Ephebe

L'Éphèbe d'Agde est une statue antique en bronze, de 1,4 m de haut, datée du IV° siècle av. J-C, qui a été trouvée dans le lit de l'Hérault, face à la cathédrale Saint-Etienne d'Agde, en 1964 par Jacky Fanjaud, membre du GRASPA (Groupe de recherches archéologiques subaquatiques et de plongée d'Agde) créé le 2 avril 1960 par Denis Fonquerle et Michel Souques.

Elle évoque le style du sculpteur Lysippe de Sicyone et pourrait représenter Alexandre le Grand.

Après avoir été exposée au musée du Louvre pendant plus de vingt ans, elle est revenue en 1986 à Agde où elle est conservée dans le « musée de l'Ephèbe », construit spécialement à cet effet, et qui fut inauguré par le ministre de la Culture de l'époque, François Léotard.

Cette statue est devenue un emblème de la ville d'Agde. La tête de l'éphèbe stylisée figure sur un ancien logo de la commune. Une copie de grandes dimensions a été érigée sur un rond-point routier (le rond-point de l'Éphèbe) près de la rocade sud.

Philatélie : les postes françaises ont émis en 1982 un timbre-poste d'une valeur faciale de 4 F représentant l'éphèbe d'Agde. Ce timbre est l'œuvre du graveur polonais Czeslaw Slania.

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lyon

L'histoire de Lyon concerne l'histoire de l'agglomération présente sur le site de l'actuelle ville de Lyon. Si le lieu est occupé depuis la Préhistoire, la première ville, nommée Lugdunum, date de la Rome antique. Sous l'Empire romain, Lyon devient une puissante cité, capitale de la Gaule romaine. La chute de l'Empire la renvoie à un rôle secondaire dans l'espace européen, place qui perdure avec l'empire de Charlemagne, car elle se situe trop loin des centres de pouvoir. La division de l'empire place la cité rhôdanienne en position de ville frontière, ce qui la caractérise durant tout le Moyen Âge. Au coeur de cette période, le pouvoir politique est tout entier entre les mains de l'archevêque, qui protège jalousement l'autonomie de sa ville. Il faut attendre 1320 pour voir une institution bourgeoise contrebalancer son autorité, et dans le même temps, la soumission définitive au Royaume de France.

Ce n'est qu'à la Renaissance que Lyon se développe et devient une grande ville commerçante européenne. Mais ce premier âge d'or est fauché par les guerres de religion, qui font fuir définitivement une partie des marchands-banquiers étrangers. Durant la monarchie absolue, Lyon reste donc une cité moyenne en France, dont la principale richesse est le travail de la soie. La Révolution dévaste la ville, qui ose s'opposer en 1793 aux montagnards. Prise militairement, elle est sévèrement réprimée et sort de la tourmente révolutionnaire très affaiblie.

Napoléon aide à son redressement par un soutien aux soyeux, qui vient en même temps que la mise au point du métier Jacquard.

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poste

Pendant longtemps l’homme à pied restera le vecteur de transmission des écrits. Au IVème siècle avant Jésus Christ le cheval va peu a peu le supplanter. Bien que rapide au galop ( environ 36 kilomètres à l’heure ) le cheval se fatigue aussi très rapidement ( environ 10/15 kilomètres) . C’est à cette époque que commença a se dessiner à l’initiative du roi de Perses Cyrus le premier réseau de relais permettant aux cavaliers d’échanger leurs montures contres de nouveaux chevaux. Ce système sera repris et amélioré par les Grecs et ensuite les Romains. Bien qu’un réseau existait déja sous César vers 45 avant jésus Christ ce fut l’Empereur Auguste qui créa un réseau dense de voies à usages militaires ouvertes aux cavaliers appelé "cursus publicus"pour assurer une transmission aussi rapide que possible des informations et des ordres officiels . Quand à la correspondance privée, si elle existait, le pouvoir ne s’en occupait d’aucune façon.

L’empereur Auguste sur un timbre Italien

"Il disposa sur les routes stratégiques, à de courtes distances, d’abord des jeunes gens, puis des voitures, afin d’avoir des nouvelles plus promptes des provinces, et de pouvoir plus aisément aussi interroger les courriers qui lui étaient dépêchés d’un lieu quelconque, quand les circonstances l’exigeaient". Suétone, Auguste, 49. à propos de l’Empereur Auguste

Les messagers qui transportait les dépêches officielles portait le nom de tabellarii. Ces messagers utilisait soit une simple monture, soit un cisium sorte de charrette légère à deux roues.

