault, a été un objet de gloire et de scandale, plus encore à l'occasion d'un fait divers, la castration dont il a été victime en 1117 et qui a motivé la rédaction de la première autobiographie où le récit subjectif et le romanesque l'emportent sur le didactique et l'édification, Histoire de mes malheurs. Sa liaison initiée en 1113 avec celle qui deviendra la mère de son fils Astralabe, Heloïse, annonçant le modèle de l'amour courtois, est devenue un mythe fondateur de l'amour libre et les lettres échangées par le couple, Lettres des deux amants et Lettres d'Abélard et d'Héloïse, un monument de la littérature où la liberté du propos intime est servie par un style moderne. Le 16 juin 1817, les restes de la nonne amoureuse et de son époux moine sont transférés au cimetière du Père-Lachaise, où leur mausolée se visite (division 7).

Il est plus célèbre aujourd’hui par ses tragiques désordres que par ses ouvrages théologiques, dont les dangereuses erreurs lui attirèrent justement les censures de saint Bernard. Il mourut en 1142. Vingt ans après, Héloïse ayant été ensevelie dans la même tombe, on conte (mais c’est un pur conte) qu’à son approche la cendre froide d’Abeilard se réchauffa tout à coup, et qu’il étendit les bras pour recevoir celle qui avait été sa femme. Leurs restes étaient au Paraclet, dans une précieuse tombe gothique que l’on a transportée à Paris en 1799, et qui est présentement au cimetière du Père-Lachaise.

Abeilles. C’était l’opinion de quelques démonographes que si une sorcière, avant d’être prise, avait mangé la reine d’un essaim d’abeilles, ce cordial lui donnait la force de supporter la torture sans confesser [1] ; mais cette découverte n’a pas fait principe.

Dans certains cantons de la Bretagne, on prétend que lès abeilles sont sensibles aux plaisirs comme aux peines de leurs maîtres, et qu’elles ne réussissent point, si on néglige de leur faire part des événements qui intéressent la maison. Ceux qui ont cette croyance ne manquent pas d’attacher à leurs ruches un morceau d’étoffe noire lorsqu’il y a une mort chez eux, et un morceau d’étoffe rouge lorsqu’il y a un mariage ou toute autre féte.

Les Circassiens, dans leur religion mêlée de christianisme, de mahométisme et d’idolâtrie, honorent la Mère de Dieu sous le nom de Mérième ou de Melissa. Ils la regardent comme la patronne des abeilles, dont elle sauva la race en conservant dans sa manche une de leurs reines, un jour que le tonnerre menaçait d’exterminer tous les insectes. Les revenus que les Circassiens tirent de leurs ruches expliquent leur reconnaissance pour le bienfait qui les leur a préservées.

Solin a écrit que les abeilles ne peuvent pas vivre en Irlande ; que celles qu’on y amène y meurent tout à coup ; et que si l’on porte de la terre de cette île dans un autre pays et qu’on la répande autour des ruches, les, abeilles sont forcées d’abandonner la place, parce que cette terre leur est mortelle. On lit la même chose dans les Origines d’Isidore. « Faut-il examiner, ajoute le père Lebrun dans son Histoire critique des superstitions, d’où peut venir cette malignité de la terre d’Irlande ? Non, car il suffit de dire que c’est une bourde, et qu’on trouve en Irlande beaucoup d’abeilles. »

Abel , est un personnage de la Genèse (premier livre de la Bible) et du Coran. Il est le deuxième fils d'Adam et Eve. Son frère aîné, Caïn, le tue par jalousie car Dieu a préféré l'offrande de son cadet à la sienne.

fils d’Adam. Des docteurs musulmans disent qu’il avait quarante-huit pieds de haut. Il se peut qu’ils aient raisonné d’après un tertre long de cinquante-cinq pieds, que l’on montre auprès de Damas, et qu’on nomme la tombe d’Abel.

Les rabbins ont écrit beaucoup sur Abel. Ils lui attribuent un livre d’astrologie judiciaire qui lui aurait été révélé et qu’il aurait renfermé dans une pierre. Après le déluge, Hermès-Tri smegiste le trouva : il y apprit l’art de faire des talismans sous l’influence des constellations. Ce livre est intitulé Liber de virtutibus planetarum et de omnibus rerum mundanarum virtutibus. Voy. le traité De essentiis essentiarum, qu’on décore faussement du nom de saint Thomas d’Aquin, pars IV, cap. ii. Voy. les Légendes de l’Ancien Testament.

Abel de la Rue, dit le Casseur, savetier et mauvais coquin qui fut arrêté, en 1582, à Coulommiers, et brûlé comme sorcier, magicien, noueur d’aiguillettes, et principalement comme voleur et meurtrier.

