Bosch Jérôme

Jheronimus van Aken, dit Jérôme Bosch ou Jheronimus Bosch (Bois-le-Duc —, v. 1450 – v. 1516), est un peintre néerlandais, du mouvement primitif flamand et membre de l'Illustre Confrérie de Notre-Dame.

Son œuvre reste énigmatique, voire, en partie, incompréhensible. La création formelle et poétique semble chez lui inépuisable, se déployant en une infinité d'inventions extraordinaires. Le triomphe absolu de l'imagination. Cette conception de l'artiste inspiré et entièrement libre dans sa création est tout à fait moderne, inadaptée s'agissant d'un peintre du XVe siècle. Mais la puissance imaginative de Jérôme Bosch est irréductible et son œuvre demeure un défi pour les historiens qui multiplient les interprétations, sans entamer son mystère.

Au cœur de cet œuvre rayonne un Triptyque. Le Jardin des délices Ce titre se rapporte au célébrissime panneau central du triptyque, où l'on voit, au sein d'une nature infinie aux formes aberrantes et exquises, des hordes d'humains se livrer à mille jeux érotiques tout en se délectant de baies et de fraises géantes, au milieu d'oiseaux géants. Tout cela, empreint d'une grâce indescriptible, dans la fraîcheur d'un premier matin, sans une ombre de culpabilité. Un climat d'innocence, et un thème, totalement inédits.

Bosch est ainsi rapproché des milieux humanistes, de la pensée d'Erasme et de Thomas More. Le Jardin des délices serait, comme l'Utopia de More, une vision de ce que le monde pourrait être, s'il n'avait été corrompu par le mal. Récusant l'idée d'une « collection de devinettes » chez Bosch,

                                                                                  Bosnie-Herzégovine

État de l'Europe balkanique sur la mer Adriatique, la Bosnie-Herzégovine est limitée au sud par le Monténégro, à l'est par la Serbie, au nord et à l'ouest par la Croatie.
La Bosnie-Herzégovine est divisée en 2 entités : la Fédération de Bosnie-Herzégovine, comprenant les territoires croate et bosniaque, et la Republika Srpska ou République serbe.

Le pays est composé de trois nationalités de tradition religieuse différente : Musulmans ou Bosniaques (44 % en 1991 ; dotés du statut de nationalité en 1969), Serbes (31 % ; orthodoxes) et Croates (17 % ; catholiques). La viabilité du nouvel État a été compromise par la guerre civile, qui a entraîné destructions, déplacements de population débouchant sur une partition de fait sur des bases ethnico-religieuses.

Pays au relief compartimenté, pratiquement sans accès à la mer, la Bosnie-Herzégovine se répartit en quatre ensembles naturels nettement individualisés. Le tiers septentrional se rattache à la plaine pannonienne de l'Europe centrale ; il comprend le couloir de la Posavina, plaine alluviale orientée est-ouest, sur la rive droite de la Save. Cette riche région agricole, qui marqua longtemps la frontière des empires ottoman et habsbourgeois, est restée très rurale. Les villes se sont développées plus au sud, dans une zone de collines propice à la polyculture, située en bordure des affluents de la Save : Bihać sur l'Una, Banja Luka sur le Vrbas, Doboj sur la Bosna, Zvornik sur la Drina.

La Bosnie centrale, plus en retrait, forme un ensemble montagneux assez complexe, qui atteint 2 300 m d'altitude aux confins monténégrins. Cette région forestière et d'élevage constitue le cœur politique du pays, d'où la présence de villes souvent anciennes (Sarajevo, Travnik, Goražde) dans des sites d'accès malaisés.

Le haut karst de Bosnie et d'Herzégovine s'étend d'ouest en est, en plis parallèles à la côte adriatique. Région d'élevage ovin, où les terres cultivables se limitent à de maigres dolines et à quelques poljés de grande dimension (Clamoč, Livno, Nevesinje), c'est une zone d'émigration traditionnelle, actuellement très dépeuplée (20 habitants par km2).

La basse Herzégovine, karstique également mais mieux lotie en terres alluviales, jouit d'un climat méditerranéen (vigne, tabac, cultures maraîchères). À l'orée des montagnes, sur la Neretva, Mostar est le chef-lieu historique de l'Herzégovine. Tournée vers l'Adriatique, la région ne dispose que d'une façade maritime insignifiante de 21 km.

En situation périphérique par rapport au monde danubien aussi bien que méditerranéen, le bastion bosniaque a joué surtout un rôle militaire au cours des siècles. Le principal axe de pénétration nord-sud est formé par les vallées de la Bosna et de la Neretva, à la jonction desquelles Sarajevo s'est développée. Seule grande ville d'un pays dont l'essor fut tardif, la capitale bosniaque doit sa fortune à ses fonctions administratives et militaires, et, secondairement, au commerce et à l'artisanat, son industrialisation n'ayant commencé qu'après 1878 et surtout après 1945. Le siège dévastateur qu'elle a subi de 1992 à 1995 a paradoxalement projeté la ville dans la sphère de la mondialisation.

Contrairement à une idée reçue, la population de la Bosnie-Herzégovine est d'une grande homogénéité ethnique : ses habitants descendent des mêmes ancêtres et parlent la même langue (couramment appelée serbe, croate ou bosniaque, et, scientifiquement štokavien). En revanche, trois identités nationales se sont élaborées, qui épousent les clivages religieux (héritage du système ottoman des millet) : Serbes orthodoxes, Croates catholiques, Bosniaques musulmans. Leur proportion est passée, entre 1971 et 1991, de 37 à 31 % pour les Serbes, de 21 à 17 % pour les Croates, de 40 à 44 % pour les Bosniaques. Cette évolution tient au fait que les Serbes et les Croates de Bosnie ont souvent dirigé leur exode rural vers les centres industriels extérieurs à la république, à la différence des musulmans. Territorialement, les trois groupes nationaux étaient très imbriqués jusqu'en 1992. Leur profil démographique est le même : resté longtemps celui d'une société rurale traditionnelle, il se rapproche depuis les années 1960 du modèle occidental. Avec 1,2 enfant par femme, le taux de fécondité du pays est aujourd'hui la plus du monde.

Pays marginalisé pendant des siècles, la Bosnie n'a commencé à être mise en valeur qu'à partir de l'époque habsbourgeoise (1878-1918) : bois, sel gemme (Tuzla), fer (Ljubija). Le régime communiste a développé un combinat sidérurgique en Bosnie centrale (Vareš, Kakanj, Zenica). Quoique faisant partie des républiques pauvres de Yougoslavie, la Bosnie connaît à partir des années 1970 une prospérité unique dans son histoire, dont l'organisation des jeux Olympiques d'hiver à Sarajevo en 1984 est le symbole. La guerre de 1992-1995 l'a ruinée, provoquant destructions, massacres et déplacements massifs de population. Depuis l'arbitrage territorial de Dayton (novembre 1995), qui a entériné une partition de fait de la Bosnie-Herzégovine sur des bases ethnico-religieuses, le pays vit sous perfusion internationale et s'attelle, aujourd'hui, à une difficile reconstruction.

La Bosnie-Herzégovine dispose de peu de ressources (un peu de fer et de charbon) et l'industrie n'est guère développée. Le pays est pratiquement enclavé et donc largement dépendant des pays voisins pour les nécessaires échanges, essentiels à la vie économique.

En 2008, la Bosnie-Herzégovine a signé un accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne. Cet accord entérine le respect par la Bosnie-Herzégovine de quatre conditions : l'adoption de réformes dans le secteur judiciaire, dans la télévision, dans l'administration publique, et, surtout, dans la police. L'accord de stabilisation et d'association constitue la dernière étape avant une éventuelle reconnaissance du statut de candidat naturel à l'Union européenne.

La Bosnie, centre de la culture de Butmir au néolithique, tire son nom de la rivière Bosna (la Bosante de l'Antiquité), affluent de la Save. Elle fait partie de l'Empire romain puis de l'Empire byzantin.

Slavisée dès le vie siècle, elle est au xe siècle l'objet des ambitions de la Bulgarie, qui en annexe la frontière orientale (927) et impose sa suzeraineté au reste du pays, constitué en principauté par le Serbe Časlav (928-960). Elle fait partie ensuite de l'État croate. Les rois de Hongrie y établissent entre 1138 et 1463 (avec un intermède byzantin entre 1165 et 1180) une suzeraineté qui reste nominale et doivent respecter l'autonomie que maintiennent le ban Kulin (1180-1204) et Matej Ninoslav (vers 1233-vers 1250).

Au xive siècle, malgré la lutte pour le pouvoir opposant les grandes familles, la Bosnie assure son indépendance jusqu'à l'Adriatique grâce à Étienne II Kotromanić (1322-1353) et à son neveu Tvrtko Ier (1353-1391). Ce dernier se fait proclamer roi en 1377 et lutte avec les Serbes contre les Turcs ; sous son règne, le pays connaît une importante activité économique. Mais, après la mort de Tvrtko Ier, une période d'anarchie commence : les grands féodaux, qui soutiennent l'Église bosniaque (apparentée au bogomilisme) s'opposent au souverain, qui est généralement catholique. Contre l'Église bosniaque, le pape suscite des croisades.

Les dissensions politiques et religieuses favorisent la conquête de la Bosnie par les Turcs. Malgré les efforts d'opposition de Tvrtko II (1421-1443), d'Étienne Tomaš (1443-1461) et d'Étienne V Tomašević (1461-1463), la Bosnie doit, dès 1435, payer tribut aux Turcs, qui la conquièrent en quelques jours en 1463. Les marches organisées au nord par le roi de Hongrie Mathias Corvin tomberont au début du xvie siècle. Formé en 1435 par un noble local, Étienne Vukčić, le duché autonome d'Herzégovine (région de Hum) résistera aux Turcs jusqu'en 1482, mais sera finalement occupé par eux.

Sous les Turcs, la Bosnie bénéficie d'un statut spécial. Les conversions à l'Islam de nobles, mais aussi de paysans, sont nombreuses. Conformément à la tradition de l'islam, l'Empire ottoman tolère les autres religions du Livre et ne procède pas à des conversions forcées. Un certain nombre de Juifs, chassés d'Espagne en 1492, s'établissent d'ailleurs en Bosnie. Les non-musulmans sont cependant soumis au versement d'impôts spécifiques, en reconnaissance de la protection octroyée par le sultan, ce qui explique qu'un certain nombre de conversions répondent à des raisons fiscales, économiques et sociales. Des familles d'islamisés accéderont à de hautes fonctions dans l'Empire (Mehmed Sokolović, milieu xvie siècle).

L'islam en vigueur en Bosnie, comme dans tout l'Empire ottoman, est un islam sunnite de rite hanafite, mais des confréries soufies sont également actives dans le pays, parfois réprimées par les autorités ottomanes. Depuis, l'islam est devenu une composante majeure de l'identité du pays, marquant l'architecture, le paysage, mais aussi les mœurs et les usages.

Les villes et le commerce se développent. Mais, au cours de la guerre avec l'Autriche (1683-1699), le Prince Eugène incendie Sarajevo (1697) ; après le traité de Pozarevac (1718), qui met fin à une nouvelle guerre, l'Autriche occupe une frange au nord de la Bosnie, qu'elle rend aux Turcs en 1739.

À partir du recul des Turcs dans les Balkans au xviiie siècle, l'insubordination se répand parmi les dignitaires musulmans et la situation de la Bosnie se dégrade. Au xixe siècle, les réformes entreprises par les sultans suscitent l'hostilité de la noblesse musulmane, menacée dans ses privilèges ; malgré certaines réformes, la situation de la paysannerie reste très rude, d'où de fréquentes révoltes. En 1875, à la suite d'une famine, une insurrection éclate en Herzégovine, s'étend à la Bosnie et provoque l'entrée en guerre des Serbes et des Monténégrins, et une intervention russe contre les Turcs.

Pour prix de sa neutralité, l'Autriche-Hongrie, au congrès de Berlin (1878), obtient l'administration de la Bosnie-Herzégovine, tout en maintenant la suzeraineté turque ; elle annexera complètement la Bosnie en 1908. Mais la domination autrichienne est mal acceptée des Croates, et surtout des Serbes et des musulmans, dont certains émigrent vers l'Empire ottoman. Le nationalisme se développe ; un mouvement de Jeunes-Bosniaques se forme et aboutit à l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand (28 juin 1914), cause immédiate de la Première Guerre mondiale.

Le 1er décembre 1918, les territoires de Bosnie sont intégrés au nouveau « royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes ». Mais ce royaume ne reconnaît pas de frontières particulières à la Bosnie, ni de spécificité aux musulmans bosniaques qui doivent se déclarer soit serbes, soit croates. L'Organisation musulmane yougoslave, dirigée par Mehmed Spaho, participe à la plupart des gouvernements de coalition entre 1918 et 1928. L'administration régionale et surtout locale est entre les mains des royalistes serbes. D'autre part, le développement économique du pays reste modeste, malgré l'exploitation de ressources minières.

Afin de procéder à une centralisation du pouvoir, le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes se transforme en « Royaume de Yougoslavie ». Ainsi, à partir de 1929, un nouveau découpage administratif du pays est mis en place, ignorant les revendications d'autonomie de l'Organisation musulmane. Ce découpage permet, en outre, de confondre certaines frontières naturelles et historiques entre la Croatie et la Bosnie. Le pouvoir royal, qui manque de moyens financiers, doit affronter la crise de 1929. De plus, menant une politique autoritaire, la monarchie ignore les désirs d'indépendance des pays qu'elle gouverne. Dans ces conditions, la Bosnie ne peut pas se développer et reste un pays majoritairement agricole.

Le 6 avril 1941, Belgrade est écrasée par les bombes de la Luftwaffe. La Yougoslavie royale, qui avait maintenu sa neutralité au prix de multiples contorsions diplomatiques, est à son tour envahie par les forces de l'Axe. L'armée yougoslave, mal équipée et peu préparée, cède de toutes parts, 375 000 officiers et soldats yougoslaves sont faits prisonniers. L'agonie du royaume du jeune roi Pierre II Karadjordjevic aura duré onze jours. La capitulation est signée le 17 avril 1941, le roi et le gouvernement s'enfuient à Athènes (14 et 15 avril), puis à Londres.

Vaincu militairement, le pays est rapidement dépecé. La Bosnie-Herzégovine est attribuée à l'État croate indépendant, dont Hitler confie le gouvernement à Ante Pavelic, chef du mouvement ultranationaliste Oustacha, qui s'est développé en Croatie depuis 1929 contre l'autorité monarchique serbe. Le parti des Oustachi prône une politique fasciste et tente de gagner la bienveillance des musulmans de Bosnie, qu'il qualifie de « fleurons de la race croate ». Il organise, en revanche, des conversions forcées, des expulsions et des massacres à l'encontre des Serbes.

L'indépendance croate s'inscrit dans une spirale de violences et d'extermination des peuples non croates, dont les Serbes de Bosnie-Herzégovine sont les principales victimes ; plusieurs centaines de milliers d'entre eux périssent dans le camp de concentration de Jasenovac. La Bosnie-Herzégovine devient le théâtre d'une guerre entre Tchetniks, Oustachi et partisans communistes. Ces derniers forment les seules forces multi-ethniques et leur nombre augmente progressivement, surtout à partir de 1943. Le territoire de la Bosnie est le champ d'affrontements importants : bataille de la Kozara (juin 1942), de la Neretva (mars 1943), de Drvar (mai 1944).

En outre, entre l'automne 1944 et la fin du mois de mai 1945, des combats dévastateurs ont lieu entre les partisans communistes de Tito, soutenus par les Anglais depuis la conférence de Téhéran (1943), et les forces allemandes, alliées aux Croates.

C'est en Bosnie que vont se dessiner les contours et les fondements de la future Yougoslavie, lors des deux Conseils antifascistes de libération nationale (AVNOJ, Antifašističko veće narodnog oslobodjenja Jugoslavije) à Bihać (novembre 1942) et à Jajce (novembre 1943). Le 29 novembre 1943, date de la réunion à Jajce, est retenu comme la date officielle de la création de la République socialiste fédérative de Yougoslavie (RSFY) et demeurera jour de fête nationale jusqu'en 1992.

La Constitution yougoslave de 1945 reprend les principes énoncés lors du Conseil antifasciste de libération nationale de Jajce du 29 novembre 1943. La Bosnie-Herzégovine devient une des six républiques de la Fédération yougoslave. Les trois peuples qui la composent, Serbes, Croates et musulmans sont considérés comme bosniaques. Une distinction essentielle est, dès l'origine, inscrite dans la Constitution entre « peuple » ou « nation » (narodnost) et « citoyenneté ». Les « peuples » sont des « peuples constitutifs de la Fédération yougoslave » qui disposent, à ce titre, de « foyers nationaux » dans une ou plusieurs des Républiques. Ainsi, les Serbes disposent de foyers nationaux en Serbie, en Bosnie-Herzégovine et en Croatie. Cinq peuples sont retenus : les Slovènes, les Croates, les Serbes, les Macédoniens et les Monténégrins.

À l'inverse, bien que très nombreux, des groupes comme les Italiens d'Istrie, les Hongrois de Vojvodine ou les Albanais du Kosovo et de Macédoine (1,7 million en 1945) ne sont considérés que comme des « nationalités » puisqu'ils possèdent un berceau national hors de Yougoslavie. À la différence de la France, où les notions de citoyenneté et de nationalité sont synonymes, en Yougoslavie, la « citoyenneté » est une notion territoriale (on est citoyen de sa république de résidence), tandis que la nationalité désigne une appartenance ethnique.

Sous Tito, les musulmans de Bosnie jouissent d'une position relativement privilégiée, le régime communiste s'efforçant, sur le plan politique, de faire pièce aux deux « grands » nationalismes, serbe et croate. Les uniques conflits surviennent dans l'immédiat après-guerre après l'interdiction par les autorités du port du voile. Ainsi, une « nationalité musulmane » est-elle reconnue en 1971, tandis que le régime favorise les structures religieuses musulmanes dans le but de se concilier ses alliés arabo-musulmans du Mouvement des non-alignés. Un grand nombre de mosquées sont construites durant l'époque communiste, et l'Université de théologie islamique de Sarajevo poursuit ses activités sans heurts avec les autorités politiques.

Un programme ambitieux de reconstruction et d'industrialisation (sur le modèle soviétique) est mis en place dans le cadre d'un plan quinquennal à partir de 1945. Ce sont par exemple 65 000 personnes, dont de nombreux communistes européens, qui se portent volontaire pour construire la voie ferrée Samac-Sarajevo. Une importante migration s'opère des campagnes vers les nouveaux sites industriels de Zenica ou de Tuzla. Un autre flux migratoire a lieu en direction de la Vojvodine, où se trouvent de grandes propriétés agricoles, nationalisées puis distribuées en petits lots par les communistes.

Le régime titiste prône l'unité et la fraternité entre les peuples et combat toute résurgence du nationalisme. Il instaure aussi un système économique spécifique à partir des années 1950, marqué par l'autogestion et la notion de propriété sociale. Les entreprises n'appartiennent donc plus à l'État, comme dans les autres pays de l'Europe de l'Est, mais à ceux qui y travaillent. Ce modèle spécifique de socialisme sera récusé jusqu'en 1956 par les autres pays de l'Europe de l'Est communiste.

C'est en Bosnie que se trouvent les plus grandes entreprises, sur lesquelles s'appuie l'industrialisation massive. Par ailleurs, à partir des années 1960, d'importantes sociétés de construction bosniaques remportent de nombreux contrats à l'étranger, principalement au Moyen-Orient, concurrençant ainsi les sociétés occidentales. L'essor économique est aussi marqué par la multiplication d'industries chimiques et électrotechniques.

Mais, dans les années 1980, après la mort de Tito, des scandales financiers révèlent les faiblesses d'un système économique et politique basé sur le clientélisme. Symptomatique du malaise de l'économie yougoslave, l'« affaire Agrokomerc » est l'illustration de la faillite de tout un système. Entretenue par des crédits internationaux, la croissance économique des années 1960-1970 laisse place, à la fin des années 1980, à une hyperinflation qui influence la vie politique locale.

En 1990, de nouvelles forces politiques nationalistes se développent aux dépens des communistes et des partis « citoyens » (non ethniques). Lors des premières élections libres, les partis nationalistes sortent largement vainqueurs. Au Parlement, le parti d'Action démocratique (SDA) du leader musulman Alija Izetbegovic obtient 86 députés, le parti démocratique serbe (SDS) de Radovan Karadžić, 70, l'Union démocratique croate de Bosnie-Herzégovine (HDZ) de Stjepan Kljujić, 45, et les partis « citoyens », 37. Animés d'un anticommunisme commun, les partis nationaux avaient fait campagne ensemble. Ainsi A. Izetbegović, le futur président de la République bosniaque, a été invité à prendre la parole lors du congrès de fondation du SDS. Par ailleurs, de nombreux électeurs ont voté pour des candidats d'une autre « nationalité » que la leur (à Mostar et à Travnik, communes à majorité musulmane, des députés de la HDZ sont élus ; à Vitez, commune à majorité croate, c'est un député du SDA qui est élu). Le pouvoir est donc partagé, au sein d'une coalition gouvernementale, entre les différents partis nationalistes : le poste de président revient à Alija Izetbegović (SDA), celui de président du Parlement à Momčilo Krajišnik (SDS) et celui de Premier ministre à Jure Pelivan (HDZ).

L'éclatement de la fédération yougoslave, en juin 1991, pose la question de la survie de la République de Bosnie-Herzégovine. Le président de la présidence collégiale A. Izetbegović apparaît alors, avec le président macédonien Kiro Gligorov, comme l'un des derniers défenseurs de l'État fédéral, et propose un projet de « fédération asymétrique ».

Le SDS de R. Karadžić, dont les partisans ont déjà commencé à organiser les communes qu'ils contrôlent en « régions autonomes serbes », réclame soit le maintien de la Bosnie dans une Yougoslavie réduite, soit sa territorialisation sur une base ethnique. Divisés, les Croates de la HDZ souhaitent, les uns, l'indépendance, les autres, leur rattachement à la Croatie (deux « régions autonomes » croates, celle d'Herceg-Bosna et celle de Posavina, seront constituées en novembre 1991). Finalement, après des mois de paralysie, le Parlement bosniaque adopte, le 15 octobre 1991, une déclaration de souveraineté proposée par le SDA et soutenue par la HDZ et par les partis « citoyens ». Mettant à exécution ses menaces de démantèlement, le SDS constitue le 26 octobre 1991 un « parlement de la nation serbe en Bosnie-Herzégovine ». La Commission d'arbitrage de l'Union européenne exigeant un référendum d'autodétermination, celui-ci est organisé les 29 février et 1er mars 1992 : 62 % des inscrits et 98,9 % des suffrages – soit l'électorat musulman et croate – se prononcent en faveur de l'indépendance, les Serbes de Bosnie boycottent le scrutin.

Le 3 mars 1992, le Parlement bosniaque proclame l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine. Celle-ci est reconnue par la communauté internationale le 6 avril. Le même jour, les Serbes de Bosnie entament le siège de Sarajevo. Le 7, ils proclament une « République serbe de Bosnie », dirigée, depuis Pale, par R. Karadžić, élu président.

En quelques semaines, l'armée de la République serbe (Vojska Republike Srpske, VRS) placée sous le commandement du général Ratko Mladić et assistée par les milices de Zeljko Raznatović, alias « Arkan », et celles de Vojislav Šešelj, venues de Serbie, occupent 60 % du territoire bosniaque, à l'est et au nord. Elles se livrent à l'encontre des populations non serbes à de très nombreuses exactions (viols collectifs, exécutions sommaires, camps de détention, déplacements forcés), conférant à cette guerre l'allure d'un « nettoyage ethnique ». L'armée fédérale, désertée par ses cadres croates et bosniaques, combat ainsi au côté des insurgés serbes avant de se retirer, officiellement en mai 1992, sous la pression internationale et face à l'embargo (commercial, pétrolier et aérien) décrété par l'ONU (résolutions 757 et 787 du Conseil de sécurité). En réalité, l'essentiel de l'armement lourd et de nombreux « volontaires » restent sur place et sont incorporés à la VRS.

Malgré la vive émotion de la communauté internationale, aucune intervention n'est lancée pour empêcher les exactions des forces serbes. Il faut attendre le 29 juin 1992 pour que le Conseil de sécurité de l'ONU étende le mandat de la Forpronu (Force de protection des Nations unies déployée en Croatie) à la Bosnie-Herzégovine afin de permettre l'ouverture de l'aéroport de Sarajevo et l'acheminement de l'aide humanitaire.

En mai 1993, le Conseil vote la création de six « zones de sécurité » (Srebrenica, Goražde, Žepa, Tuzla, Bihać et Sarajevo), dans lesquelles la population civile doit, théoriquement, être protégée par la présence de Casques bleus. Mais ces mesures s'avèrent peu efficaces, de même que les cinq plans de paix successifs proposés en trois ans par les médiateurs internationaux successifs et refusés par les belligérants.

Durant la guerre, le patrimoine islamique est gravement endommagé, les nationalistes serbes et croates détruisant systématiquement les mosquées dans les zones qu'ils contrôlent. La propagande serbe et croate stigmatise le « régime islamiste » en place à Sarajevo. Si ces accusations n'ont jamais eu de fondements, il est vrai que le président A. Izetbegović est lié à des cercles spirituels islamiques professant une idéologie proche de celle des Frères musulmans. Dans sa fameuse Déclaration islamique, publiée en 1970, il tente de définir les principes de fonctionnement d'un État islamique.

Durant la guerre, certains réseaux du SDA sont en étroit contact avec différentes organisations islamistes internationales, notamment dans le but d'acheminer des armes en Bosnie. Dans le même temps, des volontaires affluent du monde entier en Bosnie pour participer à un djihad ou pour s'engager dans des organisations humanitaires musulmanes. Au sein de l'armée bosniaque, ces volontaires sans frontières sont regroupés dans la brigade El Moudjahid, très engagée dans les combats en Bosnie centrale contre les forces croates. Ils tentent de modifier les pratiques « laxistes » de l'islam local, voire même d'imposer leur vision de la charia. Jusqu'à la fin des années 1990, y compris après le retour à la paix, de petits « émirats islamiques » subsisteront, notamment en Bosnie centrale. En revanche, cette greffe islamiste ne prend guère dans la société locale.

De part et d'autre, on observe un phénomène de radicalisation. Les Serbes achèvent le « nettoyage » de la Bosnie orientale, où les Musulmans ne conservent que les enclaves de Goražde, Žepa et Srebrenica.

Côté croate, le camp favorable au partage de la Bosnie l'emporte, et la proclamation, le 3 juillet 1992, d'une « province autonome d'Herceg-Bosna » dans les régions sous contrôle croate provoque entre armées croate et musulmane, jusque-là alliées, des affrontements meurtriers pendant toute l'année 1993.

La diplomatie américaine fait pression sur les deux parties pour mettre fin à cette « guerre dans la guerre ». Des négociations parallèles entre représentants musulmans et croates aboutissent le 18 mars 1994 aux accords de Washington prévoyant la création d'une Fédération croato-musulmane, elle-même confédérée à la Croatie. Dans le même temps, la ville de Mostar, partagée en deux municipalités, l'une croate et l'autre musulmane, est placée pendant deux ans sous l'autorité administrative de l'Union européenne.

Constitué en avril, un groupe de contact (Allemagne, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) avance l'idée d'un partage territorial : 51 % pour la Fédération croato-musulmane, 49 % pour une « entité serbe à définir ». Le plan est accepté par S. Milošević mais rejeté par la « République serbe de Bosnie » malgré les injonctions de Belgrade, qui rompt avec elle.

Après une période de relative accalmie jusqu'au printemps 1995, les Serbes de Bosnie reprennent en mai leurs bombardements sur les villes bosniaques, notamment Sarajevo, et font prisonniers 370 Casques bleus de l'ONU. Malgré la création d'une force de réaction rapide pour appuyer la Forpronu (15 juin), ils parviennent à enlever, le 11 juillet, l'enclave de Srebrenica, où les civils sont abandonnés et plus de 7 000 hommes froidement exécutés par les forces du général Ratko Mladić, puis le 26, l'enclave de Žepa, révélant ainsi la tragique impuissance de la communauté internationale à remplir ses engagements.

À partir du mois d'août, toutefois, la situation militaire se renverse. Du 5 au 8, les Croates reconquièrent la quasi-totalité des fragments de leur pays occupés par les Serbes (Krajina) et désenclavent ainsi la poche bosniaque de Bihać. Après le bombardement meurtrier d'un marché de Sarajevo (28 août 1995), les frappes aériennes massives sur les infrastructures bosno-serbes permettent aux armées croate et bosniaque de reprendre 15 à 20 % du territoire. Un cessez-le-feu véritable est signé en octobre, puis les présidents serbe S. Milošević (représentant les Serbes de Bosnie), croate F. Tudjman et bosniaque A. Izetbegović, réunis pendant un mois sur une base militaire aux États-Unis, sont contraints de conclure les « accords de Dayton ».

Ratifiés à Paris le 14 décembre 1995, les accords de Dayton entérinent un État de Bosnie-Herzégovine composé de deux entités – la Fédération de Bosnie-Herzégovine (représentant les territoires croate et musulman, soit 51 % du pays), et la Republika Srpska (RS, 49 % du territoire) – dotées d'institutions communes (présidence collégiale, Parlement, Banque centrale, etc.), mais disposant chacune de leur Constitution, de leurs forces armées et pouvant nouer des rapports privilégiés avec les États voisins, la Croatie et la République fédérale de Yougoslavie.

La nouvelle Constitution de la Bosnie-Herzégovine (et la Fédération croato-musulmane depuis sa création, en 1994), renomme les Musulmans Bosniaques ; la citoyenneté de la Bosnie-Herzégovine, se voit, quant à elle, désignée par le terme Bosanci, en français Bosniens. Des élections doivent être organisées dans les six mois qui suivent la signature des accords. La mise en œuvre du volet militaire est garantie par l'Ifor (Implementation Force), placée sous commandement de l'OTAN et déployée pour une durée d'un an (prenant le relais de la Forpronu). Celle du volet civil est garantie par une force de police internationale et des observateurs civils, dans le cadre de la Mission des Nations unies en Bosnie-Herzégovine (Minubh).

Les accords de Dayton mettent fin à une guerre dont le bilan serait de l'ordre de 100 000 à 250 000 morts auxquels s'ajoutent 2,4 millions de réfugiés et de personnes déplacées. Ils définissent des principes tels que le retour des réfugiés et la liberté de circulation entre les diverses entités de la Bosnie. Or, malgré des tentatives pour l'unifier (introduction d'un mark convertible, interdiction de plaques d'immatriculation différenciées), le territoire demeure compartimenté en zones « ethniques ».

Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, le nombre de retours effectifs de réfugiés et de personnes déplacées pour 1996 et 1997 serait respectivement de 250 000 et 200 000. En 2006, plus d'un million de personnes sont rentrées. Cependant, le plus souvent, ces réfugiés ne retournent pas dans leur foyer, mais se réinstallent dans des régions où leur groupe est majoritaire. Et malgré la Loi sur la propriété, qui stipule que les propriétaires qui ont fuit leur région d'origine peuvent reprendre possession de leurs biens occupés par autrui, lorsqu'il reviennent dans leur région d'origine, c'est souvent pour vendre leur domicile et se réinstaller ailleurs. De plus, le climat d'insécurité et l'instabilité socio-économique contribuent à rendre les retours précaires.

Après trois ans de guerre, le visage de la Bosnie-Herzégovine est profondément modifié. Au recensement de 1991, sur une population de 4 365 000 individus, 43,7 % sont Musulmans, 31,4 % sont Serbes, 17,3 % Croates, 5,5 % se disent « Yougoslaves ». Autrefois étroitement mélangées, ces communautés sont aujourd'hui regroupées dans de larges régions « ethniquement pures ». 96 % de la population de la RS est serbe. Des 220 000 Croates présents sur le territoire avant le conflit, il n'en reste plus que 85 000. De même, 72 % des Bosniaques sont installés dans la Fédération croato-musulmane, et Sarajevo – qui se vantait d'être avant la guerre la « Jérusalem des Balkans », multiculturelle et multiconfessionnelle –, concentre désormais 85 % de Musulmans contre 49 % au début des années 1990.

Les élections de septembre 1996 – appelées à désigner les membres de la présidence collégiale de l'État, du Parlement de Bosnie-Herzégovine et des Parlements de chacune des deux entités – renforcent dans chacune des communautés le pouvoir des nationalistes, dont deux au moins (Serbes et Croates) sont hostiles à l'unité du pays. Au terme de ce scrutin, le Bosniaque A. Izetbegović, le Croate Krešimir Zubak et le Serbe Momčilo Krajišnik sont élus à la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine. Arrivé en tête, A. Izetbegović devient président de cette autorité exécutive et donc chef de l'État (pour deux ans). Biljana Plavšić, successeur de R. Karadžić – celui-ci ayant renoncé officiellement à ses mandats en juillet 1996, plus d'un an après son inculpation par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), pour génocide et crimes contre l'humanité –, est élue à la tête de la RS.

À la fin de 1996, le mandat du contingent international est renouvelé, l'Ifor laissant la place à la Sfor, force de stabilisation de la paix, investie d'une mission de dix-huit mois.

Les élections générales de septembre 1998 aboutissent à des résultats assez contrastés. Même si le succès de représentants plutôt modérés des trois communautés à la présidence collégiale semble encourageant, avec les victoires du Bosniaque A. Izetbegović, du Croate Ante Jelavić et du Serbe Živko Radisić, en revanche, l'élection de l'ultranationaliste Nikola Poplašen à la présidence de la RS constitue un grave revers pour l'application des accords de Dayton. Début 2000, Mirko Sarović remplace N. Poplašen, destitué un an plus tôt par le haut représentant civil en Bosnie, alors que la RS traverse une sérieuse crise politique et institutionnelle.

Aux élections parlementaires et cantonales de novembre 2000, le parti social-démocrate (SDP)– seule formation en lice revendiquant l'idéal communautaire – devance de justesse le SDA au Parlement de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, sans obtenir pour autant la majorité. Pour la première fois depuis dix ans, le pays se dote, en février 2001, d'un gouvernement non nationaliste, élu grâce aux voix des députés de l'Alliance pour le changement, une coalition réformiste et multiethnique. Hormis cette timide évolution, ces élections consacrent la domination des nationalistes et soulignent la division d'un pays profondément marqué par la guerre. Ainsi, en mars 2001, tandis que la RS et la République fédérale de Yougoslavie signent un « accord spécial », renforçant les idées séparatistes, les nationalistes croates de la Fédération de Bosnie-Herzégovine décident de s'octroyer un statut d'autonomie, avec, à terme, un Parlement et un gouvernement propres.

A. Jelavić, membre de la présidence collégiale, est destitué en raison de son soutien aux projets indépendantistes croates et remplacé par Jozo Križanović (SDP) en avril 2001. Le Bosniaque, Beriz Belkić, un modéré, remplace Halid Genjac, qui assurait l'intérim à la présidence collégiale depuis la démission en octobre 2000 de A. Izetbegović.

Le 27 juin 2001, la Bosnie-Herzégovine signe un accord douanier prévoyant son intégration dans une zone de libre-échange avec l'Albanie, la Bulgarie, la Croatie, la Macédoine et la république fédérale de Yougoslavie. Le 24 avril 2002, elle devient le 44e membre du Conseil de l'Europe.

Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, la traque des islamistes s'intensifie en Bosnie. Parallèlement à ces courants islamistes internationaux, l'islam local de Bosnie doit se réorganiser. Avant la guerre, la plus haute autorité de l'islam était le reisu-l-ulema (chef des ulémas) de Yougoslavie. En 1993, Mustafa Cerić est élu rais de Bosnie-Herzégovine. Très actif sur la scène locale et internationale, il s'applique à renforcer les structures de l'islam (construction de mosquées, ouverture de madrasa). Dans le même temps, il se pose comme le porte-parole d'un « islam européen » à l'identité pourtant incertaine. La pratique religieuse régulière demeure minoritaire, mais se situe à un niveau bien supérieur qu'avant la guerre, tandis que les militants radicaux poursuivent un travail patient d'implantation. Dans le même temps, les différentes formes de soufisme connaissent un renouveau marqué, aussi bien parmi certaines couches intellectuelles que parmi les anciens combattants de l'armée bosniaque.

Les élections générales du 5 octobre 2002 – les premières à être organisées par les Bosniens eux-mêmes et non par les organisations internationales – consacrent, une nouvelle fois, sept ans après la fin de la guerre, la victoire des partis nationalistes : le Bosniaque Sulejman Tihić (SDA), le Croate Dragan Čović (HDZ) et le Serbe Mirko Sarović (SDS) sont élus à la présidence collégiale, M. Sarović étant président de la présidence pour les huit premiers mois, selon le système de rotation en vigueur. Toutefois, mis en cause dans deux scandales, dont l'un est lié à la violation de l'embargo sur les armes vers l'Iraq, il est contraint de démissionner en avril 2003. Borislav Paravac, vice-président du Parlement fédéral, lui succède.

En janvier 2003, l'Union européenne prend le relais de la Minubh et met en place une mission de 500 hommes chargée de réformer les forces de police et d'aider à la lutte contre la corruption et le crime organisé (European Union Police Mission, EUPM). Lors du Conseil européen de Thessalonique (19-21 juin 2003), est réaffirmée l'idée que les Balkans ont vocation à rejoindre l'Union européenne, dès qu'ils répondront aux critères établis. À ceux exigés de l'ensemble des États ex-yougoslaves s'ajoutent – dans le cas de la Bosnie-Herzégovine – la réforme de son administration et de sa justice et la réunification de son espace économique ; en novembre de la même année, la Bosnie-Herzégovine se voit proposer une étude de faisabilité en 16 points devant déboucher sur un Accord de stabilisation et d'association (ASA), son adhésion à l'Union européenne étant alors envisagée pour 2009. Elle est par ailleurs invitée à unifier ses forces armées pour prétendre adhérer au Partenariat pour la paix de l'OTAN.

Alors que, face à cette perspective, la plupart des acteurs politiques s'engagent à trouver un consensus politique, ne fût-il que formel, les accords de Dayton sont périodiquement remis en question – pour des raisons différentes – tant par la HDZ que par les partis nationalistes de la RS. Paddy Ashdown, le nouveau haut représentant de l'ONU depuis le 27 mai 2002, obtient quelques avancées, telle que la réunification de Mostar promulguée en janvier 2004. Mais devant l'incapacité des hommes politiques bosniens à appliquer les dispositions de Dayton, P. Ashdown utilise massivement les pouvoirs de Bonn, attribués en 1997 au haut représentant pour licencier les politiciens et les fonctionnaires coupables d'obstructionnisme à l'égard du processus de paix et pour imposer, par décret, des décisions et des lois en cas de manque d'accord entre les parties. Peu utilisées auparavant, ces prérogatives deviennent, avec P. Ashdown, un instrument de développement des institutions par « décret ».

Si ces décisions arbitraires ont le mérite de poursuivre la mise en place des dispositions de Dayton, les conséquences négatives de ces pratiques sont nombreuses. Outre une violation évidente de la souveraineté bosnienne, elles ne favorisent pas l'émergence d'une nouvelle génération d'hommes politiques bosniens efficaces et responsables. De plus, si le haut représentant a la capacité de promulguer des décrets, il n'a pas la capacité de les appliquer.

En juin 2004, la RS reconnaît – pour la première fois depuis la fin de la guerre – le massacre, par les forces serbes bosniaques, de « plusieurs milliers de musulmans » à Srebrenica en 1995, sans évoquer toutefois la qualification de génocide, retenue par le TPIY. Devant les tentatives restées infructueuses de capturer R. Karadžić, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, et son comparse, R. Mladić, leur chef militaire, P. Ashdown – dont le but est de réformer les services de police et de sécurité, voire les institutions de l'entité serbe – intensifie sa pression et gèle, en avril, les avoirs du SDS. À la suite du « non » de l'OTAN à l'accession de la Bosnie-Herzégovine au Partenariat pour la paix (sommet d'Istanbul des 28 et 29 juin), il limoge, en juillet et en décembre, une soixantaine de responsables de l'entité serbe et exige de cette dernière un rapport sur les protections dont ont bénéficié les criminels en fuite. Enfin, il fixe à 2005 la création d'une seule armée et d'une seule police au niveau de l'État central et l'abolition des ministères de la Défense et de l'Intérieur dans les deux entités. À son invitation, l'Union européenne – qui, depuis décembre, a pris le relais de l'OTAN en Bosnie – et Washington interdisent de visas les responsables des principaux partis de la RS ou gèlent les avoirs d'individus soupçonnés de liens avec R. Karadžić. Ces sanctions entraînent en Republika Srspka une crise – démission du Premier ministre Dragan Mikerević, suivie de celle de l'ensemble de la représentation serbe au gouvernement central, et collecte de signatures pour réclamer l'indépendance de la RS –, qui s'achève avec la nomination de Pero Bukejlović (SDS), à la tête d'un nouveau gouvernement en février 2005.

Aux élections d'octobre 2006, le leader du parti pour la Bosnie-Herzégovine (SBH), ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Haris Silajdzić, remporte le scrutin de la présidence collégiale de la République de Bosnie-Herzégovine avec 62,1 % des suffrages au sein du collège musulman. Nebojša Radmanović (parti des sociaux-démocrates indépendants, SNSD), avec 54,8 % des voix, est l'élu du collège serbe, tandis que Željko Komšić (SDP), avec 40,8 % des suffrages, remporte l'élection au sein du collège croate, devançant de peu Ivo Miro Jović (HDZ). H. Silajdzić et Ž. Komšić sont des partisans d'une Bosnie-Herzégovine unitaire tandis que la formation de N. Radmanović est favorable à un référendum sur la sécession des territoires serbes.

En RS, le SNSD, formation du Premier ministre Milorad Dodik, devance les forces nationalistes traditionnelles, le parti démocratique (SDS) du président sortant de la RS, Dragan Čavić, et le parti radical (SRS). Longtemps considéré comme un « modéré », le leader du SNSD a cependant fait campagne en agitant la menace de l'organisation d'un référendum sur l'indépendance de la RS. Milan Jelić (SNSD) remporte l'élection présidentielle de l'entité serbe et le SNSD s'impose aux élections de l'Assemblée nationale, chambre unique du Parlement serbe, en recueillant plus de 40 % des suffrages. La domination du SNSD est confirmée le 9 décembre 2007 avec l'élection de Rajko Kuzmanović comme président de l'entité serbe, en remplacement de M. Jelić, décédé le 30 septembre 2007. De la sorte, le SNSD exerce une domination politique totale sur la RS.

À l'issue des élections de 2006, bien que de nouvelles formations politiques soient arrivées au pouvoir en lieu et place des formations nationalistes historiques, le débat politique n'a cependant pas évolué et le duel Silajdzić/Dodik se résume, comme toujours à l'alternative entre l'unité et l'éclatement de la Bosnie-Herzégovine.

Alors que le pays est frappé par une redoutable crise économique, fortement affecté par la fuite des cerveaux, et semble privé de perspectives politiques crédibles à court terme, sa classe politique est également affectée par une dérive affairiste. Plusieurs affaires de privatisations douteuses éclatent en RS (Télécoms, raffinerie de Brod), mettant directement en cause M. Dodik et son proche entourage, constitué pour l'essentiel de « fidèles », originaires, comme lui, de la petite ville de Laktasi.