Le timbre de la journée du timbre 1963 est une reproduction d’un fragment de bas-relief d’une face du Mausolée d’Igel près de Trève en Allemagne. On y voit un cisium charrette légère à deux roues utilisé par la poste Gallo-romaine sur le "cursus publicus".

Voici ce qu’écrit le Dictionnaire de l’Antiquité de l’Université d’Oxford (Univ. d’Oxford, Dictionnaire de l’Antiquité, Édition Robert Laffont, Coll. Bouquins). au sujet de la poste romaine :

"Sous la République romaine, des affranchis ou des esclaves étaient employés comme tabellarii par l’état et par des citoyens privés importants. Pour les lettres confidentielles, il était essentiel que les correspondants aient leurs propres messagers. Sous Auguste, un système de relais connu sous le nom de cursus publicus fut organisé. Il fournissait chevaux et véhicules pour transporter les gens, en cas de voyages urgents, aussi bien que les lettres. Sa fonction principale était militaire, mais il a pu aussi être utilisé pour d’autres affaires officielles. Les lettres étaient portées par les tabellarii impériaux ou par des soldats de confiance. Au IIe siècle après J.-C., ce service fut assuré par les frumentarii et plus tard par les agentes in rebus. Les relais de poste étaient connus sous le nom de mansiones. On contrôlait strictement le droit d’utiliser ce service. Pline le Jeune écrivit sa dernière lettre à l’empereur Trajan pour lui expliquer, et s’en excuser, qu’il avait envoyé son épouse, sans l’autorisation impériale, en utilisant ce service, en raison d’un deuil dans sa famille. Les courriers parcouraient en moyenne 80 km par jour, mais des nouvelles urgentes et des personnes très pressées pouvaient être transportées extrêmement rapidement. Suétone rapporte que Jules César fit un voyage en char en couvrant une distance quotidienne de 160 km pendant huit jours de suite. Lorsque les légions du Rhin refusèrent le serment d’allégeance à Galba, le 1er janvier 69 après J.-C., la nouvelle parvint la nuit même à Vitellius, qui se trouvait à 160 km et à Rome le 9 janvier, le courrier a dû couvrir une moyenne de plus de 200 km par jour."

Routes, relais et distances nous sont connus notamment à travers les quatre gobelets d’argent de Vicarello et découverts entre 1852 et 1863 près du lac de Bracciano non loin de Rome et de la table de Peutinger.

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imaginaire

 Maun Succat, qui prit comme évêque le nom de Patrick (forme anglophone de Patrice) et qui est connu sous le nom de Patrick d'Irlande (né vers 385 dans le Cumberland, mort le 17 mars 461 à Down, Ultonie) est un saint chrétien fêté le 17 mars1. Il est considéré comme l'évangélisateur de l'Irlande et comme le fondateur du christianisme irlandais.

D'origine britto-romaine, son nom de naissance était selon l'Histoire des Bretons de Nennius, abbé de Bangor en 620, Maewyn Succat, ou en français Maun, jusqu'à ce qu'il prenne le nom de Patrick à l'occasion de son installation.

Il serait né aux environs de 387 en Bretagne insulaire, à Bannaven Taberniae (ou Banna Venta Berniae), localité située probablement près de Carlisle en Cumbrie. Son père, Calpurnius, qui était fonctionnaire et diacre, avait une position aisée qui provenait de la collecte des impôts, mais n'était pas considéré comme un homme très religieux. Son grand-père était prêtre, sa grand-mère était originaire de Touraine, en Gaule.

Selon la légende, en 405, à l'âge de seize ans, Maun Succat est enlevé par des pirates irlandais, dont Niall "aux neuf otages", qui le vendent comme esclave. Durant ses six années de captivité (dans une cage la nuit), près du bois de Fochoill, en Mayo, il est berger pour le compte d'un chef de clan irlandais. Peu religieux avant sa capture, il rencontre Dieu et devient un chrétien dévot.

En 411, il parvient à s'échapper après que Dieu lui a dit, dans un de ses rêves, de rejoindre le rivage et de s'embarquer sur un bateau, supposé à 200 km de Waterford ou Wexford. Après trois jours de mer, il débarque sur les côtes de Bretagne insulaire. À l’âge de trente et un ou trente deux ans, Maun Succat retrouve donc sa famille. Elle l’accueille chaleureusement et le supplie de ne plus la quitter. Il devient à son tour diacre, puis prêtre.