Aben-Ezra, fameux rabbin d’Espagne (dont le nom propre étoit Abraham) a mérité d’être surnommé le Sage par les Hébreux ses compatriotes. Il a composé de très-bons livres sur l’écriture, sur la grammaire, l’arithmétique, l’astronomie, & sur plusieurs autres sujets. Son style est fort concis, ce qui a donné occasion de faire quelques livres nommés Biurim ou Eclaircissemens, pour expliquer ses commentaires sur l’écriture. Ces commentaires ont été imprimés dans les grandes bibles de Venise & de Basle : & ceux qui en ont lu quelques exemplaires manuscrits, ont observé qu’il y a beaucoup de fautes dans les imprimés. Ses livres de grammaire ont été imprimés à Venise en 1546, avec ceux de quelques autres grammairiens. Le olus rare des livres d’Aben-Ezra, qui a aussi été imprimé a Venise, est intitulé, Jesud mora, c’est-à-dire, le fondement de la crainte. Buxtorf témoigne ne l’avoir jamais vu ; mais le pere Morin & M. Simon en ont vu des exemplaires manuscrits. Ce dernier dit que ce n’est point un livre de grammaire, comme Buxtorf l’a cru ; mais plutôt un livre de théologie, dont le but est d’exhorter à l’étude du Talmud. Ce rabbin vivoit dans le XII siécle, & mourut à Rhodes l’an 1174, âgé de soixante & quinze ans. On transporta ses os dans la terre-sainte. Il étoit excellent philosophe, astronome, médecin, poëte, cabaliste & interpréte de l’écriture. Ses commentaires sur la bible sont fort estimés. Il y avance néanmoins quelques sentimens que les critiques n’approuvent point ; il prétend que Moïse ne passa pas au travers de la mer Rouge, mais qu’il y fit un cercle pendant que l’eau étoit basse, afin que Pharaon fût submergé. Il n’est pas difficile de voir que cette conjecture n’a aucun fondement dans l’écriture, & qu’elle est contraire aux termes dont Moïse s’est servi pour rapporter ce miracle. * Genebrard. in chron. Sixt. Senn. bibliot. sacr. l. 4. Buxtorf de abb. Elv. M. Simon, hist. critiq. le P. Morin, exerc. bibl. Nouvelle histoire des Juifs, ou suite de Joseph, depuis J.C. jusqu’à présent.

Aben-Ragel, astrologue arabe, né à Cordoue au commencement du cinquième siècle. Il a laissé un livre d’horoscopes, d’après l’inspection des étoiles, traduit en latin sous le titre De judiciis seu fatis stellarum, Venise, 1485 ; rare. On dit que ses prédictions, quand il en faisait, se distinguaient par une certitude très-estimable.

Abigor, Eligos ou Eligor,  est un démon issu des croyances de la goétie, science occulte de l'invocation d'entités démoniaques. Le Lemegeton le mentionne en 15e position de sa liste de démons. Selon l'ouvrage, Eligos est un grand duc de la monarchie infernale. Il se montre sous la forme d'un beau cavalier, portant la lance, l'étendard et un serpent. Il connaît l'avenir et est un spécialiste des secrets de la guerre. Il enseigne comment les soldats devraient s'affronter. Il permet d'obtenir l'amour des seigneurs et des grands de ce monde. Il gouverne 60 légions infernales. La Pseudomonarchia Daemonum le mentionne en 12e position de sa liste de démons et lui attribue des caractéristiques similaires.

Abominations, voir SABBAT

Abou-Ryhan, autrement appelé Mohammed-ben-Ahmed, astrologue arabe, mort en 330. Il passe pour avoir possédé à un haut degré le don de prédire les choses futures. On lui doit une introduction a l’astrologie judiciaire.

Aboyeurs. Il y a en Bretagne et dans quelques autres contrées des hommes et des femmes affectés d’un certain délire inexpliqué, pendant lequel ils aboient absolument comme des chiens. Quelques-uns parlent à travers leurs aboiements, d’autres aboient et ne parlent plus. Le docteur Champouillon a essayé d’expliquer ce terrible phénomène, en l’attribuant aux suites d’une frayeur violente. Il cite un jeune conscrit de la classe de 1853 qui, appelé devant le conseil de révision, réclama son exemption pour cause d’aboiement ; il racontait qu’étant mousse à bord d’un caboteur, il avait été précipité à la mer par un coup de vent ; l’épouvante l’avait frappé d’un tel anéantissement, qu’il n’en était sorti que pour subir des suffocations qui l’empêchèrent de parler pendant une semaine. Lorsque la parole lui revint, elle s’entrecoupa à chaque phrase de cris véhéments, remplacés bientôt par des aboiements saccadés qui duraient quelques secondes. Ces spasmes furent reconnus bien réels, et le conscrit fut réformé.

Mais il y a en Bretagne des aboyeuses qui apportent en naissant cette affreuse infirmité implantée dans quelques familles. Les bonnes gens voient là un maléfice, et nous ne savons comment, expliquer une si triste misère.

Nous pourrions citer un homme qui, dans l’agonie qui précéda sa mort, agonie qui dura trois jours, ne s’exprima que par des aboiements et ne put retrouver d’autre langage. Mais celui-là, dans la profanation des églises, en 1793, avait enfermé son chien dans un tabernacle.

Nous connaissons aussi une famille où le père et la mère devenus muets, nous ne savons par quelle cause ni pour quelle cause, n’ont que des enfants muets. Ainsi les frères et les sœurs ne poussent que des cris inarticulés et ne s’entendent pas autrement pour les plus urgents besoins de la vie.

Abracadabra est, traditionnellement, la formule prononcée lorsque se produit quelque chose de magique.

C'est à la fois une formule magique et rituelle performative, une incantation et un mot mystique. Il est utilisé afin d'invoquer par la magie des esprits bénéfiques pour être protégé ou guéri des maladies. Cette expression est aussi utilisée par les magiciens modernes lorsqu'ils prétendent invoquer des puissances paranormales ou surnaturelles pour contribuer à leurs illusions.

Plusieurs étymologies d'origines orientales ou moyen-orientales sont attestées. Elle peut venir d'une transformation de l'araméen « adhadda kedhabhra » qui veut dire « que la chose soit détruite », ou « évra kedebra » qui veut dire « je créerai d'après mes paroles. ». Elle pourrait provenir de l'hébreu « Ha brakha dabra » (« הברכה דברה »), qui signifie « la bénédiction a parlé », ou « Abreg ad Hâbra », « envoie ta foudre jusqu'à la mort ».