La Bosnie-Herzégovine se trouve à la croisée des chemins. Pour assurer son unité et intégrer les structures européennes, elle doit réformer les institutions de Dayton en donnant la primauté à l'État central face aux pouvoirs des entités. Cependant, ni le Premier ministre de la RS, M. Dodik, ni les réseaux extrémistes croates ne semblent prêts à œuvrer à une unification de l'État bosnien. Les Croates réclament au contraire, depuis la signature des accords de Dayton, la création d'une troisième entité et le gouvernement de l'entité serbe agite épisodiquement la menace d'un référendum d'autodétermination qui scellerait la disparition de la Bosnie-Herzégovine.

Depuis la sécession et l'indépendance du Kosovo, le 17 février 2008, M. Dodik dispose de fait d'atouts considérables sur la scène politique bosnienne. L'homme fort de Banja Luka contrôle tous les organes politiques de la RS et peut compter sur une population majoritairement favorable à une sécession de l'entité serbe. Le 21 février 2008, le Parlement de RS adopte une résolution précisant qu'il se réserve la possibilité d'organiser un référendum d'autodétermination si l'existence de l'entité était mise en danger. Une menace qui suffit à bloquer toute tentative d'unification des structures politiques et administratives de la Bosnie-Herzégovine et tout transfert de compétence des entités vers l'État central.

Au niveau régional, la Bosnie-Herzégovine adopte des positions contradictoires qui reflètent ses divisions internes. La RS s'oppose ainsi catégoriquement à toute reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par l'État bosnien et soutient les positions de Belgrade, alors que dans le même temps les dirigeants de la fédération entretiennent des relations toujours tendues avec la Serbie. On s'indigne à Sarajevo que la Serbie, considérée comme la principale responsable de la guerre de Bosnie, ait signé le 29 avril 2008 un ASA avec l'Union européenne. Il est vrai que, dans le même temps, le dossier bosnien était retardé par des « problèmes techniques ».

Ces blocages politiques récurrents ont conduit à repousser la fermeture du Bureau du haut représentant international, un temps annoncé pour 2007. L'Union européenne nomme, au contraire, le 30 juin 2007 le diplomate slovaque Miroslav Lajčák, un habitué des Balkans, en remplacement de l'Allemand Christian Schwarz-Schilling, fortement critiqué pour sa passivité.

Le nouvel homme fort de Sarajevo s'est immédiatement attelé à négocier la réforme de la police, en suspens depuis trois ans. Après plusieurs mois de négociations et de multiples pressions, les deux chambres du Parlement ratifient le 16 avril 2008 les deux lois de la réforme, malgré l'opposition du SDS, du SDA et du SDP. Dans les faits, cet accord résulte de compromis qui ont vidé la réforme de tout contenu. Les forces de police seront placées sous la responsabilité des deux entités qui constituent la Bosnie-Herzégovine mais des structures de coordination seront créées au niveau de l'État central. De plus, cette réforme ne rentrera en vigueur qu'après l'adoption d'une nouvelle Constitution, ce qui laisse augurer de longs débats. Ce compromis permet cependant à la Bosnie-Herzégovine de signer le 16 juin 2008 un ASA avec l'Union européenne, après tous les autres États issus de l'ex-Yougoslavie.

Depuis quelques années, la Bosnie-Herzégovine cherche en effet à s'intégrer progressivement aux organes de coopération régionaux. Fin novembre 2006, elle est invitée à Riga, avec le Monténégro et la Serbie, à rejoindre le Partenariat pour la paix de l'OTAN. Le 19 décembre 2006, à Bucarest, elle signe avec la Serbie, le Monténégro, l'Albanie et la Moldavie les Accords européens de libre-échange (CEFTA), rejoignant ainsi la zone de libre commerce de l'Europe centrale et orientale qui réunit 30 millions de consommateurs. Des partenariats permettront peut-être d'œuvrer à une consolidation politique de l'État bosnien, en attendant une intégration à l'Union européenne, un objectif qui demeure le seul projet susceptible de transcender, un jour, les divisions nationales.

Malgré les quelques progrès enregistrés en 2008 (notamment l'arrestation de R. Karadžić à Belgrade par les autorités serbes le 21 juillet, après 11 années de cavale), les blocages politiques persistent, tandis que le Slovaque Miroslav Lajčák, nommé ministre des Affaires étrangères de son pays, quitte la Bosnie le 29 janvier 2009, où il est remplacé par l’Autrichien Valentin Inzko.

Conséquence de l'échec des partis politiques à s’entendre sur les réformes les plus urgentes réclamées par l’UE, le pays est exclu de la libéralisation du régime des visas Schengen, accordée le 19 décembre 2009 à la Serbie, au Monténégro et à la Macédoine. La réforme du cadre institutionnel de Dayton est désormais un sujet ouvert, mais les propositions de « régionalisation » du pays sont interprétées de manières très différentes : alors que les Bosniaques y voient l’opportunité de dépasser les « entités », les dirigeants de la RS entendent au contraire renforcer les compétences de leur entité. Même la tentative lancée le 20 octobre 2009 par les diplomates européens et américains de réunir tous les dirigeants du pays à Butmir, près de Sarajevo, lors d'une rencontre « de la dernière chance » présentée comme un « second Dayton », reste vaine. La crise politique se poursuit, rythmée par les passes d’armes verbales entre les dirigeants de RS et les représentants internationaux. Ce statu quo délétère bloque les réformes et condamne le pays à un dangereux immobilisme, éloignant toujours plus la perspective européenne.

Dans le même temps, la crise économique aggrave encore la situation sociale. Un accord conclu avec le FMI (mars 2009), prévoyant le déblocage d’un prêt de 1,3 milliards d’euros, doit permettre sauver les budgets publics de la banqueroute, mais au prix d’une sévère politique d’austérité, d’une réduction du nombre des fonctionnaires et de coupes drastiques dans les budgets sociaux.

Le 28 décembre 2009, la Bosnie-Herzégovine est condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour discrimination envers les Juifs et les Roms (arrêt « Sejdić-Finci »)  : la Constitution bosnienne stipule que seuls les membres des trois peuples constitutifs (Bosniaques, Croates et Serbes) peuvent être candidats à la présidence et à la Chambre des peuples (Dom Naroda) de l’Assemblée parlementaire, tandis qu'elle refuse ce droit aux minorités.

Preuve supplémentaire des problèmes structurels posés par l'incohérence inhérente à la Constitution, l'incapacité de former un gouvernement après les élections générales du 3 octobre 2010. Si le SNSD de Milorad Dodik confirme une nouvelle fois sa mainmise sur la RS, en Fédération, aucune majorité ne permet la constitution d'un gouvernement. Le SDP de Zlatko Lagumdžija, sorti vainqueur des élections, propose en décembre 2010 une plateforme de coopération au SDA de Bakir Izetbegović, le fils de l'ancien président bosniaque, ainsi qu'à deux autres petits partis minoritaires. Considéré par les Européens comme un nationaliste « modéré », B. Izetbegović, a devancé, au sein de l'électorat bosniaque, le parti pour la Bosnie-Herzégovine (SzBiH) de Haris Silajdžić et surtout l'Alliance pour un avenir meilleur (SBB) du magnat de la presse Fahrudin Radončić.

Bien que disposant d'une majorité au Parlement de la Fédération, l'alliance SDP/SDA doit faire face à l'obstruction des deux partis nationalistes croates, le HDZ-BiH et le HDZ-1990. Ceux-ci, officiellement réconciliés après s’être déchirés pendant des années, sont majoritaires dans 4 cantons (sur les 10 formant la Fédération), et refusent de désigner leurs délégués à la Chambre des peuples de l’entité, bloquant ainsi le fonctionnement des institutions de la Fédération.

Au niveau du gouvernement central, l'impasse est également totale. Aucun rapprochement n'a pu, jusqu'en mars 2011, être envisagé entre les deux partis sortis vainqueurs des élections, le SDP de Zlatko Lagumdžija dans la Fédération, et le SNSD de Milorad Dodik, en RS. Le premier souhaite lancer des réformes pro-européennes et, fort de sa victoire électorale, revendique la direction du gouvernement. Le second entend répartir les postes entre tous les partis représentatifs des trois peuples de Bosnie-Herzégovine et demande que le Premier ministre soit un Croate – en l’occurrence Dragan Čović – selon le principe (non écrit) de la rotation « ethnique » des fonctions.

Zlatko Lagumdžija reçoit l'accord des quatre partis qui adhèrent à la plate-forme du SDP. Milorad Dodik bénéficie, quant à lui, de l’appui de presque tous les partis de la RS et des deux branches du HDZ dont il soutient la revendication de création d’une « troisième entité » croate, dans la mesure où celle-ci ne remettrait pas en cause les limites de la RS. Chacune de ces alliances dispose d’un nombre équivalent de voix à la Chambre des représentants de Bosnie-Herzégovine (17 ou 16), insuffisant toutefois pour atteindre la majorité nécessaire à la formation d’un gouvernement (22). Les autres voix se répartissent entre le SBB et le SzBiH.

Le blocage du système politique bosnien apparaît ainsi plus flagrant que jamais. À la contradiction inhérente aux accords de Dayton entre démocratie citoyenne et représentation « ethnique », s’ajoute la protection de puissants intérêts privés sous couvert de défense de grands principes nationaux.

Ce blocage politique semble prendre fin en janvier 2012 avec l’élection du Croate Vjekoslav Bevanda (HDZ), au poste de Premier ministre mais les institutions centrales restent paralysées entre juin et novembre. L’année suivante, la Fédération connaît à son tour une nouvelle crise pendant plusieurs mois. Le rapport annuel de la Commission européenne (octobre 2013) sur les progrès réalisés par le pays quant au respect des critères de Copenhague et des conditions prévues par l’ASA (ratifié en 2011 mais dont l’entrée en vigueur est alors suspendue dans l’attente d’une mise en conformité de la Constitution avec l’arrêt « Sejdić-Finci ») reste très sévère.

Cet immobilisme conduit à d’importantes manifestations en février 2014 d’abord à Tuzla puis s’étendant à Sarajevo et à plusieurs autres villes du pays. Alors que le chômage frappe toujours 60 % de la jeunesse, elles témoignent d’une exaspération croissante face à l’inaction des élites, la corruption et la criminalité, les salaires impayés et prennent un tour violent avec de nombreux blessés et l’incendie de bâtiments publics. Dans leur sillage, des « plenums citoyens » se constituent : parmi les revendications exprimées, la réforme de la Fédération et des cantons, la démission de responsables locaux et un contrôle renforcé des finances publiques viennent au premier plan. Mais, si ce réveil de la société civile tend à transcender les divisions ethniques, il s’enlise et ne parvient pas à ébranler l’inertie de la classe politique. Alors que le rapport annuel de l’UE sur l’évolution politique et institutionnelle pointe toujours la lenteur des réformes, les élections d’octobre 2014 ne présagent aucun changement décisif. L’abstention (en hausse) facilite la reconduction des dirigeants en place – sortants ou de retour au premier plan – et des partis nationalistes. Ainsi, B. Izetbegović est réélu avec 32,7 % des voix et le SDA progresse dans la Fédération (27,8 % des suffrages) à la différence du SDP qui recule fortement derrière le SBB de F. Radončić (arrivé deuxième avec 14,7 % des voix) et le Front démocratique de Željko Komšić (nouveau parti transcommunautaire, issu d’une scission du SDP en 2013, 12,9 %), la coalition croate menée par le HDZ arrivant en cinquième position devant le HDZ-1990. Parmi les candidats croates à la présidence collégiale, l’ancien président D. Čović (HDZ-BiH) s'impose.

Dans la République serbe, le président M. Dodik est reconduit, de justesse toutefois, devant Ognjen Tadić, représentant (SDS) de l’opposition réunie dans l’Alliance pour le changement. Si son candidat est défait au niveau central par l’opposant Mladen Ivanić (parti du Progrès démocratique, PDP) qui l’emporte sur le fil, il n’en reste pas moins que son parti SNSD, bien qu’en recul, devance ses concurrents aussi bien aux élections fédérales que dans l’entité serbe. Željka Cvijanović (SNSD), est ainsi reconduite à la tête du gouvernement de coalition de la RS, en décembre.

Ce n’est qu’en février 2015 que les partis parviennent à se mettre d’accord sur la désignation de Denis Zvizdić (SDA) comme Premier ministre au niveau central. Prenant acte de l’incapacité des partis à s’entendre sur la réforme constitutionnelle, la Commission européenne (tout en maintenant son exigence du respect des droits des minorités) assouplit sa position et demande désormais au nouveau pouvoir de s’engager fermement et prioritairement sur les réformes économiques et sociales, un préalable à l’entrée en vigueur de l’ASA. Le 23 février, le Parlement adopte une déclaration dans laquelle il s’engage à œuvrer dans ce sens, ouvrant la voie à un déblocage de la situation au niveau européen. Un gouvernement de coalition peut être finalement formé en mars, tant au niveau central et qu’à celui de la Fédération.

                                                                                                   Bosphore

Détroit faisant communiquer la mer Noire et la mer de Marmara, et qui sépare la partie européenne de la Turquie de sa partie asiatique.

Long d'une trentaine de kilomètres et large de 300 à 3 000 m, c'est une vallée fluviale qui fut envahie par la mer à une époque très récente (quaternaire supérieur). La profondeur maximale est de 105 m. On y observe un courant de surface formé par les eaux relativement douces de la mer Noire, qui s'écoulent vers la mer de Marmara et la mer Égée. Un contre-courant d'eaux salées profondes se dirige vers la mer Noire. Encaissé entre des rives pittoresques, le Bosphore est enjambé aujourd'hui par deux ponts routiers, reliant Istanbul à ses banlieues de la rive asiatique. 60 000 navires y transitent chaque année, ainsi que 100 millions de tonnes d'hydrocarbures. La circulation est interdite la nuit et la taille des navires est limitée.

                                                                                                  Bosso Patrick

Né à Marseille (France) le 12/10/1962

Patrick Bosso est un humoriste et acteur français d'origine italienne. Il s'est également essayé à la réalisation de court-métrage.

Patrick Bosso grandit à Marseille, où il enchaîne les petits travaux durant sa jeunesse. Tour à tour coursier, livreur, plongeur ou encore serveur, il fait le choix de prendre des cours de théâtre en 1989 sous la direction de Niels Arestrup. Peu de temps après, il met au point un one-man-show intitulé "Bosso c'est méchant", qu'il jouera au théâtre Marie Stuart. Bien que soutenu financièrement par Eric Cantona, son spectacle est un échec. Il décide alors de mettre sa carrière de côté et de retourner à ses petits boulots.

Après une période de réflexion, Patrick Bosso retourne sur scène et joue successivement entre 1992 et 1995 dans "Oh ! Bonne Mère" au Théâtre de la Renaissance, "Et voilà !!!" au Théâtre de Dix Heures, "Brèves de comptoir" au Théâtre des Célestins, puis dans "Qui ?? Moi !" au Palais des Glaces. Mais c'est en 1997 que l'humoriste se fait véritablement connaître du grand public avec le spectacle "Les Talons devant". Ce dernier succès lui permet de faire son apparition à la télévision en 1998 dans "La Grosse émission", en compagnie des Robins des Bois. C'est là qu'il fera la connaissance de Pef (Pierre-François Martin-Laval), qui mettra en scène son one-man-show "Bosso exagère trop !", en 2000. Par la suite, Patrick Bosso enchaînera les spectacles, mais également les apparitions au cinéma et notamment dans Bienvenue chez les Ch'tis en 2008.

                                                                                                  Bossuet Jacques Bénigne

Né à Dijon (France) le 27/09/1627 ; Mort à Paris (France) le 12/04/1704

Jacques-Bénigne Bossuet est un prélat, prédicateur et écrivain français. Issu d'une famille de magistrats, il étudie au collège des jésuites de Dijon avant de rejoindre le collège de Navarre à Paris à l'âge de 15 ans. Il s'intéresse à la philosophie et à la théologie. En 1648, il abandonne la vie mondaine et est ordonné sous-diacre à Langres. Quelques années plus tard, il devient archidiacre de Sarrebourg (1652) et de Metz (1654).

Au fil des ans, il construit sa notoriété à partir des sermons qu'il prononce et ses panégyriques de saints. En 1669, il est nommé à l'évêché de Condom, dans le Gers. Il abandonne son poste un an plus tard pour devenir précepteur de Louis de France, le Grand Dauphin, fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse.

Parfois surnommé l'"Aigle de Meaux", Bossuet pénètre dans le cercle fermé du roi pendant ce préceptorat. Il attache une grande importance à l'enseignement de l'histoire et instruit le prince en lui racontant l'histoire des rois qui se sont succédés, tout en prenant soin d'en tirer avec lui les conclusions politiques et morales.

En 1681, il est nommé évêque de Meaux et se consacre avec conviction à ses activités pastorales. Des réflexions d'ordre religieux, politique et spirituel ne cessent d'occuper son esprit. En 1688, il publie l'"Histoire des variations des églises protestantes et les avertissements aux protestants".
Grand orateur, Bossuet expose sa théorie de l'éloquence qu'il applique dans ses sermons. Pour lui, un sermon doit être avant tout sincère et émouvant. Son savoir et sa foi font de lui un véritable poète lyrique. Durant les dernières années de sa vie, il s'oppose à Fénelon et au quiétisme.

                                                                                                             Boston

Ville des États-Unis, capitale du Massachusetts.

  • Population pour l'agglomération : 4 772 358 hab. (estimation pour 2010)

  Métropole de la Nouvelle-Angleterre, centre touristique et financier, ville industrielle où les industries de pointe (électronique) ont largement relayé le traditionnel textile. Foyer universitaire et scientifique (Harvard, Massachusetts Institute of Technology). Musées (dont celui des Beaux-Arts).

Fondée en 1630, Boston joua un rôle capital dans le déclenchement de la guerre de l'indépendance par son opposition aux taxes nouvelles (réprimée par le massacre de Boston) et aux droits de douane, imposés sur le thé (Boston tea party, 1773).

                                                                                                             Boston

Port de Grande-Bretagne (Lincolnshire), dans le Fenland, à l'embouchure de la Witham.

  • Population : 35 124 hab. (recensement de 2001)

Port important au Moyen Âge. Belle église Saint Botolph, du xive s.

                                                                                                      Bosworth Kate

Kate Bosworth, de son vrai nom Catherine Ann Bosworth naît à Los Angeles, Californie, en 1983. Son père, cadre dans l'automobile, doit déménager à plusieurs reprises et la famille le suit de ville en ville. À 14 ans, alors que Kate et sa famille sont installés dans le Massachusetts, la jeune fille entend parler d'un casting ouvert pour le film "L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" (1998). Kate se présente par curiosité et, grâce à ses talents en équitation, elle obtient l'un des premiers rôles. C'est ainsi qu'elle fait ses premiers pas au cinéma, au côté de Scarlett Johansson et sous la direction de Robert Redford. Le film est un succès du box office. La jeune Kate décide cependant de mettre le cinéma de côté, le temps de terminer ses études. Une fois diplômée, Kate est acceptée par la prestigieuse université de Princeton, mais elle préfère retourner à ses amours et déménage à Los Angeles afin de poursuivre une carrière d'actrice. Après avoir interprété le personnage de Bella dans la série "Young Americans" (2000), Kate Bosworth décroche le rôle principal dans le film "Blue Crush" (2003) et se fait remarquer à Hollywood. La carrière de l'actrice est lancée et elle apparaît ensuite dans de nombreux films. On la retient notamment pour "Superman Returns" (2006) et "Las Vegas 21" (2008). Parallèlement à sa carrière d'actrice Kate Bosworth est aussi mannequin et chanteuse.

                                                                                                          Botero Fernando

 Né à Medellín le 19/04/1932

Fernando Botero est un sculpteur et peintre colombien au style très reconnaissable. Ses personnages sont tous très en chair et voluptueux. Durant son enfance, qu’il passe en Colombie, il développe une grande peur des taureaux suite à son inscription dans une école taurine. Cette peur et ce monde le fascinent cependant, c’est pourquoi certaines de ses œuvres reprennent ce thème. À 16 ans seulement, ses premiers dessins sont publiés dans le supplément du journal El Colombiano. Il prend des cours d’histoire de l’art au sein de son collège. Mais le directeur de l’établissement le renvoie pour ses écrits concernant l’art contemporain de Picasso et pour ses dessins de nus qu’il produit pour El Colombiano.

Après plusieurs expositions prometteuses à Bogota, il profite de l’argent qu’il a récolté pour voyager en Europe. À Madrid d’abord, puis à Paris, il étudie tous les styles et s’exerce au maximum, avant de partir vers Florence. Il se focalise alors sur les œuvres de Piero della Francesca puis décide, en 1955, de retourner à Bogota. Après quelques échecs dans son pays d’origine, c’est sa peinture « Nature morte à la mandoline » qui va faire naître le déclic. Il y déforme les proportions à l’extrême, acquérant ainsi un style unique. Sa carrière débute réellement en 1958, lorsqu’il remporte le premier prix du Salon des artistes colombiens.

Il déménage pour vivre à New York en 1960. L’année suivante, la directrice du MoMa achète sa toile « Mona Lisa à l’âge de douze ans », parodie de La Joconde, qui est devenue l’une de ses œuvres les plus célèbres. En 1973, après de nombreux voyages et expositions, il s’installe à Paris où il réalisera ses premières sculptures. Un drame viendra cependant le frapper de plein fouet : la mort de son jeune fils, Pedro, âgé de 14 ans. Ce décès lui inspirera de nombreuses œuvres. À ce jour, Fernando Botero a réalisé plus d’une vingtaine de sculptures et a reçu de nombreuses récompenses et prix, notamment de la part de pays d’Amérique latine

                                                                                                            Botnie Golfe de

Mer intérieure du nord-est de l'Atlantique, communiquant avec la Baltique par la mer d'Åland ; profondeur maximale de 294 m.

                                                                                                                 Botswana

État d'Afrique australe, le Botswana est limité au sud et au sud-est par l'Afrique du Sud, à l'est par le Zimbabwe, au nord par la Zambie, au nord et à l'ouest par la Namibie.
Le Botswana est membre du Commonwealth.

Cet État continental, plus vaste que la France, enclavé, correspond pour l'essentiel à la partie centrale et septentrionale du Kalahari. Le relief est celui d'un vaste plateau peu accidenté, entre 1 000 et 1 300 m d'altitude. La plus grande partie du pays reçoit entre 250 et 500 mm de pluies par an (le Nord et l'Est sont un peu plus arrosés). Les précipitations se produisent en saison chaude, entre octobre et avril. Environ 80 % de la superficie sont aréiques, tandis que dans le Nord s'étendent de vastes marécages dans le delta intérieur de l'Okavango et dans le Makarikari.

La végétation dominante est le thornveld, formation de taillis à buissons épineux, sauf dans le nord, un peu mieux arrosé, domaine du mopaniveld, à baobabs dominant d'épaisses broussailles.

Outre les Tswanas, qui constituent le peuple le plus important du Botswana, la population comprend également, au nord, les Bochimans (ou Bushmen) du désert du Kalahari et des marais de l'Okavango.

La plupart des habitants vivent regroupés dans la frange orientale du pays, le long de la frontière de l'Afrique du Sud, qui coïncide pour une part avec le cours du Limpopo. C'est dans cette région orientale, que traverse la voie ferrée reliant le nord de l'Orange et l'ouest du Transvaal à Bulawayo, au Zimbabwe, que se trouve la capitale Gaborone ainsi que tous les centres de quelque importance : Serowe, Kanye, Molepolole, Mochudi, Mahalapye, Lobatse, Francistown. Le reste de la population se répartit dans les marais de l'Okavango, autour de Maun ; le centre et le sud du pays sont presque vides.

L'élevage des bovins, assujetti aux aléas du climat désertique, est la principale activité économique du pays. Le Botswana exporte de la viande, notamment en direction de l'Union européenne, qui lui a accordé un quota. Mais le pays est avant tout l'un des premiers producteurs mondiaux de diamants, avec une moyenne de 30 millions de carats par an. L'exploitation des champs diamantifères est assurée par des filiales de la société américaine Amax et de la De Beers sud-africaine, dans lesquelles le gouvernement détient une participation. L'usine de Jwaneng représente plus du quart de la production mondiale. Au diamant viennent s'ajouter d'autres ressources minières, telles que le cuivre et le nickel, que l'on trouve autour de Selebi-Phikwe, non loin des mines de charbon de Morupule. L'Afrique du Sud est le principal partenaire commercial du Botswana. L'avenir du pays paraît cependant obéré par l'essor foudroyant du sida : le quart des adultes en est atteint en 2009, soit un des plus forts taux mondiaux en valeur relative, avec le Lesotho et le Swaziland.

Dès 1962, Seretse Khama, membre de la famille royale du clan tswana des Bamangwato, fonde le Botswana Democratic Party (BDP). Le Botswana est encore un protectorat britannique mais prépare déjà son accès à l'indépendance, acquise en 1966. Le BDP remporte alors les premières élections démocratiques du pays. Quant à son fondateur, S. Khama, il est élu président de la République. Il met alors en place un régime démocratique, qui perdure encore de nos jours – la démocratie botswanaise a d'ailleurs fait figure d'exception pendant longtemps en Afrique noire. Depuis, le BDP a remporté toutes les élections législatives, sans jamais être menacé par l’opposition représentée par le Botswana National Front (BNF), le Botswana People's Party (BPP), le Botswana Congress Party (PCP) ou le Botswana Movement for Democracy (BMD). S. Khama a lui aussi été reconduit systématiquement à la présidence, jusqu'à sa mort, en 1980. Le vice-président, Quett Masire, lui succède alors. Également réélu à chaque élection, il décide cependant de se retirer en raison de son âge, en mars 1998, après dix-sept ans de pouvoir. Le ministre des Finances et vice-président, Festus Mogae, devient le nouveau président du Botswana.

Le désaccord territorial avec la Namibie au sujet d'une île sur le fleuve Chobe, porté en mai 1996 devant la Cour internationale de justice (mai 1996) qui tranche en faveur du Botswana en 1999, est réglé à l'amiable en mars 2003.

En 2004, pour la première fois depuis l'indépendance du pays, des élections se déroulent sous la surveillance d'observateurs internationaux. Le Botswana est également le premier pays qui s'engage à respecter un nouveau « code de bonne conduite électorale » adopté par la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC). Malgré l'alliance entre les trois partis d'opposition sous la houlette du BNF, le BDP l'emporte avec 44 sièges sur 57.

Réélu en 2004, F. Mogae est confronté aux revendications des Bochimans, qui accusent le gouvernement de les avoir expulsés de leurs terres dans le désert du Kalahari afin d'y exploiter des mines de diamants et d'y développer des sites touristiques. Après des années de lutte judiciaire, la Haute Cour du Botswana reconnaît aux Bochimans, le 13 décembre 2006, le droit de retrouver leurs terres ancestrales. Concentrant ses efforts dans la lutte contre les inégalités sociales et le chômage, le gouvernement se mobilise particulièrement contre la pandémie de sida, auquel il consacre 6 % de son budget annuel, permettant ainsi la prise en charge du dépistage de l'ensemble de la population et l'accès gratuit de tous les malades atteints du sida aux traitements antirétroviraux. En avril 2008, F. Mogae se retire, cédant la présidence au fils de S. Khama, Ian Khama, vice-président depuis 1998. En octobre, l’ancien président reçoit le prix Ibrahim 2008 de la « bonne gouvernance » en Afrique pour avoir prôné une exploitation des ressources naturelles du sous-sol (diamants notamment) permettant à son pays de parvenir à un développement durable. L’année suivante, avec 48 sièges, le BDP remporte largement les élections législatives devant trois partis d'opposition, le Botswana Congress Party (BCP), le Botswana National Front (BNF) et le Botswana Movement for Democracy (BMD). I.  Khama est reconduit à la tête du pays pour cinq ans.

                                                                                           Botta Mario

Né à Mendrisio le 01/04/1943

Après avoir obtenu le diplôme de l'Institut universitaire d'architecture de Venise, Mario Botta a commencé sa vie professionnelle en 1970. Sa carrière a été marquée par de nombreuses conceptions de maisons familiales, de centres culturels, de musées et d'églises dans de multiples pays. Il a également enseigné et donné des conférences en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et en Amérique latine.
Ses œuvres sont caractérisées par son goût pour les formes classiques qu'il réussit à associer avec brio. En outre, il a conçu des maisons abordables en utilisant des matériaux courants. Une de ses réalisations les plus connues est la maison en forme de cylindre de Stabio, construite en 1982.
Son talent pour réussir des constructions cylindriques se retrouve aussi dans plusieurs lieux : la synagogue Cymbalista de l'université de Tel-Aviv, la tour de Moron à Melleray en Suisse et l'immeuble de la banque UBS à Bâle. Il a reçu plusieurs récompenses (notamment le Merit Award for Excellence in Design pour la conception du musée d'Art moderne de San Francisco).

                                                                                          Botticelli Sandro

Né à Florence (Italie) le 01/03/1445 ; Mort à Florence (Italie) le 17/05/1510

Sandro Botticelli, de son vrai nom Alessandro Filipepi, est un peintre italien de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, caractéristique des thèmes religieux de la Renaissance italienne. Il naît le 1er mars 1445 à Florence, en Toscane, où il décède le 17 mai 1510. Peintre officiel de la famille royale des Médicis, Sandro Botticelli est un intellectuel contemplatif, connu pour sa proximité avec l'Antiquité gréco-romaine et ses représentations sublimées de la femme hellénique. Parmi ses oeuvres les plus célèbres, on retient "Le Printemps" (1482) et "La Naissance de Vénus" (1485).

Issu d'une famille modeste (son père est tanneur), Sandro Botticelli suit d'abord l'enseignement artistique de son frère aîné, orfèvre de profession. À l'âge de 20 ans, il suit les cours de Fra Filippo Lipi, moine et peintre de Florence, et commence à se passionner pour les théories humanistes des philosophes néoplatoniciens. À 25 ans, Sandro Botticelli livre les premières commandes pour la famille royale des Médicis, comme ce "Julien de Médicis" (1478), l'un de ses plus célèbres portraits.

Ainsi attitré à la famille Médicis, Sandro Botticelli répond à la demande du pape Sixte IV, en réalisant trois grandes fresques pour la chapelle Sixtine au début des années 1480. À partir de 1490, il s'oriente vers un style plus tourmenté, comme en témoignent ses illustrations pour "La Divine Comédie" de Dante. En 1497, l'artiste florentin est victime, comme quelques-uns de ses confrères, d'une violente entreprise de destruction de ses oeuvres : la plupart sont brûlées sur un bûcher. Lorsqu'il décède, en 1510, il est quelque peu tombé dans l'oubli, et ne sera redécouvert qu'au XIXe siècle.

                                                                                         Bouajila Sami

Acteur né le 12 mai 1966 à Echirolles, Isère (France).

Sami Bouajila naît le 12 mai 1966 à Grenoble. Il débute au théâtre à Saint-Etienne avant d'apparaître au cinéma dans "La Thune" (1991). Il est révélé en 1995 par son interprétation dans "Bye-Bye" et apparaît dans "Couvre-feu" (1998). Refusant de se cantonner aux rôles d'immigrés, il tourne dans la comédie "Embrassez qui vous voudrez" et le film d'action "Nid de guêpes" (2002). Il alterne entre les rôles de gangsters ("Le Dernier gang" en 2006) et de policiers ("Les Témoins" en 2007). On le retrouve dans "Indigènes" en 2006 et "Hors-la-loi" en 2010.

                                                                                           Boublil  Max

Né le 17 mai 1979 à Paris, Max Boublil (de son vrai nom Maximilien Boublil) a commencé sa carrière au cinéma en tournant dans "Les Gaous", une comédie sortie en 2004. A la télévision, il décroche de petits rôles dans des séries et téléfilms comme "Sous le soleil", "Navarro", "Quai n°1", "Mademoiselle Joubert"... Max Boublil prête son image à plusieurs marques (Crunch, Yoplait, Direct Assurance...) et se lance dans le stand-up. C'est en 2007 que sa chanson humoristique "Ce soir... tu vas prendre" le fait connaître du grand public. Après avoir fait quelques apparitions dans "Le Grand Journal" la même année, il décide de se consacrer à son propre one-man-show, "Max prend...", qu'il joue à Paris et en province de 2007 à 2009. L'humoriste est le personnage principal de l'émission "Max les veut toutes", dans laquelle il tente de faire succomber à son charme des célébrités du PAF avec une caméra cachée. Il écrit deux nouvelles chansons, une consacrée au phénomène Chatroulette, l'autre à Susan Boyle. En 2010, Max Boublil donne son nouveau spectacle, "Le one man musical", au Showcase. C'est également l'année où il fait le buzz  avec "Chanson raciste", qui traite des préjugés dont sont l'objet les Noirs, les Arabes, les Juifs et les Chinois. Elle lui vaut un clash avec le rappeur Alibi Montana. Ce clash, qui s'est révélé orchestré de toutes pièces pour faire le buzz, s'est soldé par un duo  : "Max Boublil clash Alibi Montana". L'humoriste sort son premier album en 2011, le deuxième l'année suivante. En parallèle de sa carrière d'humoriste, Max Boublil poursuit sa carrière sur grand écran. On l'a vu notamment à l'affiche de "La Folle Histoire d'amour" de Simon Eskenazy (2009), "Happy Feet 2" (2011),  "La Vérité si je mens ! 3" (2012), "Rengaine" (2012), "Les Gamins" (2013), "Des gens qui s'embrassent" (2013), "Prêt à tout" (2013).

                                                                                         Bouches-du-Rhône

Département de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le département appartient à l'académie d'Aix-en-Provence-Marseille, à la cour d'appel d'Aix-en-Provence, à la zone de défense Sud.

  • Chef-lieu de département : Marseille
  • Chefs-lieux d'arrondissements : Aix-en-Provence, Arles, Istres
  • Nombre d'arrondissements : 4
  • Nombre de cantons : 57
  • Nombre de communes : 119
  • Superficie : 5 087 km2
  • Population : 683 105 hab. (recensement de 2010)

À l'O., le département s'étend sur les pays du bas Rhône. Dans la partie méridionale du Comtat, l'irrigation permet de belles cultures maraîchères et fruitières ; au S. du petit chaînon calcaire des Alpilles (parc naturel régional), la vaste plaine caillouteuse de la Crau (ancien delta de la Durance) est parcourue par les moutons, mais la partie irriguée donne de riches prairies de fauche et également des cultures maraîchères ; enfin, le delta du Rhône, la Camargue, entre les deux bras du fleuve, est couvert de marécages parcourus par les manades de chevaux et de taureaux, mais une partie forme une réserve zoologique et botanique au sein d'un parc naturel régional ; la culture du riz, qui a fait ici l'originalité du secteur agricole, est en déclin.

La partie orientale du département s'étend sur une série de bassins et de vallées séparés par des chaînons calcaires ; la chaîne de la Trévaresse domine, vers le N., la vallée de la Durance, qui limite le département, et, vers le S., le bassin de la Touloubre, couvert de vignes. Le bassin d'Aix-en-Provence, drainé par l'Arc, est également une région de vignes et de cultures maraîchères ; il est limité par la chaîne de la Sainte-Victoire, par la chaîne de l'Étoile et par l'Estaque, qui ferme l'étang de Berre.

La métropole marseillaise forme aujourd'hui un tissu urbain continu avec Martigues et Aix-en-Provence. Elle est desservie par le T.G.V. (ligne à grande vitesse) et l'aéroport de Marseille-Provence, à Marignane. Son port est le premier port français de commerce. Les importations de pétrole et de fer ont permis les développements portuaires et industriels qui ont gagné l'étang de Berre, puis le golfe de Fos : sidérurgie, métallurgie, constructions mécaniques, raffinage du pétrole et chimie, constructions et réparations de bateaux, alors que les savonneries et les huileries sont en déclin. À l'extrémité N.-E. du département, le centre d'études nucléaires de Cadarache est le site du futur réacteur nucléaire ITER.

Le secteur tertiaire offre cependant plus de 80 % des emplois dans ce département où la quasi-totalité de la population réside dans des villes. Aussi la production agricole, quoique encore notable, ne retient-elle guère plus de 1 % de la population active.

                                                                                            Bouchez Elodie

Élodie Bouchez, née le 5 avril 1973 à Montreuil en Seine-Saint-Denis, est une actrice française.

Élodie Bouchez débute au cinéma dans Stan the Flasher, film de Serge Gainsbourg qui sort en 1989, mais c'est surtout sa prestation dans Les Roseaux sauvages en 1994 qui lui vaut une reconnaissance grâce notamment à un César obtenu dans la catégorie de l'espoir féminin. Cinq ans plus tard, c'est La Vie rêvée des anges qui la consacre comme meilleure actrice au Festival de Cannes puis aux Césars et aux Prix du cinéma européen (partageant les récompenses de Cannes et du cinéma européen avec Natacha Régnier, sa partenaire dans le film).

En 2005, Élodie Bouchez part à la conquête d'Hollywood. Elle rejoint le casting de la cinquième saison de la série Alias dans laquelle Jennifer Garner et Michael Vartan incarnent les rôles principaux d'agents secrets. Elle y joue Renée Rienne, une criminelle poursuivie par les polices du monde entier. Le premier épisode de cette nouvelle saison a été diffusé le 29 septembre 2005 sur ABC et le 8 février 2007 en France sur la chaîne M6.

Elle joue aussi dans deux épisodes des saisons 3 et 4 de la série The L.Word, où elle tient un rôle secondaire, celui de Claude Mondrian, la maîtresse de Jenny Schecter au moment où celle-ci atteint la consécration littéraire et voit revenir son premier amour lesbien, Marina. En 2010, elle rejoue un duo lesbien dans Happy Few avec Marina Foïs.

Élodie Bouchez est la mère de deux garçons, Tara-Jay et Roxan, en couple avec le musicien français Thomas Bangalter, du duo Daft Punk.

                                                                                              Bouchitey Patrick

Acteur et réalisateur né le 11 août 1946 à Plancher-les-Mines (France).

Patrick Bouchitey commence sa carrière cinématographique dans les années 70. On le voit apparaitre dans "La meilleur façon de marcher" de Claude Miller ou à la télévision dans le conte musical "Émilie ou La Petite Sirène 76" de Michel Berger et Franck Lipsick. C'est son rôle dans "La vie est un long fleuve tranquille" d'Etienne Chatiliez qui le rend populaire en 1988. Plus récemment, il apparait dans les séries "Kaamelott" d'Alexandre Astier et "Clara Sheller" d'Alain Berliner. Il participe également à la production de "La vie privée des animaux" en prêtant sa voix aux personnages.

                                                                                            Boucquillon Michel

Après avoir suivi ses études à Bruxelles, Michel Boucquillon a commencé sa vie professionnelle au cabinet de l'architecte Paolo Riani à Florence. Son talent lui a valu de remporter en 1988 le marché de la conception du nouvel hémicycle du Parlement européen à Bruxelles.
Les maisons individuelles qu'il a conçues se distinguent par une alliance judicieuse d'originalité et de bon goût. Ainsi, il a élaboré une maison ayant un escalier en colimaçon dont l'aspect est amusant ainsi qu'une maison blanche et ayant un mur légèrement penché vers la gauche.
Michel Boucquillon a également créé des objets et des meubles de style moderne à l'aspect sobre et élégant. Ainsi, il a conçu une jolie lampe très fine fixée sur une tige oblique et un modèle de porte-serviette en acier chromé. Enfin, Michel Boucquillon a créé des modèles de baignoires à la fois modernes et de bon goût. Il a notamment conçu une très belle baignoire rose foncé et rose pâle.

                                                                                                     Bouddha

Nom désignant Siddhartha Gautama, sage de la tribu shakya (Shakyamuni), après qu'il fut parvenu à l'« illumination » ou « éveil » (bodhi).

C'est alors qu'il commença à prêcher la doctrine bouddhique à Bénarès et dans l'Inde du Sud-Est. Diverses traditions situent sa vie entre 560 et 480 avant J.-C.

                                                                                                 Boudin Eugène

Peintre français (Honfleur 1824-Deauville 1898).

Surnommé par Corot « le roi des ciels », il a peint surtout des paysages et des marines de l'estuaire de la Seine et de la Bretagne (musées du Havre et de Honfleur ; cabinet des Dessins du Louvre).

Premier maître de Monet, il annonce l'impressionnisme .

                                                                                    Bougainville Louis Antoine de

Navigateur français (Paris 1729-Paris 1811).

Fils d'un notaire, reçu avocat au barreau de Paris, il s'intéresse aux mathématiques et publie un Traité du calcul intégral. Cherchant une voie moins sédentaire, il se tourne vers l'armée. Avec l'appui de la marquise de Pompadour, il est nommé premier aide de camp de Montcalm. Débarqué à Québec en 1756, il participe à la lutte contre les Anglais et s'empare du fort William Henry, sur le lac Champlain, en 1757. Il sera chargé d'organiser la capitulation des forces françaises (1760). Il dirige ensuite un essai de colonisation des îles Malouines, les Falkland des Anglais, dans l'Atlantique sud (1764). L'hostilité britannique oblige la France à céder ses droits à l'Espagne. Le remboursement par cette dernière des frais engagés permet à Bougainville de financer son grand voyage vers le Pacifique : parti de Brest avec la frégate la Boudeuse (1766), il gagne l'Amérique du Sud et le détroit de Magellan.

En avril 1768, il atteint Tahiti, et le récit de son séjour dans ce « jardin d'Éden » (Voyage autour du monde (1771) ) fera beaucoup pour développer le mythe du « bon sauvage ». De retour à Saint-Malo en mars 1769, Bougainville est le premier capitaine français à avoir fait le tour du monde.

Chef d'escadre en 1779, il sera accusé par de Grasse de s'être retiré trop tôt du combat lors de l'échec des Saintes, aux Antilles (12 avril 1782). En 1790, il est à la tête de l'escadre de Brest. Resté fidèle à Louis XVI, il fait quelques mois de prison sous la Terreur. Napoléon le fera sénateur et comte.

                                                                                              Bougrab Jeannette

Née à Déols le 26/08/1973

Jeannette Bougrab, membre de l'UMP et maître des requêtes au Conseil d'Etat, est née à Déols en Indre, le 26 août 1973. Issue d'une famille ouvrière, elle obtient un DEA à Orléans, pour finalement, en 2002, sortir de la Sorbonne avec un doctorat en droit public. Elle commence sa carrière comme juriste au Conseil Constitutionnel, tout en étant Maître de conférences en droit public à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et à l'IEP de Paris.

En 2002, elle devient membre du Haut Conseil à l'Intégration, et contribue ainsi à l'élaboration de rapports sur l'intégration des résidents étrangers. Elle est aussi membre de plusieurs autres conseils d'administration, à l'Institut du monde arabe, au Conseil d'analyse de la société et au Conseil d'Orientation et de Réflexion de l'Assurance (CORA). En 2007, aux élections législatives, elle est candidate dans la 18e circonscription de Paris. Elle perd le scrutin face au socialiste Christophe Caresche, député sortant. Après cet échec, elle devient Maître des requêtes au Conseil d'Etat.

En 2010, son nom est retenu pour la présidence du Conseil d'Administration de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE). Trois mois plus tard, Jeannette Bougrab est propulsée à la tête de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE), poste qu'elle a quitté en novembre 2010, en devenant Secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de la Vie associative dans le gouvernement de François Fillon. Une fonction qu'elle a occupé jusqu'à l'élection de François Hollande à la tête de l'Etat en mai 2012. En 2013, elle intègre l'équipe d'Antoine de Caunes dans l'émission "Le Grand Journal" de Canal+.

Le mercredi 7 janvier 2015, Jeannette Bougrab perd son compagnon : le dessinateur Stéphane Charbonnier dit "Charb" lors de l'attentat du journal Charlie Hebdo.