Un peu plus tard, pendant une nuit, il a des visions et entend « les voix » de ceux qui habitent à côté du bois de Voclut à proximité de la mer occidentale, qui crient d’une seule voix : « Nous t’implorons saint jeune homme, de venir parmi nous. » « Rendons grâce à Dieu », ajouta-t-il, « qu’après plusieurs années le Seigneur a répondu à leur appel ».

Peu après, il s'embarque pour se rendre en Armorique, puis traverse la Gaule pour gagner les îles de Lérins où s'installe au monastère de Saint-Honorat et où il se consacre à des études théologiques pendant deux années. Il se rend ensuite à Auxerre auprès de Saint Germain, il devient diacre puis évêque.

Selon les Annales d'Ulster, en 432, à la demande du pape Célestin, Maun Succat se rend en Irlande qu'il commence à évangéliser. L'année précédente, Palladius avait été envoyé en Irlande par le pape.

Pendant les premières années de sa mission, il alla prêcher au milieu de l'assemblée générale des rois et des États de toute l'Irlande qui se tenait chaque année à Tara qui était à la fois le palais du grand monarque d'Irlande, le lieu de séjour de druides et le chef-lieu de la religion du pays. Le fils de Neill qui était grand roi, se déclara contre le saint et contre sa doctrine, mais plusieurs princes se convertirent: le père de Saint Benen qui deviendra le successeur de Patrick au siège épiscopal d'Armagh, puis les rois de Dublin, de Munster et les sept fils du roi de Connacht.

Au Rock de Cashel, lors d'un sermon, il montre une feuille de trèfle : « Voilà la figure de la Trinité sainte. Les figures de triades étaient familières à la religion celtique : le trèfle deviendra ainsi le symbole de l'Irlande, grâce à Maewyn Succat ». Selon certaine sources (les moines de Lérins en particulier), Patrick aurait représenté la chapelle de la Sainte Trinité de l'île Saint-Honorat, qui présentait une forme architecturale proche du trèfle (une nef et trois chapelles circulaires), afin de représenter la Trinité.

Il est sacré évêque et prend le nom de Patricius en latin (qui désignait à l'époque un membre de l'aristocratie : « patricien », « patrice » ou « noble »). En langue gaélique, Patrick s’écrit : Pãdraig. Il crée le diocèse d'Amagh en 445 (ce qui en fait le plus ancien des diocèses constitués dans les îles Britanniques) et tient plusieurs conciles où il pose les canons et la discipline de l'église d'Irlande qu'il a fondée.

Patrick sillonne toute l'Irlande prêchant, enseignant, construisant trois monastères: Armagh, Damnach-Padraig et Sabhal-Padraig. Ces monastères couvrirent à leur tour toute l'Irlande de centaines de prieurés avec des écoles, permettant aux moines de recueillir par écrit les monuments de la riche tradition littéraire orale le l'Irlande païenne, son histoire, sa mythologie, sa législation, ses généalogies, ses épopées, sa musique.

La tradition populaire raconte que c'est par sa bénédiction que tous les serpents ont été chassés du pays, action qui symbolise la conversion du peuple irlandais : les serpents représentent l'« antique ennemi », c'est-à-dire Satan, rendu responsable de l'ignorance du Dieu véritable.

Après de longues années d'évangélisation, il se retire au prieuré de Down en Ultonie où il est enterré, étant mort le 17 mars 461. Sa sépulture se trouve aux côtés de celles de sainte Brigitte et de saint Columcille (Colomba), tous deux également patrons de l'Irlande.

À sa mort, l'Irlande bénéficie de la paix civile, elle est majoritairement chrétienne, sans avoir compté un seul martyr. Ses monastères vont créer des succursales dans toute la Bretagne insulaire, et de proche en proche dans toute l'Europe, comme en Suisse celle de Saint-Gall, en Italie celle de Bobbio, en Flandre celle de Marchiennes, formant des hommes d'exception comme Saint Colomban ou Alcuin, et jetant les fondements de la Révolution carolingienne.