Autre étymologie, défendue notamment par le Robert historique de la langue française, la formule, attestée en latin tardif, serait empruntée au grec. Elle proviendrait du nom d'Abraxas, dieu intermédiaire dans le système gnostique de Basilide (mort en 130). Ces mots grecs ont été expliqués par E. Katz comme des lectures en boustrophédon (écriture continue de gauche à droite puis de droite à gauche) d'une formule hébraïque arba (quatre), dâk (du verbe « casser ») arba, c’est-à-dire « le quatre (cryptogramme pour le Tout-Puissant ainsi qu'important symbole pythagoricien) anéantit les quatre (éléments) » .

Son usage est répandu dans la gnose et la pensée pythagoricienne ésotérique. Déclinée jusqu'à sa dernière lettre par ordre rétrograde sous forme triangulaire, elle passe pour un puissant talisman. C'est ainsi qu'on la trouve dans ses premières occurrences écrites datée du IIe siècle. Dans le poème de l'érudit romain Serenus Sammonicus, De Medicina Praecepta, il est prescrit à toute personne atteinte de fièvre hémitritée ou demi-tierce de porter une amulette ou un phylactère contenant le mot écrit sous la forme d'un cône inversé. On retrouve la trace de cette formule dans les contes rapportant la fabrication d'un Golem. En façonnant une forme de vie à partir d'argile, l'homme se place dans la position de Dieu au moment de la création de l'univers mais dépourvu du souffle divin, il doit se contenter d'utiliser la puissance de la langue de la création. Le rabbin trace les lettres du mot Vérité (aleph-mem-tav) sur le front de la créature et prononce la formule magique. Cependant, cela ne suffit jamais et la créature finit par se retourner contre ceux qui l'ont créée. L'effacement de la lettre aleph donne Mort (mem-tav) et met fin à l'enchantement. Enfin, selon la tradition biblique, il faudrait en fait utiliser la formule « abra-ka-amra », « il a crée comme il a dit".

ABRACADABRA
ABRACADABR
ABRACADAB
ABRACADA
ABRACAD
ABRACA
ABRAC
ABRA
ABR
AB
A

Abraxas (grec : Αβραξας), Abrasax, ou encore Abracax, est un terme gnostique, utilisé notamment par Basilide, qui désigne les 365 émanations du dieu suprême. Ce serait en effet une transcription altérée d'un cryptogramme d'origine hébraïque, dont l'interprétation isopséphique renvoie à 365. Le terme se retrouve gravé sur des amulettes ou des talismans qu'on appelle abraxas par métonymie. Pour les chrétiens orthodoxes le terme désigne un démon.

Selon Jacques Basnage, Abraxas tire son origine des Égyptiens, car on a trouvé un grand nombre d’amulettes sur lesquelles est représenté Harpocrate assis sur son lotus avec un fouet à la main, et le mot abrasax

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.Ce serait un cryptogramme d'origine hébraïque, écrit initialement sur deux lignes ABRA / XAS, qui lues en boustrophédon hébraïque, font ARBA / XAS, c'est-à-dire : « Que Dieu (ARBA) protège (XAS) ».

Il apparaît sous la forme d'une chimère avec une tête de coq, des serpents à la place des pieds et un fouet à la main. D'autres prétendent qu'il se montre avec une tête de lion ou encore de roi portant une couronne.

Plusieurs interprétations du terme existent.

Les basilidiens, hérétiques du IIe siècle,, auraient utilisé le terme pour désigner l'ensemble des éons, émanations divines, sortes de génies ou anges, qui présidaient aux 365 cieux. D'autres interprètent le terme comme étant le dieu suprême, mais ce n'est pas conforme à la doctrine de Basilide.

Le terme abraxas composé de sept lettres fait référence dans le système gnostique aux sept planètes (et par extension aux sept archanges, aux sept péchés, aux sept jours, etc.) Décomposées selon le système grec de numérotation (A=1, B=2, R=100, X=60, S=200), puis additionnées, les sept lettres du terme donnent le nombre de jours du cycle annuel, soit 365. Par une logique semblable à celle de la Grande Année, il pourrait être le symbole de la totalité de la Création, du cosmos et de la Connaissance (gnosis).

Selon Saint Jérôme, Abraxas correspondrait au nom mystique et caché de Mithra ou du Soleil, dont la somme des lettres, en grec (αβραξας), donne le nombre 365 correspondant aux jours d'une année solaire.

Abraham. Tout le monde connaît l’histoire de ce saint patriarche, écrite dans les livres sacrés. Les rabbins et les musulmans l’ont chargée de beaucoup de traditions curieuses, que le lecteur peut trouver dans les Légendes de l’Ancien Testament.

Les Orientaux voient dans Abraham un savant astrologue et un homme puissant en prodiges. Suidas et Isidore lui attribuent l’invention de l’alphabet, qui est du à Adam. Voy. CADMUS.

Les rabbins font Abraham auteur d’un livre De l’explication des songes, livre que Joseph, disent-ils, avait étudié avant d’être vendu par ses frères. On met aussi sur son compte un ouvrage intitulé Jetzirah, ou la Création, que plusieurs disent écrit par le rabbin Akiba. Voy. ce nom. Les Arabes possèdent ce livre cabalistique, qui traite de l’origine du monde : ils l’appellent le Sepher. On dit que Vossius, qui raisonnait tout de travers là-dessus, s’étonnait de ne pas le voir dans les livres canoniques. Postel l’a traduit en latin : on l’a imprimé à-Paris en 1552 ; à Man loue en 1562, avec cinq commentaires ; à Amsterdam en 1642. On y trouve de la magie et de l’astrologie. — « C’est un ouvrage cabalistique très-ancien et très-célèbre, dit le docteur Rossi. Quelques-uns le croient composé par un écrivain antérieur au Talmud, dans lequel il en est fait mention. » — Le titre de l’ouvrage porte le nom d’Àbraham ; mais ajoutons qu’il y a aussi des opinions qui le croient écrit par Adam lui-même.