                                                                                                     Bouise Jean

Acteur né le 3 juin 1929 à Le Havre

Décédé le 6 juillet 1989 à Lyon

Jean Bouise naît le 3 juin 1929 au Havre. Il découvre le théâtre en 1950 et s'investit dans le Théâtre de la Comédie de Lyon. En 1962, il apparaît au cinéma dans "L'Autre Cristobal" et interprète le Capitaine Haddock dans "Tintin et les oranges bleues" (1964). Il devient progressivement un second rôle très demandé et enchaîne les tournages, parmi lesquels "La guerre est finie" (1966), "Z" (1969), "Dupont Lajoie" (1975) ou encore "Le Vieux Fusil" (1975). Dans les années 1980, il tourne un grand nombre de films et de téléfilms mais c'est grâce à sa collaboration avec Luc Besson qu'il sera le plus remarqué, avec "Subway" (1985), "Le Grand Bleu" (1988) et "Nikita" (1990), son dernier film. Il est décédé le 6 juillet 1989.

                                                                                                   Boujenah Michel

Né en 1952 à Tunis, Michel Boujenah arrive en France en 1963, et c'est là qu'il y découvre sa vocation d'acteur. Commençant d'abord par des stages en comédie, il décide en 1972 de monter sa propre compagnie de théâtre. C'est sur cette scène que Michel Boujenah crée ses propres one-man-shows dont certains remportent un grand succès et lancent sa carrière. C'est ainsi qu'en 1979, il se voit offrir son premier rôle au cinéma dans la comédie "Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ?". Les années suivantes, il tourne dans quelques films, mais c'est en 1985, avec son rôle dans la comédie de Coline Serreau, "Trois hommes et un couffin", que Michel Boujenah obtient son premier vrai succès. Partageant la vedette avec André Dussolier et Roland Giraud, il remporte le césar du meilleur acteur dans un second rôle. En 2002, il joue dans la suite de ce film, "18 ans après". Les tournages s'enchaînent alors pour l'acteur qui va être nommé une nouvelle fois aux césars, en 1992, pour son rôle de Bajou dans le film "Le Nombril du monde". Après avoir interprété en 1995 le rôle d'André Ziman dans l'adaptation "Les Misérables" de Claude Lelouch, Michel Boujenah passe en 2003 de l'autre côté de la caméra en écrivant et réalisant son premier film, "Père et fils", qui réunit Charles Berling et Philippe Noiret. Il est de nouveau nommé aux césars, dans la catégorie meilleure première oeuvre de fiction, pour ce film. En 2014, il sera à l'affiche de "24 heures", d'Alexandre Arcady.

                                                                                                           Boukhara

Ville d'Ouzbékistan, dans l'oasis du Zeravchan.

  • Population : 237 361 hab. (estimation pour 2001)

Cité principale d'une ancienne oasis, vieux marché sur les pistes des caravanes. Tourisme. Industrie du coton.

Capitale des Samanides (874-999), la ville passa ensuite sous la domination de dynasties turques, et fut mise à sac par Gengis Khan (1220). Située au cœur des territoires des Ouzbeks depuis 1500, elle retrouva en partie son rôle politique. Les khans ou émirs de la dynastie des Mangit (1785-1920) reconnurent le protectorat russe en 1868 et furent renversés par l'Armée rouge en 1920.

Grande ville d'art de l'islam : tombeau d'Ismaïl le Samanide (vers 907), minaret Kalan (1127), madrasa d'Uluǧ Beg (1417) et madrasa Mir Arab (1533-1536). Les tapis dits « de Boukhara » proviennent en fait d'autres grands centres du Turkestan.

                                                                                                     Boukharine Nikolaï  

Économiste et homme politique soviétique (Moscou 1888-Moscou 1938).

Membre du comité du parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), Boukharine rencontre Lénine à Cracovie en 1912 et aide Staline à Vienne dans la rédaction de sa brochure le Marxisme et la question nationale. Il entre en contact avec Léon Trotski et rédige des articles dans Novyï Mir.

En février 1917, il gagne la Russie par le Japon. Il soutient les thèses d'avril. Il devient, en décembre 1917, rédacteur en chef de la Pravda – poste qu'il occupera dix ans – et apparaît comme le théoricien du parti.

Lénine le charge de rédiger avec Ievgueni Preobrajenski (1886-1938 ?) un ABC du communisme, qui paraît en 1920 sous sa seule signature. La même année, il publie l'Économie de la période de transition, où il justifie la période de la dictature du prolétariat, puis, en 1921, la Théorie du matérialisme historique. Il se prononce avec Léon Trotski pour la militarisation du syndicat lors de la discussion sur les syndicats en 1921 ; puis il écrit l'Impérialisme et l'Accummulation du capital, contre les thèses de Rosa Luxembourg et Mikhaïl Tougan-Baranovski (1865-1919).

Celui que Lénine appelle dans son testament « l'enfant chéri du parti » est le cerveau de la N.E.P. (nouvelle politique économique, instaurée en 1921 et poursuivie jusqu'en 1929). Il est alors chargé de missions à l'étranger et prend la direction des Izvestia en 1933. Mis en accusation lors des procès de Moscou, pendant la période de la grande terreur (1936-1938), Boukharine est condamné à mort puis exécuté. Il est réhabilité en 1988.

                                                                                                            Boul LN

Née à Clermont-Ferrand le 18/01/1980

Hélène Boularan, dite LN Boul, est une jeune designer marseillaise d'adoption. Avant d'intégrer le milieu du design, elle a travaillé trois ans, notamment comme éducatrice sociale, ce qui lui a permis d'accumuler rencontres, voyages et expériences. Elle a ensuite intégré l'école des Beaux-Arts de Marseille en 2002, en section design. C'est pendant ses études qu'elle a créé son fauteuil O'Seating, qui lui a permis de se faire reconnaître des professionnels avant même de valider son diplôme. Artiste touche-à-tout, LN Boul travaille sur des objets aussi variés que des lampes, des rideaux, des plats à sushis, des tables, des fauteuils, des bijoux, et même un élégant paravent… LN Boul est également reconnue en tant que sculptrice ; son œuvre « cool globes » a été exposée à Marseille en octobre 2010, et vendue aux enchères. Avec Sarah K, créatrice en matière, LN Boul a créé les ateliers Lab.L, au cœur de la Belle de Mai à Marseille. Les deux jeunes femmes proposent dans ce lieu éclectique des expositions variées d'artistes prometteurs. La prochaine exposition, dont le vernissage aura lieu le 3 novembre, sera consacrée à la sensualité

                                                                                                       Boulanger Daniel

Écrivain français (Compiègne 1922).

Il mêle la convention apparente et l'insolite dans ses nouvelles (le Chemin des caracoles, 1966 ; le Chant du coq, 1981) et ses romans (les Portes, 1966 ; la Dame de cœur, 1980 ; Jules Bouc, 1988 ; la Confession d'Omer, 1990 ; Caporal supérieur, 1995 ; le Miroitier, 1996) où la part de l'absurde et du fantastique est prépondérante. Il est aussi l'auteur de plus d'une centaine de scénarios et de dialogues de films.

                                                                                                         Boulanger Georges

Général et homme politique français (Rennes 1837-Ixelles, Belgique, 1891).

Officier aux brillants états de service, général de division en 1884, il commande de 1884 à 1885 le corps expéditionnaire en Tunisie. Ami de Gambetta et de Clemenceau, il soutient la cause républicaine et devient ministre de la Guerre dans les cabinets de Freycinet et Goblet (1886-1887). Il justifie les sympathies que lui porte l'extrême gauche en appliquant très rigoureusement la loi de janvier 1886 sur le bannissement des princes : il expulse des cadres de l'armée le duc d'Aumale, qui l'avait pourtant fait nommer général de brigade en 1880. Il acquiert une grande popularité en améliorant le sort de la troupe, mais aussi grâce à des innovations techniques (substitution du fusil Lebel au fusil Gras) et par ses polémiques contre l'Allemagne : le général « La Revanche » présente un ordre mobilisant les troupes lors de l'affaire Schnaebelé en avril 1887. Autour de Boulanger se développe une campagne en faveur de la revanche.

En mai 1887, Rouvier forme un nouveau cabinet sans Boulanger. Celui-ci est envoyé commander le 13e corps d'armée à Clermont-Ferrand ; on parle alors de « déportation », et le 8 juillet des Parisiens tentent d'empêcher son départ. En novembre 1887, le scandale des décorations éclabousse les républicains modérés. Boulanger regroupe alors autour de lui tous les mécontents, les adversaires d'un régime contre lequel se manifeste un vaste mouvement d'opinion provoqué par une vague d'antiparlementarisme et par une grave crise économique. Qu'ils viennent de l'extrême droite bonapartiste, militariste comme Déroulède, de l'extrême gauche du parti radical comme Rochefort, les boulangistes, animés par le baron Armand de Mackau, désirent établir un gouvernement fort et préparer la revanche. Très vite, le boulangisme remporte un énorme succès dans les élections partielles. Boulanger s'étant rendu à Paris malgré 30 jours d'arrêt, le gouvernement le met à la retraite (mars 1888), ce qui le rend éligible. Son programme assez vague se résume dans une triple formule : « dissolution – constituante – révision », lancée par la Cocarde. Élu triomphalement, en avril et en août, dans plusieurs départements (Dordogne, Somme, Charente-Inférieure et Nord), il opte pour ce dernier département. Enfin, il est élu à Paris par 245 000 suffrages (27 janvier 1889), mais n'ose pas donner l'ordre de marcher sur l'Élysée malgré l'appui de la foule et d'une partie de l'armée et de la police.

Le gouvernement se ressaisit : il rétablit le scrutin d'arrondissement et interdit les candidatures multiples. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Constans, après avoir dissous la Ligue des patriotes, inculpe Boulanger de complot contre l'État. Celui-ci s'enfuit alors en Belgique (1er avril 1889), et, le 14 août, il est condamné par contumace à la détention perpétuelle. Le 30 septembre 1891, il se suicide sur la tombe de sa maîtresse, Marguerite de Bonnemains.

                                                                                                Boulay Steevy

Né à Lille (France) le 19/02/1980

Elève introverti, Steevy se réfugie très tôt dans son monde et se passionne pour l’art plastique. A l’adolescence, il prend son envol et part sur un coup de tête à Londres. Peu de temps après, à l’âge de 21 ans, il se fait connaître en intégrant la première téléréalité française, Loft Story Avec Loana, il est l’un des chouchous des téléspectateurs. Devant les caméras, il marque le public par sa relation passionnelle avec sa peluche "Bourriquet" et ses nombreux changements de coupe et de couleur de cheveux.

A sa sortie du jeu en juillet 2001, le phénomène Steevy est tel qu’un hebdo titre sa une sur la « Génération Steevy ». Il travaille sur la chaîne câblée Fun TV jusqu'à l'été 2002 et participe à plusieurs projets dont une chronique dans Télé Star et un disque de comptines. Repéré par Laurent Ruquier, il intègre sa bande de chroniqueurs dans On va s’gêner sur Europe 1 en 2001 et dans On a tout essayé sur France 2 en 2003. Il touche aussi au théâtre en interprétant un attaché de presse dans La presse est unanime. Après que les programmes de Laurent Ruquier soient arrêtés, il participe à l’émission de téléréalité Les Anges, sur NRJ 12. Il devient chroniqueur en août 2011 dans l’émission Morandini ! sur D8, mais quitte ce poste en décembre de la même année.

                                                                                                Boulez Pierre

Compositeur et chef d'orchestre français (Montbrison 1925-Baden-Baden, Allemagne, 2016).

Chef de file, en France, des mouvements sériel et postsériel, Pierre Boulez est à l'origine d'importantes recherches dans le domaine de l'invention sonore. Il a également étendu sa démarche créatrice au fonctionnement des institutions nécessaires à la diffusion de la musique contemporaine.

Après des études de mathématiques supérieures à Lyon, Pierre Boulez arrive à Paris en 1942 pour entrer au Conservatoire. Il y suit les cours d'Olivier Messiaen, puis travaille le contrepoint avec Andrée Vaurabourg, épouse d'Arthur Honegger, et la technique dodécaphonique avec René Leibowitz. Lauréat du premier prix d'harmonie (1945), il est nommé directeur de la musique de scène de la Compagnie Renaud-Barrault (1946). Sous ce patronage, il fonde, en 1953, les Concerts du Petit Marigny, qui deviennent, l'année suivante, ceux du Domaine musical – il en cédera la direction à Gilbert Amy en 1967.

En 1958, Boulez se fixe à Baden-Baden, où il a créé trois ans plus tôt le Marteau sans maître, pour voix d'alto et 6 instruments. Membre éminent de la Musikakademie de Bâle (1960-1966), il est invité en même temps par l'université de Harvard (1962-1963). Son activité de chef d'orchestre s'internationalise : il crée Wozzeck (Alban Berg, 1925) à l'Opéra de Paris en 1963, donne des concerts avec l'orchestre de Cleveland, dont il est le conseiller musical (1970-1971), puis succède à Leonard Bernstein à la tête de la Philharmonie de New York (1971-1978), tout en occupant le poste de chef principal du BBC Symphony Orchestra à Londres (1971-1976).

En 1975, Boulez prend la direction du tout nouvel Ensemble Inter Contemporain et, en 1976, il préside à la fondation de l'I.R.C.A.M., l'année même où il est nommé professeur au Collège de France. Cette année 1976, décidément féconde, est encore celle où il est appelé à Bayreuth par un petit-fils de Richard Wagner, Wolfgang, pour y diriger la Tétralogie donnée à l'occasion du centenaire du Festival et mise en scène par Patrice Chéreau.

Après son départ de l'I.R.C.A.M., en 1991, Boulez ne se consacre plus qu'à la composition et à la direction de prestigieux orchestres comme le London Symphony Orchestra et l'Orchestre philharmonique de Berlin. C'est à Bayreuth, en 2004, qu'il fera ses adieux de chef d'orchestre.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le compositeur se trouve face à un défi, qui est celui de l'organisation rationnelle de tous les paramètres du monde sonore. Ses premières œuvres se situent dans l'héritage des trois Viennois, Schoenberg, Berg et Webem : Sonatine pour flûte et piano (1946), Première Sonate pour piano (1946), Deuxième Sonate pour piano (1948), Livre pour quatuor (1949). La généralisation sérielle ne s'accomplit que dans Polyphonie X pour 18 instruments solistes (1951) et dans le premier livre des Structures pour deux pianos (1952). Pour Boulez, également, certaines possibilités de choix doivent esquisser de nouveaux rapports entre l'interprète et le compositeur.

En réalité, Boulez avait soulevé cette question du choix dès le Livre pour quatuor. Celle-ci est récurrente dans le second livre des Structures pour deux pianos (1956) et dans la Troisième Sonatepour piano (1957). Figures-Doubles-Prismes pour grand orchestre (1958) remet en question l'organisation fixe de l'orchestre, tandis que Éclat pour orchestre (1964), devenant en 1966 Éclat-Multiples, pose le problème de l'interprétation des signes directionnels. Dans Domaines (1968), le clarinettiste solo sollicite tour à tour six groupes instrumentaux et détermine ainsi la forme de l'œuvre.

D'autre part, Boulez se passionne pour les rapports du texte et de la musique. Après le Visage nuptial (1947, 1re version) et le Soleil des eaux (1948, 1re version), c'est encore à René Char qu'il s'adresse pour le Marteau sans maître. Le texte et son contenu conditionnent la structure : trois cycles très différenciés s'interpénètrent autour d'un noyau – le poème –, dont les deux pièces instrumentales constituent le commentaire. Le compositeur poursuit sa recherche avec les trois Improvisations sur Mallarmé (1957-1959), avec Poésie pour pouvoir (1958), d'après Henri Michaux, puis avec Cummings ist der Dichter… pour chœur et orchestre (1970-1986).

Boulez porte au plus haut degré le souci de l'invention sonore – il ne faut pas oublier son stage chez Pierre Schaeffer (1952), où il a réalisé les Deux Études de musique concrète. Son goût pour le raffinement des timbres éclate dans le Livre pour cordes (1968), dans les combinaisons d'Éclat, dans la libération totale des sons d'Explosante-Fixe (1972-1974) et dans la grandeur hiératique de Rituel in memoriam Bruno Maderna (1974-1975).

À partir de 1964, Boulez poursuit principalement son idée de work in progress, d'« œuvre en devenir », impliquant que la musique peut être transformée à l'infini. Ainsi, Pli selon pli, élaboré en 1960, ne trouve sa version définitive qu'en 1969. Ainsi, Figures-Doubles-Prismes pour orchestre (1964) est un nouveau travail, très expressionniste, de ses Doubles de 1957 et le Livre pour cordes (1968), un élargissement pour orchestre du Livre pour quatuor. Boulez donne donc une série de miroirs d'un premier état. Cette démarche est l'un des fondements de Répons pour ensemble de chambre, 6 solistes et dispositif électronique (1981-1988), qui concrétise les résultats de travaux de plusieurs années à l'I.R.C.A.M. Elle trouve son prolongement dans les ouvrages en plusieurs versions que sont Dérive pour 6 exécutants (1984) et Dérive 2 pour 11 exécutants (1988-2002), ainsi que Anthèmes pour violon seul (1992) et Anthèmes II pour violon et dispositif électronique (1997).

Pour imposer la musique du xxe s. et ses conceptions personnelles, le compositeur a dû s'engager très tôt dans la polémique (Schoenberg est mort, 1952), et maintes œuvres ont été accompagnées d'une réflexion théorique (Son et verbe, 1958). Relevés d'apprenti (1966) réunit des articles parus avant 1962. Penser la musique aujourd'hui (1963) est « une investigation méthodique de l'univers musical ». Par volonté et par hasard (1975), Points de repère (1981) et Jalons pour une décennie (1989) actualisent cette réflexion.

Pierre Boulez décède le 5 janvier 2016 à l'âge de 90 ans, un an après l'ouverture de la Philarmonie de Paris, salle de concert pour laquelle il s'était fortement impliqué.

                                                                              Boulgakov Mikhaïl

Écrivain soviétique (Kiev 1891-Moscou 1940).

Auteur de récits fantastiques et de romans historiques (la Garde blanche, 1925), disgracié pour la vigueur de ses comédies satiriques (l'Île pourpre, 1928), il médita sur les rapports de l'écrivain et du pouvoir (le Roman théâtral, 1936-1937 ; le Maître et Marguerite, 1966).

                                                                                  Boulin Robert

Né à Villandraut (France) le 20/07/1920 ; Mort à Rambouillet (France) le 30/10/1979

Robert Boulin est un homme politique français des années 1970, retrouvé mort dans des circonstances encore aujourd'hui inexpliquées.

Né en juillet 1920 dans les Landes, son père travaille comme contrôleur des manufactures de tabac. Durant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans la Résistance en intégrant le réseau Navarre en 1941. À la Libération, licencié en lettres et en droit, il commence une carrière d'avocat à Bordeaux puis à Libourne. Il se tourne rapidement vers la politique, en rejoignant les rangs gaullistes. Il sera successivement membre des Républicains sociaux, de l'UNR, de l'UDR, puis du RPR de Jacques Chirac. Maire de Libourne en 1959, il va être régulièrement ministre à partir de 1962, sous Pompidou, puis sous les gouvernements suivants.

Robert Boulin est retrouvé mort dans la forêt de Rambouillet, le 30 octobre 1978. Il était alors ministre du Travail dans le gouvernement de Raymond Barre. Si les policiers chargés de l'enquête concluent rapidement à un suicide, cette hypothèse est rejetée par des journalistes qui estiment que Robert Boulin a été assassiné. Cette mort arrive dans un contexte trouble où de nombreux faits divers ont impliqué des hommes ou des militants politiques. Certains évoquent même la possibilité que Robert Boulin ait été tué par le SAC, la police parallèle gaulliste. Aujourd'hui encore, sa fille tente de faire rouvrir l'enquête pour découvrir les véritables circonstances de la mort de son père.

                                                                                   Boulle André Charles

Ébéniste, bronzier et décorateur français (Paris 1642- Paris 1732).

Il créa un type de meuble recouvert d'une marqueterie de cuivre, d'écaille, d'étain dont les dessins sont souvent inspirés des arabesques de J. Berain. Il donna aussi de l'importance aux ornements de bronze ciselé et doré (paire de commodes de 1708, château de Versailles). Sa manière a été imitée sous Napoléon III.

                                                                                     Boulogne-Billancourt

Chef-lieu d'arrondissement des Hauts-de-Seine, banlieue sud-ouest de Paris, dans une boucle de la Seine.

  • Population : 115 264 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Boulonnais

La partie nord de l'agglomération, en bordure du bois de Boulogne, forme d'élégants quartiers résidentiels. Église N.-D.-des-Menus, en partie du xive s. Jardins Albert-Kahn. Musées. Institut national du cancer. Au S., dans la section de Billancourt, se groupent quelques industries (constructions aéronautiques). Les usines Renault s'étendaient sur la rive droite de la Seine et sur l'île Seguin

                                                                                      Boulogne-sur-Mer

Chef-lieu d'arrondissement du Pas-de-Calais, à l'embouchure de la Liane.

  • Population : 43 805 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Boulonnais

La ville est le centre de la communauté d'agglomération du Boulonnais qui regroupe 22 communes, formant une agglomération dont l'importance se situe entre Dunkerque et Calais. Premier port de pêche de France, c'est aussi un port de commerce et un port de plaisance. Les espaces portuaires sont en réaménagement à la suite de la fermeture d'un site métallurgique ; un nouveau terminal pour le fret et le ferroutage ainsi qu'un parc d'activités sont en cours de réalisation, tandis que de nouvelles liaisons par ferry avec Douvres sont mises en place.

Boulogne-sur-Mer est devenue le premier centre en Europe pour la transformation et la commercialisation des produits de la mer (plus de 350 000 tonnes traitées) ainsi qu'un pôle de compétitivité aquatique. La gare routière de marée compte 70 lignes régulières qui desservent quotidiennement la France et une grande partie de l'Europe. Le port de commerce est un port de spécialités : produits sidérurgiques, produits forestiers (papier, pâte à papier, bois), ciments, produits alimentaires.

La ville, qui a le label « ville d'art et d'histoire », est l'un des sites de l'Université du Littoral Côte d'Opale et accueille environ 600 000 visiteurs par an dans le Centre National de la Mer « Nausicaä ».

Une enceinte du xiiie s. entoure la ville haute, qui comporte château, hôtel de ville du xviiie s. (dont le beffroi est inscrit sur la liste des beffrois de Belgique et de France du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2005), basilique du xixe s. Musée (vases grecs, archéologie et histoire locale).

                                                                                     Boumédiène Houari

Homme d'État algérien (Héliopolis 1932-Alger 1978).

Issu de la petite paysannerie, Houari Boumediene suit d'abord des études dans une école coranique, puis les poursuit à Constantine, à Tunis et enfin au Caire. Au début de l'insurrection pour l'indépendance de l'Algérie, en 1954, il gagne les rangs du Front de libération nationale (F.N.L), se spécialise dans les questions logistiques avant d'être nommé chef de la cinquième wilaya, ou région militaire, en Oranie. Il gravit progressivement les échelons de la hiérarchie au sein du F.L.N., dont il finit par diriger en 1960 l'état-major. Ministre de la Défense (1962) et vice-président du gouvernement (1963), il renverse Ben Bella en 1965 à la faveur de troubles en Kabylie et prend le pouvoir. Président de la République, il instaure un régime militaire qui provoque une opposition interne, réduite au silence (1967-1968). Il poursuit la gestion socialiste initiée par Ben Bella, mais en lui donnant un caractère centralisateur : il nationalise les industries — une politique favorisée par la flambée des cours du pétrole, dont l'Algérie est grande exportatrice. Il reste comme l'un des représentants majeurs des pays non alignés.

                                                                                   Boumediene-Thiery Alima

Née le 24/07/1956

D'origine maghrébine et juriste de formation, Alima Boumediene-Thiery s'engage activement, dès la fin des années 1970, au sein d'associations militantes, sur les thèmes de l'immigration, du racisme, des femmes et de la solidarité, avant d'être élue conseillère municipale de sa ville natale, Argenteuil. Alima Boumediene-Thiery décroche cette fonction lors des municipales de 1995, sous la bannière gauche plurielle. Elle rejoint en 1998 la formation des Verts. Députée européenne de 1999 à 2004, elle est ensuite élue sénatrice pour son parti sur la liste d'union de la gauche (Ile-de-France). Elle se fait remarquer en mai 2011, en écrivant une lettre au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, pour lui demander d'intervenir afin que son fils soit admis dans un internat public, mettant en avant sa situation financière. Sa demande avait en effet été rejetée selon des 'critères sociaux'. En 2011, Alima Boumediene-Thiery n'a pas été réélue sénatrice. Elle a quitté le parti Europe Ecologie - Les Verts.

                                                                                        Bouquet Carole

Actrice née le 18 août 1957 à Neuilly-sur-Seine (France).

Née à Neuilly-sur-Seine et élevée chez les bonnes soeurs dominicaines, Carole Bouquet s'inscrit en philosophie à la Sorbonne avant d'entrer au Conservatoire d'art dramatique de Paris. La jeune femme y est aussitôt repérée par Luis Buñuel, qui lui offre le rôle principal de Cet obscur objet du désir (1977). Elle est ainsi révélée aux yeux du grand public, à tout juste 20 ans, dans un personnage de séductrice à la beauté froide qui lui collera à la peau tout au long de sa carrière. Et le fait d'incarner la Mort dans Buffet froid (1979) ne changera malheureusement rien à l'affaire... Un temps approchée pour jouer dans Moonraker, elle accepte finalement de jouer les James Bond girls dans Rien que pour vos yeux (1981) avec Roger Moore. Une expérience qui lui laisse un souvenir plutôt froid, l'actrice montrant dès les débuts de sa carrière une préférence pour les projets modestes où elle joue à merveille les objets de fascination : Rive droite rive gauche (1984), Double Messieurs (1986)...

Un drame vient pourtant freiner ces débuts prometteurs : le décès de son époux, le producteur Jean-Pierre Rassam, avec qui elle a eu un fils, Dimitri (elle sera plus tard la maman d'un autre garçon, Louis). Elle ne s'est jamais remariée depuis. On la revoit en 1989 s'amuser de son image d'icône glacée dans Trop belle pour toi, où elle joue une cocue magnifique qui lui permet de remporter le César de la Meilleure actrice l'année suivante. Carole Bouquet n'est d'ailleurs jamais aussi bonne que lorsqu'elle joue l'autodérision : elle est ainsi formidable dans Grosse fatigue (1994) de Michel Blanc où elle joue son propre rôle. On découvre également dans les années 90 sa personnalité engagée : outre le rôle-titre de la résistante Lucie Aubrac (1997), elle milite activement aux côtés de l'association Enfance et partage pendant plusieurs années. Elle enflamme également la presse people par sa relation naissante avec Gérard Depardieu. Enfin, Carole Bouquet représente pendant les années 90 le parfum Chanel n°5, faisant d'elle une star de la pub ("Tu me détestes n'est-ce pas ? Dis-le... dis-le qu'tu m'détestes... C'est un sentiment troublant, très troublant...").

Mais si cette actrice (très myope) est reconnue du grand public, qui s'étonne toujours de voir cette femme aux apparences bourgeoises être si abordable sur les plateaux télévisés, sa présence au générique n'assure pas forcément la réussite au box-office. Elle est ainsi une délirante reine de France dans Blanche (2002), la comédie-western de Bernie Bonvoisin, ou une mère prête à tout pour protéger ses filles dans L'Enfer (2005) de Danis Tanovic, mais les deux films se solderont par de lourds échecs. Michel Blanc en revanche lui réussit : son dernier gros succès français est en effet la comédie chorale Embrassez qui vous voudrez (2002), dont les dialogues truculents lui vont à merveille. La comédienne se fiche de toute façon du succès : elle préfère ainsi jouer dans une petite comédie (Travaux en 2005, un succès d'estime), plutôt que d'accepter le rôle du professeur français Madame Maxime dans Harry Potter et la coupe de feu. Après une rupture très médiatisée avec Gérard Depardieu en 2005, Carole Bouquet revient au cinéma en 2007 avec Et si c'était lui, une comédie où elle interprète une bourgeoise. Chassez le naturel... L'actrice apparaît ensuite régulièrement chaque année au cinéma avec notamment Impardonnables (2011), Mauvaise fille (2012) et le plus récent Une heure de tranquilité. Voilà à quoi aspire l'actrice tout en poursuivant tranquillement sa carrière après avoir passé, sans soucis, le cap de la cinquantaine.

                                                                                                 Bouquet Michel

Acteur né le 6 novembre 1925 à Paris.

Né le 6 novembre 1925 à Paris, Michel Bouquet entre au Conservatoire d'art dramatique en 1943. Il côtoie notamment Jean Anouilh qui lui donne son premier rôle dans la pièce "Roméo et Jeanette" en 1944. Il apparaît pour la première fois au cinéma dans "Monsieur Vincent" en 1947. Sa carrière cinématographique prend de l'ampleur dans les années 1960 : il tourne pour de grands réalisateurs (Claude Chabrol, François Truffaut), interprétant des personnages ambigus et mystérieux. Il obtient un César en 2002 pour "Comment j'ai tué mon père", puis en 2006 pour son interprétation remarquable de François Mitterrand dans "Le Promeneur du Champ-de-Mars".

                                                                                                Bourbaki Nicolas

Pseudonyme collectif d'un groupe de mathématiciens français qui, reprenant les mathématiques à leur point de départ logique, ont entrepris de dégager la structure axiomatique des diverses parties des mathématiques et d'exposer celles-ci dans les Éléments de mathématique (depuis 1939).

                                                                                               Bourbon Maison de

Le terme maison de Bourbon désigne d'une manière générale la maison capétienne de Bourbon, cependant aussi les trois dynasties successives qui possédèrent la seigneurie de Bourbon-l'Archambault puis duché de Bourbon :

  • La première étaient les sires de Bourbon, qui s'éteignirent par les mâles en 1171, puis par les femmes en 1216. Leurs armoiries sont: « D'or au lion de gueules, et à l'orle de huit coquilles d'azur ». Par le mariage de la dernière descendante de cette famille, Mahaut de Bourbon avec Guy de Dampierre, cette terre passa à
  • une branche d'une des familles de Dampierre en 1196. Les armoiries de cette famille sont: « De gueules à deux léopards d'or, avec couronne de baron », mais ils prirent les armoiries des précédents. Le fils de Guy de Dampierre et de Mahaut de Bourbon, Archambaud VIII, prit le nom et les armes de sa mère, « de Bourbon », ainsi que ses descendants, éteints vers 1287: la Maison de Bourbon-Dampierre s'éteignit par les mâles en 1249 puis par les femmes vers 1287. Par le mariage de la dernière de cette famille, Agnès de Bourbon-Dampierre (morte vers 1287), avec Jean de Bourgogne (1231-1267), cette importante seigneurie passa à leur fille Béatrice de Bourgogne (1257-1310), dame de Bourbon, puis à son mari
  • Robert de Clermont (1256-1317), 10e et avant-dernier enfant de saint Louis, ainsi possédant la terre de Bourbon par «le droit de la femme» (de iure uxoris). La troisième maison de Bourbon accéda au trône de Navarre en 1555 puis au trône de France en 1589 par Henri IV. Ses armoiries sont : « D'azur, fleurs-de-lys d'or sans nombre, l'écu brisé d'un bâton ou cotice de gueules, brochant sur le tout, avec couronne de fils de France ».

                                                                                                  Bourbon Palais

À Paris, 126, rue de l'Université (VIIe arrondissement).

C'est à l'origine un hôtel, construit de 1722 à 1728 pour la duchesse de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV. Il est affecté en 1795 au Conseil des Cinq-Cents et aménagé en conséquence par Gisors et Leconte (1798). La façade sur la Seine, haut péristyle de 12 colonnes corinthiennes, est érigée en 1806 par Poyet. En 1829, le palais est attribué à la Chambre des députés ; de 1851 à 1870, il sert au Corps législatif, à partir de 1879 à la Chambre des députés et aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

                                                                                                   Bourbon-Anjou

Branche cadette de la maison de Bourbon. Également appelée Bourbon-Espagne, cette branche prend naissance avec Philippe V.

                                                                                               Le Bourbonnais

Ancienne province du centre de la France, s'étendant au N. du Massif central.

La formation territoriale (xe-xive s.) du Bourbonnais fut l'œuvre des seigneurs de Bourbon. Ces derniers, possessionnés au xe s. du château de Bourbon (aujourd'hui Bourbon-l'Archambault) et de la terre de Souvigny, agrandirent leur seigneurie par l'acquisition de terres sises en Auvergne, dans le Berry, le Nivernais et l'Autunois. Passée par mariage en 1272 à Robert de France, comte de Clermont, fils de Louis IX, la seigneurie de Bourbon fut érigée en duché-pairie en 1327 et dotée par ses maîtres, au xive s., d'institutions imitées de celles de la royauté (Conseil ducal, chambre des comptes, Grands Jours, etc.). Le duché de Bourbon (ou de Bourbonnais), dont la capitale était Moulins, avait alors acquis les limites qu'il conserva jusqu'à la fin de l'Ancien Régime et qui correspondaient approximativement à celles de l'actuel département de l'Allier. Au xve s. le duché devint le centre d'un vaste État princier dont les principales composantes étaient le comté de Forez et le Beaujolais, acquis respectivement en 1371 et 1400, et le duché d'Auvergne, annexé en 1416. Cet État féodal fut détruit par François Ier en 1527 à la faveur de la « trahison » du duc Charles III (le connétable de Bourbon). Rattaché à la couronne en 1531, le Bourbonnais perdit ses institutions ducales et devint une province qui fut dotée d'un gouverneur en 1532. En 1790, il forma le département de l'Allier et le S.-E. du département du Cher.

                                                                                         Bourbon-Orléans

Branche cadette de la maison de Bourbon. Son principal représentant est Louis-Philippe.

                                                                               Bourdelle Emile-Antoine

Sculpteur et peintre français (Montauban 1861-Le Vésinet 1929).

Fils d'un sculpteur sur bois, il étudia à Toulouse et à Paris. Après 1890, il devint l'aide préféré de Rodin, dont l'influence est compensée dans son œuvre par celle des sculpteurs romans et grecs archaïques. Il a exécuté près de 900 sculptures (plâtres originaux au musée Bourdelle, à Paris). Sa recherche d'une permanence des structures, d'un symbolisme architecturé s'exprime, par exemple, dans la Tête d'Apollon (1900), les Beethoven (de 1887 à 1929), le dynamique Héraclès archer (1909), les bas-reliefs du Théâtre des Champs-Élysées à Paris (1912), le Monument d'Alvear (1913-1923, Buenos Aires), la Vierge à l'Enfant, (1920), Sappho (1925). Il a eu de nombreux élèves.

                                                                                     Bourdieu Pierre

Né à Denguin (France) le 01/08/1930 ; Mort à Paris (France) le 23/01/2002

Pierre Bourdieu naît dans les Pyrénées-Atlantiques en 1930. Il intègre l'Ecole normale supérieure à partir de 1951 et obtient l'agrégation de philosophie. Après avoir servi en Algérie, il occupe un poste de directeur d'études. Il s'intéresse par la suite au système éducatif en compagnie de Jean-Claude Passeron (la Reproduction : éléments d'une théorie du système d'enseignement, 1970). Il présente ses  recherches dans une revue intitulée Actes de la recherche en sciences sociales (1975) et enseigne la sociologie au Collège de France dès 1981. Tous les domaines du monde moderne le passionnent et l'incitent à approfondir ses recherches. Il publie aussi bien sur l'art (les Règles de l'art), la culture, l'économie (les Structures sociales de l'économie), les médias (Sur la télévision) que sur la politique (Contre-feux).

                                                                                     Bourdon Didier

Acteur et réalisateur né le 23 janvier 1959 à Alger (Algérie) (France).

Didier Bourdon est né le 23 janvier 1959 à Alger. L'acteur français, rentre au Conservatoire National en 1975, avant de rencontrer ses acolytes des Inconnus, Bernard Campan et Pascal Légitimus, en 1982 qui remporteront notamment le Molière du rire en 1991. Après de nombreux succès sur scène et à la télévision, il conquiert le cinéma avec Les Trois Frères en 1995, Tout doit disparaître en 1996, Fanfan la Tulipe en 2003, Madame Irma en 2006 ou encore Bambou en 2009. Didier Bourdon s'est essayé à la réalisation pour Le Pari en 1997 ou Sept ans de mariage en 2003, et s'est travesti pour jouer dans "La cage aux folles" au théâtre en 2009. En 2014, Didier Bourdon marquera son grand retour au cinéma avec les Inconnus avec Les Trois Frères : Le Retour.

Côté vie privée, Didier Bourdon est père de trois enfants nés de deux unions différentes : un garçon et deux filles (1982, 2005 et 2010).

                                                                                       Bourdy Quentin

Quentin Bourdy est un chef cuisinier français révélé par l'émission culinaire "Top Chef" diffusée sur M6 en 2013. Il prend les rênes du restaurant L'Univers à Villefranche-de-Rouergue avec son épouse, rencontrée pendant le tournage du show TV.

Avec un arrière-grand-père chef d'un grand établissement et des grands-parents propriétaires de restaurant, le jeune Quentin baigne dans un univers de gastronomes. Il s'oriente donc vers la cuisine et fait ses classes au Lycée des métiers de l'hôtellerie et du tourisme de Toulouse. Il affine son art pour la cuisine auprès du chef étoilé Michel Bras et du meilleur ouvrier de France Jean-Luc Danjou. C'est finalement dans le restaurant familial, L'Univers en Aveyron, qu'il oeuvre comme second de cuisine.

Quentin Bourdy est sélectionné par M6 pour participer avec 16 chefs prometteurs à la 4e saison de l'émission "Top Chef" diffusée en 2013. Il est éliminé au terme de la 5e semaine, mais rencontre pendant son ultime épreuve l'ancienne candidate Noémie Honiat. La jeune femme, spécialisée dans les desserts, quitte son travail en Belgique pour le rejoindre dans le Sud-ouest. Ensemble, ils se présentent à "Top Chef" en 2014 pour tenter à nouveau leur chance. Noémie intègre alors le nouveau casting sans lui. Quelques mois plus tard, le 11 octobre 2014, les deux passionnés se marient et ils assurent la relève du restaurant familial, lui en cuisine, elle en pâtisserie. Ils sont même sacrés par le célèbre Gault et Millau jeunes talents de la cuisine.

                                                                                    Bourg-Broc Bruno

Né le 25/02/1945

De formation universitaire, Bruno Bourg-Broc se voue d'abord à l'enseignement (histoire et géographie), notamment à l'Ecole nationale supérieure d'arts et métiers, avant d'entamer une carrière politique, au début des années 1970, pour le compte du RPR. Responsable national des jeunes gaullistes, il participe dès lors à de nombreux cabinets ministériels entre 1972 et 1981, et s'engage activement en tant qu'élu local (conseiller général de Champagne-Ardenne), et devient député de la Marne dès 1982 à l'Assemblée nationale. Député influent - il est le principal auteur de la réforme de la Loi Falloux (1993) -, il retrouve son mandat parlementaire en remplacement de Benoist Apparu, dont il était le suppléant, lorsque celui-ci est nommé secrétaire d'Etat par Nicolas Sarkozy en 2009. Mais il ne se représente pas aux législatives de 2012 pour garder son siège, que décroche à nouveau Benoist Apparu. Elu maire de sa ville natale, Châlons-sur-Marne, qu'il fait renommer Châlons-en-Champagne (46 000 hab.), en 1995, Bruno Bourg-Broc s'attelle vigoureusement à lui conférer une réelle attractivité économique. Il reçoit la légion d'honneur en 2009. Aujourd'hui, et en plus d'être maire, il est Président de la Communauté d'Agglomération de Châlons-en-Champagne et Président honoraire de la Fédération des villes moyennes.

                                                                                        Bourg-en-Bresse

 Chef-lieu de l'Ain, à 414 km au S.-E. de Paris.

  • Population : 42 184 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Burgiens , Bressans

Centre administratif, commercial et industriel (génie alimentaire, camions, câbles, machines-outils). Église Notre-Dame, des xvie et xviie s. Église de Brou et musée de l'Ain.

                                                                                       Bourgeois Louise

 Née à Paris (France) le 25/12/1911 ; Morte à New York (États-Unis) le 31/05/2010

Louise Bourgeois est une sculptrice et plasticienne essentielle de la seconde moitié du XXe siècle. Née à Paris le 25 décembre 1911, elle réside à New York à partir de 1938 avec son mari, l'historien d'art américain Robert Goldwater, et leurs trois enfants. Décédée le 31 mai 2010 à New York, à 98 ans, elle laisse une oeuvre résolument personnelle, toute entière tirée des émotions et traumatismes de l'enfance.

Louise Bourgeois grandit dans un milieu bourgeois de Choisy-le-Roi en région parisienne, où ses parents, restaurateurs de tapisseries anciennes, fabriquent sans le savoir la matière première de sa future vocation. Face à la figure "protectrice, besogneuse et rationnelle" de Joséphine, la mère, celle de Louis, le père, "immature et destructrice", semble être la cause des dépressions récurrentes dont souffrira Louise toute sa vie. Après des études de mathématiques, elle se tourne vers les arts plastiques, et étudie aux beaux-arts ; sa rencontre avec le peintre Fernand Léger devient déterminante.

Louise Bourgeois oriente sa création vers des thèmes universels que sont l'érotisme, l'abandon, la solitude, la frustration. Après une première période consacrée au dessin, à la peinture et à la gravure, elle se concentre sur la sculpture en réalisant de nombreux totems, objets symboliques affectionnés aux États-Unis pour leur valeur thérapeutique. Deux oeuvres majeures résument la carrière de Louise Bourgeois : "Fillette" (1968), sous la forme d'un phallus (le père), fil rouge de son oeuvre, et cette série de sculptures géantes d'araignées ("Maman", 2005), présentées notamment à Ottawa, Tokyo, Paris et Saint-Pétersbourg. En 2008, le Centre Pompidou présente une exposition rétrospective de la carrière de Louise Bourgeois, avec plus de deux cents oeuvres.

                                                                                   Bourgeois gentilhomme Le

Comédie-ballet en cinq actes et en prose, de Molière, musique de Lully, intermède dansé réglé par Beauchamp , représentée à Chambord (1670), puis à Paris. 

Bourgeois qui a fait fortune dans le commerce, Monsieur Jourdain espère devenir l’égal des gens de noblesse. Il a engagé pour améliorer sa culture, ses activités et son décor un certain nombre de personnes, mais surtout un maître de musique, un maître à danser, un maître d’armes, un maître de philosophie et un maître tailleur. C’est par le maître de philosophie qu’il apprend qu’il faisait de la prose sans le savoir.

Cet entourage, bien entendu, le gruge et un intrigant, le comte Dorante, lui emprunte des sommes qu’il ne rembourse jamais et lui présente son amie, Dorimène, dont le nouveau riche tombe aussitôt amoureux. Monsieur Jourdain la couvre de cadeaux, mais Madame Jourdain perçoit le danger et réagit vigoureusement quand son mari envisage de marier sa fille, Lucile, à un aristocrate.

L’amoureux de la jeune fille, Cléonte, qui bénéficie de l’amitié de Madame Jourdain, monte avec son valet Covielle toute une comédie : le fils du Grand Turc est à Paris et cherche à rencontrer Monsieur Jourdain pour lui conférer la dignité de « mamamouchi » (c’est-à-dire « paladin ») et même devenir son gendre. Flatté, Jourdain accepte, en craignant que sa fille Lucile se rebiffe. Une fausse cérémonie turque a lieu. Jourdain y devient « mamamouchi ». Puis Lucile et sa mère approuvent le mariage annoncé puisque le prétendu fils du Grand Turc est Cléonte déguisé !