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vix

Le cratère de Vix est un grand vase de bronze utilisé pour contenir le vin, découvert en 1953 dans la tombe d'une princesse celte à Vix (Côte-d'Or) et daté d'environ 510 av. J-C. Il est aujourd'hui conservé et exposé au Musée du Pays Châtillonnais, à Châtillon-sur-Seine.

La tombe de Vix fut découverte le 6 janvier 1953 par Maurice Moisson, agriculteur à Vix, mais officiellement et pour la presse de l’époque, par René Joffroy, archéologue autodidacte, président de la société archéologique locale et responsable des fouilles. Cette sépulture était située dans un champ, sous un tumulus arasé dont ne subsistaient plus que des pierres éparses qui attirèrent l'attention des archéologues; cependant, le caveau, comblé de terre, était resté inviolé.

Une fois dégagé, dans des conditions assez difficiles, le caveau se révéla être la tombe à char d'une femme, vite surnommée la princesse de Vix (ou encore la Dame de Vix), qui livra un important mobilier funéraire, bijoux, céramique et vaisselle de bronze. La pièce maîtresse de cette vaisselle est un cratère à volutes en bronze d'une contenance de 1 100 litres, le plus grand que l’Antiquité nous a légué, sans doute sorti d’un atelier corinthien grec d'Italie du Sud vers 525 av. J-C.

Sur le sol, des pigments bleu et rouge proviennent de tentures ou de peintures décoratives. La princesse est ornée de parures à caractère local : collier de grosses perles de pierre et d’ambre, anneaux de cheville en bronze, bracelet de lignite, fibules aux cabochons de corail. Elle porte à la nuque un torque, collier celte en or fin (480 g), travail unique, d’un orfèvre initié aux techniques méditerranéennes

Le cratère est un artéfact remarquable de par sa facture et ses dimensions pour un vase de l'Hallstatt. L'ensemble pèse 208,6 kg pour une hauteur de 1,64 m. Il est constitué de plusieurs pièces réalisées séparément et assemblées dont :

  • La coupe, en bronze martelé. Son fond est arrondi, son diamètre maximal est de 1,27 m et sa capacité est de 1 100 litres, l'épaisseur moyenne de la paroi varie entre 1 et 1,3 mm. Sa réalisation est une prouesse technique, preuve d'une excellente maîtrise de la matière. Lors de sa découverte, du fait de l'effondrement du toit du caveau, le cratère a été retrouvé écrasé, les anses se retrouvant au niveau du pied; un travail de restauration nous permet de le retrouver dans son état originel.
  • Le pied, pièce coulée d'un diamètre à la base de 74 cm et pèse 20,2 kg. Il reçoit le fond de la cuve et assure la stabilité de l'ensemble. Il est décoré de motifs classiques de végétaux stylisés.
  • Les anses, fonte de bronze d'un poids de 46 kg chacune. En forme de volutes d'une hauteur de 55 cm, elles sont richement décorées de gorgones grimaçantes et tirant la langue. Ces créatures ornant diverses armes et objets conféraient à ceux-ci, selon les Grecs, des vertus apotropaïques.
  • La frise des hoplites décore le tour du col qui est un cercle rapporté enserrant le haut de la cuve et supportant les anses. Huit quadriges conduits par un aurige de plus petite taille, suivant la règle d'isocéphalie nécessitée par la composition, sont suivis chacun par un hoplite à pieds en armes. Cette frise est un chef-d'œuvre du bas-relief grec.
  • Le couvercle, feuille de bronze martelée de 13,8 kg, couvrait l'ouverture du cratère. Il est concave et perforé de multiples trous qui font penser qu'il servait en fait de passoire. En son centre, un ombilic relevé supporte une statuette.
  • La statuette du couvercle, en bronze coulé, mesure 19 cm de haut et représente une femme, une main en avant qui tenait peut-être un objet maintenant perdu. Elle est vêtue d'un péplos, la tête recouverte d'un voile. Cette statuette de bronze, de facture manifestement locale, nous apparait bien différente des autres éléments du vase.