Abrahel, démon succube, connu par une aventure que raconte Nicolas Remy dans sa Démonolâtrie, et que voici ; — En l’année 1581, dans le village de Dalhem, au pays de Limbourg, un méchant pâtre, nommé Pierron, conçut un amour violent pour une jeune fille de son voisinage. Or cet homme mauvais était marié ; il avait même de sa femme un petit garçon. Un jour qu’il était occupé de la criminelle pensée de son amour, la jeune fille qu’il convoitait lui apparut dans la campagne : c’était un démon sous sa figure. Pierron lui découvrit sa passion ; la prétendue jeune fille promit d’y répondre, s’il se livrait à elle et s’il jurait de lui obéir en toutes choses. Le pâtre ne refusa rien, et son abominable amour fut accueilli. — Peu de temps après, la jeune fille, ou le démon qui se faisait appeler Abrahel par son adorateur, lui demanda, comme gage d’attachement, qu’il lui sacrifiât son fils. Le pâtre reçut une pomme qu’il devait faire manger à l’enfant ;

l’enfant, ayant mordu dans la pomme, tomba mort aussitôt. Le désespoir de la mère fit tant d’effet sur Pierron, qu’il courut à la recherche d’Abrahel pour en obtenir réconfort. Le démon promit de rendre la vie à l’enfant, si le père voulait lui demander cette grâce a genoux, en lui rendant le culte d’adoration qui n’est du qu’à Dieu. Le pâtre se mit à genoux, adora, et aussitôt l’enfant rouvrit les yeux. On le frictionna, on le réchauffa ; il recommença à marcher et à parler. Il était le-même qu’auparavant, mais plus maigre, plus hâve, plus défait, les yeux battus et enfoncés, les mouvements plus pesants. Au bout d’un an, le démon qui l’animait l’abandonna avec un grand bruit, et l’enfant tomba à la renverse…

Cette histoire décousue et Incomplète se termine par ces mots, dans la narration de Nicolas Remy : « Le corps de l’enfant, d’une puanteur insupportable, fut tiré avec un croc hors de la maison de son père et enterré dans un champ. » — Il n’est plus question du démon succube ni du pâtre.

Absalom ou Avshalom (אַבְשָׁלוֹם - Père/Chef de la paix ou Le père/chef est la paix) est un personnage biblique. Il est le troisième fils de David, roi d'Israël, et réputé pour être le plus bel homme du royaume. Son histoire est racontée dans le Deuxième livre de Samuel.

Un jour, Tamar, sœur d'Absalom, est violée par Amnon, qui est le fils aîné de David, et le demi-frère d'Absalom et de Tamar. Deux ans plus tard, Absalom fait tuer Amnon par des serviteurs, lors d'un festin auquel il a convié tous les fils du roi (2 Sam 13:18-28). Absalom s'enfuit alors auprès de son grand-père maternel, Talmaï, roi de Geshour (voir Josué 12:5 et 13:2), et n'est réadmis dans les faveurs de son père que trois ans plus tard.

Quatre ans plus tard, il fomenta une révolte à Hébron, l'ancienne capitale d'Israël. Absalom était à présent l'aîné des fils de David, et la narration dans les chapitres 15 à 20 (après la naissance de Salomon et avant les querelles entre Salomon et Adonias) suggère son ressentiment de n'être pas destiné à succéder à son père sur le trône.

Tout Israël et tout Juda vinrent grossir ses rangs, et David, ne pouvant compter que sur sa garde crétoise et quelques recrues de Gath, prit la fuite. Les prêtres étant restés à Jérusalem, deux d'entre eux, Jonathan et Ahimaaz, lui servirent d'espions. Absalom atteignit la capitale, et s'entretint avec Achitophel, prêtre réputé. La poursuite continua, et David dut se réfugier au-delà du Jourdain.

Une bataille se tint dans la « forêt d'Éphraïm » (une localité à l'ouest du Jourdain ?), où l'armée d'Absalom fut totalement mise en déroute. Lui-même, en fuyant, se prit les cheveux (qu'il portait longs) dans les branches d'un chêne. On a écrit bien des choses supposées à propos de sa chevelure. Lepellelier, dans sa dissertation sur la grandeur de l’arche de Noé, dit que toutes les fois qu’on coupait les cheveux d’Absalon, on lui en ôtait trente onces… Toutefois, David avait ordonné à ses hommes de faire preuve d'égards et de douceur à celui qui était son plus vieux fils vivant. En revanche, Joab, général du roi, était mû par des sentiments moins mesurés et, comme un soldat refusait de le faire pour mille shekalim, il transperça à 3 reprises le poitrail d'Absalom, qui se débattait toujours dans les branches.

En dépit de la victoire de ses troupes, David fut consumé de chagrin.:

Abstinence. On prétend, comme nous l’avons dit, qu’Abaris ne mangeait pas et que les magiciens habiles peuvent s’abstenir de manger et de boire.

Sans parler des jeûnes merveilleux dont il est fait mention dans la vie de quelques saints, Marie Pelet de Laval, femme du Hainaut, vécut trente-deux mois (du 6 novembre 1754 au 25 juin 1757) sans recevoir aucune nourriture, ni solide ni liquide. Anne Harley, d’Orival, près de Rouen, se soutint vingt-six ans en buvant seulement un peu de lait qu’elle vomissait quelques moments après l’avoir avalé. On citerait d’autres exemples.