D’ailleurs, deux mariages sont prononcés en même temps : celui de Cléonte et de Lucile, celui de Dorante et de Dorimène qui cessent leur jeu pervers. Place à la fête qui se continue non pas par un autre intermède turc mais par un « ballet des nations ».

Cette comédie-ballet a été conçue pour un grand déploiement d’acteurs, de danseurs et de musiciens. Cela peut donner une impression de décousu mais sa liberté et sa fantaisie donnent son unité à une œuvre qui passe de la satire sociale la plus fine à un spectacle burlesque de plus en plus envahissant ; admirable mélange de haute comédie et de bouffonnerie délirante.

                                                                                              Bourges

Chef-lieu du Cher, au confluent de l'Yèvre et de l'Auron, à 226 km au S. de Paris.

  • Population : 68 590 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Berruyers

  Ancienne capitale du Berry, Bourges est un centre administratif, commercial, judiciaire (cour d'appel), religieux (archevêché), où l'industrie est notamment représentée par des usines d'armement, de pneumatiques, de matériel de cuisine et de chauffage. Écoles et établissements intéressant la défense nationale : Établissement d'études et de fabrication de la Direction technique des armements terrestres, École supérieure d'application du matériel (transférée de Fontainebleau depuis 1965). Festival de musique, annuel (le Printemps de Bourges).

Bourges remonte à une très haute antiquité. Importante cité gauloise, puis romaine (Avaric, latinisée en Avaricum), elle ne dispose pourtant pour site, dans l'atonie de relief de la Champagne berrichonne, que de la légère retombée (20 m) d'un éperon calcaire sur une confluence marécageuse (zone attractive ou répulsive selon les besoins de la défense ou du négoce) où quatre petites rivières du bassin du Cher, Yèvre, Yèvrette, Auron et Moulon, mêlent leurs eaux. Mais là se croisent, favorisées par les facilités du passage, deux grandes voies terrestres, de la Bourgogne vers l'Aquitaine, de Lyon vers l'Armorique.

Avaricum soutient, au cours des campagnes de César, un siège mémorable qui se termine par la destruction de la ville et le massacre de ses défenseurs (52 avant J.-C.). Ville d'étape, marché agricole, capitale de la civitas des Bituriges, métropole de l'Aquitaine Première au ive siècle, Bourges passe ensuite aux mains des Wisigoths, puis des Francs.

L'organisation de l'évêché par saint Ursin semble avoir eu lieu vers 250. Marche d'Aquitaine, Bourges est, comme le Berry, constamment tiraillée, à l'époque carolingienne, par des influences rivales. Aux compétitions politiques s'ajoutent les incursions normandes, qui ravagent la ville (857, 867, 873). Durant cette longue période de troubles (ixe-xie siècles), l'action des archevêques est prépondérante, d'autant que ceux-ci disputent à Bordeaux la primatie d'Aquitaine. Peu à peu, cette prépondérance diminue au profit des vicomtes de Bourges.

La ville est réunie au domaine royal au début du xiie siècle. Le Berry est érigé en apanage au profit de plusieurs fils de France, le plus célèbre restant Jean de Berry, 3e fils de Jean II le Bon, qui fait de Bourges un foyer artistique de renommée européenne. Par ailleurs, Bourges – l'une des grandes villes du royaume – possède d'importantes industries textiles et du cuir. Au xve siècle, elle est la ville de Jacques Coeur, dont les opérations commerciales et financières contribuent à son enrichissement.

Mais, auparavant, elle a été le centre des médiocres possessions de Charles VII, « le petit roi de Bourges », rival malheureux de la puissante maison d'Angleterre. Après la victoire définitive sur les Anglais, le roi de France reste fidèle à Bourges, où il réside volontiers. C'est là qu'en 1438 il promulgue la pragmatique sanction, qui fait de lui le véritable maître de l'Église gallicane.

Louis XI, comme son père, vient souvent à Bourges, où il est né en 1423 et qu'il dote (1463) d'une université qui devient au xvie siècle l'un des principaux foyers réformistes en France : la protection de Marguerite de Navarre duchesse de Berry depuis 1517, favorise d'ailleurs la Réforme dans le Berry. Melchior Volmar, professeur de grec à l'université de Bourges, est le précepteur de Théodore de Bèze ; Calvin étudie à Bourges. Plus tard, Bourges devient ligueuse, puis le diocèse est fortement marqué par le jansénisme : l'abbaye bénédictine de Saint-Cyran n'est-elle pas sur son territoire ?

Rien n'a subsisté de la première ville, considérée alors comme l'une des plus belles de Gaule, après sa destruction par les Romains lors du siège de 52 avant J.-C. Par contre, la ville gallo-romaine, reconstruite à partir d'Auguste, a livré les vestiges d'un nymphée et des thermes. Dans les fondations du large rempart du ive siècle (édifié après les invasions du milieu du iiie siècle et conservé en plusieurs endroits), on a retrouvé la plupart des débris connus des monuments de l'époque précédente, en particulier funéraires. Réunies dans le musée du Berry (hôtel Cujas), ces stèles constituent l'un des plus riches ensembles de France.

La ville du Moyen Âge s'est étendue autour de l'oppidum, protégée par l'enceinte de Philippe Auguste, dont il ne reste que deux tours. De l'église Saint-Aoustrille et du sanctuaire dédié à saint Ursin, il subsiste une porte du xie s. et un tympan du xiie siècle, signé Giraldus.

Sous les deuxième et troisième travées du chœur de la cathédrale se trouve une salle perpendiculaire à l'axe de l'édifice par laquelle on parvient au petit caveau dit « des archevêques ». Cet ensemble est antérieur à l'église romane, dont les meilleurs témoins sont les deux belles portes latérales abritées sous des porches de la fin du xiiie siècle.

La cathédrale gothique semble avoir été édifiée en deux campagnes : l'une concerne la crypte et le chœur (1195-1214) ; l'autre intéresse la nef et la façade (1225-1255). L'élévation intérieure à cinq étages et l'évasement du vaisseau central vers le rond-point, auquel correspond la disposition inverse des bas-côtés, donnent à la cathédrale de Bourges un caractère exceptionnel. Par ses voûtes sexpartites qui font alterner piles fortes et piles faibles, c'est un édifice de transition entre les cathédrales à tribunes et à double bas-côté du type de Notre-Dame de Paris et celles de Reims ou d'Amiens. Les vitraux des xiiie siècle, xve siècle et xvie siècle constituent un merveilleux musée de la peinture sur verre. Des déplorables travaux du xviiie siècle, qui supprimèrent le jubé et tout le mobilier du chœur pour les remplacer par une décoration rocaille de Michel-Ange Slodtz, il ne reste presque rien.

La façade occidentale est percée de cinq portes surmontées de gables et entourées de profondes archivoltes : les portes Saint-Ursin et Saint-Étienne datent de 1250 ; celle du centre, où figure un admirable Jugement dernier est de 1265 ; la porte de la Vierge a été complétée au xvie siècle ; la porte Saint-Guillaume a été reconstruite après l'écroulement de la tour nord en 1506. Le centre de la façade est occupé par une énorme fenêtre, le « Grand Housteau », due aux libéralités de Jean de Berry et exécutée sous la direction de Guy de Dammartin vers 1390.

La cathédrale Saint-Étienne a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1992.

Du palais élevé à Bourges par le duc Jean, il ne subsiste qu'une belle salle ; la Sainte-Chapelle, œuvre de Drouet de Dammartin, qui a été détruite en 1757, abritait le tombeau du mécène, commandé par Charles VII à Jean de Cambrai entre 1422 et 1438 (restes conservés dans la crypte de la cathédrale).

Le xve siècle est représenté à Bourges par un des plus beaux édifices civils gothiques qui soient parvenus jusqu'à nous : l'hôtel Jacques-Cœur, achevé en 1453, au moment même de la disgrâce du grand argentier. Sa façade occidentale, de caractère militaire, contraste avec la cour d'honneur, entourée de portiques, et avec la décoration raffinée de l'ensemble. L'ancien hôtel de ville, devenu le petit lycée, est de peu postérieur : on y retrouve les guetteurs figurés se penchant à l'appui de fausses fenêtres. L'ancienne maison des Échevins abrite aujourd'hui le musée Maurice Estève.

La Renaissance berrichonne a enrichi la ville de l'hôtel Cujas (construit par l'architecte Guillaume Pelvoysin vers 1515), qui abrite le musée du Berry de l'hôtel Lallemant, aujourd'hui Musée des Arts décoratifs où se voient des ensembles mobiliers des xviie et xviiie siècles.

Enfin, le xviie sièclle a marqué de son empreinte un peu lourde le couvent des Augustins, la maison des Ursulines, le grand séminaire, devenu la caserne Condé, et le palais de l'Archevêché, transformé en hôtel de ville.

                                                                                            Bourget Lac du

Lac des Alpes (département de la Savoie), couvrant 45 km2, à 231 m d'altitude.

Alimenté notamment par la Leysse, il se déverse dans le Rhône (rive gauche) par le canal de Savières. Sur la rive est, Aix-les-Bains. Lamartine l'a évoqué dans un des poèmes des Méditations.

                                                                                             Bourgogne

Région administrative de France, regroupant les départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre, de Saône-et-Loire et de l'Yonne.

  • Superficie : 31 582 km2
  • Population : 1 642 115 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Bourguignons
  • Chef-lieu : Dijon

 De la Loire jusqu'au-delà de la Saône, la Bourgogne ne présente guère d'unité physique ou humaine. Vaste territoire de transit marqué par la ruralité, la Région trouve difficilement son dynamisme propre entre les influences de l'Île de France et celles de Rhône-Alpes.

 Au N., la basse Bourgogne s'étend sur les moyennes vallées de l'Yonne et de l'Armançon en amont d'Auxerre et de Tonnerre ; entre ces vallées, occupées par les prairies et les cultures maraîchères, de bas plateaux calcaires portent des céréales.

Dans sa partie centrale, la Bourgogne comprend le massif boisé du Morvan et les plaines argileuses qui lui font une ceinture et qui sont des régions d'élevage : la Terre-Plaine au N., l'Auxois à l'E., et, à l'O., le Bazois qui se raccorde au Nivernais et à la vallée de la Loire pour former sa bordure occidentale.

Vers l'est, la haute Bourgogne, entre la région des sources de la Seine et le plateau de Langres, est formée de hauts plateaux calcaires boisés, au climat rude, la « montagne », qui s'abaisse par paliers au-dessus des plaines de la Saône. Le dernier escarpement de la montagne, au tracé rectiligne, correspond à une grande faille ; c'est la Côte d'Or, qui porte l'un des plus célèbres vignobles du monde. L'abri formé par la Côte contre les vents pluvieux et les sols de débris calcaires qui s'échauffent bien ont constitué les conditions naturelles favorables à la vigne, qui a fait l'objet de travaux séculaires. À proximité, la capitale régionale, Dijon, la plus grande et la plus prestigieuse agglomération, est excentrée et ne rayonne pas sur l'ensemble de la Bourgogne. Plus à l'est, les plaines alluviales qui entourent la Saône constituent le « Pays bas », où s'étendent de vastes forêts où des cultures sont médiocres, sauf dans le Val de Saône (cultures maraîchères).

Au S.-E., une partie de la Bourgogne historique appartient à la Bresse et regarde vers Lyon ; au S., la région s'étend sur la bordure orientale du Massif central. Elle comprend le massif de l'Autunois (au S. d'Autun) et la dépression de Montceau-les-Mines et du Creusot, industrielle, le Charolais, région d'élevage, le Mâconnais, pays de polyculture et d'élevage, lui-même bordé par la Côte mâconnaise.

La Région regroupe, sur 5,8 % du territoire national, 2,8 % de la population française. La densité moyenne dépasse à peine 50 habitants au km2, approchant seulement la moitié de la moyenne nationale, avec des valeurs plus basses encore, de l'ordre de 20 hab /km2, sur plus de la moitié de son territoire, du Châtillonnais à la Puisaye et au Morvan.

La stabilité de la population masque des mouvements significatifs. Le solde migratoire est négatif pour les jeunes (20-29 ans) qui partent vers Paris ou Lyon pour faire des études ou trouver du travail, mais positif pour les classes d'âge élevé, essentiellement des retraités qui s'installent surtout dans l'Yonne et la Nièvre. Si bien qu'un bourguignon sur cinq a plus de 65 ans. Cependant l'accroissement naturel, peu élevé, est suffisant.

La Bourgogne a un maillage urbain relativement dense mais les villes, dans leur grande majorité, restent de petite taille. Neuf agglomérations seulement dépassent 35 000 habitants. La deuxième aire urbaine, Chalon-sur-Saône, ne compte que 134 000 habitants et les suivantes sont en dessous de 100 000 habitants : Nevers, Mâcon, Auxerre, Sens, voire en dessous de 40 000 pour Montceau-les-Mines et Le Creusot, touchées par la désindustrialisation.

Dijon la métropole régionale regroupe 355 000 habitants. Elle jouit d'une bonne image, dispose d'un bon potentiel industriel et culturel (enseignement supérieur, patrimoine historique), mais sa position excentrée limite ses capacités face à l'influence que Paris exerce sur l'Yonne et Lyon sur la Saône-et-Loire.

Par son PIB, la Bourgogne vient au 16ème rang des régions françaises et contribue pour un peu plus de 2 % à son total. Le recul de l'emploi tant agricole qu'industriel marque une certaine stagnation que pourrait enrayer la valorisation des axes de transport, notamment dans le cadre transeuropéen.

La Bourgogne est une région agricole et forestière. Les prairies occupent 20 % de son territoire et les forêts 31 %. Le secteur concerne 6 % de la population active et fournit 5 % de la valeur ajoutée. L'élevage est l'activité dominante, élevage des bovins pour la viande surtout, notamment dans le Charolais, l'Auxois et le Nivernais. L'Yonne et la Côte d'Or sont essentiellement producteurs de céréales et d'oléagineux.

La viticulture compte grandement dans la renommée de la région. Elle est présente dans quatre zones AOC ; les coteaux de la Loire, la Basse Bourgogne (Chablis, Tonnerrois et Chatillonnais), la Saône-et-Loire (Mâconnais, Côte chalonnaise) et surtout la Côte-d'Or, avec les célèbres Côtes de Beaune et Côtes de Nuits.

L'industrie s'est installée en Bourgogne dès le xviiie s. Elle représente actuellement 24 % du PIB régional et 21 % de l'emploi, en recul depuis une trentaine d'années. Elle est caractérisée par l'importance des implantations ponctuelles très sectorisées, métallurgie au Creusot, automobile et caoutchouc à Decize, tubes sans soudure pour le nucléaire à Montbard, textile à Autun. À ces branches il faut ajouter le secteur des équipements électriques et électroniques ainsi que l'agroalimentaire. La Région compte également deux pôles de compétitivité, le Pôle nucléaire Bourgogne et Vitagora, pôle goût santé nutrition.

L'agglomération de Dijon est le premier centre industriel régional, la Côte-d'Or et surtout la Saône-et-Loire, les départements les plus industrialisés.L'axe Chalon-Mâcon, grâce à la bonne qualité des voies de communication, représente un axe d'avenir, avec la chimie et les matières plastiques. S'y ajoutent les vallées de la Dheune et de la Bourbince (industrie lourde au Creusot et dans l'agglomération de Montceau-les-Mines). Enfin la vallée de la vallée de la Loire, de Digoin à Cosne-sur-Loire, où les constructions mécaniques et électriques sont largement prédominantes.

Le secteur tertiaire représente 70 % du PIB régional et pratiquement le même pourcentage des emplois de la Bourgogne, le secteur public y étant largement majoritaire. Le tourisme est actif dans tout la région ; il associe les ressources d'un riche patrimoine architectural, notamment religieux (abbayes), à celles des loisirs de nature (parc naturel régional, voies d'eau et lacs) et des terroirs viticoles. Zone de passage, la région est traversée par des voies autoroutières et ferroviaires majeures, N.-S. entre la Belgique et la Méditerranée, N.-O.-S.-E. entre Paris et Lyon au regard desquelles les transversales restent très modestes.

Le sol de l'actuelle Bourgogne a livré les témoignages d'importantes civilisations de la préhistoire (→ Solutré, Chassey).

Les Celtes s'y installent au ve siècle avant J.-C. et les Gaulois y forment de puissantes confédérations : Sénons (ou Sénones), Lingons au nord, Eduens au sud, Séquanes à l'est.

Après la victoire de César à Alésia (52 avant J.-C.), la région est divisée par Rome en plusieurs provinces : Belgique et Celtique, puis Germanie supérieure et Lyonnaise, enfin Lyonnaise Ire et IVe et Grande Séquanaise. Fortement romanisée, elle connaît une belle prospérité. Le christianisme y est attesté vers 200.

Très tôt menacée par les invasions barbares, elle voit s'installer les Alamans (276) puis les Burgondes (après 454) qui lui donnent son nom et fondent un vaste royaume qui s'étend de l'Auxerrois à la Suisse et de la Champagne à la Provence. Leur roi Gondebaud (vers 480-516) fait rédiger deux lois, l'une pour ses sujets burgondes (loi Gombette), l'autre pour les Gallo-Romains.

Conquise par les Francs (534), la Bourgogne constitue avec la Neustrie et l'Austrasie un des trois royaumes que se disputent les Mérovingiens et que réunissent les premiers Carolingiens. Démembrée par le traité de Verdun (843), réunifiée par Charles le Chauve (875), elle tente de retrouver son autonomie sous Boson qui s'en proclame roi en 879, mais se divise à nouveau en 887.

À l'est de la Saône et du Rhône s'érige un royaume de Bourgogne-Provence (ou royaume d'Arles) [934-935] qui se réunit à l'Empire en 1032.

À l'ouest de la Saône, la Bourgogne franque, devant la menace des Normands, se donne pour chef Richard le Justicier (?-921) : c'est l'origine d'un duché qui seul conservera le nom de Bourgogne. En 1002, le roi Robert II le Pieux s'empare de ce duché qui est donné en 1032 à son fils cadet Robert Ier le Vieux. Ce dernier est la souche d'une maison capétienne de Bourgogne qui installe sa capitale à Dijon, se signale par sa bienveillance envers le mouvement bourguignon (→ Cluny, Citeaux), affermit l'autorité ducale, et accroît ses territoires en restant, cependant, sous la suzeraineté royale.

À la mort sans postérité du duc Philippe de Rouvres (1361), avec lequel s'éteint la maison capétienne, la Bourgogne est annexée à la couronne par Jean II le Bon puis donnée en apanage à son fils Philippe II le Hardi (1363 ou 1364-1404), premier des quatre ducs de la maison de Valois. Cette dynastie va fonder un puissant État, rival de l'Empire, de la France et de l'Angleterre.

Philippe le Hardi, qui recueille en 1384 l'immense héritage de sa femme Marguerite de Flandre (notamment les comtés de Flandre, d'Artois, de Bourgogne, de Nevers, de Rethel, et les villes de Salins, Malines et Anvers), reste fidèle au roi.

Mais son fils Jean sans Peur (1404-1419) prend la tête du parti bourguignon, favorable aux Anglais (→ faction des Bourguignons). Il fait tuer son rival, Louis, duc d'Orléans (1407), organise un gouvernement excluant le dauphin Charles, soutenu par le parti armagnac qui le fait assassiner en 1419.

Philippe le Bon (1419-1467) accroît ses États des comtés de Namur, de Hainaut, de Hollande, de Frise et de Zélande, et des duchés de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg. Après avoir soutenu les Anglais, il finit par reconnaître Louis XI. À cette époque, la puissance des ducs se fonde davantage sur le dynamisme des villes marchandes du Nord que sur le duché de Bourgogne, mais la dynastie conserve pour Dijon un attachement réel et y attire de nombreux artistes flamands.

La faiblesse des États bourguignons tient à leur disparité géographique et juridique. Charles le Téméraire (1467-1477), dernier duc de Bourgogne, cherche à établir une centralisation et à unir, grâce à la Lorraine, les deux pôles qu'il gouverne. Louis XI réussit à l'en empêcher et le duc meurt sur le champ de bataille de Nancy (1477).

Les États bourguignons sont alors disloqués : le duché de Bourgogne ainsi que l'Artois sont incorporés, malgré des résistances, au royaume par Louis XI, tandis que le comté de Bourgogne et la plupart des pays du Nord entrent, par le traité d'Arras (1482), dans le patrimoine de Maximilien Ier, marié (1477) à la fille unique du Téméraire, Marie de Bourgogne.

Devenue province française, la Bourgogne est, lors des guerres de Religion, un important bastion de la Ligue qu'Henri IV doit soumettre (1595). La conservation des institutions traditionnelles (parlement, chambre des comptes, États provinciaux, bailliages) ne fait pas obstacle à la création en 1542 d'une généralité administrée par un intendant établi à Dijon où une bourgeoisie aisée s'anoblit par les offices et développe une remarquable activité intellectuelle et artistique.

Lors de la Révolution, préparée par l'opposition parlementaire, la province de Bourgogne forme les départements de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire, de l'Ain, et une partie de l'Yonne.

Au xixe siècle, dans un climat politique calme, l'expansion de la sidérurgie (surtout en Saône-et-Loire) et des grands axes de transport concurrence la vocation agricole et viticole de la région, touchée par l'exode rural et par la crise du phylloxéra (à partir de 1875).

                                                                                       Bourgoin Louise

Louise Bourgoin est née à Vannes le 28 novembre 1981. Après des études d'art, elle se dirige vers le mannequinat puis la télévision. Sa carrière démarre comme animatrice télé sur Filles TV. C'est Canal + qui lui met le pied à l'étrier lorsqu'elle devient la Miss Météo du "Grand Journal", rôle qu'elle tiendra de 2006 à 2009. Elle tourne ensuite son premier film en 2008 et interprète Audrey, une Miss Météo, dans "La Fille de Monaco" avec Fabrice Luchini et Roschdy Zem et reçoit le Prix Raimu du meilleur espoir. Le succès suit avec "Le Petit Nicolas" en 2009 et "Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec" en 2010 où elle décroche le premier rôle. Elle joue dans des films plus intimes comme "Un heureux évènement" en 2011 avec Pio Marmaï et Josiane Balasko ou "L'Amour dure 3 ans" en 2012, avec Gaspard Proust et Joey Starr. 2013 est une année de réussite pour Louise Bourgoin avec 3 films à l'affiche : "La Religieuse" un drame avec Pauline Etienne et Isabelle Huppert, "Tirez la Langue Mademoiselle", un drame sentimental, et "Love Punch", un film britannique avec Pierce Brosnan et Emma Thompson, présenté au Festival international du film de Toronto.

                                                                                        Bourguiba Habib

Homme d'État tunisien (Monastir 1903-Monastir 2000).

Militant nationaliste tunisien, Bourguiba fonde en 1934 le Néo-Destour et devient le « Combattant suprême » de la lutte contre l’impérialisme français. Après de longues années d’exil, il obtient l’indépendance de la Tunisie (1956) et fonde la République dont il devient le président en 1957. Prônant la « tunisification » et la laïcisation de la société, il mène une politique d’inspiration socialiste tout en maintenant l’ouverture à l’Occident. Très autoritaire, il amorce pourtant un virage libéral dans les années 1970, mais ne parvient pas à enrayer la crise générale qui affecte le pays dans les années 1980 et qui conduit à sa destitution par l’armée en 1987.

Avocat de formation, Bourguiba est frappé par les contradictions du système colonial français. Militant au parti nationaliste Destour, qu’il trouve bientôt trop timoré, il le quitte en 1934 pour fonder le Néo-Destour, au sein duquel il prône une version laïque et démocratique du nationalisme.

Orateur charismatique, infatigable combattant de la cause de l’indépendance, il passe l’essentiel des années 1938 à 1954 en exil, entre la France, l’Italie et l’Égypte, ce qui ne l’empêche pas de devenir l’interlocuteur incontournable de la métropole. En 1955-1956, après avoir triomphé des oppositions au sein de son parti, il arrache à la France l’autonomie, puis l’indépendance, de la Tunisie et obtient en 1957 la destitution du bey pour proclamer la république, dont il prend la présidence.

Promoteur d’un régime personnel, Bourguiba impose à la Tunisie une laïcisation autoritaire et une étatisation de l’économie. Mais ses réformes d’inspiration socialiste (planification, coopératives agricoles, extension du secteur public, développement des industries légères) échouent en grande partie, du fait de la trop forte concurrence étrangère et d’une mauvaise organisation interne. Sa diplomatie se démarque de celle des autres pays arabes par son ouverture à l’Occident et son refus de l’intransigeance face à Israël.

Réélu à deux reprises à la tête de l’État, Bourguiba modifie la Constitution pour se faire reconnaître président à vie en 1974, alors que sa santé décline. Il ménage un prudent virage libéral, mais ne parvient pas à faire face au problème de la croissance démographique et se heurte à une opposition persistante, en particulier syndicale, qui débouche sur la répression de 1978.

Dans les années 1980, le pays s’enfonce dans la crise et, malgré un retour au pluralisme politique, Bourguiba devient de plus en plus impopulaire et doit faire face à la montée de l’islamisme et à de nouvelles émeutes à partir de 1984. Sa destitution en 1987 par le général Ben Ali est accueillie avec soulagement. Il reste en résidence surveillée jusqu’à sa mort en 2000.

                                                                                                 Bourguignons

Faction qui s'opposa en France à celle des Armagnacs de 1407 à 1435 pendant la guerre de Cent Ans.

Ce parti soutint le duc de Bourgogne Jean sans Peur qui déclencha la guerre contre les Armagnacs en faisant assassiner son rival Louis, duc d'Orléans (23 novembre 1407). Après le meurtre de Jean sans Peur (10 septembre 1419), les Bourguignons scellèrent leur alliance avec les Anglais (→ traité de Troyes, 1420) aux côtés desquels ils luttèrent contre les Armagnacs jusqu'à la réconciliation de leur chef Philippe III le Bon avec Charles VII (→ traité d'Arras, 1435).

                                                                                                    Bouriatie

  République de la Fédération de Russie, en Sibérie orientale.

  • Superficie : 351 300 km2
  • Population : 972 658 hab. (recensement de 2010)
  • Capitale : Oulan-Oude
  •  

                                                                                             Bournazel Pierre-Yves

Né à Riom-ès-Montagnes le 31/08/1977

Pierre-Yves Bournazel, après des études à Tulle, obtient son diplôme de SciencesPo Toulouse en 2002. Dès 2005, il est chargé de mission sur le logement et l’urbanisme dans la mairie du 17ème arrondissement de Paris. En 2006, il est élu conseiller politique au sein de l’UMP et devient le porte-parole de Françoise de Panafieu pour les élections municipales de 2008. Cette même année, Pierre-Yves Bournazel devient conseiller de Paris et président du groupe UMP dans le 18ème arrondissement. Présent sur la liste de Valérie Pécresse, il obtient sa place au Conseil régional après les élections de 2010. En 2011, Jean-François Copé le nomme secrétaire national de l’UMP chargé des grandes métropoles.

                                                                                    Bouroullec Ronan et Erwan

 Les frères Ronan (né à Quimper en 1971) et Erwan (né àQuimper en 1976) Bouroullec sont deux designers français. 

Diplômé de l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, Ronan Bouroullec commence à travailler seul, puis il est rejoint en 1999 par son frère Erwan, quant à lui diplômé de l'Ecole nationale supérieure d'arts de Cergy-Pontoise.

Leur collaboration se fonde sur un dialogue permanent nourri par leurs personnalités distinctes et par l'exigence commune d'aller vers la justesse formelle et une vraie liberté d'usages.

Leur travail couvre des très différents domaines et échelles qui vont de l'objet à l'espace, du contexte industriel à l'artisanal, du dessin à la video en passant par la photographie.

À l’occasion de la présentation de la Cuisine Désintégrée au Salon du Meuble en 1997, ils sont remarqués par Giulio Cappellini qui leur confie leurs premiers projets de design industriel comme le Lit clos et la Spring Chair. Ronan et Erwan Bouroullec dessinent aujourd’hui pour de nombreux industriels comme Vitra, Artek, Kvadrat, Magis, Kartell, Established and Sons, Ligne Roset, Axor, Kettal, Habitat, Alessi, Issey Miyake, Cappellini, Mattiazzi, Flos, Mutina, Hay, Glas Italia et Iittala. Parallèlement, ils mènent une activité de recherche, une respiration essentielle dans le développement de leur travail, au sein de la Galerie kreo, dont ont émané quatre expositions personnelles entre 2001 et 2012.

                                                                                             Bourquin Christian

Né à Saint-Féliu-d'Amont le 07/10/1954 ; Mort à Montpellier le 26/08/2014

Issu d'une famille d'agriculteurs catalans, c'est sur ses qualifications d'ingénieur en topographie que Christian Bourquin, alors jeune diplômé de l'Ecole nationale des arts et industries de Strasbourg, entre à la mairie de Montpellier en 1977, en tant qu'ingénieur territorial. Le jeune homme de 23 ans y est aussitôt remarqué par le nouvel élu Georges Frêche. Revenu sur ses terres natales de Pyrénées-Orientales en 1989 pour y prendre la tête du bureau local de l'OPAC (l'office HLM de la ville de Perpignan), il s'engage véritablement en 1992 en tant que directeur de la Fédération départementale du Parti socialiste. Débute alors une carrière active d'élu local : conseiller général des Pyrénées-Orientales entre 1994 et 2011, maire de Millas entre 1995 et 2001, il accède à la présidence du Conseil général des Pyrénées-Orientales en 1998. Vice-président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon en 2004, il en prend la tête en 2010. Député entre 1997 et 2002, membre du bureau national du PS (2005-2008), il est élu sénateur des Pyrénées-Orientales en 2011. Il décède le 26 août 2014 des suites d'un cancer des reins.

                                                                                                    Bourvil

Acteur né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, Seine-Maritime (France)

Décédé le 23 septembre 1970 à Paris

Bourvil, de son vrai nom André Robert Raimbourg, est né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare en Seine-Maritime. Il passe son enfance dans le village de Bourville et, comme son cousin Lucien Raimbourg exerce déjà le métier d'acteur, il prend ce nom comme nom de scène pour éviter la confusion. Après un apprentissage de boulanger, il décide de partir à Paris pour tenter sa chance comme chanteur, surtout dans des radio-crochets au début. Il devient connu grâce à sa chanson « Les Crayons » qu'il interprète dans le film La Ferme du pendu (1945) de Jean Dréville.
Son jeu comique et ses rôles de grands naïfs le font adorer des Français, surtout dans les films où il donne la réplique à Louis de Funès. Ces films sont tous devenus de grands classiques : La Traversée de Paris (1956), Le Corniaud (1964) et La Grande Vadrouille (1966) de Gérard Oury. Il joue aussi aux côtés de Jean Marais dans deux films en costumes : Le Bossu (1959) et Le Capitan (1960). On le retrouve avec Fernandel dans l'excellente comédie La Cuisine au beurre (1963) où il campe un chef cuisinier parisien obligé de travailler avec un cuisinier méridional ayant des habitudes très différentes.
Mais Bourvil n'accepte pas que les rôles comiques. Il incarne notamment un abject manipulateur face à Michèle Morgan dans Le Miroir à deux faces (1958). On le redécouvre en 1969 dans L'Arbre de Noël où il vient en aide à un enfant atteint de leucémie qui aime les loups.
Après le tournage du film Le Cercle Rouge (1970) avec Yves Montand et Alain Delon, il termine le film Le Mur de l'Atlantique (1970) de Marcel Camus. Ces deux films sortent en salle quelques semaines après sa mort survenue à 53 ans, le 23 septembre 1970 à Paris.

                                                                                                 Bousquet Danielle

Née le 10/05/1945

Native d'une famille d'enseignants de Pl½uc-sur-Lié (Côtes d'Armor), Danielle Bousquet suit d'abord des études de commerce (HEC) pour devenir directrice commerciale avant de revenir en Bretagne suivre la voie familiale, en tant que professeur d'économie puis chef d'établissement (Moncontour, Saint-Brieuc). En parallèle, elle s'engage très tôt en politique où elle milite activement pour le droit à l'égalité des femmes après avoir intégré le Parti socialiste en 1978. Elle est ainsi nommée en 1982 chargée de mission départementale sur les droits des femmes auprès du préfet des Côtes-d'Armor. Elle est élue en 1983 au conseil municipal de Saint-Brieuc, maire-adjointe, aux côtés de Claude Saunier. Elle quitte ces fonctions en 1996 et entame alors une carrière active de députée des Côtes-d'Armor. Elue à l'Assemblée nationale en 1997, réélue en 2002 et 2007, elle y occupe la fonction de vice-présidente de la délégation du droit des femmes. Proche de Ségolène Royal, elle accède à la fonction de vice-présidente de l'Assemblée nationale (2009-2010). En 2012, elle ne se représente pas aux législatives. Avec François Hollande, elle accède au poste de Présidente du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et à celui de Présidente de l'Assemblée des femmes. Elle est également depuis 2011 la Présidente de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la prostitution en France.

                                                                                                 Bousquet Shirley

Née en 1976, Shirley Bousquet commence très jeune sa carrière en rejoignant à l'âge de 15 ans la Compagnie des saltimbanques au Bataclan avant d'intégrer la Ligue d'improvisation. Apparaissant à la fin des années 1990 dans plusieurs séries ("Julie Lescaut", "Les Vacances de l'amour", "Les Années fac" ou encore "Avocats et Associés") ainsi que dans "Taxi 2", c'est surtout son rôle de Nancy dans la série "Caméra café", en 2002, qui la fait connaître du grand public. Reprenant ce rôle dans le film dérivé, "Espace détente", Shirley obtient son premier vrai rôle au cinéma en 2002 dans le film "Gangsters", d'Olivier Marchal, avec le rôle de Judith. Une fois l'aventure "Caméra café" terminée, Shirley enchaîne les tournages avec en 2006 pas moins de trois films à son actif, "Hell", "Nos amis les Terriens" et "Incontrôlables". Deux ans plus tard, on la retrouve dans un rôle de flic dans le film "Lady Blood", et en 2010, elle obtient le rôle de Swan dans le film "L'amour c'est mieux à deux" , de Dominique Farrugia, aux côtés de Clovis Cornillac et Virginie Efira, et elle joue dans la série "Victoire Bonnot" le temps de six épisodes. L'année suivante, elle interprète Jessica dans le film de Gilles Legrand,  "Tu seras mon fils", ainsi que le rôle de Joséphine dans "Omar m'a tuer", film inspiré de l'affaire Omar Raddad. En 2013, on a pu la voir dans la comédie de Reem Kherici, "Paris à tout prix", dans le rôle de la styliste Emma.

                                                                                             Bouteflika Abdelaziz

Né à Oujda (Maroc) le 02/03/1937

Abdelaziz Bouteflika est né en 1937 au Maroc. Très tôt impliqué dans le monde de la politique, il participe aux conflits contre la France en intégrant le FLN (Front de libération nationale), puis en prenant le commandement de l'Armée de libération nationale (ALN).

D'abord ministre de la Jeunesse et des Sports au sein du gouvernement de Ben Balla, il est nommé ministre des Affaires étrangères en 1963, fonction qu'il assurera jusqu'en 1979. En 1965, il soutient le colonel Boumédiène dans la déposition de Ben Balla mais se voit rapidement mis à l'écart de la vie politique. Il s'exile de 1981 à 1989.

Les conflits qui sévissent en Algérie l'amène à se présenter à la présidence en 1999. Seul candidat, il obtient son premier mandat et met en place la "concorde civile" afin d'apaiser les tensions internes du pays. Il participe également à l'amélioration de l'économie algérienne et voit son mandat renouvelé en 2004, puis en 2009.

Depuis plusieurs années, son état de santé est remis en cause. En 2013, il disparait plusieurs semaines de la scène politique en raison d'un AVC.

                                                                                                 Boutin Christine

Née à Levroux le 06/02/1944

Christine Boutin, journaliste de profession, s'investit tout d'abord dans la politique locale en devenant conseillère municipale puis maire de la ville d'Auffargis jusqu'en 1983. Dès 1982, elle siège au conseil général des Yvelines puis elle est élue députée dans la 10e circonscription de ce même département en 1986. En 2002, Christine Boutin se présente à l'élection présidentielle mais ne recueille que 1,19 % des suffrages.

En 2007, elle apporte son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle et devient l'une de ses conseillères politiques. Après la présidentielle, elle est nommée ministre du Logement et de la Ville. Elle reste à ce poste jusqu'en 2009. La même année, Christine Boutin fonde le parti Chrétien démocrate et le préside jusqu'à sa démission le 9 juillet 2013.

En 2012, Christine Boutin a d'abord annoncé sa candidature à la présidentielle, avant de se retirer et de soutenir Nicolas Sarkozy. Le 9 juillet 2013, elle annonce qu’elle quitte son poste de présidente du Parti chrétien-démocrate. Elle y est toujours adhérente, mais décide de privilégier les élections européennes 2014 pour lesquelles elle se présente avec sa liste Force-Vie en Île-de-France. C'est un nouvel échec qui lui laisse de nombreuses dettes.

                                                                                         Boutros Boutros Ghali

Juriste, diplomate et homme politique égyptien (Le Caire 1922-Gizeh 2016).

Docteur en droit international, il enseigne à l'université du Caire jusqu'en 1977. Membre de la droite libérale, il adhère à l'Union socialiste arabe (1974) avant de devenir ministre d'État, bientôt chargé des Affaires étrangères en 1977. Il est alors l'un des principaux négociateurs des accords de Camp David signés par Anouar el Sadate et Menahem Begin en mars 1979. Membre du parti national démocrate depuis 1980, il entre au Parlement égyptien en 1987, et est également vice-président de l'Internationale socialiste. Ayant quitté le gouvernement en 1991, il devient en janvier 1992 le sixième secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), et le premier Africain à occuper ce poste. Pendant la durée de son mandat, l'ONU est confrontée à la guerre en Bosnie-Herzégovine (1992-1996), où malgré la création d'une force de réaction rapide pour appuyer la Forpronu, les Serbes de Bosnie exécutent froidement plusieurs milliers de musulmans dans l'enclave de Srebrenica (juillet 1995) révélant ainsi la tragique impuissance de la communauté internationale à remplir ses engagements. Mais l'échec majeur de son mandat reste l'incapacité de l'ONU à prévenir puis à arrêter le génocide au Rwanda (1994) malgré la présence de la Minuar.

Candidat à un second mandat en décembre 1996, il ne fait pas mystère de sa volonté de « démocratiser les relations internationales » mais est écarté sans ménagement par les États-Unis qui redoutent son influence. De 1997 à 2002, il est secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF).

                                                                                             Bouvard Philippe

Né à Coulommiers le 06/12/1929

Philippe Bouvard, célèbre animateur des Grosses Têtes pendant plus de 35 ans, est né en 1929 à Coulommiers. Après quelques mois d’études au sein de l’ESJ Paris, il doit faire son service militaire en 1949. Il écrit beaucoup dans le journal du régiment, le Kléber Digest.

En 1953, il entre au service photo du Figaro, et grimpe les échelons. Il devient finalement éditorialiste de France Soir jusqu’en 1998, tout en collaborant avec d’autres journaux à succès. En parallèle, il est également animateur radio sur Radio-Luxembourg, la future RTL. En 1977 débute l’émission la plus écoutée sur les ondes : Les Grosses Têtes. Il en est l’animateur phare, et lorsqu’en 1999, la direction d’RTL décide de le remplacer par Christophe Dechavanne, les audiences chutent.

Philippe Bouvard est de retour dès 2001 à la tête de l’émission. En 2014, c'est Laurent Ruquier qui est cette fois choisi pour remplacer Philippe Bouvard, qui reste cependant animateur d’une autre émission sur RTL

                                                                                             Bouvet Jean-Christophe

Jean-Christophe Bouvet est un acteur, réalisateur et scénariste français. C'est à l'université de Paris VIII qu'il prend des cours d'art dramatique chez Jean-Laurent Cochet. Peu de temps après il devient l'assistant de Téchiné et Chabrol, et fait ses débuts en tant qu'acteur, assistant réalisateur et auteur. Il doit sa première apparition à l'écran en 1977 dans "La Machine"de Paul Vecchiali où il incarne un assassin des plus troublants. Ayant à son actif une filmographie remarquable, il est souvent connu pour avoir incarné le général Bertineau, le père de Marion Cotillard dans la saga Taxi.

                                                                                           Bouvines bataille de

Victoire remportée par l'armée de Philippe II Auguste sur les troupes coalisées de l'empereur Otton IV, de Jean sans Terre et de Ferdinand (Ferrand) comte de Flandres.

Pour la première fois figuraient des milices communales des villes du nord du royaume. Bouvines fut considérée comme une victoire nationale. Elle établit la supériorité de la royauté capétienne sur les grands vassaux. Elle eut un profond retentissement en Europe : en Allemagne, Otton IV dut céder la place à son rival Frédéric II, tandis qu'en Angleterre la défaite du roi Jean favorisa la révolte des barons, qui lui imposèrent, en 1215, la Grande Charte des libertés anglaises.

                                                                                                   Bové José

Né le 11/06/1953

Agriculteur d'origine, José Bové est une des figures de proue du mouvement altermondialiste. Syndicaliste convaincu, il fonde le Syndicat des paysans travailleurs de l'Aveyron en 1981 et la Confédération paysanne en 1987, dont il devient secrétaire national. José Bové se présente à l'élection présidentielle française de 2007 et obtient 1,32 % des voix. En 2009, il devient tête de liste de la circonscription sud-ouest et est élu député européen cette même année. Membre du parti Europe Écologie-Les Verts, José Bové est aussi connu pour ses prises de position énergiques qui lui ont valu des démêlés avec la justice. Lors des élections présidentielles de 2012, il devient le porte-parole de la candidate Eva Joly durant sa campagne. Il est réélu député européen au moment des élections de 2014, en se présentant comme tête de liste EELV dans le Sud-Ouest.

                                                                                                    Bové Marie

Née le 23/10/1975

Marie Bové est la fille de José Bové, célèbre figure française du mouvement altermondialiste. Diplômée en histoire et en journalisme, cette militante de la première heure a notamment travaillé sept ans au Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et comme collaboratrice technique et administrative du groupe PS de la communauté urbaine de Bordeaux, en 2009. En 2010, elle décide de se lancer dans la politique et présente sa candidature aux élections régionales en tant que tête de liste de Europe Écologie dans le département de la Gironde. Elle est depuis cette date conseillère régionale d'Aquitaine sous l'étiquette Europe Écologie-Les Verts. Elle devient ensuite secrétaire nationale adjointe en charge de la coopérative.

                                                                                                   Bowie David

Chanteur de rock, de glam-rock et de pop britannique (Brixton, banlieue de Londres, 1947-2016).

Fregoli du rock, David Bowie, l'artiste aux mille visages, a trouvé sans doute dans ce constant changement de personnalité le moyen d'échapper à la répétition et le secret de sa longévité. Du spatial Ziggy à l'aristocratique Thin White Duke, du dandy berlinois de Low au soul man de Young Americans, de l'ange exterminateur de Tin Machine à l'allumé Aladdin Sane, le héros aux troublants yeux vairons a toujours su innover en imposant des images fortes et des rythmes inédits.

Docteur Jones, Mr Bowie. Son père, Haywood Jones, lui offre son premier saxo à la Noël 1959 et, quatre plus tard, fasciné par les Stones, le jeune David fonde son premier groupe, David Jones & The Lower Third. Hélas, dans le même temps, aux États-Unis, les Monkeys prennent d'assaut les charts, menés par leur chanteur-leader… Davy Jones. David décide alors d'être plus fort que le destin. Il se rebaptise Bowie en hommage au compagnon de Davy Crockett, le colonel Bowie, du Fort Alamo. David Bowie & The Lower Third publient leur premier single Can't Help Thinking About Me en 1965, de la pop façon Kinks, mais c'est par la scène, où il se démène outrageusement, que David se constitue un public. Il se sépare alors du Lower Third pour The Buzz… l'espace de six mois. Dorénavant, des musiciens successifs l'accompagneront dans son cirque rock.