Dans les idées dés Orientaux, les génies ne se nourrissent que de fumées odorantes qui ne produisent point de déjections.

Abundia, fée bienfaisante honorée en Thuringe comme protectrice. Elle visite les maisons, où elle mange et boit avec ses compagnes ce qu’on leur a préparé, mais sans que rien des mets soit diminué par elles. Elles soignent les étables ; et on a des marques de leur passage par des gouttes de leurs cierges de cire jaune, qu’on remarque sur la peau des animaux domestiques.

Acatriel, Dans la religion chrétienne, un démon est un esprit surnaturel, souvent un ange déchu et généralement malveillant. Il est souvent représenté comme une force qui peut être évitée ou contrôlée. Un démon est un mauvais esprit qui a le pouvoir de posséder un humain. Les démons sont les serviteurs de Satan.

Cependant, loin de cette vision judéo-chrétienne, pour d’autres les démons ne sont pas forcément mauvais.

Par exemple, dans la Kabbale, on trouve le mot « shedim » qui est un nom hébreu désignant les démons bienveillants. Et, toujours selon la Kabbale juive, Acatriel ou Akatriel, fait partie des shedim. C’est même l’un des trois princes des bons démons. C’est donc un démon qui apporte la bonne connaissance aux hommes et donne de l’imagination aux enfants. Parfois, il peut être l’ami imaginaire des enfants afin de leur faire comprendre des notions comme la peur, l’illusion, les tabous…

Dans la magie kabbalistique, Acatriel permet d’entrer en contact avec les anges et n’a donc aucune fonction maléfique. C’est pourquoi il est souvent invoqué dans des rituels de magies kabbalistiques.

Pour les démonologues, Acatriel est un puissant démon malveillant, même si certains disent qu’il peut être un démon familier.

On ne retrouve pas ce démon dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie » de Samuel Mathers, ni dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier.

On trouve Acatriel dans la liste des 333 démons élaborée par Collin de Plancy. Ce dernier le considère comme un puissant démon, malveillant, mais parfois familier.

Il y a très peu de représentations de ce démon. Certains le voient avec des ailes noires tenant un livre, le livre de la connaissance.

Le pire que j’ai pu lire concernant Acatriel, dont on connaît très peu de choses, c’est de dire qu’il est Lucifer, car son nom donne le chiffre 666 par une méthode douteuse de numérologie. Et l’auteur continue en disant que donc, Acatriel/Lucifer est le jumeau de Jésus-Christ. Bon, là c’est un peu pousser le bouchon loin.

Dans tous les cas, malveillant ou pas, bon ou mauvais, Acatriel reste un démon. Et comme tout démon qui se respecte, il n’est pas bon de s’y frotter.

Acca Larentia est une obscure déesse chtonienne de Rome (que certains identifient à la déesse sabine Larenta ou Larunda).

Selon les légendes, Acca Larentia (ou Laurentia, ou même Larentina) est la femme du berger Faustulus, la nourrice de Romulus et Rémus et mère de douze enfants, en l'honneur desquels on aurait institué le collège des douze Frères Arvales. Selon Tite-Live, cette Acca Larentia est une prostituée surnommée Lupa, d'où l'allaitement légendaire de la Louve.

Selon Aulu-Gelle, Acca Larentia est simplement une prostituée que son commerce a enrichie et qui, à sa mort, lègue sa fortune à Romulus (ou au peuple romain).

Il existe ainsi une légende se rapportant à cette autre (?) Acca Larentia :

« Sous le règne de Romulus, ou bien celui d'Ancus Marcius, un jour de fête, le gardien du temple d'Hercule à Rome, invita le dieu lui-même à prendre part à un jeu de dés, à condition que le vainqueur fournirait à l'autre un repas et une belle fille. Le dieu accepta et gagna la partie ; le gardien lui offrit un repas dans le temple, et lui procura les faveurs de la plus belle fille de Rome, en ce temps-là, Acca Larentia. Lorsque Hercule la quitta, il lui conseilla, comme récompense, de se mettre au service du premier homme qu'elle rencontrerait. Cet homme fut un Etrusque, du nom de Tarutius, qui l'épousa. Tarutius était fort riche, et il ne tarda pas à mourir. Acca Larentia hérita de sa fortune, qui consistait en vaste domaines, voisins de Rome. Elle-même, à sa mort, les légua au peuple romain. Cette version de la légende a été évidemment inventée pour donner des titres juridiques à la possession de territoires revendiqués par Rome. Dans sa vieillesse, Acca Larentia disparut sans laisser de traces, au Vélabre, à l'endroit même où était enterrée l'autre Larentia, la femme de Faustulus. »

— Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine.

Accidents. Beaucoup d’accidents peu ordinaires, mais naturels, auraient passé autrefois pour des sortilèges. Voici ce qu’on lisait dans un journal de 1841 : — « Mademoiselle Adèle Mercier (des environs de Saint-Gilles), occupée il y a peu de jours a arracher dans un champ des feuilles de mûrier, fut piquée au bas du cou par une grosse mouche qui, selon toute probabilité, venait de sucer le cadavre putréfié de quelque animal, et qui déposa dans l’incision faite par son dard une ou quelques gouttelettes du suc morbifique dont elle s’était repue. La douleur, d’abord extrêmement vive, devint insupportable. Il fallut que mademoiselle Mercier fut reconduite chez elle et qu’elle se mît au lit. La partie piquée s’enfla prodigieusement en peu de temps : l’enflure gagna. Atteinte d’une fièvre algide qui acquit le caractère le plus violent, malgré tous les soins qui lui furent prodigués, et quoique sa piqûre eût été cautérisée et alcalisée, mademoiselle Mercier mourut le lendemain, dans les souffrances les plus atroces. »

Le Journal du Rhône racontait ce qui suit en juin 1841 : — « Un jeune paysan des environs de Bourgoin, qui voulait prendre un repas de cerises, commit l’imprudence, lundi dernier, de monter sur un cerisier que les chenilles avaient quitté après en-avoir dévoré toutes les feuilles. Il y avait vingt minutes qu’il satisfaisait son caprice ou son appélit, lorsque presque instantanément il se sentit atteint d’une violente inflammation à la gorge. Le malheureux descendit en poussant péniblement ce cri : J’étouffe ! J’étouffe ! Une demi-heure après il était mort. On suppose que les chenilles déposent dans cette saison sur les cerises qu’elles touchent une substance que l’œil distingué à peine ; mais qui n’en est pas moins un poison. C’est donc s’exposer que de manger ces fruits sans avoir pris la sage précaution de les laver. »

Accouchements. Chez les Grecs, les charmeuses retardaient un accouchement, un jour, une semaine et davantage ; en se tenant les jambes croisées ét lesdoigls entrelacés à la porte de la pauvre femme prise des douleurs de l’enfantement. Voy. AETITE.

Accouchements prodigieux. Torquemada, dans son Examéron, cité une femme qui mit au monde sept enfants à la fois, à Médina del Campo ; une autre femme de Salamanque qui en eut neuf d’une seule couche. Jean Pic de la Mirandole assure qu’une femme de son pays eut vingt enfants en deux grossesses, neuf dans l’une et onze dans l’autre. Voy. IRMENTRUDE, TRAZEGNIES, IMAGINATION. Torquemada parle aussi d’une Italienne qui milan inonde soixante-dix enfants a la fois ; puis il rapporte, comme à l’abri du doute, ce que conte Albert le Grand, qu’une allemande enfanta, d’une seule couche, cent cinquante enfants, tous enveloppés dans une pellicule, grands comme le petit doigt et très-bien formés.

Acham, démon que l’on conjure le jeudi. Voy. CONJURATIONS.

Acham n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier.

Ce démon n’apparaît pas non plus dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie » de Samuel Mathers.

Par contre, Collin de Plancy le met dans sa liste de 333 démons. Le démonologue dit simplement qu’Acham est un démon que l’on conjure le jeudi. Conjurer veut dire que les sorciers peuvent l’appeler le jeudi.

Dans le livre ‟Grimorium Verum” de Joseph H. Peterson, Acham est nommé. L’auteur dit de ce démon qu’il préside le jeudi.

Dans le grimoire du pape Honorius, Acham est aussi le démon qui préside le jeudi.

Dans le livre ‟Le Prince de ce monde : Précis de démonologie occidentale et dictionnaire des démons” écrit par Anubis et Nahéma-Nephthys et publié aux éditions Jourdan, Acham est aussi appelé Silcharde.

Ce livre nous dit qu’Acham est le démon du jeudi et qu’il est lié à la planète Jupiter. Il nous dresse un portrait de ce démon que je vous donne :

  • Les fonctions magiques du démon :

Acham préside à tout travail de réussite, de gloire, de victoire et de renommée. Il donne de l’argent inattendu, donne la réussite sociale, facilite les issues heureuses des procès et des litiges officiels, calme les ennemis et peut faire le bien comme le mal.

Je précise que le livre écrit par Anubis et Nahéma-Nephthys est un livre de sorciers qui sert à invoquer des démons. Je ne le conseille pas. Sachez que si l’on invoque un démon, il y aura toujours un prix à payer. Si Acham vous donne la gloire ou de l’argent, il vous retira autre chose, et vous serez certainement malheureux. L’argent ne fait pas le bonheur.

Les fonctions de visualisations

Acham apparaît sous la forme d’un homme vêtu de bleu, armé d’une épée à la peau rouge et chevauchant un cerf. Il surgit aussi sous l’apparence d’une belle jeune femme à la peau rouge et couronnée de laurier. On le voit comme un roi couronné, vêtu de bleu et marchant avec orgueil, suivit d’un petit démon qui porte sa traîne et sa cape.

Tantôt apparaissant comme un roi, tantôt comme une reine, Acham serait-il un démon androgyne ? Je plaisante bien sûr, car il faut savoir que si son apparence diffère ainsi c’est pour mieux tromper les hommes. Il apparaît comme nous voulons qu’il apparaisse.

Ses fonctions magiques

Acham se conjure le jeudi et on lui fera offrande d’un morceau de pain. On l’invoque entre 3 h et 4 h du matin (heure solaire) ou à la 3e heure nocturne. Le démon comprend pourquoi on l’appelle, puisque le jeudi est le jour de Jupiter, dieu du tonnerre et de la foudre. Acham possède une conjuration spécifique. Il a le mérite de donner des résultats durables, bien que son action soit lente à démarrer.

Chers lecteurs, je ne vous donnerai pas la formule de conjuration, car vous savez déjà mon opinion sur ce sujet. Dans ce paragraphe, les auteurs nous disent que ce démon peut donner, mais que reçoit-il en échange ? Bref, il n’est pas bon d’appeler, de conjurer un démon. En plus, faut lui donner du pain ! Ce n’est pas risible ça ? Vous croyez vraiment qu’un démon se contente d’un morceau de pain ? Moi, personnellement, j’en doute.

Achamoth, esprit, ange ou éon du sexe féminin, mère de Jéhovah, dans les stupides doctrines des valentiniens.

Acharai-Rioho, chef des enfers chez les Yakouts. Voy. MANG-TAAR.