Dans la tempête « flower power », notre dandy compose de précieuses chansons comme Rubber Band ou Little Bombardier, à la naïveté exacerbée. Mais il penche aussi du côté psyché et sexe avec des titres tels que Let Me Sleep Beside You ou le délicat In The Heat Of The Morning (ces titres de 1966-1967 sont regroupés dans deux compilations, The World Of David Bowie et Images, éditées en 1973). Il rencontre alors l'artisan de son succès à venir, le producteur Tony Visconti.

Accompagné par The Hype, sa nouvelle formation avec le guitariste Mick Ronson, il enregistre début 1969 l'album Space Oddity (inspiré du film 2001 : A Space Odyssey de Stanley Kubrick) au Trident Studio de Londres. Mais seul le single accroche le grand public. L'été 1970, il retourne donc au Trident avec Ronson et Visconti pour The Man Who Sold The World, qui scandalisera par sa pochette où Bowie, travesti en robe, perruqué et maquillé, pose avec la nonchalance d'une « belle » du Far West. Censuré, l'album est retiré des bacs et la photo licencieuse remplacée par une image de Bowie sur scène en noir et blanc. Avec son rock aux guitares saturées et son langage surréaliste — le fameux Zen zen ouvre le chien en français dans le texte —, l'album annonce le Bowie à venir.

En 1971, il travaille cette fois en coproduction avec Ken Scott sur l'enregistrement de Hunky Dory. Si le fidèle Mick Ronson assure toujours les guitares, les claviers sont confiés à Rick Wakeman. Tout en continuant d'exploiter l'imagerie de la science-fiction que Bowie affectionne tant (Life On Mars), l'album reflète surtout sa fascination pour New York, où il vient de rencontrer Lou Reed , dont il vénérait le Velvet Underground et surtout Andy Warhol, pour lequel il a composé une chanson. Mais la perle rare de l'album reste incontestablement son manifeste Change, où il invente avant l'heure les théories « no future » du punk.

Une star venue d'ailleurs. Avec la publication début 1972 de Ziggy Stardust, David Bowie (accompagné par The Spiders From Mars) se pose définitivement comme un excentrique incomparable. Tout au long de l'album, il nous entraîne dans ses aventures intersidérales. Starman, Lady Stardust, Star, Ziggy Stardust racontent la quête d'une liberté absolue, physique et psychique. Et, pour l'atteindre, notre extraterrestre cultive l'art de la provocation dans ses déclarations à la presse. « Je suis homosexuel et je l'ai toujours été. » David, père d'un garçon, Zowie, depuis 1970, lance son combat contre le puritanisme britannique. Mais, là-haut, sur son étoile, ne peut-il pas tout se permettre ? Ziggy Stardust est une bombe, un chef-d'œuvre d'énergie et d'émotion qui devient instantanément la bande originale de ces années permissives. L'album marque aussi la naissance de ce « rock décadent » où l'on retrouve les New York Dolls, Alice Cooper, Roxy Music, unis sur le même « front de libération » (bisexuelle). David Bowie produira aussi les fameux albums Transformer (puis Berlin) de Lou Reed et Raw Power d'Iggy Pop.

Nouvel album, nouveau héros : Aladdin Sane (jeu de mots sur « a lad insane » / « un type dérangé ») succède au printemps 1973 à Ziggy. Le single The Jean Genie (hommage au sulfureux auteur de Notre-Dame des Fleurs), publié quelques semaines auparavant, a ouvert la voie. Bowie irrigue son rock aux gammes cristallines du piano de Mike Garson dans des titres qui chantent la décadence. Il reprend le Let's Spend The Night Together des Stones, alors que précisément on lui prête une liaison… avec Mick Jagger. La Bowiemania s'abat sur la planète ; ses concerts sont de véritables messes orgiaques, où il n'est pas rare que l'on fasse l'amour dans le public.

Pendant l'été de 1973, Bowie s'offre la vie de château en France. Au studio d'Hérouville, il travaille sur un projet parallèle : un disque de reprises des standards qui ont électrisé sa jeunesse. Pin Ups enchaînera ainsi les Who, les Kinks, les Yardbirds, Pink Floyd et même Brel (Amsterdam). S'il est plutôt bien accueilli par les fans et la critique, l'album est boudé par la grande masse du public. En représailles, Bowie annonce qu'il renonce à la scène. En réalité, il travaille déjà sur son prochain disque, le sulfureux Diamond Dogs, un album concept aux titres enchaînés, inspiré par le roman 1984 de George Orwell.

Porté au sommet des charts par le hit Rebel Rebel, il campe son nouveau rôle de Halloween Jack, un prêcheur rock dans la tourmente de l'apocalypse. Et alors qu'il avait juré de ne plus fouler une scène, notre Méphisto rock repart à l'assaut des États-Unis. David Live, un double 33 tours, sanctionne cette tournée 1974, où l'on sent l'artiste succomber de plus en plus à la musique noire, cette soul qui servira justement d'inspiration à ses prochains opus.

Sons et visions. À son retour en Angleterre, Bowie rencontre le cinéaste Nicolas Roeg, qui lui offre le premier rôle, interstellaire, dans son film The Man Who Fell To Earth (l'Homme qui venait d'ailleurs). Paradoxalement, sur la pochette de son nouveau disque, Young Americans, David, en chemise flanelle, n'avait jamais semblé aussi sage. Avec Carlos Alomar à la guitare, David Sanborn au saxo, le fidèle Mike Garson au piano, Luther Vandross et John Lennon aux chœurs, l'album fait couler une sensualité soul sucrée comme le miel. Désarçonnée, la critique le traite de « succédané de Barry White », mais le public ne boude pas son plaisir, puisque Bowie obtient avec Fame (morceau teinté disco tiré de l'album et coécrit par Bowie, John Lennon et Carlos Alomar) son premier № 1 aux États-Unis. Bowie devra toutefois patienter jusqu'à Le disco Dance (1983) pour gagner enfin ses véritables lauriers de grooveur (groove, mot désignant le rythme propre à la musique noire).

Dans la foulée de la sortie du film de Roeg, Bowie, cette fois en costume noir et blanc, présente son nouveau personnage, le Thin White Duke, pour symboliser son album de 1976, Station To Station. Mais il veut aller plus loin. L'accoutumance à la cocaïne, la pression des médias le poussent sur la corde raide, et on le voit pratiquer une sorte de flirt viscontien avec le nazisme (mais il s'agit plus de provocation que d'idéologie). Il trouve alors en Brian Eno son deus ex machina. Car si Tony Visconti signe encore la production de Low, Eno en sera l'inéluctable élément perturbateur. Au studio Hansa de Berlin, avec ses séquences électroniques, il se livre au démantèlement systématique du son.

David n'a plus qu'à coucher sa voix sur ce champ de bataille publié en 1977, l'année punk des Pistols et du Clash. Ce virage à 180° démontre à quel point Bowie sait oser innover et conserver ainsi son image créatrice et intègre. Mais il prépare déjà le second volet de sa trilogie berlinoise. Heroes explore la face sombre de Bowie. Au studio Hansa, Eno l'allumé, Carlos Alomar et l'ex-King Crimson Robert Fripp complètent le casting en noir et blanc de ces rythmes bichromés. Seul le titre Heroes s'immiscera dans les play-lists des radios. Lodger (1979) achève en beauté ténébreuse la trilogie de ces années déprimes. Et comme à l'accoutumée, Bowie sauve d'un hit la mise commerciale ; ce sera le puissant Boys Keep Swinging.

À l'aube des années 1980, Bowie réoccupe le devant de la scène avec Scary Monsters, un album où l'on retrouve une vieille connaissance : le Major Tom de Space Oddity, devenu junkie sur notre bonne vieille Terre. Le sublime Ashes To Ashes et son clip signé David Mallet enfoncent le clou. Enregistré à New York avec Fripp, Alomar et Pete Townshend (ex-Who), Scary Monsters est un album léger qui se révélera diaboliquement efficace. It's No Game, Fashion, Scary Monsters mettent chaque fois en plein dans la cible des hits. Assuré sur le plan musical, Bowie peut dorénavant assouvir sa passion de l'écran : Baal de Brecht pour la BBC, The Hunger (les Prédateurs) avec Catherine Deneuve, Christiane F. Début 1982, il attaque le tournage de Merry Christmas Mister Lawrence (Furyo), sans doute le plus beau rôle qu'il ait jamais interprété. Et à nouveau le rocker dandy prépare sa métamorphose. Il quitte simultanément le label RCA et son producteur fétiche, Tony Visconti, pour prendre une nouvelle voie.

Caméléon. Près de dix ans après Young Americans, Bowie récidive dans les rythmes soul ; propulsé par l'ex-Chic Nile Rodgers, il percute le mur du funk avec le single Let's Dance, son deuxième succès de masse sur le continent américain. Ensuite, avec le Serious Moonlight Tour, Bowie s'embarque vers le jackpot planétaire. Il est dur cependant de rester toujours au sommet : l'album suivant, Tonight (1984), se révèle décevant, malgré la présence de Tina Turner. Heureusement, Bowie compose et interprète la même année le vertigineux This Is Not America avec Pat Metheny pour la B.O. du film The Falcon And The Snow Man. Las, Never Let Me Down (1985) confirme que la machine Bowie tourne à vide (mauvais accueil, en 1987, pour le décevant Never Let Me Down).

Au début de l'année 1990, il annonce la création de son nouveau groupe, Tin Machine, où il feint de se mettre au même niveau que les musiciens, les frères Sales (Tony à la basse et Hunt à la batterie, tous deux anciens musiciens d'Iggy Pop et de Todd Rundgren est le guitariste Reeves Gabrels. Deux albums suivent : Tin Machine I, produit par Tim Palmer, puis Tin Machine II, qui ne connaît qu'un succès très limité. La formule Tin Machine est vite désintégrée.

Si, au fil de sa carrière prodigieuse, Bowie a souvent douté, il s'est toujours tourné dans ces moments difficiles vers la musique noire. Avec Nile Rodgers, qu'il retrouve après dix ans, Bowie se fond à nouveau dans le groove. Enregistré entre New York et Montreux, Black Tie White Noise est incontestablement son meilleur album depuis… Let's Dance justement ! Retour au saxo et à la sensualité, retour aux guitares de Mick Ronson : Jump They Say, le single bondissant, percute tous les hit-parades. En 1995, le caméléon du rock refait surface avec un CD coup de poing, le fantasque 1 Outside, patchwork vertigineusement efficace du style Bowie à travers ses périodes les plus éclectiques. Coproduit par Brian Eno, le disque a été enregistré avec les vieux complices Carlos Alomar et Reeves Gabrels aux guitares et Mike Garson au piano. Toute la magie de l'album réside dans ce parfum d'antan subtilement distillé, des réminiscences métissées de la culture Bowie. Une culture où mille miroirs en abyme renvoient à l'essence même du rock. En 1997, il s'approprie les rythmes de la jungle et de la techno, jetant un pont entre les harmonies racées de Space Oddity et la frénésie du drum'n'ban, grâce à Earthling, un album tumultueux qui lui permet de continuer à occuper une place unique dans l'histoire de la musique actuelle. En 1999, l'album Hours, très dépouillé précède le très spirituel Heathen, édité en 2002 et produit par Tony Visconti avec lequel David Bowie n'avait pas travaillé depuis 20 ans. Pendant la tournée qui suit la sortie de Reality, en 2004, David Bowie est victime d'un accident vasculaitre et disparaîtra de la scène musicale pendant presque 10 ans. En 2013, l'excellentThe Next Day signe un retour spectaculaire et se place en tête des charts dans de nombreux pays. Son dernier album, Blackstar, paraît le 8 janvier 2016, jour de son anniversaire.

David Bowie décède le 10 janvier 2016 à l'âge de 69 ans, des suites d'un cancer.

                                                                                          Boxers Guerre des

Révolte initiée par une société secrète chinoise, la société Yihetuan, dont le symbole était un poing fermé, d'où le nom de « Boxeurs » donné par les Occidentaux. Les Boxeurs furent à l'origine d'un mouvement xénophobe et nationaliste qui éclata à la suite de la défaite infligée à la Chine par le Japon en 1895 (→ guerres sino-japonaises) et des exigences des puissances européennes en 1898 (→ traité de Shimonoseki).

Né dans le Shandong, ce mouvement se développa avec rapidité et violence, s'attaqua aux missions et aboutit, en juin 1900, à l'assassinat du ministre d'Allemagne Ketteler et au siège des légations étrangères de Pékin. La Russie occupa militairement la Mandchourie, et une expédition internationale, sous le commandement du général allemand A. von Waldersee, délivra les légations le 14 août 1900. Un traité imposa à la Chine de sévères sanctions contre les Boxeurs, des garanties de sécurité et le versement d'une forte indemnité.

                                                                                                Boyer Myriam

Actrice et réalisatrice née le 23 avril 1948 à Lyon (France).

Myriam Boyer est une actrice française célèbre dans sa profession mais aussi pour être la mère de l'acteur Clovis Cornillac. Elle fait ses débuts en 1970 sur petit écran dans la comédie dramatique "Nausicaa". Elle enchaîne par la suite les seconds rôles qui deviendront sa spécialité. Elle passe sous la direction de grands réalisateurs de son époque dont Jean-Pierre Mocky, Claude Sautet ou encore Alain Corneau. Elle alterne aisément entre petit écran, théâtre et cinéma tout en multipliant les récompenses pour ses prestations théâtrales. En 2008, elle est la mère de Jacques Mesrine dans la duologie "Mesrine". Deux ans plus tard, elle rejoint le casting de la comédie "Le Bruit des glaçons".

                                                                                             Boyer Pierre Sang

Né à Séoul (Corée du Sud) en 1980

D'origine sud-coréenne, Pierre Sang Boyer est un chef cuisinier qui s'est fait connaître du grand public en intégrant le casting de l'émission "Top Chef" sur M6.

Né à Séoul en 1980, Pierre Sang Boyer vit une enfance orpheline jusqu'à l'âge de 7 ans. Adopté par une famille de Lantriac, Pierre Sang Boyer se forme à la gastronomie française en suivant des études de cuisine près de Lyon. Quelques expériences dans la banlieue lyonnaise, puis un exil à Londres sous les ordres de Pascal Aussignac façonnent son talent de cuisinier. À l'aube de ses 25 ans, le néo-auvergnat décide de retrouver ses racines asiatiques et prend la direction de la Corée du Sud. De retour en France, il fait le choix d'une cuisine qui entremêle les saveurs de ses deux pays.

En 2011, c'est à la télévision, dans l'émission "Top Chef", que Pierre Sang Boyer trouve le moyen d'exprimer toute sa créativité. Finaliste vaincu du télé-crochet culinaire de M6, le chef cuisinier tire profit de cette expérience pour ouvrir son propre restaurant, rue Oberkampf à Paris. Entouré de deux chefs coréens, il met un point d'orgue à éveiller les papilles franciliennes à la cuisine "franco-asiatique". Grâce à son savoir-faire et son aura médiatique, Pierre Sang Boyer rencontre rapidement le succès populaire. Il ouvre alors une deuxième enseigne, rue Gambey, sensiblement plus ancrée dans la gastronomie coréenne.

                                                                                                   Boyer Charles

Charles Boyer est né à Figeac, dans le Lot, le 28 août 1899. Il débute sa carrière au théâtre et obtient son premier rôle au cinéma dans "L'homme du large" en 1920. Avec son physique de jeune premier, il incarne l'archétype du séducteur français ce qui lui vaut d'être très prisé par Hollywood. Il réalise une partie de sa carrière aux Etats-Unis ("Mayerling" en 1936, "Veillée d'amour" en 1939, "Hantise" en 1944), donnant la réplique aux plus grandes stars féminines (Greta Garbo, Marlène Dietrich, Danielle Darrieux ou encore Ingrid Bergman). Il épouse l'actrice britannique Pat Paterson mais ne peut supporter la mort de celle-ci et se suicide deux jours après son décès, le 26 août 1978.

                                                                                                    Boyle Danny

Né en 1956 à Manchester, au Royaume-Uni, dans une famille ouvrière, catholique et irlandaise, Danny Boyle fait ses tout premiers pas au théâtre, avant de travailler sur des séries télé pour la BBC. Au début des années 1990, il réalise son premier long-métrage avec deux de ses amis, le scénariste John Hodge et le producteur Andrew MacDonald. "Petits meurtres entre amis" est le premier opus d'une trilogie sur le thème du manque d'argent. Elle se poursuit avec "Trainspotting" en 1996. Présenté au Festival de Cannes, ce film est un énorme succès commercial : Danny Boyle confirme sa réputation de réalisateur incontournable. La trilogie s'achève avec "Une vie moins ordinaire". Après avoir réalisé quelques courts métrages, Danny Boyle revient sur le devant de la scène avec "La Plage", sorti en 2000. Il réalise ensuite plusieurs films de science-fiction comme "28 jours plus tard" ou "Sunshine". En 2007, "Slumdog millionnaire", l'histoire d'un jeune Indien qui remporte un jeu télévisé et devient richissime, remporte huit Oscars, dont celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur. En 2011, "127 heures" fait encore mieux en raflant vingt-deux récompenses. L'année suivante, il est chargé d'organiser la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Londres : un spectacle grandiose, parsemé de gags. En 2013, il sort "Trance", un film policier avec James McAvoy et Rosario Dawson.

                                                                                                       Boyle Peter

Acteur né le 18 octobre 1935 à Philadelphie (Etats Unis)

Décédé le 12 décembre 2006 à New-York

Né en 1935, Peter Boyle embrasse une vocation monastique avant de venir à la comédie. Il s'impose au début des années 1970 avec « Joe, c'est aussi l'Amérique ». Il joue un américain basique, raciste, et alcoolique. Deux ans plus tard, c'est le jackpot : il est le conducteur de taxi de « Taxi Driver ». Dans les années 1990 et 2000, il apparaît dans « Malcolm X » et « Dr.Dolittle ». Avant de succomber à un myélome en 2006, il se consacre à la télévision avec la série « Tout le monde aime Raymond ».

                                                                                                      Boyz II Men

Né à Philadelphie (Etats-Unis) en 1988

Le quator masculin Boyz II Men a remis sur le devant de la scène la musique soul. Avec soixante millions de disques vendus, le groupe est devenu la meilleure vente de tous les temps du mythique label de musique noire Motown, devançant des artistes renommés tel que Stevie Wonder, Lionel Ritchie, The Supremes et Diana Ross.

Wanya Squirt Morris, Michael Bass McCary, Shawn Slim Stockman et Nathan Alex-Vanderpool Morris se rencontrent en 1988 dans une école artistique, la High School of Creative and Performing Arts. Ils forment un groupe qu’ils baptisent les Boyz II Men, en hommage à une chanson du groupe New Edition dont ils reprennent les standards. Ils décrochent leur premier contrat à la Motown.

Leur premier album Cooleyhighharmony  sort en 1991. Il inclut les singles "Motownphilly" et un premier tube "It’s hard to say goodbye". Un an plus tard, le groupe récidive avec un morceau extrait de la bande originale du film Boomerang. "The end of the road", produit par Babyface, leur permet de battre des records de ventes puisqu’il reste treize semaines à la tête des charts US, battant ainsi le record détenu par Elvis Presley et son titre « Heartbreak hotel ». Dans le même temps, une nouvelle version de l’album incluant ce morceau est éditée. Au total, ce premier album s’écoule à douze millions de copies et est récompensé par seize prix différents dont 3 Grammy’s Awards, American Awards et 5 Soul Train Awards.

En 1993, ils sortent un disque de chants de noël et entrent en studio pour enregistrer leur second album intitulé II.  Celui-ci est dans les bacs un an plus tard et atteint immédiatement la tête du bilboard. Le premier extrait "I’ll make love you" bat leur propre record en restant quatorze semaines en tête des charts. Leur second single "On benked knees" entre directement numéro un au top, évinçant "I’ll make love to you" de la première place, record précédemment établi par seulement deux artistes : Elvis Presley et Les Beatles. Les singles Thank you", "Water Runs Dry" et "Vibin" ferment la marche. L’album atteint les seize millions de ventes.

Fort de ce succès, les Boyz II Men sont attendus au tournant. Après un album de remixes, ils créent la surprise en mars 1996 en enregistrant un duo avec Mariah Carey. Le titre « One sweet day’’ qu’ils ont co-écrit est l’occasion pour eux d’établir une nouvelle performance puisqu’il devient le single le plus vendu de tous les temps aux Etats-Unis, en restant numéro un seize semaines.

En 1997, Evolution leur troisième album confirme leur popularité, puisqu’il entre directement numéro un au bilboard. Cependant, les ventes commencent à s’essouffler et ne dépassent pas les trois millions d’exemplaires.  Les Boyz II Men se séparent de leur maison de disques pour divergences artistiques et rejoignent un autre label d’Universal sur lequel ils enregistrent un nouvel album avec pour titre leur quatre prénoms Nathan Michael Shawn Wanya. Seuls deux singles "Pass you by" et "Thank in advance" en sont extraits. Pour la première fois, les fans ne sont pas au rendez-vous. Seulement un million d’exemplaires trouvent prenneur.

Un an plus tard, les Boyz 2 Men reviennent avec Legacy : the greatests hits, une rétrospective de leur plus grands tubes. En 2002, ils signent chez Arista et publient Full circle. Dans la foulée, Michael McCary quitte le groupe pour raisons de santé. Mais le trio ne parvient pas à reconquérir son succès d’antan. Leur discographie se complète avec un album de reprise de standards de la musique soul Throwback vol.1 (2004), un double album disponible uniquement au japon Winter/Reflections (2005) et un dernier album intitulé The remedy (2007).

                                                                                           Brabant

Ancienne province du centre de la Belgique.

Elle englobait les actuelles provinces du Brabant flamand et du Brabant wallon (créées en 1995) ainsi que la Région de Bruxelles-Capitale.

                                                                                           Brabant

Région historique, aujourd'hui partagée entre la Belgique (Brabant flamand et Brabant wallon) et les Pays-Bas (Brabant-Septentrional).

Partie intégrante du duché de Basse-Lorraine, le duché de Brabant naquit au xie s. de la réunion du comté de Louvain au comté de Bruxelles, auxquels s'adjoignirent différentes seigneuries et villes. Il atteignit son apogée avec Jean Ier (1267-1294), qui unit à titre personnel le duché de Limbourg à celui de Brabant. En 1430, il revint à Philippe III le Bon, duc de Bourgogne. En 1477, le Brabant passa, avec le reste des États bourguignons, à la maison d'Autriche, dont la branche espagnole dut reconnaître en 1609 aux Provinces-Unies la possession de sa partie septentrionale. Les traités d'Utrecht (1713) donnèrent la partie méridionale du Brabant aux Habsbourg d'Autriche. Français au temps de la Révolution et de l'Empire, entré en 1815 dans le royaume des Pays-Bas, le Brabant se trouva de nouveau divisé lors de la sécession de la Belgique (1830).

                                                                                       Braccini Mirco

Né à Milan le 30/01/1959

Mirco Braccini est un grand photographe de mode, passionné par son travail. Après des études en arts graphiques, il se lance dans la vie active en travaillant tout d'abord pour la version italienne du célèbre magazine de mode Vogue, où il occupe le poste d'assistant du directeur artistique. Tout au long de sa carrière, il est au service des plus grands organes de presse, ce qui lui permet de photographier de nombreuses personnalités, à l'instar de Louis de Funès, Andy Warhol ou encore Lino Ventura. Son professionnalisme et son talent sont récompensés en 1982, année où il obtient la prestigieuse carte de journaliste. Perfectionniste jusqu'au bout des ongles, il décide de poursuivre ses études parallèlement aux campagnes qu'il réalise pour diverses revues. Il étudie ainsi la photographie plus en profondeur, mais également la photographie numérique et la vidéo. Il travaille actuellement pour plusieurs grandes marques de mode, comme Berluti, spécialisée dans le soulier de luxe, ou encore le groupe Louis Vuitton. Ses photographies, empreintes d'esthétisme et mettant en avant l'âme des personnes dont il fait le portrait, connaissent un immense succès.

                                                                                          Bracco Lorraine

Née le 2 octobre 1954 à Brooklyn, l'actrice et réalisatrice américaine Lorraine Bracco a commencé sa carrière artistique en 1974 à Paris, comme mannequin de Jean-Paul Gaultier. Parlant couramment français, elle tourne notamment dans un épisode de "Commissaire Moulin" en 1980. Elle connaît la célébrité grâce aux "Affranchis" en 1990, mais surtout grâce à son rôle de psy dans la série "Les Sopranos" de 1999 à 2007. Elle a également interprété la mère de la star montante Leonardo Dicaprio dans "Baskeball Diaries" en 1995.

                                                                                          Braconnier Alexis

Né à Toulouse (France) le 26/04/1990

À 8 ans, Alexis Braconnier savait déjà qu'il serait cuisinier. La passion n'a pas d'âge et ce jeune homme adepte des défis a su le prouver. Il pense et respire cuisine, véritable art de vivre au quotidien. Après un bac technologique hôtelier et un bac professionnel turbo, ce Toulousain aux origines australiennes entre dans le monde de la cuisine par la grande porte. D'abord employé à l'Auberge du Vieux Puits, établissement étoilé au Guide Michelin de Gilles Goujon, puis commis au Byblos à Saint-Tropez, Alexis Braconnier poursuit sa carrière à Paris.

En 2011, il participe pour la première fois à l'émission "Top Chef". Sympathique et pétillant, il est très vite repéré par le jury. Alors qu'il est éliminé en huitième position, M6 lui demande ensuite d'animer le côté digital de la célèbre émission de cuisine. Défi accepté. Nouvelle proposition en 2014 pour retenter sa chance du côté des candidats "Top Chef". Il intègre donc le casting de la saison 5 et arrive cinquième.

Aux côtés de Yuri Szarzewski, Alexis Braconnier est également le créateur de Cuisine Lib, un service de cuisine à domicile qui a vu le jour en 2012. Une prestation "étonnante et ensoleillée" dans votre cuisine ! Il s'est aussi essayé au "food-truck", un concept culinaire tout droit venu d'Australie. Le principe, un cuisinier dans un camion concocte des menus savoureux et peu coûteux. Avec Alexis Braconnier, la cuisine est rapide, précise, conviviale et divinement bonne. Salade de crabe au citron vert et poivre vert, gâteau australien... nous sommes loin du traditionnel déjeuner sandwich.

                                                                                        Bradbury Ray Douglas

Né à Waukegan (Etats-Unis) le 22/08/1920 ; Mort à Los Angeles (Etats-Unis) le 05/06/2012

Ray Bradbury est un célèbre écrivain américain, qui s'est illustré dans les genres littéraires de la science-fiction, du fantastique et de l'anticipation. Né en 1920, celui qui a aussi publié des nouvelles et des essais est l'auteur des "Chroniques martiennes" et de "Fahrenheit 451", qui a reçu en 1954 le prix Hugo du meilleur roman.

C'est dans une famille modeste de l'Illinois que naît Ray Douglas Bradbury. Sa famille déménage à Los Angeles et le jeune homme, qui écrit depuis ses plus tendres années, publie sa première nouvelle de science-fiction, "Script", à l'âge de 17 ans. Après l'obtention de son diplôme, il fait des petits boulots, tout en continuant à écrire et à être publié dans des revues spécialisées. C'est en 1950, après son mariage avec Marguerite McClure, qu'il publie ses "Chroniques martiennes". Viennent ensuite "L'Homme illustré", "Les Pommes d'or du soleil" et "Un Remède à la mélancolie".

Le titre de "Fahrenheit 451", publié en 1953, fait référence à la température, en degrés Fahrenheit, d'auto-inflammation du papier. Cette contre-utopie raconte l'histoire d'un monde dans lequel les humains vivent dépourvus de contacts les uns avec les autres et où les livres sont brûlés par les pompiers. Décoré par de nombreux prix, dont le National Book Award et le prix Nebula, Ray Bradbury s'essaie également à la rédaction de pièces de théâtre et du scénario du film "Moby Dick". À la fin de sa vie, l'auteur, qui est père de quatre filles, s'engage en faveur de la grève des auteurs d'Hollywood. Il est décédé en 2012, à l'âge de 91 ans.

                                                                                                 Brady Tom

Tom Brady est à la fois acteur, réalisateur, coproducteur et scénariste. Après des études à Harvard et à l'université d'Hawaï, il devient scénariste et producteur pour des émissions et des séries télé comme "Profession : critique" ou "Les Simpson". En 2001, il signe le tout premier scénario d'un film qu'il coproduit également : "Animal ! L'animal", une comédie potache avec Rob Schneider. L'année suivante, il reste dans le registre de la comédie légère en réalisant son premier film, "Une nana au poil", l'histoire de la fille la plus sexy du lycée qui se réveille un jour dans le corps d'un homme trentenaire, laid et malhonnête, joué une nouvelle fois par l'acteur Rob Schneider. En 2007, il réalise  "The Comebacks" , une comédie avec Carl Weathers et David Koechner sur les mésaventures d'un coach de foot américain, qui doit entraîner une équipe pas très douée. En 2011, il tourne "Bucky Larson, super star du X" , avec Nick Swardson, Christina Ricci et Don Johnson. Ce film, produit entre autres par l'acteur Adam Sandler, raconte l'histoire d'un jeune homme qui découvre que ses parents sont d'anciennes stars du porno, et qui décide de se lancer dans la même carrière.

                                                                                                   Braff Zach

Zach Braff est né en 1975 aux États-Unis. Il a toujours rêvé d'être réalisateur, et a suivi des cours d'art dramatique de 10 ans à 18 ans. C'est là qu'il est repéré par un dénicheur de talents. À 14 ans, il joue dans l'épisode pilote d'une série télévisée, "High", avec Gwyneth Paltrow. Cependant, la série n'est finalement pas réalisée. Trois ans plus tard, il fait ses premiers pas au cinéma dans "Meurtre mystérieux à Manhattan", de Woody Allen. Puis il joue un jeune homosexuel dans la comédie romantique "Le Club des coeurs brisés" en 2000. C'est en 2001 qu'il se fait connaître du grand public, grâce à la série "Scrubs". Il incarne J.D., un médecin sympathique, parfois puéril, qui raconte de manière loufoque son quotidien dans l'hôpital où il travaille. La série est diffusée de 2001 à 2010. En parallèle, on le voit en 2004 au cinéma dans la comédie dramatique "Garden State", qu'il a écrite et réalisée. Il y donne la réplique à Natalie Portman. Le film raconte le retour d'un acteur raté dans sa ville natale pour l'enterrement de sa mère. L'année suivante, il prête sa voix au poussin héros du film d'animation "Chicken Little". En 2006, il joue un trentenaire dépassé par les événements dans "Son ex et moi". La même année, il apparaît dans "Last Kiss", un chassé-croisé entre différents couples aux histoires d'amour très différentes. En 2013, il tourne sous la direction de Sam Raimi dans "Le Monde fantastique d'Oz", préquelle du classique de 1939, "Le Magicien d'Oz".

                                                                                             Bragance Maison de

Famille issue d'Alphonse Ier, duc de Bragance en 1442, fils naturel de Jean Ier, roi de Portugal, et qui régna sur le Portugal de 1640 à 1910 et sur le Brésil de 1822 à 1889.

                                                                                                   Brahé Tycho

Astronome danois (Knudstrup, aujourd'hui en Suède, 1546-Prague 1601).

Issu d'une famille de l'aristocratie danoise, il apprend le latin à sept ans et, en 1559, âgé de treize ans, entre à l'université de Copenhague, où il s'initie à la rhétorique et à la philosophie. En août 1560, une éclipse partielle de Soleil, qu'il contemple, l'impressionne fortement. Ce n'est pas tant le phénomène lui-même qui l'émerveille, que le fait qu'on ait pu le prévoir, par une bonne connaissance du mouvement des astres. Sa famille le destine à une carrière politique, mais il décide de devenir astronome. En 1563, il quitte l'université de Copenhague pour celle de Leipzig, puis celles de Wittenberg, de Rostock, de Bâle et d'Augsbourg. Doté d'une forte personnalité et d'un caractère belliqueux, il se bat en duel ; d'un coup d'épée, son adversaire lui tranche le nez. Il se fait alors confectionner une prothèse en or et en argent qu'il portera toute sa vie.

Tout en poursuivant ses études, Tycho Brahe passe des nuits entières à scruter le ciel. Sa première observation importante a lieu en août 1563. Les planètes Jupiter et Saturne se trouvent alors très proches l'une de l'autre dans le ciel. il les observe quotidiennement et note que leur rapprochement le plus serré se produit le 17 août. Or, les tables astronomiques de l'époque sigalent cette « conjonction » des deux planètes avec une erreur de plusieurs jours. Cela l'incite à établir de nouvelles tables, fondées sur des observations plus précises, faites au moyen d'instruments de grandes dimensions. De 1569 à 1571, il vit à Augsbourg. Grâce au bourgmestre de la ville, il construit un quadrant d'environ 5 m de rayon pour mesurer la hauteur des astres.

En 1571, Tycho Brahe, âgé de 25 ans, rentre dans son pays natal. Il rejoint un oncle qui a fondé la première papeterie et la première verrerie au Danemark. Dans la soirée du 11 novembre 1572, il remarque un astre plus brillant que Vénus, au nord-ouest de Cassiopée, à un endroit du ciel où la veille encore on ne distinguait aucun objet. Cet astre nouveau brillera pendant dix-huit mois. S'agit-il d'une étoile ? N'est-ce pas plutôt une comète ? Grâce à des observations très précises, Tycho Brahe lève le doute : l'astre inconnu reste immobile par rapport aux autres étoiles et est très éloigné de la Terre puisque sa parallaxe semble nulle. Ce ne peut donc être qu'une nouvelle étoile, comme il l'explique dans l'opuscule De stella nova qu'il publie en 1573. Selon la terminologie moderne, c'est une supernova. Cet événement exceptionnel bouleverse le concept aristotélicien de l'immuabilité des cieux.

En 1575, Tycho Brahe, devenu célèbre, voyage à travers l'Europe ; il s'arrête à Francfort-sur-le-Main et à Bâle, va jusqu'à Venise et revient par Cassel, où il se fixe quelque temps chez le landgrave Guillaume IV, passionné d'astronomie,. Les deux hommes sympathisent et Guillaume IV écrit au roi du Danemark, Frédéric II, déjà bien disposé envers les Brahe, pour l'engager à fournir à Tycho les moyens de construire un observatoire. En 1576, Frédéric II offre à Tycho Brahe l'île de Hveen, dans le Sund, entre Elseneur et Copenhague, afin qu'il y construise l'observatoire de ses rêves et y travaille en toute liberté. Séduit par cette proposition, Tycho Brahe renonce à son projet de s'installer à Bâle et rentre au Danemark. Avec les subsides royaux et une partie de sa fortune personnelle, il fait édifier Uraniborg (le château d'Uranie), à la fois maison d'habitation et observatoire pourvu d'un atelier de construction d'instruments, d'une imprimerie, d'une papeterie, etc. Vers 1584, il y ajoutera une annexe, en partie souterraine (pour protéger les instruments du vent), Stellaeborg (le château des étoiles). Là, pendant vingt ans, Tycho Brahe et ses assistants multiplient les observations des positions de la Lune, du Soleil, des planètes et des étoiles. L'utilisation d'instruments de grandes dimensions,soigneusement gradués et munis de systèmes de visée, leur permet d'accumuler une quantité exceptionnelle de mesures dont la précision, voisine de deux minutes d'arc, est dix fois meilleure que celle des observations antérieures. À l'actif de Tycho Brahe figurent, entre autres, un catalogue de 777 étoiles et la découverte de deux inégalités du mouvement de la Lune, de la variation de l'obliquité de l'écliptique, de l'inclinaison de l'orbite de la Lune sur l'écliptique, etc.

Le 13 novembre 1577, Tycho Brahe aperçoit une nouvelle comète, dont il va suivre nuit après nuit la trajectoire parmi les étoiles. En comparant ses relevés avec ceux d'autres observateurs, il montre que sa distance doit être au moins six fois celle de la Lune. Ce n'est donc pas un phénomène atmosphérique, comme la plupart des astronomes le pensent à l'époque, mais bien un objet céleste. L'observation ultérieure d'autres comètes, apparues en 1580, 1582, et 1585 confirmera leur nature astronomique.

Brillant observateur, Tycho Brahe est beaucoup moins inspiré comme théoricien. Récusant l'héliocentrisme, pour des raisons à la fois physiques et métaphysiques, il rejette le système de Copernic, sans pour autant admettre celui de Ptolémée, dont il connaît les insuffisances. Dans son ouvrage De mundi aetheri recentioribus phaenomenis , publié en 1588,.il propose un système cosmologique hybride, selon lequel les planètes accompagnent le Soleil dans sa révolution autour d'une Terre immobile.

Arrogant, dédaigneux, régnant en tyran sur son île, qu'il administre de façon déplorable, Tycho Brahe s'attire beaucoup d'inimitiés et finit par tomber en disgrâce. En 1597, le souverain Christian IV, qui a succédé à son père, Frédéric II, en 1588, lui supprime sa pension. Tycho Brahe regagne Copenhague puis parcourt l'Europe du Nord avant de gagner l'Allemagne. En 1599, il trouve refuge à Prague, auprès de l'empereur Rodolphe II, qui le nomme mathématicien impérial et met à sa disposition d'importants moyens. En 1600, Kepler, professeur de mathématiques à l'université calviniste de Graz, contraint de quitter son poste pour échapper aux persécutions religieuses, vient travailler auprès de lui. Tycho Brahe lui confie le soin d'étudier le mouvement de la planète Mars. Leur collaboration sera malheureusement de courte durée, car Tycho Brahe meurt le 24 octobre 1601. L'empereur lui organise de magnifiques obsèques et charge Kepler de poursuivre son oeuvre.

                                                                                                          Brahma

Un des principaux dieux du panthéon hindou, premier créé et créateur de toutes choses.

On le représente avec quatre visages et quatre bras, symboles de son omniscience et de sa puissance d'organisateur du monde. Il est associé à Shiva et Vishnou dans la triade (trimurti) hindoue.

                                                                                                       Brahmapoutre

Fleuve du Tibet méridional, de l'Inde et du Bangladesh ; 2 900 km environ ; bassin de 900 000 km2.

Dans son cours tibétain, il est appelé Tsangpo (le « purificateur »), terme appliqué à toute grande rivière. Il naît dans les glaciers de la chaîne du Kailas vers 5 000 m d'altitude. Sur environ 1 100 km, il coule sur un plateau ; c'est un fleuve lent, dont les méandres divaguent dans le lit majeur ; il reçoit ses principaux affluents du Grand Himalaya, au S. Il est alors navigable ; on le franchit par des ferry-boats et des ponts suspendus de bambous. S'orientant brusquement vers le S., il franchit l'Himalaya par des gorges épigéniques gigantesques, s'abaissant de 2 400 m à 138 m [à Sadiya]. Sous le nom de Brahmapoutre (« fils de Brahma »), il draine alors la plaine de l'Assam, recevant ses principaux affluents de l'Himalaya (Luhit sur la rive gauche, Subansiri et Manas sur la rive droite). Ce fleuve divague sur une largeur de 10 km et enveloppe de nombreuses îles, dépourvu complètement de ponts. Le cours se termine par un vaste delta, qui se juxtapose à celui du Gange, et débouche dans le golfe du Bengale.

Le Brahmapoutre est relativement peu abondant dans la région du Tibet ; en territoire indien, son débit en crue (pendant l'été) est estimé à 14 000 m3s. Redoutable pour ses inondations, c'est une grande voie commerciale, la navigation à vapeur remontant jusqu'à Dibrugarh, à 1 300 km de la mer.

                                                                                                   Brahms Johannes

Pianiste, chef d'orchestre et compositeur allemand (Hambourg 1833-Vienne 1897).

Johannes Brahms occupe, dans la musique germanique du xixe siècle, la place unique de l'artiste qui trouva un équilibre entre l'esprit du classicisme et la fougue du romantisme. Ses trois domaines d'élection furent le piano, le lied et la musique de chambre.

Musicien itinérant venu de Basse-Saxe, Johann Jakob Brahms, le père de Johannes, s'était fixé à Hambourg pour y occuper un poste de contrebassiste à l'Opéra. Il épouse Christiana Nissen, dont il a trois enfants. Le jeune Johannes, si doué pour la musique qu'il imagine un système de notation avant même de savoir qu'il en existait un, se passionne pour le piano et se perfectionne auprès de maîtres réputés, Otto Cossel et Eduard Marxsen – ce dernier le formant dans le culte de Bach, de Mozart et de Beethoven. Tenu de contribuer aux revenus de la famille, il multiplie les activités dès l'âge de 12 ans et, notamment, joue dans les bars à matelots en ayant toujours un livre grand ouvert sur son piano afin d'assouvir son autre passion, la lecture.

En 1853, Brahms accompagne le violoniste hongrois Eduard Remenyi (1828-1898) dans sa tournée de concerts. La même année, il fait la connaissance de Liszt et, surtout, celle de Schumann, qui, cédant à l'enthousiasme après avoir écouté ses sonates pour piano, parle de leur auteur comme du « nouveau messie de l'art ». Brahms vit alors dans l'intimité du couple Schumann, et bientôt noue avec Clara, son aînée de quatorze ans, une amitié qui se transformera en une relation amoureuse de nature toute romantique.

Introduit à la cour princière des Lippe-Detmold, à Leipzig, Brahms y est nommé chef des chœurs. Il commence aussi à composer de la musique orchestrale, les Sérénade n° 1 en majeur (1856) et Sérénade n° 2 en la majeur (1859 [révisée en 1875]). Revenu à Hambourg en 1859, il y donne sa première œuvre majeure, le Concerto n° 1 en mineur pour piano et orchestre, élaboré dès 1856.

N'obtenant pas de poste officiel dans sa ville natale de Hambourg, Brahms se décide en 1862 à partir pour Vienne, qui l'adopte autant que lui-même l'adopte. En pleine possession de ses moyens, il multiplie les récitals de piano et en profite pour faire connaître ses propres compositions, telles les Variations et fugue sur un thème de Händel pour piano, que Clara Schumann avait créées en 1861.

De 1872 à 1875, Brahms exerce avec succès ses fonctions à la tête des grands concerts viennois et ne quitte guère sa résidence autrichienne que pour voyager dans d'autres pays germaniques et, en 1878, en Italie.

L'histoire de sa vie se confond avec celle de ses œuvres, qui vont faire de lui le compositeur le plus en vue de sa génération : le Requiem allemand (1869), la Rhapsodie pour alto, chœur d'hommes et orchestre (id.), les Variations sur un thème de Haydn pour orchestre (1873), la Symphonie n° 1 en ut mineur (1876) et la Symphonie n° 2 en majeur (1877), le Concerto en majeur pour violon et orchestre (1878), les Rhapsodies pour piano (1879), le Concerto n° 2 en si bémol majeur pour piano et orchestre (1881), l'Ouverture académique (1880) et l'Ouverture tragique (id.) pour orchestre, la Symphonie n° 3 en fa majeur (1883) et la Symphonie n° 4 en mi mineur (1885), le Double Concerto en la mineur pour violon, violoncelle et orchestre (1887).

Le compositeur trouve en la personne du baron Hans von Bülow (1830-1894), éminent pianiste et chef d'orchestre, son plus zélé propagandiste, qui devient aussi un grand ami et qui l'emmène avec lui dans de brillantes tournées.