L’Achéron (en grec ancien : Αχέρων ; latin : Achĕrōn / Achĕruns) est un fleuve côtier d'Epire, en Grèce. Il se jette dans lamer ionienne à huit kilomètres de Parga, dans la baie de Phanari (« du fanal »). Son nom moderne est Acherontas (grec : Αχέροντας), Phanariotikos (Φαναριώτικος), Mavropotamos (Μαυροπόταμος, « fleuve obscur / noir ») ou fleuve de Kamariotis (Καμαριώτικο ποτάμι).

Dans l'Antiquité, il remplissait le lac Achérousia au nord de l'actuelle Preveza, progressivement transformé en marais (Acherousia 'Elos : marais achérontiques) puis asséché dans les années 1930.

Dans la mythologie grecque, l'Achéron est une branche de la rivière souterraine du Styx, sur laquelle Charon transportait en barque les âmes des défunts vers les Enfers. Il reçoit deux affluents en sens contraire : le Cocyte et le Phlégéthon.

Dieu fleuve, il est fils d'Hélios (le Soleil) et de Gaïa (la Terre) et est marié à la nymphe Orphné. Il est le père d'Ascalaphe.

Zeus le précipita aux Enfers pour avoir étanché la soif des Titans. Charon manœuvre sa barque sur l'Achéron qui charrie d'énormes blocs de rochers.

Achérusie ou Achérusia, dans la mythologie grecque, (en grec Αχερουσια λιμνη ou Αχερουσις était le nom donné à des lacs ou des marais, ayant été, comme l'Achéron, connectés aux enfers. 
Le lac d’où découlerait cette croyance est le lac Achérusia du Nome de Thesprotie, à travers lequel coulait l'Achéron. Parmi les autres lacs et marais du même nom et portant la même croyance, on peut citer le lac d'Hermione, un autre situé près d'Héraclès du Pont, un autre encore entre Cumes et Misène et un dernier près de Memphis (Égypte).
Le terme Achérusia a part la suite désigné lui même les enfers.
Achguaya-Xerac. Voy. Guayotta.
Achmet fils de Sereim (en grec Άχμὲτ υἱὸς Σερείμ, en latin Achmet Sereimi filius) est le nom fictif de l'auteur du plus long des huit traités byzantins d'oniromancie qui nous sont parvenus.
L'auteur se présente comme le fils de l'interprète des songes du calife al-Mamun (règne. 813 - 833), et laisse entendre qu'il exerce la même fonction auprès d'un « maître » (δεσπότης) qu'il ne nomme pas. Il prétend s'être inspiré des plus grandes autorités de son art : Syrbachan, qui l'exerça auprès d'un roi indien, Baran, au service du roi de Perse Saanisan, Tarphan, qui officia auprès d'un pharaon d'Égypte. L'Inde, la Perse et l'Égypte sont donc les trois références mythiques.

Ce discours est un artifice littéraire : le nom d'auteur est emprunté à Muhammad Abu Bakr ibn Sirin (v. 650 - v. 730), secrétaire d'Anas ibn Malik, considéré chez les musulmans comme un grand interprète de songes, et à qui la tradition attribue des traités d'oniromancie. Ce personnage a donc vécu bien avant l'époque du calife al-Mamun. En fait, l'auteur de l'ouvrage byzantin est clairement un chrétien hellénophone de Constantinople.

Cependant l'artifice n'est pas purement gratuit : l'oniromancie était une spécialité du monde arabo-musulman, et les comparaisons entre le traité byzantin et les ouvrages arabes antérieurs ou contemporains révèlent des analogies frappantes : notamment avec le Muntahab al-Kalam (l'un des textes arabes anciens les plus importants sur le sujet, attribué traditionnellement, mais faussement, à Ibn-Sirin), avec le traité d'interprétation des songes par les astres placé par l'Occident médiéval sous le nom d'« Aboumazar » (c'est-à-dire Abou Ma'shar al-Balkhî), avec le Ta'bīr al-Ru'yā d'Ibn Qoutayba, avec le traité d'Ibn Shahin al-Zahiri (un Égyptien du IXe siècle), etc. En fait, l'Oneirocriticon d'Achmet apparaît comme une adaptation pour un public byzantin et chrétien de ce matériel arabo-musulman.

Une référence encore plus présente est bien sûr l'Oneirocriticon d'Artémidore de Daldis : même principes d'interprétation, cas de songes évoqués assez proches. En fait cet ouvrage antique, traduit à

Bagdad au IXe siècle par Hunayn ibn Ishaq, était une référence commune aux Arabes et aux Byzantins. Le traité d'Achmet doit également beaucoup à la tradition byzantine des textes appelés Songes de Daniel : les interprétations communes de songes sont très nombreuses avec les textes de cette veine contenus dans les manuscrits Palat. gr. 319 et Berol. Phillips 1479, notamment.

Quant à la datation du traité d'Achmet, il est donc sans doute nettement postérieur au règne du calife al-Mamun († 833) ; d'autre part, le texte est cité dans deux manuscrits du XIe siècle (dont le Laurent. plut. 87, 8). Il faut le situer à la fin du IXe ou au Xe siècle (peut-être sous le règne de l'empereur Léon VI selon Maria Mavroudi).

L’Oneirocriticon d'Achmet fut traduit en latin dès le XIIe siècle (alors que celui d'Artémidore ne le fut, autant qu'on sache, qu'en 1539) : en 1165, Pascalis Romanus  (un clerc de la cour de l'empereur Manuel Comnène originaire de Rome) l'intégra en l'adaptant dans son Liber thesauri occulti (composé à partir de plusieurs sources comme le De divinatione de Cicéron, Artémidore et Achmet, avec une coloration astrologique absente chez ce dernier) ; le livre de Pascalis est d'ailleurs nettement plus court que celui d'Achmet, et il se référait peut-être à un abrégé. En 1175/76, une version également abrégée de l'Achmet est traduite formellement en latin (sous le titre De interpretatione somniorum) par Léon Tuscus (« Léon le Toscan »), un autre Italien au service de Manuel Comnène, lequel s'intéressait beaucoup aux sciences occultes. Dans la préface, adressée à son frère le théologien Ugo Etherianus, Leo Tuscus révèle l'occasion de cette traduction : Hugues a vu en rêve le Basileus, monté sur un cheval de bronze et entouré des sages antiques, lisant un texte latin, puis s'interrompant et l'interrogeant ; le rêve s'est réalisé car Manuel a conclu une querelle théologique grâce à une solution proposée par Hugues dans un de ses traités ; Léon a donc décidé de traduire l'Achmet. C'est ainsi que le traité se répand en Occident dès la fin du XIIe siècle et y connaît un grand succès (une quinzaine de manuscrits latins, dont le plus ancien est le Bodl. Digby 103, de la fin du XIIe siècle). Une traduction française en exista rapidement sous le titre Exposicion des songes. D'autres textes occidentaux du Bas Moyen Âge, comme l'Expositio somniorum du manuscrit Paris. lat. 16.610 (XIIIe siècle), ou le Libellus de pronosticatione sompniorum de Guillaume d'Aragon (début du XIVe siècle, avec la référence à « Syrbachan Indus », etc.), en sont directement inspirés.

Le texte a été pour la première fois imprimé dans une traduction latine de Jean Leunclavius (Apomasaris apotelesmata, sive de significatis et eventis insomniorum, ex Indorum, Persarum, Ægyptiorumque disciplina, ex bibliotheca J. Sambuci, Francfort, 1577). L'editio princeps de l'original grec est due à Nicolas Rigault dans son volume Artemidori Daldiani et Achmetis Sereimi filii Oneirocritica ; Astrampsychi et Nicephori versus etiam oneirocritici (Paris, Marc Orry, 1603).

Aconce (Jacques), curé apostat du diocèse de Trente, qui, poussé par la débauche, embrassa le protestantisme en 1557, et passa en Angles-terre. La reine Élisabeth lui lit une pension. Aussi il ne manqua pas de rappeler diva Elisabetha, en lui dédiant son livre Des stratagèmes de Satan. Mais nous ne mentionnons ce livre ici qu’à cause de son titre ; ce n’est pas un ouvrage de démonomanie, c’est une vile et détestable diatribe contre le Catholicisme.

Adalbert, hérétique qui fit du bruit dans les Gaules au huitième siècle ; il est regardé par les uns comme un habile faiseur de miracles et par les autres comme un grand cabaliste. Il distribuait les rognures de ses ongles et de ses cheveux, disant que c’étaient de puissants préservatifs ; il contait qu’un ange, venu des extrémités du monde, lui avait apporté des reliques et des amulettes d’une sainteté prodigieuse. On dit même qu’il se consacra des autels à lui-même et qu’il se fit adorer. Il prétendait savoir l’avenir, lire dans la pensée et connaître la confession des pécheurs rien qu'en les regardant. Il montrait impudemment une lettre de Noire-Seigneur Jésus-Christ, disant qu’elle lui avait été apportée par saint Michel. Baluze, dans son appendice aux Capitulaires des rois francs, a publié cette lettre, dont voici le litre : — « Au nom de Dieu : Ici commence la lettre de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est tombée à Jérusalem, et qui a été trouvée par l’archange saint Michel, lue et copiée par la main : d’un prêtre nommé Jean, qui l’a envoyée à la ville de Jérémie à un autre prêtre, nommé Talasius ; et Talasius l’a envoyée en Arabie à un autre prêtre, nommé Léoban ; et Léoban l’a envoyée à la ville de Betsamie, où elle a été reçue par le prêtre Macarius, qui l’a renvoyée à la montagne du saint archange Michel ; et par le moyen d’un ange, la lettre est arrivée à la ville de Rome, au sépulcre de saint Pierre, où sont les clefs du royaume des deux ; et les douze prêtres qui sont à Rome ont fait des veilles de trois jours, avec des jeûnes et des prières, jour et nuit, » etc. El Adalbert enseignait à ses disciples une prière qui débutait ainsi :

« Seigneur, Dieu tout-puissant, père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Alpha et Oméga, qui êtes sur le trône souverain, sur les Chérubins et les Séraphins, sur l’ange Uriel, l’ange Raguel, l’ange Cabuel, l’ange Michel, sur l’ange Inias, l’ange Tabuas, l’ange Simiel et l’ange Sabaoth, je vous prie de m’accorder ce que je vais vous dire. »

C’était, comme on voit, très-ingénieux. Dans un fragment conservé des mémoires qu’il avait écrits sur sa vie, il raconte que sa mère, étant enceinte de lui, crut voir sortir de son côté droit un veau ; ce qui était, dit-il, le pronostic des grâces dont il fut comblé en naissant par le ministère d’un ange. On arrêta le cours des extravagances de cet insensé en l’enfermant dans une prison, où il mourut.

Adam, le premier homme. Sa chute devant les suggestions de Satan est un dogme de la religion chrétienne.

Les Orientaux font d’Adam un géant démesuré, haut d’une lieue ; ils en font aussi un magicien, un cabaliste ; les rabbins en font de plus un alchimiste et un écrivain. On a supposé un testament de lui ; et enfin les musulmans regrettent toujours dix traités merveilleux que Dieu lui avait dictés.

Adam_(l’abbé)