Les deux compositeurs, qui ne se rencontrèrent qu'une seule fois, en 1864, divisèrent le monde musical de leur époque en deux clans. Sur le plan privé, la première pomme de discorde est venue de Cosima, la fille de Liszt, qui a épousé von Bülow, lorsqu'en 1868 elle quitte celui-ci pour Wagner.

Sur le plan esthétique, la rivalité est telle qu'elle pousse Brahms à se commettre avec les auteurs d'un libelle qui vise principalement Liszt mais qui est perçu comme une charge contre Wagner, lequel attaque ouvertement Brahms dans une autre publication. Les passions s'apaisent d'autant moins que les wagnériens, ulcérés de la célébrité de Brahms, jouent les fauteurs de troubles chroniques lors de ses prestations.

Auteur de chœurs et de lieder (environ deux cents), Brahms se révèle tout aussi inspiré dans le domaine de la musique de chambre (sonates [pour piano solo, pour piano et violon ou violoncelle ou clarinette], trios, quatuors, quintettes [souvent avec piano], deux sextuors à cordes), qui ne cessera de s'enrichir jusqu'à son œuvre ultime, les Quatre Chants sérieux de 1896.

Un an après être allé à Bonn enterrer Clara Schumann, il succombe à un cancer du foie et va alors rejoindre au cimetière de Vienne ses confrères Mozart, Beethoven et Schubert.

Brahms est le seul compositeur du xixe siècle pour qui l'histoire de la musique ne commence pas avec Haydn et Mozart, ni même avec Bach. Le passé auquel il s'intéresse remonte aux polyphonistes de la Renaissance, voire aux origines du lied allemand. De cette attitude il tire un sens de la rigueur qui va de pair avec une constante invention rythmique. Schoenberg – le premier à se réclamer à la fois de Wagner et de Brahms – y voit « la source de la structure polyrythmique de bien des partitions contemporaines ».

Brahms est aussi un admirable coloriste, qui préfère cependant la substance au brillant. Chez lui, esthétique et langage ne font qu'un ; après Bach et Haydn, il s'impose comme le troisième grand artisan (au sens le plus noble du terme) de l'ère qui fait la charnière entre le classicisme et le romantisme en Allemagne. Comme nul autre, cependant, il réussit à mettre en rapport la science musicale la plus élaborée et les origines populaires de son art (Danses hongroises, Chants tziganes), sans pour autant songer – à l'inverse de Schumann avant lui – à se lancer à la poursuite d'un idéal inaccessible.

                                                                                          Braille Louis

Inventeur français (Coupvray, Seine-et-Marne, 1809-Paris 1852).

Aveugle à l'âge de 3 ans, organiste dans plusieurs paroisses de Paris, il devint professeur à l'Institution des aveugles. Il composa des ouvrages pour faciliter son enseignement et créa un système d'écriture en points saillants.

                                                                                           Brakni Rachida

Rachida Brakni est une actrice française née en 1977 à Paris. Elle se destine d'abord à une carrière d'avocate ou d'athlète de haut niveau. Elle fait sa formation au studio-théâtre d'Asnières de Jean-Louis Martin-Barbaz, puis au CNSAD. En 1997, elle intègre la troupe de la Comédie-Française et s'illustre notamment dans "Ruy Blas", pièce qui lui permet d'obtenir le Molière de la révélation féminine. Puis elle décide de se tourner vers le cinéma : en 2001, c'est la révélation publique avec "Chaos" de Coline Serreau, où elle est saluée par le césar du meilleur espoir féminin en 2002. Un an plus tard, elle rencontre son futur mari, Éric Cantona, sur le tournage de "L'Outremangeur" de Thierry Bistini. Ses choix de films se font loin des oeuvres "grand public", avec "Ne quittez pas" d'Arthur Joffé, "L'Enfant endormi" en 2005, ou "On ne devrait pas exister" en 2006, du réalisateur sulfureux Hervé-Pierre Gustave, ancienne star du X. En 2008, elle s'ouvre à des films plus populaires avec "Skate or Die" et "Neuilly, sa mère". Elle est très recherchée dans les films d'action policière : "Secret Défense", "Une Affaire d'État"... Son passé d'athlète lui permet d'incarner une championne d'athlétisme dans "La Ligne droite" en 2011. Cette même année, elle retrouve Hervé-Pierre Gustave dans "Les Mouvements du bassin" où elle joue aux côtés de son mari Éric Cantona. Ils ont deux enfants ensemble, Émir né en 2009, et Selma née en 2013.

                                                                                             Bramante Donato

Architecte italien (près d'Urbino 1444-Rome 1514).

Pour répondre dans les divers domaines de l'art aux aspirations du monde humaniste, il était nécessaire de retourner aux sources, de réconcilier le monde chrétien avec celui qui l'avait précédé : en architecture, le principal ouvrier de cette renaissance aura été Bramante. Avant lui, Brunelleschi, Alberti avaient ouvert la voie, créé ou diffusé un vocabulaire de formes. Avec Bramante, ce langage atteint sa pleine mesure, la Renaissance se fait classique.

Bien des points de sa biographie et de son œuvre restent imprécis. Sa vocation est tardive ; jusqu'à trente-cinq ans, Bramante était surtout peintre, au service de Ludovic le More, auquel le duc d'Urbino l'aurait cédé sept ans plus tôt (1472). Quelle avait été sa première formation ? On en est réduit aux hypothèses ; il aurait suivi la transformation du palais ducal d'Urbino (à partir de 1466 environ) et par là subi l'influence du Dalmate Luciano Laurana (vers 1420-1479). Les rares vestiges de son activité picturale à Milan (au château des Sforza, à la Casa Fontana, et surtout à la Casa Panigarola, ceux-ci conservés à la pinacothèque de Brera) montrent Bramante assez proche de Melozzo da Forli (1438-1494) ; même vigueur de coloris, même grandeur monumentale que chez l'élève de Piero della Francesca. Bramante, d'ailleurs, n'a pu ignorer le traité de perspective picturale de ce dernier, complément du Della pittura d'Alberti, le vieux maître dont toute son œuvre apparaît imprégnée.

À la façade de l'église d'Abbiategrasso, la niche profonde, avec ses deux ordres superposés, évoque en effet le temple de Rimini ; et c'est l'influence de Sant'Andrea de Mantoue qui est sensible à Santa Maria presso San Satiro, œuvre qui va l'occuper vingt ans durant, interrompue par son départ de Milan. Ici, faute d'espace, il en crée un par une perspective feinte ; mais il n'a pas atteint encore à la sobriété qui caractérisera sa manière romaine, et le délicieux octogone de la sacristie appartient à ce style fleuri et délicat du Milanais, dont va s'inspirer la Renaissance française. Sa renommée le fait appeler comme conseiller pour le dôme de Milan, et le duc lui confie divers travaux. Citons, pour sa fine polychromie de brique et de marbre, Santa Maria delle Grazie et son cloître ; et, au titre de premier aménagement d'une place à programme, la Piazza Ducale à Vigevano.

Cependant, le roi de France conquiert le Milanais et, en 1499, Bramante, comme Léonard de Vinci auquel le lie une amitié de dix-sept années, fuit l'envahisseur pour se réfugier à Rome ; il a alors cinquante-cinq ans. Au contact des ruines romaines, il découvre un nouvel idéal ; à l'élégance raffinée de sa manière lombarde font place une sobriété, une rigueur qui vont lui permettre d'atteindre à la grandeur.

Un premier essai, le cloître de Santa Maria della Pace (1500-1504), attire sur lui l'attention. Puis c'est la réussite du Tempietto de San Pietro in Montorio (1502), un petit temple rond comme les tholoi antiques ou les baptistères, mais prévu à l'intérieur d'une cour qui aurait été ronde elle aussi, si l'on en croit Serlio.

En 1503, Jules II succède à Pie III. Imbu de grandeur, le pape désire des artistes capables de lui fournir du colossal, et Bramante est de ceux-là. À Saint-Pierre, au milieu des ruines de la vieille basilique, le pape veut avoir son tombeau. Ce programme funéraire suffirait à motiver l'adoption du plan central, cher à Bramante, hanté (comme le seront tant d'architectes) par la vision du Panthéon. Le projet comportera une coupole, à la croisée de quatre vaisseaux égaux terminés par des absides ; entre les branches, de petites coupoles et des clochers. L'ensemble, équilibré et léger, n'est pas sans rappeler certaines des propositions faites en 1488 (avec participation de Bramante) pour la cathédrale de Pavie, où l'influence byzantine, et même ottomane, n'était peut-être pas absente. Pourtant, la référence en reste surtout romaine : c'est celle des grands thermes, avec leur savant contre-butement, et de la Villa Hadriana de Tibur. Michel-Ange reprendra le thème du dôme, mais, après lui, on en reviendra à la fonction basilicale de Saint-Pierre.

Jules II voulut aussi avoir son palais, et Bramante lui présenta un projet grandiose, qui fut partiellement réalisé. On commença par élever les trois étages des « loges » de la cour de San Damaso- qui devaient être décorées par Raphaël ; puis on réunit le palais de Nicolas V et Sixte IV à la Villa du Belvédère, plantée sur une hauteur, à 300 mètres de là, par deux galeries bordant une immense cour. Pour corriger sa position biaise, la villa fut masquée par une façade creusée d'une énorme niche où se dresse, sur un haut piédestal, la pigna qui donne son nom à la cour. Celle-ci était prévue pour des tournois ; on en corrigea la dénivellation par une série d'escaliers d'un type qui sera repris à la Villa d'Este, et plus tard au château Neuf de Saint-Germain. La mode des tournois passée, on remplaça les escaliers par le « bracchio nuovo », ensemble transversal qui rend inintelligible la composition de Bramante.

Rome suivit l'exemple du pontife : les vieux palais-forteresses firent place aux villas à la romaine, élevées par le vieux maître ou par ses disciples. Il devenait urgent d'aménager la ville et d'assurer au Vatican rénové des accès plus commodes. Bramante perça largement dans les vieux quartiers, n'hésitant pas à démolir les vestiges antiques, quitte du reste à en récupérer les matériaux ; on le qualifiait de ruinante, le faiseur de ruines ! Attaquant partout à la fois, au gré des velléités de Jules II, Bramante ne put rien finir : il mourut peu après le pontife, ayant fourni dix années d'un effort incessant. Là réside le drame de l'homme qui mit en chantier la Rome moderne : nous sommes réduits à l'admirer pour des chefs-d'œuvre disparus.

                                                                                        Branagh Kenneth

Kenneth Branagh entame une brillante carrière au théâtre au début des années 1980. Il joue également dans de nombreux téléfilms. En 1989, il réalise son premier film, "Henry V", qui obtient de bonnes critiques. Il signe également "Dead Again" en 1991, "Peter's friends" (1992), "Beaucoup de bruit pour rien" (1993) et plus récemment "Thor" (2010). Il est aussi connu en tant qu'acteur pour avoir joué dans "Wild Wild West" (1999), "Harry Potter et la Chambre des secrets" (2002), "Walkyrie" (2008) ou encore "Good Morning England" (2009).

                                                                                          Brancusi Constantin

Sculpteur roumain de l'école de Paris (Peştişani Olténie, 1876-Paris 1957), l'un des grands initiateurs du xxe s.

Bouleversant la conception d’un art dominé par le « beau idéal », Constantin Brancusi a introduit l’abstraction en sculpture afin de parvenir à la forme pure et parfaite, empreinte d’une mystérieuse poésie.

Fils de paysans très pauvres de l’Olténie, Brancusi est berger dans la montagne dès son plus jeune âge. Alors commence une longue méditation sur le dualisme du ciel et de la terre et sur leur seul lien : le vol de l'oiseau. Le sculpteur dira plus tard : « Je n'ai cherché, pendant toute ma vie, que l'essence du vol […]. Le vol, quel bonheur ! » Il s'agit donc, pour lui, d'une méditation mystique profondément enracinée dans l'expérience rurale, à laquelle il emprunte aussi ses premiers modèles (ustensiles, maisons en bois).

À neuf ans, Brancusi quitte la maison paternelle. Il sera successivement employé de teinturerie, d’épicerie, de cabaret. Devenu le protégé d'un riche industriel, il entre, en 1894, à l’école des arts et métiers de Craiova. Il apprend tout seul à lire et à écrire. En 1898, il intègre l'École nationale des beaux-arts de Bucarest, dont il obtient le diplôme en 1902. L'année suivante, le ministère de l'Instruction publique lui achète une sculpture, l’Écorché. Arrivé à Munich afin d'y parachever ses études, Brancusi en repart aussitôt pour Paris – il ira à pied jusqu'à Langres. Il s'inscrit à l’École nationale des beaux-arts (1904), dans l'atelier du sculpteur Antoine Mercié. Pour vivre, il est plongeur dans un restaurant, puis chantre à la chapelle orthodoxe roumaine. Mais il a déjà loué son propre atelier et, dès 1906, il expose dans les Salons.

Une Tête de jeune fille de 1905 montre le sculpteur en pleine possession de son métier, qui subit encore l’influence de Rodin. Mais Brancusi, qui a refusé de travailler avec ce dernier, développe son propre style, marqué par le dépouillement formel. En intégrant le socle à la sculpture, il élimine en outre toute idée de hiérarchie entre les parties supérieure et inférieure de l’œuvre.

La naissance effective de la sculpture moderne date des années où Brancusi réalise, d’une part, sa première Muse endormie (1909), qui célèbre la forme parfaite par excellence pour lui : l’ovale, et, d'autre part, le Baiser (vers 1912). Cette dernière œuvre, issue elle aussi de recherches entreprises en 1908, participe cependant d'une veine plus archaïque, comme dans certaines sculptures primitives ou romanes où le bloc de pierre semble avoir déterminé la forme sculptée. Bien que le principe de simplification des volumes et des lignes soit le même que celui qui s’applique au traitement de la Muse endormie, sans nul doute les deux adolescents du Baiser véhiculent une émotion infiniment plus sensuelle et plus fruste, de même nature que celle qui inspirera ensuite la plupart des sculptures en bois.

Brancusi vise à extraire des formes naturelles l’« essence des choses ». C’est ce qui empêche ses sculptures d'être de simples objets décoratifs : une légère indication ou, au contraire, l'intensité même de la réduction formelle suffisent à trahir l'émotion, à perturber la contemplation esthétique, à réintroduire autour de la forme dépouillée le halo d'idées et de sentiments qui ont présidé à son apparition. La taille directe, dans le marbre ou le bois, contribue elle aussi à défendre les sculptures de Brancusi de l'appauvrissement affectif (Mademoiselle Pogany, diverses versions [1913 à 1933] ; Torse de jeune homme, 1917-1922). Les bronzes eux-mêmes ne proviennent pas du modelage, mais sont moulés d'après les marbres ; ensuite, ils sont longuement polis et repolis – la manière dont la lumière joue à leur surface (et dont ils réfléchissent ce qui les entoure) étant l'objet d'une attention particulière.

En dehors des variations sur le buste féminin, qui culminent avec la Princesse X (1916), dont la forme phallique fera scandale au Salon des indépendants de 1920, la forme ovoïde et celle de l'oiseau ou du poisson l'emportent. Mais, spirituellement parlant, le désir de fixer le vol de l'oiseau a une signification mystique, comme le prouvent les nombreuses versions de la Maïastra (oiseau légendaire du folklore roumain) ou de l’Oiseau dans l’espace.

Depuis 1914, Brancusi a, d'autre part, travaillé le bois, vraisemblablement sous l'influence conjuguée de l'art populaire roumain et de l'art africain auquel le milieu intellectuel qui était le sien – celui de Matisse, d'Apollinaire, de Modigliani – portait un grand intérêt. Il a alors donné naissance à une série d'œuvres d'allure à la fois plus grossière et plus tumultueuse que celles qui sont en marbre et en bronze. Du Fils prodigue (1914) jusqu'à l’Esprit du Bouddha (1937), il s'agit beaucoup plus de créatures mystérieuses, voire fantastiques, que de symboles spirituels. Aussi n'a-t-on aucune peine à croire que Brancusi ait détruit plusieurs œuvres qu'il avait exécutées dans le même esprit, par crainte de leur « charge » magique. En effet, les peurs ancestrales, la hantise de l'invisible, le frisson du sacré inspirent des sculptures comme la Sorcière (1916), la Chimère (1918), Adam et Ève (1921). Renouant avec la veine mystique, la Colonne sans fin (1918) manifeste l’aspiration à l’éternel.

Installé en 1928 dans un nouvel atelier parisien (légué par testament au musée national d'Art moderne [Centre Georges-Pompidou]), Brancusi y reprend sans cesse ses thèmes familiers (le Coq, 1935). La seule forme nouvelle qu’il engendre est celle de la Tortue (1941-1943), par laquelle, rapporte son biographe anglais David Lewis, « il voulait montrer que la plus modeste et la plus humble des créatures est capable de trouver son chemin vers Dieu ». Son œuvre, dont les photographies qu’il prend dans son atelier sont indissociables, sera déterminante pour tout le courant minimaliste.

Le scandale, à vrai dire, débarqua à New York d’un paquebot français le 1er octobre 1926, au moment où allait s’ouvrir la première exposition importante de Brancusi, à la Brummer Gallery. L’artiste y avait envoyé une vingtaine de ses œuvres. À leur vue, un inspecteur des douanes refusa de les laisser entrer en franchise, comme des objets d’art, mais décida de leur imposer la taxe légalement applicable aux… objets utilitaires ou manufacturés ! Le plus lourdement taxé fut le bronze l’Oiseau dans l’espace. Il s’ensuivit un retentissant procès, au cours duquel l’art abstrait se retrouva au banc des accusés. Pour sa défense, les avocats de Brancusi plaidèrent la légitimité de l’acte créateur et la neutralité de l’émotion esthétique. Ils eurent gain de cause aux termes du jugement du 26 novembre 1928, qui fit tomber une barrière tant juridique que culturelle.

                                                                                                    Brand Russell

Humoriste, présentateur et acteur anglais né en 1975, Russell Brand a eu une enfance et une adolescence difficiles. Accro à différentes drogues, il se fait régulièrement expulser de ses cours d'art dramatique. Il se fait tout d'abord connaître du public en animant diverses émissions de radios et de télé et en faisant des spectacles de stand-up. Il décroche son premier rôle à la télévision dans la série "Mud", en 1994. Puis il enchaîne avec des téléfilms comme "Cruise of the Gods" ou bien "White Teeth". Il passe ensuite au cinéma en 2006 dans le film "Pénélope", où il joue aux côtés de Christina Ricci, puis "St Trinian's, pensionnat pour jeunes filles rebelles". En 2008, il joue Aldous Snow, un rocker anglais, dans "Sans Sarah, rien ne va !", une comédie de Nick Stoller. C'est un vrai succès. À tel point que l'équipe du réalisateur Judd Apatow décide de reprendre le personnage d'Aldous Snow : cela donnera naissance au film  "American Trip", où il joue aux côtés de Jonah Hill. En 2011, il tient la vedette dans la comédie "Arthur, un amour de milliardaire", avec Helen Mirren et Jennifer Garner. Il assure également le doublage du docteur Nefario dans les films d'animation "Moi, moche et méchant", et "Moi, moche et méchant 2".

                                                                                                        Brandebourg

État (Land) d'Allemagne.

  • Population : 2 455 780 hab. (recensement de 2011)
  • Superficie : 29 059 km2
  • Nom des habitants : Brandebourgeois
  • Capitale : Potsdam

Il occupe la partie occidentale du Brandebourg historique (ville principale Berlin), qui fit partie de la R.D.A. de 1949 à 1990 ; sa partie orientale a été attribuée à la Pologne en 1945. C'est aussi une région géographique de l'Allemagne entre l'Elbe et l'Oder, correspondant à une partie du bassin de la Havel et de la Spree, séparée de la Baltique par le Mecklembourg et limitée, au S., par le Fläming et la Lusace. À l'origine pays couvert de marais, de landes, de forêts de pins et de bouleaux, il a été remodelé par l'activité humaine.

Terre de rencontre entre Slaves et Germains depuis le viie s., le Brandebourg passa aux Ascaniens (xiie s.) puis aux Wittelsbach et aux Luxembourg. En 1356, le margraviat (ancienne marche) fut érigé en électorat, qui échut aux Hohenzollern (1415), dont l'héritage s'accrut de la Prusse en 1618. En 1701, l'Électeur Frédéric III prit le titre de roi en Prusse (Frédéric Ier). Dès lors, l'histoire du Brandebourg se confond avec celle de la Prusse.

                                                                                                    Brando Marlon

 Marlon Brando est souvent décrit comme le plus grand acteur de tous les temps. Et pour cause : pendant des années, il incarnera à lui seul cette nouvelle race de comédiens issue de l'Actor's Studio, célèbre méthode de jeu consistant à s'abandonner quasi totalement au personnage interprété. Mais, comme James Dean, comme Marilyn Monroe, Marlon Brando a largement dépassé son statut de star pour accéder à celui d'icône sexuelle et culturelle. Plus qu'un acteur, c'est un mythe.

  Marlon Brando Jr est né le 3 avril 1924 dans une famille modeste du Nebraska. Après des études médiocres et un passage éclair par une académie militaire, le jeune homme s'envole en 1943 pour New-York. Là, il assiste aux cours de théâtre de Stella Adler qui lui enseigne la méthode de l'Actors Studio (voir plus haut). C'est une révélation : Brando est un acteur né. Sept ans et plusieurs pièces de théâtre plus tard, il fait ses débuts devant les caméras dans Un Tramway nommé désir, sous la direction d'Elia Kazan. Le résultat est retentissant : l'acteur, moulé dans son tee-shirt blanc, devient instantanément un sex-symbol (homo et hétéro). Il poursuit sa collaboration avec Kazan en tournant coup sur coup dans Viva Zapata ! et surtout Sur les quais, pour lequel il reçoit l'Oscar et le Prix d'interprétation à Cannes. En 1953, son personnage de L'Equipée sauvage, tout de cuir vêtu, renforce encore son statut d'icône générationnelle. Il s'illustre ensuite dans différents registres comme le péplum (Jules César) ou la comédie musicale (Blanches Colombes et vilains messieurs). Brando est au sommet, adulé par les foules et courtisé par les producteurs.      

Les années 1960 seront celles des revers. Marlon Brando prend des risques artistiques. Il s'essaye à la réalisation avec La Vengeance aux deux visages, s'engage dans des films polémiques (La Poursuite Impitoyable et Reflet dans un oeil d'or), essuie des échecs financiers dans de grosses productions (Les Révoltés du Bounty)… De plus en plus caractériel, il effraie réalisateurs et financiers et devient persona non grata sur les plateaux de tournage. Côté vie privée, Brando embrasse la cause indienne et la défend avec une sincérité sans faille. Plus que jamais, l'acteur semble se lasser d'Hollywood et de ses sunlights.

Sa résurrection intervient en 1972. Venu incognito passer des auditions pour le rôle-titre du Parrain, Marlon Brando stupéfie l'assistance. Francis Ford Coppola, le réalisateur, le choisit : il sera Don Corleone, le vieil empereur de la pègre italo-new-yorkaise. On connaît la suite : immense succès critique et public, pluie de récompenses (second Oscar pour Brando) et début d'une saga de légende. Marlon Brando trouve un second souffle. Bertolucci fait appel à son sex-appeal pour le sulfureux Dernier Tango à Paris et Coppola lui confie le rôle halluciné du Colonel Kurtz dans Apocalypse Now. Deux prestations inoubliables. Pour le comédien, c'est aussi l'époque des petits rôles aux cachets exorbitants (4 millions de dollars pour faire la voix du père de Superman !). Avec cet argent, il se retire sur une île du Pacifique achetée en 1965.

La fin de sa carrière prend des allures de tragédie grecque. Sa fille, Cheyenne, se suicide en 1995, minée par le meurtre de son amant perpétré en 1990 par son propre frère, Christian Brando. Désespéré, Marlon Brando dépense sa fortune en procès sordides et retourne devant les caméras pour éponger les dettes. Le voilà obligé de cachetonner dans des productions sans envergure (Premiers pas dans la mafia), voir dans des films médiocres (L'Ile du Dr Moreau). A sauver : sa remarquable prestation dans The Brave, première réalisation de son ami Johnny Depp. Marlon Brando décèdera le 1er juillet 2004 à Los Angeles, bien loin de son île polynésienne. Il laisse derrière lui une carrière hors du commun, émaillée de nombreux chefs-d'œuvre et de personnages entrés dans l'histoire.

                                                                                                    Brandt Willy

Né à Lübeck (Allemagne) le 18/12/1913 ; Mort à Unkel (Allemagne) le 08/10/1992

Karl Hebert Frahm Brandt naît en 1913. Il grandit paisiblement puis s'engage dans le camp des sociaux-démocrates. Lorsqu'il prend conscience de la montée du nazisme, il décide de fuir en Norvège, adopte la nationalité et prend le nom de Willy Brandt. En 1945, il réintègre son pays natal et en reprend la citoyenneté en 1947. Dès lors, il rejoint le parti social-démocrate (SPD) puis occupe la place de député de Berlin avant d'être nommé maire de Berlin-Ouest. Il se présente à la chancellerie en 1961 et en 1965 mais n'est pas élu. Devenu président de la SPD, il n'abandonne en rien ses projets et est nommé ministre des Affaires étrangères en 1966. Il tente alors de renforcer les rapports du pays avec l'Est puis obtient finalement suffisamment de voix pour occuper la place de chancelier d'Allemagne en 1969. Il poursuit sa même politique extérieure vers l'Est, tentant d'améliorer la situation de la République démocratique allemande ("Ostpolitik"). En 1971, ses efforts sont récompensés par le prix Nobel de la paix. Brandt est réélu en 1972 mais le pays connaît quelques turbulences politiques et économiques. Une affaire d'espionnage le contraint à démissionner en 1974. Il préside l'International socialiste puis prend vivement parti pour la réunification de l'Allemagne dès 1989.

                                                                                                      Branigan Laura

Née à New York (États-Unis) le 03/07/1957 ; Morte à New York (États-Unis) le 26/08/2004

Laura Branigan est une chanteuse de pop-rock américaine ayant connu le succès principalement dans les années 1980. Après avoir stoppé sa carrière en 1992 suite au cancer de son mari, elle revient brièvement sur scène avant de décéder en 2004.

Enfant de la ville de New York, Laura Branigan naît le 3 juillet 1957 dans le quartier de Brewster. Très tôt attirée par les métiers musicaux, elle s'engage pleinement dans cette voie en s'inscrivant aux cours de l'Académie des arts dramatiques de New York. Elle débute modestement sa carrière au sein d'un groupe local, Meadow. Mais elle sort de l'anonymat à la fin des années 1970 en devenant choriste pour le célèbre Leonard Cohen. Repérée par les maisons de disques, elle sort son premier album en 1982, sobrement appelé "Branigan". Ce premier disque la propulse au rang de star grâce à sa reprise du titre d'Umberto Tozzi "Gloria". Le morceau devient un tube associé par la suite au film "Flashdance", dont le succès contribue à installer la chanteuse.

Décidément très inspirée par l'Italie, elle récidive en 1984 avec "Self Control", repris cette fois du chanteur italien Raf. Titre emblématique des années 1980, le morceau la propulse en haut des charts partout à travers le monde. Paradoxalement, les chansons qu'elle écrit ne connaissent le même succès que ses titres phares qu'entre les mains d'autres artistes. "How Am I Supposed to Live without You", repris par Michael Bolton en 1990, en est la parfaite démonstration. Elle se retire brutalement de la scène en 1994 à l'annonce du cancer de son mari. Il faudra huit années pour voir Laura Branigan revenir en piste en 2002. Mais une rupture d'anévrisme met un terme précoce à ce come-back le 26 août 2004.

                                                                                                         Branly Edouard

Physicien français (Amiens 1844-Paris 1940).

Il imagina, en 1890, le cohéreur à limaille, premier détecteur d'ondes hertziennes permettant la réception des signaux de télégra phie sans fil. En 1891, il conçut le principe de l'antenne émettrice. Il fut aussi l'auteur d'expériences de télécommande (1902).

                                                                                                          Branson Richard

Né à Blackheath (Royaume-Uni) le 18/07/1950

Richard Branson est un homme d'affaires britannique né le 18 juillet 1950, fondateur du groupe Virgin.

Dès son enfance, Richard Branson se distingue pour sa volonté d'entreprendre : élève moyen dans les études, il s'intéresse dans son adolescence à l'univers des lettres et de la publication. Il se lance alors à seize ans dans l'élaboration d'un magazine pour étudiants, "Students", à Londres. Quelques années plus tard, il s'investit dans la vente de disques par correspondance et crée la marque Virgin, dont le premier magasin voit le jour à Londres. Il développe par ailleurs le label Virgin Records en 1973, et produit à ses débuts des artistes tels que Mike Oldfield, Phil Collins ou encore les Sex Pistols. L'entreprise se développe très rapidement dans les années 1980 et diversifie considérablement ses activités, se lançant notamment dans le transport aérien. En 2009, le magazine Forbes classe Richard Branson à la 261e place des plus importantes richesses mondiales.

Investi dans le monde associatif et les questions relatives au développement, l'homme d'affaires est à l'origine en juillet 2007 de la réunion d'un groupe de dirigeants influents du monde entier à Johannesburg, dans le but d'ouvrir le dialogue sur les défis les plus importants de la planète. Muhammad Yunus, Kofi Annan ou encore Jimmy Carter sont présents.

Grand amateur de sport, Richard Branson effectue une traversée de la Manche en kitesurf en 2012, alors qu'il est âgé de 61 ans.

                                                                                                               Brant Mike

Né le 01/02/1947 ; Mort à Paris le 25/04/1975

Mike Brant, né le 1er février 1947, est un chanteur israélien qui s'impose dans les années 70. Le succès est au rendez-vous grâce notamment à ses titres "Laisse-moi t'aimer", "Qui saura" ou encore "Dis-lui". Mais il gère difficilement sa célébrité ce qui le plonge dans une profonde dépression. Il se suicide le 25 avril 1975 alors qu'il n'est âgé que 28 ans.

Fils de Bronia Rosenberg, une survivante du camp de concentration d'Auschwitz, et de Fichel Brand, un maquisard polonais, Mike Brant ne parlera qu’à l’âge de 5 ans. Très vite attiré par le chant, il intègre une chorale. Il quitte l’école dès ses 13 ans. Âgé de 15 ans, il intègre le groupe « Chocolates », dirigé par son frère cadet et accordéoniste, Zvi. Avec la voix de Mike Brant, ils rencontrent un véritable triomphe au sein du jeune public.

En 1968. Mike Brand, se lance dans une carrière solo. Il se produit à Téhéran et est repéré par Sylvie Vartan et Carlos, son secrétaire. L’année suivante, Carlos le présente à Eddy Barclay. C'est finalement Jean Renard, le directeur artistique de Sylvie Vartan et de Johnny Hallyday, qui le prend en charge.

En 1970, sort son premier 45 tours : « Laisse-moi t'aimer ». La réussite est telle que le titre s'exporte en Allemagne et en Italie et la chanson est enregistrée dans les deux langues. La popularité de Mike Brant, qui incarne le parfait latin lover, s’accroît de plus en plus. Il attire de nombreuses groupies et des réalisateurs de cinéma. Mais l'artiste préfère la scène musicale de province et décline toutes les offres du 7ème art.

En 1972, avec son titre « Qui saura », une reprise de « Que sera » de José Feliciano, le chanteur connaît encore le succès. La même année, il compose « C'est ma prière » et enchaîne plus de 250 galas en un an. Les enregistrements se poursuivent : « Que tu es belle », « Toutes les couleurs », « Rien qu'une larme » et « Tout repris » et les tournées s’enchaînent : Europe, Japon ou encore Australie.

L’épuisement du chanteur se fait ressentir. En 1974, il commence à fréquenter un milieu peu recommandable. Sa créativité n’est néanmoins pas touchée car il sort « C'est comme ça que je t'aime », « Viens ce soir » ainsi que « Toi, mon enfant ». Mais, c’est au cours de cette année que la star montre ses premiers signes de dépression.

Le 21 novembre 1974, il fait une première tentative de suicide en Suisse. Il saute de la fenêtre de son hôtel. Il en réchappe avec de multiples fractures. Le 25 avril 1975, Mike Brant se jette de la terrasse de l'appartement parisien d'une amie.

Deux semaines après son décès, il est finalement enterré à Haïfa.

                                                                                                         Brantôme Seigneur de

Écrivain français (Bourdeille vers 1540-1614).

Son œuvre posthume raconte avec pittoresque et verdeur ses souvenirs de guerre (Vies des hommes illustres et des grands capitaines étrangers et français ; Vies des dames illustres, des dames galantes).

                                                                                                                Branzi Andrea

 Andrea Branzi est né en 1938 à Florence, en Italie, où il reçut également son diplôme d'architecte. Il vit et travaille actuellement à Milan. Son œuvre est liée au design industriel même s'il s'intéresse également à l'architecture urbaine et à la promotion culturelle. Il enseigne le design industriel à l'institut polytechnique de Milan.
Il est connu pour avoir fondé le collectif Archizoom avec les designers Massimo Morozzi, Paolo Deganello et Gilberto Coretti. Avec eux, Andrea Branzi essaie de promouvoir le mouvement italien de l'architecture radicale et sa célèbre théorie de la Super architecture qui a amené le concept d'Anti-Design. Il est l'un des personnages majeurs du design néo-moderne. Il reçoit d'ailleurs un Compas d'Or en 1987.
Au cours de sa carrière, Branzi a écrit de nombreux ouvrages parmi lesquels "Learning from Milan, The Hot House and Domestic Animals", "Nouvelles de la Métropole Froide" et "Introduzione al Design Italiano". Il publie également des articles dans beaucoup de magazines italiens spécialisés dans le design comme "Interni", "Domus" ou "Casabella". Il fut surtout l'un des fondateurs de la Domus Academy à Milan en 1983, une école pour les post-diplômés qui propose des master classes courtes dans les domaines des arts visuels.
On retrouve ses œuvres dans les gammes des fabricants Alessi, Cassina, Vitra et Zanotta. Le 16 mai 2008, il est reçu Laurea Honoris Causa en design industriel à la faculté d'architecture de l'université La Sapienza de Rome.

                                                                                                                  Braque Georges

 Peintre français (Argenteuil 1882-Paris 1963).

 Tournant le dos aux « suiveurs » pour être de « ceux qui vont de l'avant », selon sa propre expression, Georges Braque fut l'un des pères du cubisme. Ses amis poètes le louèrent d'avoir su exprimer la spiritualité de la matière et d'avoir créé une « poétique de l'espace ».   

Né dans une famille de peintres en bâtiment, Braque passe son enfance au Havre, « en pleine atmosphère impressionniste », et fait seul son éducation artistique – sa première formation étant celle d'apprenti chez un peintre décorateur. Venu à Paris en 1900, il se convertit au fauvisme en 1905 et expose en 1906 au Salon des indépendants. De 1907 datent la première version de Viaduc à l'Estaque (Minneapolis), au chromatisme fauve mais au dessin géométrisant, et le grand Nu debout, qui témoigne de l'influence des Demoiselles d'Avignon de Picasso. Aux autres paysages de l'Estaque de 1908, se réduisant à ces fameux petits « cubes » que remarquent Matisse et, à la suite de ce dernier, le critique d'art Louis Vauxcelles, succèdent les paysages normands de 1909, où les masses communiquent entre elles par une série de modulations qui égalisent la lumière et tendent à décomposer les volumes en une mosaïque de plans rapprochés du spectateur.

Abandonnant le paysage pour la nature morte, Braque travaille en étroite relation avec Picasso et élabore avec lui les doctrines du cubisme dit « analytique » puis du cubisme « hermétique ». Certains tableaux – où apparaissent fréquemment des instruments de musique – sont d'une remarquable monumentalité (le Violon et la cruche, 1910, Bâle) ; d'autres comportent, entre autres, des éléments peints en trompe-l'œil. En septembre 1912 a lieu l'innovation capitale des « papiers collés », qui permet à Braque de réintroduire la couleur et de « voir son indépendance par rapport à la forme » (Nature morte au violon, 1912, Yale University).

Mobilisé en 1914, grièvement blessé sur le front d'Artois en 1915, Braque se remet au travail en 1917 et, au lendemain de la guerre, se consacre à une œuvre essentiellement fondée sur la nature morte, sans les hardiesses de l'époque antérieure. Il adopte soit le petit format du genre « cabinet d'amateur », soit la grande composition ambitieuse. À la série des « Guéridons » et des sombres natures mortes de 1918-1920, où souvent une grappe de raisin voisine avec un instrument de musique, succède l'ensemble des « Cheminées » et des « Tables de marbre » (Nature morte à la table de marbre, 1925, MNAM), traitées en de puissantes harmonies de verts, de bruns et de noirs. À partir de 1928, la palette tend à s'éclaircir et la matière, étendue sur un support granuleux, devient beaucoup plus fluide (la Mandoline bleue, 1930, Saint Louis).

La figure humaine est à peu près absente de l'œuvre de Braque, sinon dans la belle série des « Canéphores » (1922-1927), qui sont le tribut payé par le peintre à l'atmosphère néoclassique de l'époque, puis dans certaines compositions sous forme de curieuses silhouettes vues de face et de profil (le Duo, 1937, MNAM). Le paysage réapparaît furtivement, réminiscence des promenades que Braque fait autour de la maison qu'il a acquise en 1930 à Varengeville-sur-Mer, près de Dieppe (Falaises, 1938). Dans cet entre-deux-guerres, il est devenu le peintre français par excellence, héritier des vertus nationales et dépositaire de la tradition classique, dont lui-même se fait le défenseur dans les maximes des Cahiers de Georges Braque (le Jour et la Nuit, 1917-1952), publiés en 1956. À cette manière on peut rattacher l'ensemble des œuvres liées à la culture de la Grèce archaïque : les eaux-fortes pour la Théogonie d'Hésiode (1931), les plâtres gravés à sujets mythologiques et la plupart de ses sculptures.

La Seconde Guerre mondiale inspire à Braque des tableaux qui sont comme un reflet de l'austérité des temps (le Pain, 1941, MNAM). À partir de 1947, le travail de l'artiste est souvent interrompu par la maladie, mais celui- réalise, entre 1949 et 1956, la série des « Ateliers », huit toiles remarquables par l'opiniâtreté avec laquelle il semble avoir voulu y rassembler tous ses souvenirs, toutes les recherches et tous les thèmes de son œuvre (Atelier VI, 1950-1951, fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence). Dans certaines de ces toiles apparaît un oiseau dont les ailes, déployées dans un espace abstrait, fourniront le thème de la décoration que Braque exécute en 1952-1953 pour le plafond de la salle étrusque du musée du Louvre. Il s'agit là du dernier thème de méditation d'un artiste qui éprouve le besoin d'échapper au monde clos et inanimé que représente toute sa peinture. Dans les années 1950, également, il rénove à sa manière le vitrail contemporain, dans des lieux qui lui tiennent à cœur : la chapelle Saint-Dominique à Varengeville-sur-Mer et la chapelle Saint-Bernard à la fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence.

Les deux créateurs du cubisme se rencontrèrent au Bateau-Lavoir, durant l'automne 1907, à l'initiative de Guillaume Apollinaire, et se lièrent à la faveur d'une admiration commune pour Paul Cézanne. Ni leur origine, ni leur formation, ni leur tempérament n'étaient comparables, mais leurs recherches concouraient à un même projet, celui de transformer radicalement le rapport de la peinture à la réalité prise comme modèle. Pour cela, Braque se fit innovateur : il fut le premier à introduire dans ses compositions des lettres d'imprimerie, à utiliser le peigne à peindre le faux bois, à ajouter du sable, de la sciure ou des clous à la matière picturale. Seule la guerre, en 1915, interrompit le dialogue entre Braque et Picasso, qui firent désormais des carrières indépendantes.

                                                                                                         Brard Jean-Pierre

 Né le 07/02/1948

Instituteur natif de Flers dans l'Orne, en poste à Montreuil puis à Bobigny, c'est à 23 ans que Jean-Pierre Brard débute sa carrière politique sous les couleurs du Parti communiste qu'il rejoint en 1962, à l'orée des années 1970, où il brigue un premier mandat de conseiller municipal et de maire-adjoint de Montreuil. Un fief dont il s'empare en 1984 et qu'il conservera jusqu'en 2008, quand sa liste est battue par celle de la sénatrice des Verts, Dominique Voynet. Il reste alors conseiller municipal mais dans l'opposition. Depuis 1996, il a rompu avec le PCF pour la Convention pour une alternative progressiste (CAP). Elu local influent, conseiller régional d'Ile-de-France entre 1986 et 1988, il est investi député de la 7e circonscription de la Seine-Saint-Denis en 1988, mandat parlementaire qu'il a décroché 5 fois entre sa première élection au Palais Bourbon et juin 2012. Jean-Pierre Brard, engagé sur la question des sectes, a été battu lors du premier tour des dernières législatives de 2012 par le socialiste Razzy Hammadi, candidat élu au second tour, après le désistement de Brard en vertu d'un accord à gauche. Il est maire-honoraire de Montreuil et conseiller municipale au sein du groupe Gauche Unie et Citoyenne.

                                                                                                              Bras Michel

Né à Gabriac (France) le 04/11/1946

Michel Bras est un éminent cuisinier français originaire de l'Aveyron et passionné par sa région. C'est à Laguiole exactement qu'il a choisi de s'établir, faisant de l'Aveyron l'une des destinations de choix des amateurs d'une cuisine douce, créative et raffinée. Ce grand chef agrémente ses menus de nombreux fruits, légumes et herbes qui l'environnent, pour faire pénétrer ses invités dans un voyage au coeur de la nature aveyronnaise.

Les mérites de Michel Bras sont innombrables. Classé dans la prestigieuse catégorie Relais et Châteaux en 1992, récompensé par la troisième étoile du guide Michelin en 1999, noté 19,5 par Gault et Millau... le restaurant Le Suquet de Michel Bras à Laguiole a su se démarquer. Cet établissement est vite devenu une affaire familiale, puisque Michel a partagé la vedette avec son fils Sébastien pendant plus de vingt ans, avant de lui laisser définitivement les rênes en 2010. Sébastien Bras a poursuivi brillamment le chemin tracé par son père et propose encore aujourd'hui une cuisine gastronomique originale et raffinée. Le Suquet comporte aussi un charmant hôtel, qui permet aux hôtes qui le fréquentent de goûter aussi aux douceurs de la nature aveyronnaise en dehors des repas.

Récemment, en 2014, Michel Bras a ouvert une brasserie dans le musée Pierre Soulages, situé à Rodez, toujours dans l'Aveyron, démontrant encore une fois l'affection toute particulière que cette grande figure de la gastronomie française porte à sa région.

                                                                                                                     Brasilia

Capitale du Brésil, sur les plateaux de l'intérieur, à environ 1 100 m d'altitude ; chef-lieu du district fédéral (5 814 km2).

  • Population : 2 469 489 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Brasiliens
  • Population pour l'agglomération : 3 813 010 hab. (estimation pour 2011)

  Trois noms restent attachés à la ville de Brasília : Juscelino Kubitschek, Lucio Costa, Oscar Niemeyer.

Le premier acte de Kubitschek, lorsqu'il devint président de la République, en 1956, fut de créer un organisme chargé d'étudier et de réaliser le projet de la « Nouvelle Capitale », dont on parlait déjà depuis un siècle. Malgré une hostilité et des réticences affirmées, tant au sein du gouvernement que dans l'opinion publique, Kubitschek réussit à mener à bien la tâche qu'il s'était fixée : « faire participer tout le territoire au progrès général du Brésil ». À ce titre, Brasília est plus qu'une ville, c'est un symbole. Sous l'action du président, 50 000 ouvriers avaient bâti en trois ans l'essentiel de la capitale fédérale. En avril 1960, son inauguration solennelle fut suivie du transfert des Archives nationales et de diverses administrations. Mais, avec l'élection du nouveau président Janio Quadros, en 1961, le rythme de construction et de transfert se ralentit singulièrement. L'opinion publique rendait Brasília responsable de la crise monétaire.

Le concours ouvert en 1956 avait abouti à la présentation de vingt-six dossiers, dont quatre furent primés par un jury international. Celui de Lúcio Costa, qui n'avait pas l'intention de concourir, se réduisait à un simple schéma. Partant d'une croix, indiquant une prise de possession, Lúcio Costa avait esquissé un plan marqué par deux axes dont l'un s'incurvait pour suivre la courbe d'un lac artificiel. L'intégration au site, le caractère monumental symbolisant le pouvoir, une certaine rigidité qui obligeait à considérer ce plan comme une entité sont les trois points essentiels qui déterminèrent la sélection du jury. Alliant le fonctionnel et le monumental, il créait d'emblée, et de façon irréversible, une capitale.

En ce qui concerne la circulation, le principe qui présida à l'élaboration du projet fut l'intégration de l'automobile dans la ville et la séparation du trafic des automobiles et des piétons. Les premiers travaux concernèrent l'infrastructure : transports, énergie, voirie. Le plan directeur d'urbanisme fut établi d'après les premières esquisses. L'axe incurvé, de 10 km de longueur, correspond à l'axe routier sur lequel se sont greffés les quartiers résidentiels. L'axe monumental se développe en forme de fuseau sur 6 km, de la tour de la télévision à la place des Trois-Pouvoirs, où se concentrent les bâtiments officiels. La jonction de ces deux éléments forme le centre vital de la cité, matérialisé par une plate-forme autour de laquelle s'organisent les bureaux, les hôtels, les commerces, les loisirs.

La localisation des bâtiments officiels avait été décidée en dehors du plan d'urbanisme, et leur réalisation confiée à Oscar Niemeyer. À l'écart, sur les bords du lac, se trouve le palais de l'Aurore, résidence du président, construite en priorité ; de forme quadrangulaire, l'édifice s'orne en façade d'une série de piliers en forme de losange d'une grande légèreté dans les volumes, d'une pureté dans les lignes que rehausse leur blancheur éclatante. Sur la place des Trois-Pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) s'élèvent le palais du Congrès, le palais du Gouvernement et le palais de justice. Ces deux derniers sont caractérisés par le même parti, associant des piliers et des façades en retrait. Les éléments porteurs, de proportions différentes, ont un rythme identique destiné à faire naître une unité architecturale. Dominant la place, le palais du Congrès est constitué de trois éléments qui forment une admirable composition : les tours jumelles de l'administration, la coupole du Sénat et la soucoupe du palais des Représentants. La simplicité des lignes, l'ordonnance des volumes reliés par l'ampleur de la plate-forme créent une harmonie spatiale. Au-delà, de part et d'autre de l'esplanade prévue pour les parades, défilés et manifestations, s'alignent les ministères, bâtiments identiques de structure métallique (à l'exception du ministère des Affaires étrangères), dont la rigueur met en valeur, par contraste, les formes souples et élancées des trois palais. D'aspect différent, la cathédrale et le théâtre complètent cet ensemble monumental. Les vingt et une paraboloïdes de la cathédrale en béton précontraint, disposés sur un cercle de soixante-dix mètres de diamètre, sont réunis par des pans de verre antisolaire. Le théâtre, masse compacte de béton armé aux couleurs chaudes, a une forme de pyramide tronquée.

La zone résidentielle est constituée d'habitations individuelles disposées en bandes continues ou en « superquadras », carrés de 250 mètres de côté. Ces derniers, conçus pour 3 000 habitants, ont des limites nettement définies, soulignées par un rideau de verdure. Chacun est composé de onze à trente-trois immeubles sur pilotis et dispose d'une école primaire. Le groupement de quatre superquadras constitue une unité de voisinage : à la jonction sont implantés les équipements collectifs (cinéma, chapelle, centre commercial local, établissement d'enseignement secondaire). La réalisation a été confiée à différents architectes, Sérgio Bernades, Hélio Uchoa, Oscar Niemeyer, ce qui contribue à rompre l'uniformité par une variété d'implantation et de volume interne.

Née d'un acte politique, Brasília n'a cessé d'avoir ses partisans et ses détracteurs. Si la nouvelle capitale a soulevé une telle polémique c'est qu'elle pose le problème fondamental de la ville créée ex nihilo. Au-delà de sa signification sur le plan brésilien, certains affirment qu'elle n'est pas la concrétisation d'une conception de la vie urbaine et que symbole, œuvre d'art, elle n'est pas faite pour l'homme.

Brasília a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1987.

La ville jouit d'un climat lumineux, très sec pendant l'hiver, où la température, oscillant entre 17 °C et 22 °C, est adoucie par l'altitude, qui dépasse 1 000 mètres. Les précipitations sont abondantes (plus de 1 200 mm), tombant surtout d'octobre à mars.

                                                                                                         Brasov

Ville de Roumanie, chef-lieu de département dans le sud-est du bassin transylvain.

  • Population : 227 961 hab. (recensement de 2011)

Nombreux monuments médiévaux. Musées. Centre industriel (constructions mécaniques, constructions aéronautiques, produits alimentaires, chimie). Université.

                                                                                        Brassaï Gyula Halasz

 Photographe français d'origine hongroise (Brassó, aujourd'hui Braşov, 1899-Nice 1984).

Fasciné par le monde interlope du Paris des années 1930, il privilégie dans Paris de nuit (1933) un climat fantomatique d'ombre et de lumière. Il a publié Graffiti (1960), Henry Miller grandeur nature (1976).

                                                                                             Brassens Georges

Né à Sète (France) le 22/10/1921 ; Mort à Saint-Gély-du-Fesc (France) le 29/10/1981

A travers ses recueils de poèmes, ses romans et ses chansons, Georges Brassens s’est imposé comme le "maître des mots", un auteur exigeant et perfectionniste qui conte à ses publics des bribes de sa vie et livre un regard incisif sur le monde environnant. Aujourd’hui, il reste l’un des auteurs les plus prolixes de la chanson française. Preuve de ce succès, "La chanson pour l’auvergnat", "Les amoureux des bancs publics" ou "Les copains d’abord" sont autant de chansons qui inspirent la scène française d’aujourd’hui.

Georges Brassens naît le 22 janvier 1921 à Sète. Son père Jules est un maçon des environs. Il lui transmet sa liberté de pensée et la croyance en ses propres idées. Sa mère, Elvira, d’origine napolitaine, est au contraire une fervente catholique. Elle lui apprend la rigueur du dogme religieux. Les tempéraments pourtant opposés de ses parents n’empêchent pas Georges de passer une enfance paisible. Passionnée de musique, sa famille l’élève au son des standards de la chanson française et du jazz. Cette éducation forme sa culture musicale. C’est également pendant sa jeunesse qu’il s’essaie à son premier instrument de musique, la mandoline, bien avant de gratter sa première guitare.

En revanche, les études ne passionnent guère le jeune homme. Il se montre indiscipliné et peu enclin à travailler. Un homme réussit pourtant à l’intéresser à sa matière. Il s’agit de son professeur de français, Alphonse Bonnafé. Celui-ci lui fait découvrir les vertus des vers et de la rime. A la lecture des premiers brouillons de l’adolescent, il les juge sévèrement mais l’encourage à persévérer. A l’âge de 18 ans, Georges Brassens interrompt brutalement ses études après avoir été impliqué dans de petits cambriolages. Plus tard, il racontera cet épisode et ses conséquences dans les titres "Les quatre bacheliers" et "La mauvaise réputation". Ses parents, soucieux du bien être de leur fils, l’encouragent à se rendre à Paris où réside une de ses tantes. Georges ne le sait pas encore mais cet exil sera salvateur.

En février 1940, il arrive à Paris chez sa tante Antoinette, rue d’Alésia. Autodidacte, le jeune homme apprend le piano et compose ses premiers airs. Parallèlement, il travaille comme ouvrier à l’usine Renault. Mais la guerre arrive déjà et Paris est bombardée. Il retourne quelques temps vivre chez ses parents mais, s’ennuyant très vite, revient à Paris quand le danger s’amoindrit. Cette nouvelle vie lui donne le loisir de se consacrer à l’écriture et d’affiner son style. Il fréquente les bibliothèques et étudie les grands auteurs. Il écrit ainsi ses deux premiers recueils de poèmes, A la venvole et Des coups d'épée dans l'eau, qui sont publiés en 1942.

En mars 1943, le poète est réquisitionné dans le cadre du Service de Travail Obligatoire. Il se rend dans la banlieue de Berlin, à Basdorf, en Allemagne. Malgré la situation, il continue à écrire des textes et à les jouent devant son premier public, constitué de prisonniers de guerre. C’est dans ce cadre qu’il fait la rencontre de Pierre Ontoniente qu’il appelle Gibraltar. Fidèle en amitié, Georges Brassens le considèrera toute sa vie comme son homme de confiance et l’engagera en 1956 comme secrétaire.

Après un an passé en Allemagne, il obtient enfin une permission et revient à Paris. Il se réfugie dans la pension de famille de Jeanne Planche, la voisine de sa tante et s’y cache jusqu’à la fin de la guerre. Elle est sa première admiratrice. Georges Brassens se sentira tellement bien chez elle et son mari qu’il y restera pendant 22 ans. Jeanne tient une place importante dans la vie de Georges Brassens, qui lui consacrera deux chansons "La cane de Jeanne" et "Chez Jeanne".   

A son retour à Paris, commence une période de galères et de pauvreté pour le jeune auteur. C’est à cette époque, en 1945, qu’il acquiert sa première guitare sur laquelle il fait ses premiers accords et compose ses premiers morceaux. Parallèlement, il continue à manier la plume en collaborant au journal anarchiste « Le libertaire » pour gagner un peu d’argent. En 1947, Georges Brassens a 26 ans. Il fait la rencontre d’une jeune estonienne, Joha Heiman et tombe amoureux. Il la considère non pas comme "sa femme" mais comme "sa déesse". Ils ne partageront jamais le même toit mais resteront ensemble jusqu’au bout. Celle-ci restera la seule femme dans la vie du chanteur.

Durant ces années, Georges Brassens continue activement à écrire. Il ne s’imagine pas alors chanteur mais se considère plutôt comme un parolier. Cependant, il peine à trouver des interprètes pour ses compositions. Il fait ses débuts sur scène dans quelques cabarets parisiens mais c’est sa rencontre avec la célèbre chanteuse Patachou, en mars 1952, qui va véritablement le lancer. Elle accepte de lui prendre quelques chansons dont "Les bancs publics", à condition qu’il monte sur la scène de son cabaret. Elle est, en effet, persuadée que l’auteur personnifie ses textes en les chantant et que lui seul peut les interpréter.  Le chanteur est maladroit et peine à surmonter son trac et sa timidité. C’est pourtant sur scène qu’il fera ses premières armes et c’est bien cette authenticité qui fera à jamais son originalité.

A ce moment, Jacques Cannetti, célèbre dénicheur de talents et patron des "Trois baudets" le repère et l’engage dans son cabaret. Très vite, il le signe sur le label Polydor. Dès l’été 1952, il part en tournée avec les Frères Jacques et Patachou. Puis, il enchaîne les spectacles dans les cabarets comme "Les trois baudets". En 1953, il passe en tête d’affiche à Bobino. A partir de ce moment, la carrière de Georges Brassens est lancée. Le parler franc de ses textes fait son succès, et sa popularité ne se sera jamais démentie même pendant la période Yéyé qui véhicule pourtant un mode de vie plus insouciant. En 1954, il est près de deux mois sur la scène de l’Olympia. Il publie la même année son second roman La tour des miracles. S’ensuit un mode de vie itinérant où les tournées en France et dans les pays francophones s’enchaînent, à mesure que les albums sortent.

Cependant, le chansonnier ne profite pas pleinement de sa vie artistique. D’importants problèmes de santé le vieillissent et l’affaiblissent énormément. Depuis son retour de la guerre, Georges Brassens souffre en effet de calculs rénaux. En 1963, il subit une première opération chirurgicale des reins. Le 12 mai 1967, il est à nouveau opéré. Il livre plus tard à son public son combat contre la maladie dans la chanson "L’épave". A la fin des années 70, Georges Brassens est considéré comme une référence de la chanson française. Le 6 janvier 1969, il accorde un entretien au magazine Rock & Folk aux côtés de ses amis Jacques Brel et Léo Ferré. La photographie illustrant cet entretien fera date dans l’histoire de la musique française.

En 1973, Georges Brassens part une dernière fois en tournée en France et en Belgique. Il publie son dernier album, composé de versions instrumentales de ses plus grands succès, en 1976. Puis, il fait ses adieux définitifs à la scène, le 20 mars 1977, à Bambino. Avant de mourir, Brassens participe à deux projets. En 1979, Il interprète "La chanson du hérisson" avec Henri Salvador, pour le conte musical Emilie Jolie de Philippe Chatel. L'année suivante, il enregistre l’album Georges Brassens chante les chansons de sa jeunesse au profit de l’association Perce Neige de Lino Ventura. Ce dernier opus est constitué de ses propres morceaux et de reprises de chansons françaises d’interprètes célèbres. En novembre 1980, Georges Brassens se sait atteint d’un cancer. Il subit sa troisième et dernière opération. Il décède à Saint-Gély-du-Fesc le 29 octobre 1981.      

Georges Brassens est un artiste unique. Aujourd’hui, sa discographie est constituée de 196 chansons, gravées sur douze albums. Son œuvre est baignée de références sociales. Il brise les conventions en chantant sur les exclus de la société ou en prenant position sur des thèmes qui font polémiques ou qui sont des tabous. "Le gorille", chanson dans laquelle il s’insurge contre la peine de mort, sera interdit d’antenne pendant de nombreuses années.

Georges Brassens est également reconnu pour sa maîtrise de la langue française et son habilité avec les mots. Il sera récompensé à plusieurs reprises. Parmi les prix qu’il reçoit, les plus importants sont le prix de l’académie Charles Cros pour son premier album Le parapluie (1954), le Prix de Poésie de l’Académie Française (1967) et le Grand Prix du Disque (1975). Mais la plus belle récompense vient du monde des artistes qui plus de 20 ans après sa mort l’honorent encore et le considèrent comme un modèle. A travers deux disques hommage, Les oiseaux de passage parue en 2001 pour les 20 ans de la mort du chanteur et Putain de toi (2006), La jeune génération de la scène française témoigne de l'important apport à la musique de l'auteur, chanteur et compositeur, Georges Brassens.

                                                                                          Brasseur Claude

Né le 15 juin 1936, Claude Brasseur est le fils de Pierre Brasseur et de Colette Joyeux, tous deux acteurs. Après avoir fait ses premières armes au théâtre, Claude Brasseur apparaît en 1956 dans "Rencontre à Paris" et "Le Pays d'où je viens". Revenu de l'armée en 1959, il tourne avec Jean Gabin dans "Rue des prairies" et donne la réplique à son père dans "Les Yeux sans visage" (1960). Dans les années 1960, il collabore avec les cinéastes les plus en vogue tels que Godard, Costa-Gavras et Truffaut et devient célèbre grâce au téléfilm "Le Mystère de la chambre jaune". Dans les années 1970, il s'illustre encore à la télévision avec "Les Nouvelles aventures de Vidocq" (1971) et explore différents genres au cinéma : on le voit ainsi dans des policiers comme "Les Seins de glace" en 1974, "L'Agression" en 1975 ou "La Guerre des polices" en 1979 qui lui vaut un César, et dans des comédies à succès "Un éléphant, ça trompe énormément" (1976) et "Nous irons tous au paradis" (1977). En 1980, il interprète le rôle du père de Sophie Marceau dans le film culte "La Boum". Il enchaîne les rôles très variés avec les films "Guy de Maupassant" (1982), "La Crime" (1982) ou encore "L'Orchestre rouge" (1989). A partir de 1990, l'acteur se fait plus rare et s'illustre dans des seconds rôles ("Le Bal des casse-pieds" en 1992, "Un, deux, trois, soleil" en 1993) tout comme dans les années 2000. On le remarque dans "Les Acteurs" (2000), "Fauteuils d'orchestre" (2006) et "Camping" (2006).

                                                                                             Brasseur Pierre

Pierre Albert Espinasse alias Pierre Brasseur est un acteur français qui s'est également essayé à la réalisation. Il s'inspire du nom de jeune fille de sa mère pour trouver son pseudonyme. De plus, il est issu d'une longue lignée de comédiens, et est lui-même le père de Claude Brasseur (célèbre comédien). Même si la comédie est en quelque sorte innée chez lui, il prend des cours d'art dramatique au conservatoire Maubel.
Il débute sa carrière au théâtre et au cinéma dans "La fille de l'eau" la même année (1924). Déjà connu dans le monde du théâtre, c'est par son rôle dans "Le quai des brumes" de Marcel Carné qu'il se fait connaître du grand public en 1938. Sa notoriété est renforcée par son interprétation dans la duologie "Les enfants du paradis" (première et seconde époque) en 1945. Il joue aux côtés de Jean Gabin dans "Grandes familles" en 1958.
Mais ce qu'il préfère par-dessus tout, c'est de monter sur les planches. Ainsi, il excelle dans "Le sexe faible" (1929), "Kean" (1953), ou encore "Tchao" (1969). Il écrit aussi ses propres pièces, la première étant "L'Ancre noire" en 1926, et réalise même la mise en scène de quelques-unes.
Il meurt d'une crise cardiaque sur le tournage de "La plus belle soirée de ma vie" le 14 août 1972.

                                                                                                    Bratislava

Capitale de la Slovaquie, sur le Danube.

  • Population : 411 228 hab. (recensement de 2011)

Port fluvial. Centre commercial, culturel (université) et industriel (agroalimentaire, métallurgie de transformation, construction automobile, chimie). Cathédrale gothique des xive-xve s. Château reconstruit aux xviie et xviiie s. Églises et palais anciens. Musées.

Presbourg obtint le statut de ville royale libre en 1291. Elle devint au xvie s. la capitale politique de la Hongrie et le siège de la Diète jusqu'en 1848. Bratislava fut attribuée à la Tchécoslovaquie en 1918. En 1993, elle est devenue la capitale de la Slovaquie indépendante.

                                                                                                  Braudel Fernand

Né à Luméville-en-Ornois (France) le 24/08/1902 ; Mort à Cluses (France) le 27/11/1985

Agrégé d'histoire, Fernand Braudel enseigne dès 1923 en Algérie, puis au Brésil. Après la Seconde Guerre mondiale, il intègre le magazine historique Annales, Économies, Sociétés, Civilisations et enseigne à partir de 1949 au collège de France. Dans ses travaux et ses cours, Braudel développe une approche novatrice de l'histoire en prônant son rapprochement avec les autres sciences humaines (sociologie, géographie, économie...). Il s'attache également, notamment dans Ecrits sur l'histoire en 1969, à définir différents "temps" historiques : le temps long, le moyen et le court. Son idée est que chaque évènement s'inscrit dans l'histoire selon une combinaison entre ces trois temps. Braudel est reconnu internationalement comme l'un des plus grands historiens de son temps.

                                                                                                     Braun Eva

Née à Munich (Allemagne) le 06/02/1912 ; Morte à Berlin (Allemagne) le 30/04/1945

Eva Braun est la maîtresse et l'épouse d'Adolf Hitler. Née dans une famille de la classe moyenne bavaroise, elle a deux soeurs, Ilse et Gretl. Son éducation est très traditionnelle, en raison de la grande religiosité de ses parents. La jeune fille fréquente un lycée catholique puis un couvent, et se distingue en athlétisme. A l'âge de 17 ans, Eva Braun devient collaboratrice du photographe attitré du IIIe Reich, Heinrich Hoffmann.

C'est dans l'atelier du photographe à Munich qu'Eva Braun rencontre Adolf Hitler, en octobre 1929. Le leader d'extrême droite est un célibataire endurci, et plus de vingt ans le séparent de la jeune photographe munichoise. Trois ans après leur première rencontre, Eva Braun et Hitler deviennent amants. C'est la seule relation amoureuse de longue durée que l'on connaît au dictateur. Eva Braun s'installe dans la résidence d'Hitler à Berlin et continue à travailler comme photographe, effectuant des portraits des dignitaires nazis et de leur entourage.

La liaison entre Eva Braun et Hitler n'est pas médiatisée, et aucune apparition officielle du couple n'est organisée. Selon les historiens, Eva Braun n'exerce pas d'influence politique sur son amant, et ses centres d'intérêt tournent autour du cinéma, de la mode, des produits de beauté et du sport. Elle n'a jamais adhéré au parti SS. Son attachement à Hitler est sincère et par deux fois Eva Braun essaie d'attenter à ses jours, car elle se sent délaissée par lui.

Eva Braun et Hitler se marient le 29 avril 1945, alors que l'armée allemande est en déroute et que la fin est proche. Le lendemain, la jeune femme avale une capsule de cyanure et Hitler se tire une balle dans la tempe. Les deux corps sont retrouvés par le majordome dans le salon de leur résidence à Berlin.

                                                                                         Brazza Pierre Savorgnan de

 Explorateur et administrateur français (Rome 1852-Dakar 1905).

Il entre à l'École navale, à titre étranger, en 1868, et est naturalisé français en 1874. Son projet d'exploration de l'Ogooué est soutenu par l'amiral de Montaignac, ministre de la Marine et des Colonies, qui avait déjà facilité ses débuts dans la marine. De 1875 à 1878, accompagné du Dr Ballay et du naturaliste Marche, il remonte, à partir de Lambaréné, la vallée de l'Ogooué, puis pénètre à pied en pays téké jusqu'à l'Alima, découvrant ainsi une voie commerciale vers le Congo. À l'occasion de la deuxième mission (1879-1882) pour créer des stations de l'Association internationale africaine (A.I.A.) entre l'Ogooué et l'Alima, il devance Stanley sur le Pool (fondation de Franceville en juin 1880, traité avec le Makoko [chef des Tékés] le 10 septembre 1880 cédant le pays téké à la France). À la troisième mission (1883-1885), bien plus fournie en personnel (Chavannes, Dolisie, Fourneau, etc.), Brazza, nommé commissaire de la République, fonde une série de postes de l'Ogooué au Congo, remet au Makoko les traités ratifiés, et met sur pied l'établissement français du Congo, notamment par la création de Brazzaville, la mainmise sur Loango et Pointe-Noire grâce à la mission Cordier et l'ouverture de la voie du Kouilou-Niari contre les prétentions de l'Association internationale du Congo. En 1886, Brazza est nommé commissaire général du gouvernement dans le Congo français, auquel est rattaché le Gabon, et organise progressivement la colonie. Il poursuit l'exploration du bassin de la Sangha jusqu'à la Bénoué (Cameroun) et dirige l'ensemble de la progression en Afrique équatoriale. Mis en disponibilité en 1898, il est renvoyé au Congo en 1905 à la tête d'une mission d'enquête, à la suite de scandales locaux qui alimentèrent une violente campagne de presse. Il meurt à Dakar au cours du voyage de retour.

                                                                                                Brazzaville

Capitale du Congo, sur la rive nord du Malebo Pool.

  • Population : 1 610 760 hab. (estimation pour 2011)

La ville s'est développée sur la rive nord de l'ancien Stanley Pool, en amont des rapides. Elle comprend des quartiers de type colonial où se concentrent les fonctions urbaines modernes (administration, commerce, industrie) ; tout autour s'étendent d'immenses « villages » au plan en grille, où dominent les petites maisons en bois, argile ou parpaing, couvertes en tôle, dans bien des cas dépourvues d'eau et d'électricité : au S.-O., Bacongo et ses prolongements ; au N., Poto-Poto, Ouenzé. L'urbanisation englobe désormais l'aéroport de Maya-Maya et franchit le Djoué. Capitale politique, universitaire, religieuse (archevêché), Brazzaville est aussi un centre industriel (textile, alimentation, chimie, petite mécanique et industrie du bois) et un nœud de communications (voies ferrée et fluviale, lignes aériennes) ; la centrale hydraulique du Djoué fournit l'électricité. Un chemin de fer (Congo-Océan) relie la ville à l'Atlantique.

                                                                                            Brecht Bertolt

Poète et auteur dramatique allemand (Augsbourg 1898-Berlin-Est 1956).

À cette question que posait Friedrich Dürrenmatt au cinquième colloque de Darmstadt sur le théâtre, Brecht entreprit de répondre dans une courte lettre parue dans l'hebdomadaire Sonntag le 8 mai 1955 : « La question de savoir si le monde peut être rendu par le théâtre est une question sociale. » Brecht affirmait ainsi que la forme dramatique est liée à la vie de l'homme en société, et que toute réflexion sur l'esthétique théâtrale passe par la considération critique des phénomènes politiques, économiques et sociaux qui préoccupent les hommes contemporains. Pour éclairer cette affirmation, Brecht comptait moins sur les quelques lignes de son article que sur la succession d'expériences que forme l'ensemble de son œuvre. « Dans la pratique, on fait un pas après l'autre ; la théorie, elle, doit couvrir la distance. » Cette distance, il la parcourait depuis trente-cinq ans.

Lorsque Brecht commence à se passionner pour le théâtre, l'Allemagne garde encore sa confiance au grand état-major et à l'expressionnisme. Tandis qu'Hindenburg bloque en Artois les offensives françaises et obtient l'écroulement du front russe, Brecht, jeune étudiant à Munich, participe au séminaire d'Artur Kutscher, ami de Frank Wedekind. L'adolescent a accueilli la guerre et le pathétique outré de l'auteur de l'Esprit de la Terre comme des moyens de libération, une occasion de rejeter le monde de son père :
J'étais le fils de gens qui ont du bien
Mes parents m'ont mis un col autour du cou
Et m'ont donné l'habitude d'être servi
Et m'ont enseigné l'art de commander.

Il a connu une enfance monotone : une maison vieillotte ; son père, préoccupé par la direction de sa fabrique de papier ; sa mère plongée dans le dernier roman d'Auerbach.

Brecht se reconnaît mal dans cette ascendance. Son héritage à lui, c'est sa ville, Augsbourg. Augsbourg, l'ancienne ville libre, des églises gothiques et des « maîtres chanteurs », des Holbein et de Peutinger ; mais aussi la ville des tanneurs, des tisserands, des brasseurs.

Dès qu'il le peut, le jeune Brecht s'échappe pour courir au bord du Lech, le long des petits canaux qui bordent les tanneries, au milieu des baraques de la Foire d'automne. Là, il est fasciné par les panoramas et la brutalité de leurs tableaux : Néron contemplant l'incendie de Rome, les Lions bavarois à l'assaut des fortifications de Düppel, Fuite de Charles le Téméraire après la bataille de Morat. « Je me souviens, écrira-t-il en 1954, du cheval de Charles le Téméraire. Comme s'il sentait l'horreur de la situation historique, il avait d'énormes yeux remplis d'effroi. »

Comme sa grand-mère, la « vieille dame indigne » qui meurt en 1914, l'année même où paraissent ses premiers poèmes, Brecht fréquente les rues malfamées, les échoppes de cordonniers, les colporteurs.

De ce contact, il gardera la pratique savoureuse des objets, le pouvoir de libérer l'énergie poétique d'une étoffe, d'un verre de lait, d'une cuiller d'étain. Mais en ce début de 1918, sur les bancs des amphithéâtres qui se vident, Brecht pressent la catastrophe. En mars, il organise, dans un cabaret de Munich, un hommage à Wedekind, qui vient de mourir, à celui qui a écrit que la vie « est comme le faîte étroit d'un toit en pente ; on ne peut s'y tenir en équilibre ; il faut basculer d'un côté ou de l'autre ». Brecht, lui, bascule dans l'horreur. À l'hôpital d'Augsbourg, où il est mobilisé comme infirmier, il découvre le spectacle des blessés à l'agonie ou qui sombrent dans la folie. Dans cet univers de sang, il compose une « danse macabre », la Légende du soldat mort. Le 30 octobre, les marins de Kiel se mutinent. L'insurrection s'étend rapidement dans la Ruhr, en Saxe, en Bavière : les soldats arrêtent leurs officiers, arborent le drapeau rouge. Le poing tendu, le fusil sur l'épaule, Brecht défile dans les rues d'Augsbourg. Il fait partie d'un conseil de soldats et d'ouvriers. Mais, le 11 décembre 1918, le président Ebert salue les troupes de la garnison de Berlin : « […] vous qui rentrez invaincus des champs de bataille ». Le général von Lüttwitz écrase les Spartakistes. Le 15 janvier 1919, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg sont assassinés. Le monde apparaît à Brecht en pleine décomposition.

Le premier mouvement de Brecht est de se replier sur lui-même. Il se tient à l'écart de luttes qui lui apparaissent absurdes et d'antagonistes qui n'ont qu'une consistance de pantins. Puis, au milieu du bouillonnement politique et littéraire, à Munich et à Berlin, il commence à démêler certaines lois du fonctionnement de la société ; bientôt, il éprouvera le besoin de faire connaître ses découvertes. Aux trois moments de cette évolution correspondent trois formes d'écriture : d'abord cri de colère et de dégoût, puis notes et croquis pour rendre plus claire une situation, enfin moyen d'enseignement et d'éducation.

Brecht commence par tout refuser, le monde, la société et sa traduction esthétique, lui-même. Sa méditation hargneuse s'exprime dans la violence des Sermons domestiques, « exercices poétiques et démystification de la poésie ». Brecht s'attaque à la dernière incarnation du romantisme, la déclamation expressionniste, cette « volonté dramatique sans drame ». Et dans sa rage, brûlant ce qu'il a failli adorer, il pousse jusqu'à l'absurde un langage exacerbé. Dès ses premières œuvres, il a en main une de ses meilleures armes, la parodie. Parodie des recueils de cantiques protestants, ces Sermons domestiques, que Karl Thieme appelle le « bréviaire du diable » ; parodie du théâtre expressionniste, Baal, sa première pièce, qui reprend d'ailleurs le Solitaire de Hanns Johst, l'orgue de Barbarie remplaçant les accords de Beethoven. « La production dramatique de cette époque, écrit Brecht en 1954 (En révisant mes premières pièces), avec ses appels grandiloquents à l'Homme et ses solutions fallacieuses et irréalistes, rebutait l'étudiant en sciences que j'étais. » En réalité, Brecht est à cette époque plus révolté qu'homme de science, et Baal n'est souvent qu'une glorification de l'égoïsme. Il condamne l'expressionnisme, en lequel il voit une esthétique de névrosés, mais il n'a pas subi le traumatisme de la génération qui avait trente ans en 1914. Et s'il ne conçoit pas d'attitude positive au-delà du sarcasme, c'est par ignorance de la signification réelle du mouvement prolétarien. Tambours dans la nuit, écrit trop près de l'événement, témoigne surtout de sa désillusion devant l'échec des révolutionnaires. Kragler, soldat révolté, abandonne ses camarades et va passer la nuit avec sa fiancée : « Je suis un porc, avoue-t-il, et le porc rentre chez lui. » Mais déjà l'admiration pour Rimbaud, si manifeste dans Baal, cède à l'influence de Büchner : derrière les destins individuels des personnages on entrevoit le déroulement de l'Histoire, le drame d'un peuple. Un ton nouveau, une nouvelle mélodie, c'est ce qui retient Herbert Ihering, qui fait obtenir à Brecht le prix Kleist. Brecht sait désormais que le théâtre sert à quelque chose, qu'il peut être une arme. Mais pour quel combat ?

Brecht est frappé par l'adéquation, dans le domaine du sport, entre l'offre et la demande : « Dans les salles de sport, au moment où les gens prennent leurs places, ils savent exactement ce qui va se passer ; et lorsqu'ils sont assis, c'est exactement le spectacle attendu qui se déroule sous leurs yeux : des hommes entraînés déploient des forces qui leur sont propres et de la manière qui leur est la plus agréable… » Rien de tel au théâtre, pas de plaisir, pas de « bon sport ». L'époque est sensible aux différents styles du théâtre ancien parce qu'elle n'a pas trouvé de forme d'art en qui elle se reconnaisse. Notre manière de nous divertir est singulièrement anachronique. Brecht, qui admire l'élégance du boxeur Samson-Körner (il « boxe objectivement »), tente une expérience : adapter le charme plastique et le rythme d'un combat de boxe à la lutte qui oppose l'homme à l'homme. Un petit employé, George Garga, et Shlink, un Maltais négociant en bois, se livrent en dix rounds un « combat en soi », pour le seul plaisir de l'affrontement (Dans la jungle des villes). Thème d'une grande simplicité, qui contraste avec la variété des sources d'inspiration et des problèmes formels qui s'imposent à Brecht : les Brigands de Schiller, les éclairages de Jessner pour Othello, un roman de J. V. Jensen sur Chicago, la lecture d'Une saison en enfer ; et puis une double saveur qui, trente ans après, garde toute sa fraîcheur dans le souvenir de Brecht : celle de la banlieue d'Augsbourg, des allées de marronniers jaunissants, des cygnes au pied des remparts nageant sur l'eau dormante ; celle surtout d'une expérience du langage, où les mots se combinent comme se mélangent des boissons fortes. « J'écrivais des scènes entières avec des mots sensibles et concrets, des mots d'une certaine matière et d'une certaine couleur. Noyau de cerise, revolver, poche de pantalon, dieu de papier […]. » Cependant, si Brecht arrive à exorciser la forme traditionnelle de la tragédie, il ne parvient pas à donner à cette lutte une signification véritable. L'isolement des hommes est si grand qu'aucun combat réel ne peut s'engager. Les spectateurs, à qui il demande de réserver tout leur intérêt pour le round final, assistent à « une simple séance de shadow ». Et pourtant Brecht est tout près de sa découverte capitale. En acceptant d'adapter et de mettre en scène l'Édouard II de Marlowe, il va éprouver la nécessité d'une interprétation de l'Histoire. Le combat spirituel n'existe pas. L'homme et le monde se transforment l'un par l'autre. Le drame fondamental se joue au niveau non de la destinée individuelle, mais de la situation historique.

L'homme est pris dans un réseau non de fatalités naturelles, mais de rapports sociaux. Il est vulnérable, parce que transformable à volonté. Créateur et produit, il vit ou meurt de ses contradictions. Agissez sur un rouage, tirez une ficelle et vous obtenez un autre homme.

« […] On peut faire tout ce qu'on veut d'un homme.
Le démonter, le remonter comme une mécanique
Sans qu'il y perde rien, c'est magnifique ! »
s'extasie la veuve Begbick d'Homme pour homme : le mitrailleur Jeraiah Jip perd une touffe de cheveux et devient un dieu tibétain ; le débardeur Galy Gay sort pour acheter un poisson et se retrouve à la tête de l'armée britannique donnant l'assaut à la forteresse de Sir el Dchowr. Déshabillage, rhabillage. Démontage, remontage. Prenez garde à l'habit que vous endossez : il fait l'homme ! Un homme vaut un homme, pense Galy Gay. Imposteur et opportuniste, habile à supporter toutes choses, le pauvre commissionnaire accepte sa propre mort, en qui il voit une « affaire ». Brecht vient de prendre conscience de l'aliénation et d'effectuer sa révolution copernicienne : « L'homme n'est rien du tout. La science moderne a prouvé que tout est relatif. […] L'homme est bien au centre, mais relativement. »

La société moderne proclame avec la même vigueur la malléabilité du monde et l'immuabilité de la nature humaine. Brecht voit dans cette incohérence la source des difficultés et des injustices du système social et économique contemporain, ainsi que la matière même du nouveau théâtre de l'ère scientifique. Prenant appui sur le monde réel (un événement actuel ou un fait passé qui éveille une résonance dans la conscience de l'homme d'aujourd'hui), le théâtre peut donner une image de la vie sociale qui permette de la transformer. La représentation dramatique est ainsi conçue comme un modèle opératoire du monde. Brecht rompt avec la conception aristotélicienne de la tragédie (la catharsis, la purification par la terreur et la pitié) et avec le but que Hegel assigne au drame (« […] le conflit, le principal, celui autour duquel tourne l'œuvre, doit trouver dans la conclusion de celle-ci son apaisement définitif »). Le théâtre traditionnel donne une image erronée de la vie. Il divertit, c'est-à-dire qu'il détourne le spectateur de la réalité humaine de son temps : les grands conflits sociaux. Il n'est plus guère qu'« une branche du trafic bourgeois de la drogue ». Le public est convié soit à s'identifier aux héros classiques et romantiques, à « profiter en parasite des purgations de Sophocle, des immolations de Racine… », soit à accepter la description « objective » d'un phénomène psychologique ou historique. Dans les deux cas, le public joue un rôle passif. La salle est tout entière dominée par la scène. Brecht, au contraire, veut inviter le spectateur à voir dans le conflit représenté non un événement symbolique, mais une réalité vivante, à laquelle il doit participer par une attitude critique, cette attitude qu'il a spontanément devant la nature, considérant un fleuve pour en régulariser le cours, un arbre pour le greffer.

Si les principes de la nouvelle dramaturgie ont été, pour Brecht, assez rapidement fixés, ses techniques dramatiques ont connu, en revanche, une remarquable évolution. Et plus qu'en découvertes de procédés scéniques ou littéraires, celle-ci consiste en de nouvelles dispositions d'éléments épars, mais présents dès ses premières pièces.

Le premier réflexe de Brecht est d'user de son arme favorite, la parodie. Voulant faire le procès du théâtre « culinaire », il choisit sa forme extrême et compose un opéra. L'adaptation de l'Opéra du gueux de John Gay fournit à Brecht le prétexte d'un exposé critique de ce que le spectateur désire voir de la vie sur un théâtre. Or, le public bourgeois fit un triomphe à l'Opéra de quat'sous : début d'une série de malentendus qui se poursuivra tout au long de la carrière de Brecht. Ou il est refusé comme un nihiliste, condamné comme un auteur à scandale, ou il est applaudi comme un poète (ainsi Pabst, dans son film pour la société Nero, transforme en élégie la satire sociale). « Je suis, écrira Brecht à un comédien, dans l'état d'esprit d'un mathématicien à qui l'on assurerait : je suis d'accord avec vous, deux et deux font cinq. » Il est vrai que son personnage même étonne et irrite : tantôt précieux et négligent, un cigare à la bouche, tantôt jouant au rustre provincial, exagérant son accent souabe. L'Opéra de quat'sous est la première entreprise délibérée de « littérarisation » du théâtre ; mais le mélange d'éléments formels (structure classique de l'opéra, scènes, airs et récitatifs) et d'éléments formulés (l'introduction dans le déroulement de la pièce de panneaux sur lesquels les titres des scènes sont projetés ; la rigoureuse séparation des trois plans : diction naturelle, déclamation, chant) s'y effectue avec trop d'élégance. Brecht reconnaît son erreur et, sans abandonner son projet initial (« Même si l'on se proposait de mettre en discussion le principe de l'opéra, il faudrait faire un opéra »), entreprend de se corriger : avec Mahagonny, qui provoque un approfondissement de sa réflexion esthétique et un essai de définition du théâtre « épique », il choisit la violence, la caricature. Le tumulte qui accueille la première à Leipzig lui apprend qu'on ne peut respecter ses règles et transformer le théâtre bourgeois.

Brecht avait pensé exercer une action sur le public. Il se rend compte que tout son effort doit porter sur la structure même du théâtre. Mais, comme il l'affirmait dans le supplément littéraire de la Frankfurter Zeitung du 27 novembre 1927, « la transformation totale du théâtre ne doit pas être l'œuvre d'un caprice d'artiste, mais simplement correspondre à la totale transformation spirituelle que connaît notre époque ». Tirant la leçon de son échec, Brecht rejette les quatre éléments fondamentaux du théâtre traditionnel : la structure de la pièce, les acteurs, le public, le circuit habituel de distribution des salles de spectacle. Son théâtre, qui s'adresse à la raison, Brecht va l'expérimenter dans les écoles, les unions de jeunes, les associations ouvrières, grâce à des comédiens non professionnels. Usant principalement des possibilités des chorales ouvrières, il crée une forme théâtrale et musicale qui permet, par l'emploi des chœurs, la participation active du public à l'action : c'est le Lehrstück, la « pièce didactique ». Brecht s'inspire des pièces édifiantes jouées dans les collèges de jésuites de la Contre-Réforme, du théâtre classique espagnol et du nō japonais. Mais il joint à l'usage de formes éprouvées la pratique de techniques nouvelles : recherches musicales (il obtient la collaboration d'Hindemith pour le Vol des Lindberghs et l'Importance d'être d'accord), possibilités offertes par les moyens de diffusion tels que le cinéma et la radio.

Pour traduire et comprendre la société moderne, acteurs et chanteurs se servent des meilleurs outils qu'elle peut leur fournir. Ainsi s'instruisent-ils en enseignant. Mais qu'enseignent-ils ? « L'avenir du théâtre est dans la philosophie », écrit Brecht en 1929. Or, sa philosophie se constitue lentement. Il lui faut une douzaine d'années pour passer du nihilisme au communisme. Et cette évolution s'accomplit moins à travers une réflexion politique qu'au moyen d'une ascèse morale. Plus que prédication d'une vérité acquise, les « pièces didactiques » (le Vol des Lindberghs, Celui qui dit oui, celui qui dit non, la Décision, l'Exception et la règle) sont le lieu de cette transformation intellectuelle. La plus grande capacité de transformation de la nature implique la réduction de l'homme à sa « plus petite grandeur », le renoncement de l'individu à soi-même dans l'intérêt de la collectivité. Cette ascèse se veut apprentissage du monde et non oblation mystique. Mais sa signification est ambiguë. Un critique marxiste reproche à Brecht de « nier systématiquement l'individu, la personne », tandis que le catholique Karl Thieme écrit à propos de Celui qui dit oui : « Depuis des siècles, nous n'avions entendu la vérité chrétienne de façon aussi claire, aussi simple, aussi directe que dans cette pièce bouleversante… » Brecht a voulu donner une leçon de réalité, mais il a ramené la conscience de l'action, de la stratégie politique, à une attitude purement éthique. L'apport positif, définitif, des Lehrstücke, réside dans le refus du « héros ». Cet anéantissement personnel n'a cependant de sens que s'il prépare à une action concrète. Mais au moment où la forme de la « pièce didactique » n'est justement plus pour Brecht qu'une forme, deux pièces prolongent l'expérience de l'être humain qui abandonne la vie privée pour l'action politique générale. Elles tracent chacune un itinéraire exemplaire : l'un dans l'accession à la conscience révolutionnaire (la Mère), l'autre dans le confinement à l'attitude morale : rhabillée en soldat de l'Armée du salut, Jeanne Dark, qui a reculé devant l'épreuve de la grève, meurt en Sainte Jeanne des Abattoirs.

Brecht est désormais en possession de l'essentiel de son esthétique : il sait qu'il n'a plus à rendre intelligible un conflit ou un procès, mais à présenter dans son déroulement, c'est-à-dire dans ses contradictions, un comportement humain qui est par lui-même intelligible. Et les deux figures du diptyque, sainte Jeanne et la mère Pélagie Vlassova, sont à un autre titre exemplaires : dévoyées ou militantes, ce sont des femmes qui porteront le poids de la parabole brechtienne. Dans son théâtre, mis à part Galilée et la silhouette diffuse de l'aviateur, symbole de l'ère scientifique, l'histoire se fait par la femme et singulièrement par la mère. Présente dans Tambours dans la nuit, charnelle encore dans l'adaptation de Gorki, la maternité trouvera son accomplissement dans le Cercle de craie caucasien : Groucha n'est plus la mère par le sang, mais par la peine et la bonté. La véritable maternité est la maternité sociale.

Ce sont ces thèmes que Brecht va approfondir dans l'exil, avec d'autant plus d'inquiétude et d'exigence qu'il se verra rejeté plus loin de l'Allemagne. Brecht, si peu attaché aux objets, emmena pourtant avec lui un rouleau chinois illustrant la légende de Lao-Tseu. Cette peinture, Max Frisch la vit en 1948, dans la petite mansarde que Brecht occupait à Herrliberg, près de Zurich : alors qu'il a décidé de quitter ses habitudes et son pays, Lao-Tseu se montre sensible à la prière d'un pauvre douanier ; il accepte de consigner par écrit, à l'usage des humbles, la somme de ses expériences.Loué soit le sage qui a obéi au désir d'un homme simple….

Pour les gens simples, Brecht va préciser sa vérité.

Brecht s'est toujours défié de l'adhésion impulsive. Il travaille pour l'avenir. Aussi son théâtre de l'exil et de la guerre apparaît-il beaucoup moins « engagé » que celui d'autres émigrés, comme Friedrich Wolf ou Carl Zuckmayer. Il ne se presse pas de faire jouer les saynètes de Grand-peur et misère du IIIe Reich ; les pièces qu'il propose au Schauspielhaus de Zurich en 1943 et 1948 (la Bonne Âme de Se-Tchouan, Maître Puntila et son valet Matti) comptent, dans son œuvre, parmi les plus libérées de l'actualité ; à Hollywood, il travaille même à fabriquer des films.

C'est que pour dire la vérité il faut choisir son moment. Dans un pamphlet diffusé clandestinement en Allemagne en 1935 (Cinq Difficultés à écrire la vérité), Brecht ajoute aux quatre qualités nécessaires à une action efficace (le courage, l'intelligence, l'art, le discernement) la ruse. Il ne cessera de la pratiquer, devant le comité d'investigation des activités anti-américaines en 1947 comme lors des discussions avec le gouvernement de la R. D. A., qui l'oblige en 1951 à modifier le Procès de Lucullus. Usant de naïveté et d'humour pour triompher des obstacles momentanés, Brecht poursuit son œuvre d'éducation morale. Il en défend les principes dans de multiples écrits théoriques, des critiques de représentations, des lettres à des comédiens ; il en donne l'illustration avec quatre pièces qui forment le sommet de son œuvre : la Vie de Galilée, Maître Puntila et son valet Matti, la Bonne Âme de Se-Tchouan, le Cercle de craie caucasien. Pour agir sur la société, il faut porter sur elle le regard curieux et étonné que le savant porte sur le phénomène naturel. Galilée considère le balancement familier d'une lampe de la cathédrale de Pise comme un événement nouveau, étrange : il découvre les lois du mouvement pendulaire.

Le rôle du théâtre épique est d'aider le spectateur à porter sur le monde le regard critique qui l'empêchera de confondre habitude et nature, causalité et fatalité. Mais la notion de théâtre épique ne porte-t-elle pas en elle une contradiction ? Peut-on concilier les formes et les procédés du drame et de l'épopée ? Brecht n'esquive pas la difficulté. Bien loin de la dissimuler, il l'étale, il l'éclaire. L'acceptation lucide de la contradiction est une des caractéristiques essentielles de son théâtre. Lui-même a été toute sa vie déchiré entre son pacifisme intégral et sa conscience de la nécessité de la violence révolutionnaire. Le personnage brechtien est par nature écartelé : Puntila, ivre, est un homme généreux, à jeun, un propriétaire intraitable ; Mauler ne supporte pas de voir égorger un bœuf, mais use de ses employés comme du bétail sur pied ; Anna Fierling, la Mère Courage, maudit la guerre qui la fait vivre.

Cette dualité constante se traduit par de perpétuels changements d'humeur (Fairchild, Puntila) ou de vêtements (Galy Gay, Jeanne Dark, Chen-te). Mais le théâtre n'a pas à résoudre les contradictions, il doit simplement les rendre plus lisibles. L'aporie du théâtre épique disparaît au niveau technique : l'épopée se joue sur la scène, le drame dans la salle entre l'acteur qui expose et le spectateur qui observe et réfléchit. Ce spectateur apprend d'abord à ne pas se laisser intimider. Ni par la dureté ou la durée des choses, qui se révèlent transformables ; ni par le déroulement de l'histoire, qui est faite de main d'homme ; ni par le prestige des œuvres classiques (Brecht débarrasse le Coriolan ou l'Hamlet de Shakespeare, l'Antigone de Sophocle du pathos routinier pour leur restituer leur grandeur humaine ou leur signification politique) ; ni par la dimension légendaire des personnages littéraires ou historiques (les Affaires de Monsieur Jules César dénoncent l'usure morale et la soumission à l'argent du bâtisseur d'empire). Le spectateur doit rompre à la fois avec la tendance à assimiler le fait contemporain à l'événement passé (pour en tirer la conclusion de la pérennité de la nature humaine) et avec la tentation de découvrir dans les époques anciennes la préfiguration de la nôtre (ce qui entraîne la négation des structures historiques et sociales). Il faut garder à chaque époque son caractère propre, dans ce qu'il a d'éphémère. L'image de l'individu vivant, présenté dans ses actions et ses réactions, semblable aux autres et pourtant différent, ressemble à « ces esquisses qui gardent encore autour du personnage achevé les traces d'autres mouvements et d'autres traits ébauchés… ». Ainsi, ce que Brecht appelle le « gestus social », l'attitude humaine qui trouve son sens dans un contexte social, ne doit pas être saisi d'une manière abstraite et générale, mais toujours dans ses rapports avec une situation donnée.

Dès 1932, Brecht reprochait aux comédiens de vouloir obtenir à tout prix le « regard de chien traqué ». Ce « gestus » est vide, il n'a pas le caractère d'une activité, il renvoie à l'« Homme » dépouillé de toute particularité sociale. Le « regard de chien traqué » ne peut devenir une attitude sociale que « si l'on montre comment certaines machinations ravalent l'individu au niveau de l'animal ». Si l'auteur dramatique donne aux actions des mobiles sociaux variables selon l'époque, le public est contraint à un effort d'accommodation. Il doit chaque fois calculer son angle de vue. Il ne se dit plus : « moi aussi, j'agirais ainsi » ; mais tout au plus : « moi aussi, j'aurais agi ainsi dans de telles conditions ». Et si nous jouons comme des pièces historiques des pièces tirées de notre époque, il se pourrait que le spectateur découvre la singularité de ses conditions de vie. Le théâtre épique fait ainsi appel à l'attention sans défaillance du spectateur. Traité en adulte, celui-ci trouve son plaisir dans sa lucidité.

Pour provoquer l'attention du public et la maintenir en éveil, Brecht use d'une double démarche. Un mouvement d'abord rapproche du spectateur le sujet représenté en le transposant dans un milieu qui lui est connu et où sa réflexion peut s'exercer à l'aise. Ainsi, les machinations politiques et financières du nazisme deviennent les tristes exploits du gang du chou-fleur d'une grande ville américaine (Arturo Ui) ; le recours au rythme du Volksstück, de la « pièce populaire », permet de rendre plus sensible le mélange de poésie et de trivialité de Maître Puntila ; dans ses pièces « françaises » (les Visions de Simone Machard, les Jours de la Commune, Brecht s'efforce d'atteindre à la coloration et au découpage de l'image d'Épinal.

Une fois le spectateur placé dans une atmosphère familière, Brecht, par un mouvement inverse, éloigne l'action et la rend insolite. Ainsi, le comportement d'un personnage, qui semble au premier abord bien défini, doit montrer « quelque chose de « pas naturel », de sorte que ses motivations, elles aussi, ne semblent plus aller de soi et invitent à intervenir ». Brecht donne en exemple la diction des clowns, les tableaux présentés dans les vieilles foires populaires. L'inhabileté même du peintre qui a représenté la fuite du Téméraire à Morat fait saisir l'inattendu de la situation : « La stupéfaction a guidé son pinceau. » Le rôle de cet effort de distancement (ou de distanciation), Brecht le rend sensible par l'étude de la scène de la rue, manifestation élémentaire de théâtre épique naturel : le témoin oculaire d'un accident en mime les circonstances devant des passants attroupés. Cette représentation quotidienne est le prototype de la scène du théâtre épique. Elle a les caractères d'une description, d'une démonstration, d'une reproduction limitée : le narrateur justifie les moyens employés par la fin poursuivie. Il ne cherche pas systématiquement à recréer l'angoisse ou l'horreur ; la « prise en charge » de certaines émotions n'est qu'un des éléments de la démonstration, une des formes de la critique. Les caractères des personnages se déduisent de leurs actions. Un théâtre qui adopte ce point de vue s'oppose au théâtre traditionnel, qui présente les actions comme découlant irrésistiblement des caractères, ainsi que d'une loi naturelle. Le narrateur ne laisse jamais oublier qu'il n'est pas le personnage représenté, mais le démonstrateur. Il n'est même pas nécessaire qu'il soit particulièrement habile. L'effet d'éloignement- et la possibilité de jugement- sera considérablement renforcé si, incapable d'exécuter un geste aussi rapidement que l'accidenté, il se contente d'ajouter : « Lui s'est déplacé trois fois plus vite. » Le public ne voit pas un amalgame du personnage et du narrateur, non plus qu'un tiers autonome et harmonieux, aux contours flous hérités de l'un et de l'autre, comme dans le théâtre de Stanislavski. « Les opinions et les sentiments du démonstrateur ne se confondent pas avec les opinions et les sentiments du personnage représenté. »

On comprend du même coup le style de jeu de l'acteur « épique ». Brecht a consacré une grande part de son activité à la formation des comédiens. L'acteur qui doit provoquer la réflexion du spectateur doit éviter de le mettre en transes. Il n'a donc pas à s'y mettre lui-même. Il doit garder sa souplesse, son naturel. Ne voulant pas que le public adopte automatiquement les sentiments de son personnage, il montrera que ses propres sentiments ne se confondent pas avec ceux du personnage qu'il représente. Il ne se laisse donc jamais aller à une complète métamorphose. Brecht note dans son Petit Organon pour le théâtre : « Une critique du genre » Il ne jouait pas le rôle de Lear, il était Lear « serait pour lui le pire des éreintements. » Les comédiens ont à leur disposition bien des moyens de résister à la tentation de l'identification. Brecht leur conseille d'imiter la technique du camelot qui mime, par exemple, un dandy en parlant de lui à la troisième personne ; les acteurs peuvent échanger leurs rôles, mettre leur texte au passé, transposer les vers en prose, le style soutenu en dialecte régional, énoncer à haute voix les indications scéniques. Brecht propose en modèle l'art du comédien chinois. En 1935, à Moscou, il a assisté à une démonstration de Mei Lan-fang et de sa troupe. Comme un acrobate, l'artiste chinois choisit la position qui l'expose le mieux au regard. Et il s'observe lui-même. Brecht s'est également inspiré de la simplicité avec laquelle le théâtre chinois résout les problèmes matériels de mise en scène. Non pas stylisation, mais schématisme ; volonté d'indiquer et non de suggérer : un général porte sur ses épaules autant de petits drapeaux qu'il commande de régiments ; un simple masque désigne le caractère. Brecht, qui a beaucoup utilisé le masque dans son théâtre, a d'ailleurs pris soin d'en distinguer l'emploi de celui qu'en faisaient les théâtres antique et médiéval : ces masques d'hommes ou d'animaux dérobaient à l'intervention du spectateur une réalité dont ils faisaient quelque chose d'immuable.

Le masque est chez Brecht un des nombreux « filtres » qui permettent de retenir dans la réalité un réseau de significations. Filtre également l'emploi des sonorités du vers de Schlegel pour rendre plus sensible la parabole d'Arturo Ui, par le décalage entre la noblesse du rythme et la vulgarité du dialogue ; filtre, les intermédiaires que Brecht place entre le lecteur et César (un jeune biographe passionné, l'ancien banquier du dictateur, le secrétaire de César) pour lui faire comprendre que le conquérant n'est que « la résultante des forces qui se disputaient alors Rome » ; filtre, les changements d'éclairage et de décor effectués à vue ; filtre, la musique qui n'« accompagne » pas le spectacle, mais le commente ; filtre encore, la chorégraphie, car l'élégance d'un mouvement d'ensemble est par elle-même un procédé d'éloignement. « Que les arts frères de l'art dramatique, écrit Brecht en 1948, soient donc invités dans notre maison, non pour fabriquer l'œuvre d'art totale dans laquelle ils se perdraient tous, mais pour faire avancer la tâche commune ensemble et chacun selon sa manière. »

Car ce n'est pas une communion d'esthètes que recherche Brecht par son théâtre. C'est la participation de tous, chacun selon ses moyens, à l'entreprise de rénovation du monde. Ainsi attend-il beaucoup des critiques des spectateurs, lors des débats qui suivent les représentations de ses principales pièces ; ainsi s'efforce-t-il de guider et de stimuler la réflexion des acteurs et des metteurs en scène par des « modèles », dossiers techniques et photographiques décrivant les principales mises en scène du Berliner Ensemble, et exposant les difficultés et les discussions auxquelles ont donné lieu les répétitions de ses pièces : « Quelque chose, écrivaient Brecht et Neher en 1948, qui s'apparente au Clavecin bien tempéré. » Mais le Petit Organon pour le théâtre s'achève sur cette affirmation : « […] le mode d'existence le plus facile est dans l'art ». L'art n'est qu'une préface à l'action. Brecht craignait que le caractère épique de son théâtre fût tenu pour une « catégorie de l'esthétique formelle » et non pour une « catégorie sociale ». Aussi ses dernières pièces relèvent-elles d'un théâtre dialectique, qui multiplie les médiations entre spectacle et spectateur. Le Cercle de craie caucasien mêle la légende chinoise, la technique japonaise du récit, les panoramas de Bruegel, le rythme des Marx Brothers, les styles et les tons, la violence et la poésie. Chanteurs et récitants interviennent, expliquent, commentent. Le théâtre est dans le théâtre. Brecht ressent un besoin d'union, de solidarité avec tous et avec toutes choses.

À ce désir d'amitié, de réconciliation, de paix dans un monde où il n'a cessé de déplorer l'impossibilité de la bonté, correspond la tendance à prendre ses distances vis-à-vis de lui-même, à éprouver son être, ses souvenirs. C'est la raison, dans ces dernières années, de son retour à la poésie. Les Elégies de Buckow établissent le bilan de tous les moments (paysages, êtres, lumières, impressions) qui font de la vie une source de joies et de possibilités humaines. Quelques jours avant sa mort, il croit apercevoir à travers sa vitre sur le sureau du jardin, pareil à celui de son enfance à Augsbourg, quelque chose de rouge et de noir :
Pendant quelques minutes, très sérieusement, je me demande
Si je dois aller chercher mes lunettes sur la table
Pour mieux voir les baies rouges sur les branchettes noires.

Ce dernier retour à l'enfance est le signe de l'acceptation lucide d'une vie dans ses doutes et ses certitudes, dans ses colères et ses actes de foi. Une vie qui le fondait à écrire :
Mais vous, quand le temps sera venu
Où l'homme aide l'homme,
Pensez à nous
Avec indulgence.

Lion Feuchtwanger (Munich 1884-Los Angeles 1958). Après des études de philosophie et de littérature à Berlin et à Munich, il devient, en 1908, critique dramatique, puis entreprend à travers des romans historiques l'évocation des problèmes contemporains. C'est à Munich, en 1919, qu'il se lie d'amitié avec Brecht. En 1923, il participe à l'adaptation de l'Edouard II de Marlowe. Bien que son célèbre récit le Juif Süss (1925) ait été annexé par la propagande antisémite, Feuchtwanger émigre à l'avènement de l'hitlérisme, passe en France, puis aux États-Unis. En 1936, il collabore avec Brecht à la revue mensuelle Das Wort, éditée à Moscou. Il retrouve Brecht à Hollywood en 1941 et lui apporte, par sa connaissance de la France, de précieux documents pour la composition des Visions de Simone Machard. Feuchtwanger, qui écrira en anglais un récit sur la Résistance française (Simone, 1944), obtiendra ensuite la nationalité américaine.

Erwin Piscator (Ulm 1893-Starnberg, Bavière, 1966). Quand commença sa collaboration avec Brecht, Piscator dirigeait le théâtre de la place Nollendorf : leur commune adaptation des Aventures du brave soldat Schweyk, de Hašek, fut un grand succès. Emigré aux États-Unis, Piscator retrouva Brecht à New York en 1943.

Erich Engel (Hambourg 1891-Berlin 1966). Après s'être consacré à de nombreuses mises en scène de Shakespeare, il collabore avec Brecht dès 1923 et réalise notamment Dans la jungle des villes, Homme pour homme et l'Opéra de quat'sous. Après la Seconde Guerre mondiale, il dirige à Munich les Kammerspiele avant de retrouver Brecht et de prendre part aux plus grandes interprétations du Berliner Ensemble (Mère Courage, Maître Puntila et son valet Matti, le Cercle de craie caucasien, la Vie de Galilée). Il est également le réalisateur de plusieurs films.

Kurt Weill (Dessau 1900-New York 1950). Après des études à Berlin, il travaille un moment avec G. Kaiser. Sa première collaboration avec Brecht date du 14 juillet 1927 : il écrivit la musique d'un « song » et les intermèdes de Mahagonny, jeu sur des poèmes extraits des Sermons domestiques, créé au Festival de musique contemporaine de Baden-Baden. C'est l'esquisse de l'opéra de 1930 (Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny), dont Weill composera également la musique. Il travaillera à de nombreuses « pièces didactiques », comme le Vol des Lindberghs, mais sa grande réussite reste l'Opéra de quat'sous. Avant d'émigrer aux États-Unis, Weill écrivit la musique du ballet de Brecht les Sept Péchés capitaux des petits-bourgeois, qui fut créé, en 1933, au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris, sous la direction de George Balanchine.

Paul Dessau (Hambourg 1894-Berlin 1979). Depuis 1920, il compose de la musique pour de nombreux théâtres et opéras à Cologne, Mayence, Berlin. Emigré en 1933, il retrouve Brecht en 1942 à Hollywood : avec lui de 1943 à 1947, il travaille à un opéra, les Voyages du dieu Bonheur, qui restera inachevé. Rentré à Berlin en 1948, il participe notamment à la création du Procès de Lucullus à la Staats-oper, puis à la modification de la pièce après les critiques du gouvernement de la R.D.A. En 1951, il collabore à la pièce de circonstance Rapport de Herrnburg, que Brecht compose pour le Festival mondial de la jeunesse démocratique à Berlin-Est.

Hanns Eisler (Leipzig 1898-Berlin 1962). Après des études à Vienne, il est enrôlé, en 1916, dans l'armée austro-hongroise. Entré au Conservatoire en 1918, il abandonne vite l'enseignement officiel pour celui d'Arnold Schönberg. En 1924, il obtient le grand prix de Musique de la ville et part enseigner lui-même à Berlin. Il travaille pour l'Union des théâtres ouvriers allemands et commence à collaborer avec Brecht (la Décision, la Mère). Émigré en 1933, il accompagne Brecht en 1934 et 1935 dans des voyages à Londres, à Paris et à New York à l'occasion de la création de la Mère au Civic Repertory Theatre. En 1941, il retrouve Brecht à Hollywood, travaille à la musique de Schweyk dans la Deuxième Guerre mondiale et enseigne à l'université de la Californie du Sud. Arrêté à la suite de sa comparution en 1947 devant le Comité pour l'examen des activités anti-américaines, il parvient à quitter les États-Unis et s'installe à Berlin, où il dirige la classe de composition de l'Académie des arts de la R.D.A. Il compose la musique de trois spectacles du Berliner Ensemble (la Bataille d'hiver, Katzgraber, le Baladin du monde occidental) et une Symphonie allemande (créée à Londres en 1962) sur des paroles de Brecht. Il est également l'auteur de la musique de nombreux films (Les bourreaux meurent aussi, Nuit et brouillard) et de l'hymne national de la R.D.A.

Caspar Neher (Augsbourg 1897-Vienne 1962). Ami d'enfance de Brecht, il travailla au festival de Salzbourg et à l'Opéra de Vienne, avant de composer les décors et les costumes de nombreuses pièces de Brecht (Baal, Edouard II, l'Opéra de quat'sous, Homme pour homme, la Mère, Maître Puntila et son valet Matti, la Vie de Galilée).Brecht écrit, en 1951, dans l'Architecture scénique du théâtre épique : « Nous commençons parfois les répétitions en ignorant tout des décors, et notre ami Neher se borne à nous dessiner de petites esquisses des événements que nous avons à représenter. […] Parfois il nous donne ses dessins avant les répétitions et il nous aide à mettre au point les mises en place et les gestes, et même, assez fréquemment, à caractériser les personnages et leur manière de s'exprimer. Ses décors sont tout imprégnés de l'esprit de la pièce et éveillent chez les comédiens l'ambition d'être à la hauteur. »

Helene Weigel (Vienne 1900-Berlin 1971). Après des débuts à Francfort-sur-le-Main, elle vient, en 1923, à Berlin, où elle est engagée au Staatstheater, puis au Deutsches Theater. Elle rencontre Brecht en 1924 et l'épouse en 1928. Elle a interprété tous les grands rôles de son théâtre et contribué fortement à préciser l'esthétique brechtienne :
Comme le planteur pour sa pépinière
Choisit les plus lourdes graines et comme le poète
Pour son poème les mots justes, de même
Elle choisit les objets qui sur la scène
Accompagneront ses personnages…
écrivait Brecht dans l'Achat du cuivre en 1951.

                                                                                                         Breda

Ville des Pays-Bas (Brabant-Septentrional), près de la frontière belge.

  • Population : 169 751 hab. (estimation pour 2005)

Château. Grande église du xve s. Musées. Industries mécaniques, chimiques, textiles, alimentaires ; travail du cuir.

En 1625, la ville, après un long siège, fut prise par les Espagnols de Spinola. Point extrême de l'avance des Alliés en Hollande, les 11 et 12 mai 1940, Breda, occupée par les Allemands, fut libérée par les Canadiens en octobre 1944.

                                                                                                       Breguet Louis

Louis Charles Breguet, né le 2 janvier 1880 dans le 6° arrondissement de Paris et mort le 4 mai 1955 à Saint-Germain-en-Laye, diplômé de Supélec, est un constructeur d'avions français et l'un des fondateurs de la société Air France, titulaire du brevet de pilote no 52 depuis le 19 avril 1910. Membre de la famille Breguet, il perpétue une longue tradition d'innovations technologiques.

Orphelin de père (Antoine Breguet (1851-1882)) depuis l’âge de deux ans, Louis Charles Breguet, élevé dans un milieu scientifique (Marcellin Berthelot est marié à Sophie Caroline Niaudet, nièce de Louis Breguet) et artistique (sa grand-mère Camille O'Méara qui tenait salon fut une des élèves de Chopin), reprend la direction de la section électricité de l'entreprise familiale, la Maison Breguet, située à Douai. À ce titre il se plonge dans l’étude des diagrammes des moteurs asynchrones puis calcule et fait réaliser en 1905 les groupes électromoteurs de deux sous-marins.

Louis Charles Breguet est diplômé de l'Ecole Supérieure d'Electricité (Supélec), promotion 1903.

Avec son frère Jacques, polytechnicien d’un an son cadet, il commence à concevoir un « gyroplane » (l'ancêtre de l'hélicoptère) avec des ailes flexibles en 1907. Après des essais par l’ingénieur Maurice Volumard dans l'usine familiale de Douai (et sur le terrain de La Brayelle devenu Champ d'aviation de la Brayelle), ils présentent le Gyroplane à l'Académie des sciences le 21 septembre 1907.

Breguet crée la Société anonyme des ateliers d'aviation Louis Breguet et construit son premier avion en 1909 qui bat le record de vitesse sur 10 km en 1911. René Moineau le rejoint la même année en tant qu'ingénieur et pilote d'essai. En 1912, il construit son premier hydravion.

Durant la Première Guerre mondiale il fournit des avions notamment de reconnaissance et le bombardier Breguet XIV. Il est l'un des premiers à construire un avion presque entièrement en aluminium.

En février 1919, il fonde la Compagnie des messageries aériennes, qui est à l'origine d'Air France et fournit de nombreux avions pour l'Aéropostale. À partir de 1924, il construit son plus grand succès, le Breguet 19, bombardier spécialisé dans les grands raids qui favoriseront la mise sur le marché de variantes civiles.

Avec René Dorand, il produit en 1933 un hélicoptère coaxial appelé le « Gyroplane Laboratoire » qui battra des records en 1936.

Titulaire de la croix de guerre, Louis Bréguet est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1910, officier en 1920. Commandeur en 1925, grand officier en 1952

Louis Breguet meurt à Saint-Germain-en-Laye, le 4 mai 1955 à l'âge de 75 ans, il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

                                                                                             Bréhat Île de

Île de Bretagne (Côtes-d'Armor), près de Paimpol, au N. de la pointe de l'Arcouest.

  • Population : 439 hab. (recensement de 2009)
  • Nom des habitants : Bréhatins

Tourisme.

                                                                                          Breitman Zabou

Isabelle Breitman, dite Zabou Breitman, apparaît en 1965 dans la série "Thierry la Fronde", écrite par son père, le scénariste Jean-Claude Deret. Elle étudie plus tard au cours Simon et apparaît au cinéma en 1981 dans "Elle voit des nains partout !" puis dans "La Boum 2" l'année suivante. Elle multiplie les seconds rôles dans les comédies avant d'obtenir des rôles plus conséquents ("La Baule-les-Pins" en 1990, "La Crise" en 1992, "Tenue correcte exigée" en 1997, "Ma petite entreprise" en 1999). Elle réalise "Se souvenir des belles choses" en 2001 qui obtient un succès critique. On la retrouve dans "Un monde presque paisible" (2002), "Narco" (2004) et "Le premier jour du reste de ta vie" (2008).

                                                                                              Brejnev Leonid

Homme d'État soviétique (Kamenskoïe, aujourd'hui Dniprodzerjynsk, 1906-Moscou 1982).

Membre du Komsomol en 1923, il étudie à l'Institut agronomique de Koursk puis est envoyé en Oural pour y organiser la production agricole (1927-1930). Il adhère au parti communiste en 1931 et étudie dans un institut de métallurgie, puis travaille comme ingénieur à Dnieprodzerjinsk (1935-1937).

Permanent du parti en 1938, il est nommé colonel (1941) puis général-major (1943), et assure la direction politique du 4e front d'Ukraine (1942-1945). Premier secrétaire du parti en Moldavie (1950-1952), il entre au Comité central du parti communiste de l'URSS et à son secrétariat (1952) et est promu membre suppléant de son Praesidium. Écarté de ces organes centraux du parti en 1953, il y entre à nouveau en 1956, après avoir été envoyé au Kazakhstan, et devient membre titulaire du Praesidium du Comité central en 1957. En 1960, il remplace Kliment Vorochilov à la tête de l'État comme président du Praesidium du Soviet suprême, fonction qu'il cède à Anastas Mikoïan pour succéder à Nikka Khrouchtchev comme premier secrétaire du parti (1964). L. Brejnev assume la direction collégiale de l'État soviétique, aux côtés d'Alekseï Kossyguine, chef du gouvernement, et de A. Mikoïan puis de Nikolaï Podgornyi, président du Praesidium du Soviet suprême depuis 1965. Toutefois son rôle personnel devient peu à peu prépondérant : il préside à l'adoption de la nouvelle Constitution de l'URSS (1977) ; fait maréchal en 1976, il évince Podgornyï à la tête du Praesidium du Soviet suprême en 1977.

Les réformes de l'organisation du parti, décidées par Khrouchtchev en novembre 1962, sont annulées, et la volonté de s'en tenir à l'orthodoxie léniniste est confirmée au XXIIIe Congrès (1966). Brejnev fait intervenir à Prague (août 1968) les troupes de cinq pays membres du pacte de Varsovie, justifiant cette intervention au nom de la théorie de la « souveraineté limitée ».

Parallèlement, il poursuit la politique de détente avec l'Occident. Il signe avec le chancelier Brandt un accord reconnaissant les frontières des Républiques démocratique et fédérale allemandes et celles de la Pologne (1970). Lors du sommet de Moscou (1972), Brejnev et Richard Nixon concluent l'accord intérimaire sur la limitation des armements stratégiques (SALTI). En 1975, Brejnev signe l'Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. Il conclut avec le président Jimmy Carter le traité SALT II signé à Vienne en 1979. Cependant, cette politique de détente est compromise par l'intervention militaire soviétique en Afghanistan en décembre 1979.

                                                                                                   Brel Jacques

Né à Schaerbeek, Bruxelles (Belgique) le 08/04/1929 ; Mort à Bobigny (France) le 09/10/1978

Né le 8 avril 1929 à Schaerbeek (Belgique), Jacques Brel commence à écrire dès l'âge de 15 ans, inspiré par la lecture de Jules Verne et de Jack London. Après avoir créé une troupe de théâtre, il entre dans la cartonnerie familiale qui l'emploie entre 1947 et 1953. Passionné par la musique classique, il décide de se lancer dans la chanson et compose ses premières mélodies.

Il épouse en 1950 Thérèse Michielsen (surnommée Miche). Leur première fille, Chantal, naît en 1951, année où Jacques Brel commence à chanter malgré la désapprobation de sa famille. En 1953, il se rend à Paris pour être auditionné. Sa fille France naît la même année. Pour gagner sa vie, Jacques Brel enseigne la guitare et passe à l'Olympia en lever de rideau. Il se fait remarquer par Bruno Coquatrix.

En janvier 1955, Jacques Brel fait ses débuts à l'Ancienne Belgique et continue à se produire en vedette américaine (en deuxième partie de spectacle, avant la vedette principale) dans des tournées. En 1955, il s'installe avec sa famille à Montreuil et sort son premier 33 tours. 1956 est l'année de son premier grand succès, "Quand on n'a que l'amour". En 1958, naît sa troisième fille, Isabelle. L'année suivante, Jacques Brel est tête d'affiche à Bobino et interprète "Ne me quitte pas" et "La Valse à mille temps".

La mort de ses parents marque un changement de registre dans ses chansons. En 1964, sort "Amsterdam", suivie de "Ces gens-là" en 1966. Jacques Brel donne son dernier récital en mai 1967. Il fait ses premiers pas au cinéma dans le film "Les Risques du métier" d'André Cayatte (1967). Il réalise "Franz" en 1971, dans lequel il partage l'affiche aux côtés de Barbara, tourne dans "Le Far West" (1973), "L'Emmerdeur" (1973).

Atteint d'un cancer du poumon, Jacques Brel se retire aux Iles Marquises. Il enregistre son dernier 33 Tours, "Les Marquises", en 1977 et s'éteint le 9 octobre 1978 à Bobigny. A la fin de sa vie, Jacques Brel partageait la vie de la danseuse et actrice Maddly Bamy.

                                                                                                      Brême

État (Land) d'Allemagne.

  • Population : 650 863 hab. (recensement de 2011)
  • Superficie : 404 km2
  • Capitale : Brême

Formé de la ville de Brême et de l'avant-port de Bremerhaven, le Land de Brême constitue le plus petit et le moins peuplé des Länder de l'Allemagne.

                                                                                                      Brême

Ville d'Allemagne, capitale du Land de Brême, sur la Weser.

  • Population : 542 707 hab. (recensement de 2011)

Ensemble monumental ancien ; musées. Important port d'estuaire sur la Weser (avec son annexe de Bremerhaven), c'est aussi un centre commercial, financier, industriel (agroalimentaire, textile, chimie et constructions mécaniques) et universitaire. Aéroport international.

Évêché fondé en 787, puis siège de l'archevêché Brême-Hambourg, Brême fut au xiie s. une puissante métropole. À la fin du xiiie s., elle devint l'un des ports les plus actifs de la Hanse. Ville libre d'Empire en 1646, elle fut annexée au département des Bouches-du-Weser en 1810. Redevenue indépendante en 1815, Brême entra dans l'Empire allemand en 1871. La Constitution de 1947 en fit une cité libre hanséatique, membre de la République fédérale d'Allemagne, avec un Landtag et un Sénat.

                                                                                                  Brennan Walter

Walter Brennan est un acteur américain. Il commence sa carrière à la fin des années 1920 en jouant dans plusieurs films du réalisateur Richard Thorpe. Il devient un acteur reconnu dans les années 1930 notamment grâce aux films "Le Vandale" en 1936 et "Kentucky" en 1938, pour lesquels il gagne l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Doté d'une excellente voix, on peut le voir chanter avec Dean Martin et Ricky Nelson dans le film "Rio bravo" en 1959.

                                                                                                         Brescia

Ville d'Italie, en Lombardie, chef-lieu de province, au pied des Préalpes.

  • Population : 191 465 hab. (recensement de 2011)

Vestiges romains. Château. Nombreuses églises du viiie au xviiie s. Importants musées. Centre commercial et industriel (mécanique, textile, alimentation).

                                                                                                         Brésil

État d'Amérique du Sud baigné à l'est par l'océan Atlantique, le Brésil est limité au nord par la Guyane, le Suriname, le Guyana et le Venezuela, au nord-ouest par la Colombie, à l'ouest par le Pérou, la Bolivie et le Paraguay, au sud-ouest par l'Argentine, au sud par l'Uruguay. C'est un État fédéral divisé en 26 États et un District fédéral.

En majeur partie tropical, presque totalement situé au sud de l'équateur, le Brésil est le géant de l'Amérique du Sud, dont il occupe approximativement la moitié de la superficie et regroupe une part avoisinante de la population. La population brésilienne, dont la croissance s'est ralentie (1 % par an), est très composite, mêlant Blancs, Noirs, Indiens, Asiatiques, le plus souvent métissés. Elle se concentre pour environ 85 % dans les villes, dont une quinzaine dépassent le million d'habitants. Dans les grandes villes, où affluent les ruraux alors que sévit le sous-emploi, les bidonvilles se sont multipliés. La population est plus dense sur le littoral. L'intérieur (au N.-O., Amazonie forestière, chaude et humide ; plus à l'E. et au S., plateaux souvent arides et aux sols médiocres) est souvent vide, hors des sites miniers et des fronts de colonisation des routes transamazoniennes, à l'origine de la déforestation progressive de l'Amazonie.

L'agriculture emploie encore plus de 20 % des actifs. Le Brésil est le premier ou deuxième producteur mondial de café, d'agrumes, de sucre, de soja. L'élevage bovin est également développé. L'industrie bénéficie d'abondantes ressources minérales : fer surtout (ayant permis l'essor de la sidérurgie), bauxite, manganèse. L'industrie de transformation (automobile, électronique, chimie, électroménager) connaît un essor notable. Au niveau énergétique, le potentiel hydroélectrique est partiellement aménagé, l'exploitation pétrolière croît (gisements offshore notamment), et le Brésil développe la production de biocarburants.

Les atouts ne manquent donc pas, et plusieurs handicaps ont été surmontés (hyperinflation, dette extérieure), mais la croissance est freinée par une structure agraire archaïque (beaucoup de grandes propriétés sous-exploitées et une masse de paysans sans terre), les irrégularités climatiques aussi, la trop rapide augmentation de population. Aux inégalités sociales se superposent des contrastes régionaux de développement, notamment entre le Nordeste, souvent misérable, et les villes du Sud-Est, plus dynamiques.

Après la signature du traité de Tordesillas (1494) délimitant les zones d’influence respectives de l’Espagne et du Portugal, le Brésil, découvert le 22 avril 1500 par l’explorateur portugais Pedro Álvares Cabral, devient pleinement possession de la Couronne portugaise en 1522.

xvie siècle

Avec l’expédition conduite par Martim Afonso de Sousa (1530-1533), l’exploration de nouvelles terres et l’exploitation du Brésil commencent. L’économie coloniale est alors fondée sur le « cycle du sucre » déclenché dans le Nordeste, grâce à la main d’œuvre servile importée d’Afrique noire. Des capitaineries installées sur la côte, coiffées par un gouvernement général du Brésil à partir de 1549, distribuent les terres aux colons. Parallèlement, les Jésuites commencent à évangéliser les populations indiennes.

xviie siècle

L’exploration du pays se poursuit vers l’ouest sous la direction de pionniers aventuriers (les « Bandeirantes »), chasseurs d’esclaves et chercheurs d’or, au-delà des limites fixées par le traité de Tordesillas tandis que les Hollandais sont expulsés du Brésil.

xviiie siècle

Après la découverte des premières mines du précieux métal dans les années 1690 (Ouro Preto, Minas Gerais), commence le « cycle de l’or », le pôle de développement se déplaçant vers le sud-est et Rio de Janeiro. Les liens privilégiés entre la Grande-Bretagne et le Portugal sont étendus au Brésil.

xixe siècle

L’accession à l’indépendance de l’empire du Brésil en 1822-1825 conduit à la formation d’un régime parlementaire marqué par l’alternance entre libéraux et conservateurs mais largement dominé par l’empereur Pierre II. La progression du républicanisme, notamment dans les rangs de l’armée, et la montée des mécontentements, entraînent la chute de l’empire et l’instauration de la Iere République caractérisée par la domination sociale et politique des oligarchies terriennes.

                                                                                                           Breslin Abigail

Née le 14 avril 1996 à New York (États-Unis), Abigail Breslin grandit dans une famille d'acteurs. M. Night Shyamalan lui confie son premier rôle dans "Signes" (2002). En 2004, elle est à l'affiche de "Fashion maman", "Un mariage de princesse" et "Keane". En 2006, le rôle d'Olive Hoover dans "Little Miss Sunshine" la fait connaître dans le monde entier et lui vaut sa première nomination aux Oscars. Elle remporte le Sierra Award de la meilleure jeune actrice. Elle tourne ensuite dans "The Ultimate Gift" (2006), "Le Goût de la vie" (2007), "L'île de Nim" (2008), "Un jour peut-être" (2008), "Ma vie pour la tienne" (2009). En 2009, on retrouve Abigail Breslin dans "Bienvenue à Zombieland", une comédie horrifique américaine qui créé la surprise au box-office. En décembre 2011, elle tourne dans  "Happy New Year", aux côtés de Robert de Niro, Michelle Pfeiffer, Zac Efron, Ashton Kutcher ou encore Jessica Biel. En 2013, Abigail Breslin est sur les écrans avec plusieurs films : "The Call", "La Stratégie Ender", "Perfect Sisters" et "Haunter". En 2014, les spectateurs la retrouvent dans "August : Osage County", dans lequel elle partage l'affiche avec Julia Roberts et Meryl Streep, dans "Wicked Blood" et dans "Peste". En parallèle, Abigail Breslin apparaît dans différentes séries TV depuis 2002. Elle a notamment tourné dans "NCIS : Enquêtes spéciales (2004)", "New York, unité spéciale" (2004), "Grey's Anatomy" (2006), "Ghost Whisperer" (2006). Côté coeur, l'actrice américaine partage la vie du guitariste Jack Barakat.

                                                                                                                   Bresse

Région de l'est de la France, comprise entre le Jura à l'E. et la Saône à l'O., la région de Chalon au N., la Veyle au S., s'étendant sur les département de l'Ain, de Saône-et-Loire et du Jura. (Habitants : Bressans.) Villes principales : Bourg-en-Bresse et Louhans.

La Bresse est située sur l'emplacement d'un lac cénozoïque dont les dépôts marneux constituent un sol imperméable : dans ce pays mamelonné, les dénivellations sont faibles, en dehors des vallées quaternaires bien marquées. Un sol humide et pauvre, couvert de bois, des chemins impraticables, tout faisait, jadis, de la Bresse, une région arriérée. Le travail des paysans l'a transformée en un pays d'apparence prospère : les innombrables étangs du Moyen Âge, où l'on élevait des poissons, ont été comblés en grande partie. L'élevage fournit maintenant l'essentiel des ressources. À côté de la traditionnelle aviculture s'est développé, notamment, l'élevage bovin, associé à la culture du maïs et stimulé par le marché lyonnais. Louhans, au N., et surtout Bourg-en-Bresse sont les deux seules véritables villes de la Bresse.

Divisé en petites seigneuries, puis devenu la propriété des comtes de Savoie (1272), le comté de Bresse revint à la France en 1601 (traité de Lyon).

                                                                                                             Bresson Robert

Cinéaste français (Bromont-Lamothe, Puy-de-Dôme, 1901-Droue-sur-Drouette 1999).

D'abord peintre, il a réalisé au cinéma une œuvre originale au style dépouillé presque jusqu'à l'ascèse : les Dames du bois de Boulogne (1945), le Journal d'un curé de campagne (1950), Un condamné à mort s'est échappé (1956), Pickpocket (1959), le Procès de Jeanne d'Arc (1962), Lancelot du lac (1974), l'Argent (1983).

                                                                                                                Bressuire

Chef-lieu d'arrondissement du nord des Deux-Sèvres.

  • Population : 19 676 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Bressuirais

Ruines d'un château fort. Église des xiie-xvie s. Marché. Constructions mécaniques. Mobilier.

                                                                                                                 Brest

Chef-lieu d'arrondissement et principale ville du Finistère, sur la rive nord de la rade de Brest.

  • Population : 145 561 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Brestois
  • Population pour l'agglomération : 200 284 hab. (recensement de 2009)

Siège de région maritime, port militaire du Ponant, base de l'escadre de l'Atlantique depuis 1965 et centre de construction navale avec son arsenal, Brest est devenue depuis 1968 avec la base de l'île Longue (presqu'île de Crozon) le port d'attache des sous-marins nucléaires lance-missiles. Elle est aussi le siège de nombreuses écoles et installations de la Marine nationale, notamment du Service hydrographique et océanographique de la marine, depuis 1972. L'École navale, installée à Brest de 1830 à 1940, a été reconstruite en 1961 à Lanvéoc-Poulmic, au sud de la rade.

Le port est aussi l'objet d'un modeste trafic commercial principalement orienté vers l'agroalimentaire (importation de soja, exportation de volailles congelées). L'industrie est représentée par les constructions électriques et la réparation navale, active avec une grande forme de radoub accessible aux superpétroliers. La recherche est représentée par le Centre océanologique de Bretagne (lié à l'IFREMER). Centre de culture scientifique et technique consacré à la mer « Océanopolis ». Université. Musée des Beaux-Arts et Musée naval.

Brest est le centre d'une communauté urbaine qui regroupe 8 communes.

Port gallo-romain, Brest fait partie du duché de Bretagne (1240). La ville passe à l'Angleterre en 1342 et retourne à la Bretagne en 1397. Lorsque la Bretagne est annexée au royaume de France, Brest devient le port militaire de la marine du Ponant, sur l'initiative de Richelieu, dont l'œuvre est poursuivie par Colbert et Vauban. Brest est organisée comme puissant port de guerre, où sont armées, dès lors, la plupart des flottes engagées contre l'Angleterre aux xviie et xviiie s. Siège de l'École navale à partir de 1830, Brest est, au cours de la Première Guerre mondiale, la tête de ligne principale des convois américains. Occupé par les Allemands en 1940, le port, repaire de sous-marins, est totalement détruit par les bombardements aériens alliés. La ville n'est libérée par les Américains que le 18 septembre 1944. Les installations de la base navale sont reconstruites après 1945.

                                                                                            Brest

Ville de l'ouest de la Biélorussie, à la frontière de la Pologne.

  • Population : 309 764 hab. (recensement de 2009)

Textile et travail du bois.

                                                                               Brest-Litovsk Traité de

Traité de paix signé entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Bulgarie, l'Empire ottoman et la Russie soviétique.

La Russie abandonnait la Pologne, la Lituanie, une partie de la Lettonie, de l'Estonie et de la Biélorussie et cédait Kars, Ardahan et Batoumi à l'Empire ottoman. Ce traité fut annulé par celui de Versailles.