Les cratères étaient, dans l'Antiquité, destiné à composer un mélange entre le vin, toujours bu dilué avec de l'eau, et agrémenté de divers aromates. La boisson y était ensuite puisée et distribuée aux convives lors de célébrations rituelles ou festives. Le cratère de Vix étonne par ses proportions et le chemin qu'il a dû parcourir pour parvenir des ateliers de la Grande Grèce jusqu'à cet oppidum bourguignon. Cet extraordinaire témoignage des ateliers corinthiens fut enseveli une trentaine d'années après sa réalisation. Ce vase de grand prestige était certainement bien trop grand pour être utilisé. Ce fut très certainement un cadeau relevant de dons mutuels entre princes et puissants. Son enfouissement dans ce tumulus a dû être suivi relativement rapidement par un déclin de la principauté et des évènements tragiques qui ont abouti à en perdre la mémoire, permettant ainsi sa préservation jusqu'à sa découverte en 1953. Le cratère fut restauré par Albert France-Lanord et Aimé Touvenin au laboratoire d'archéologie des métaux du musée de l'histoire du fer de Jarville (Nancy).

Le cratère et la totalité des pièces retrouvées dans la sépulture de la tombe princière de Vix sont exposés au Musée du Pays Châtillonnais, à Châtillon-sur-Seine. Le cratère a fait l'objet d'un timbre commémoratif émis en 1966 des P et T dû à Jacques Combat.

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saint

Symboles majestueux des premiers temps de Saint-Rémy-de-Provence, l’Arc de Triomphe et le Mausolée des Jules sont deux monuments romains exceptionnels, classés monuments historiques depuis 1840. Universellement connus sous le nom des Antiques, leurs formes imposantes et harmonieuses ont attiré, durant des siècles, promeneurs, peintres et photographes, voyageurs et érudits, qui en firent l’emblème de Saint-Rémy bien au-delà de nos frontières. Durant plus de 16 siècles, ils furent les seuls éléments visibles de la cité gréco-romaine de Glanum oubliée de tous. Cette cité détruite ne fut fouillée et remise au jour qu’à partir de 1921.

L’Arc Municipal matérialise la limite de l’espace urbain et commémore, par ses reliefs, la gloire de Rome et le triste sort de ceux qui se sont opposés à sa tutelle. Privé de ses parties hautes (entablement et attique), il a été élevé à l’entrée de la ville dans les années 10-25 ap. J.-C. Il mesure actuellement 8 mètres de hauteur. L’Arc a été conçu sur un schéma très proche de celui d’Orange, bien qu’il ne présente qu’une seule baie.

Le Mausolée est un des monuments funéraires les mieux conservés du monde romain. Haut de 17 mètres environ, il s’élevait à l’entrée de la nécropole de Glanum. Il fut édifié dans les années 30-20 av. J.-C. par les descendants d’un notable local qui s’était engagé dans les armées de César et s’y était illustré, pour recevoir avec la citoyenneté romaine, le même nom que le Dictateur, Julius. L’inscription gravée sur l’architrave de la face ouest du monument en témoigne : "Sextius, Lucius, Marcus, fils de Caius, de la famille des Julii, à leurs parents". Les statues figurant dans la tholos représenteraient deux membres de la famille. Très dégradées, elles ont été remplacées par des copies à l’identique lors de la restauration de 2007-2008.

Les fruits et les fleurs qui décorent l’archivolte des deux arcs de tête de la voûte à caissons de l’Arc signalent les bienfaits et l’abondance que Rome a apportés à la Gaule. De même, les quatre victoires ailées, porteuses de branches de laurier et d’étendards, sculptées dans les écoinçons, célèbrent la gloire de Rome. Les reliefs de ses piles latérales montrent des Gaulois captifs enchaînés à un trophée (poteau de bois où sont accrochées les dépouilles guerrières). A l’intérieur du Mausolée, aucune urne cinéraire ou inhumation n’a été trouvée, il peut donc s’agir d’un cénotaphe commémoratif. De bas en haut, le monument comporte : - un socle massif historié, aux reliefs accentués par la technique de la cernure, où est évoquée sous forme mythique la valeur guerrière du fondateur de la famille, - un petit arc à quatre faces qui suggère à la fois le triomphe militaire et la victoire sur la mort, - un petit temple rond (tholos) qui abrite les effigies de deux personnages héroïsés et fiers d’arborer la toge. Ce sont les "parentes", c’est-à-dire le père et le grand-père des dédicants.

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virgile

Mosaïque du 2ème siècle trouvée aux environs de Vienne (Isère) et exposée au musée de Saint Germain en Laye (Yvelines) représentant une scène de semailles et labours inspirée du poète romain Virgile.

Poète latin (Andes, aujourd'hui Pietole, près de Mantoue, 70 avant J.-C.-Brindes 19 avant J.-C.).

Virgile est né dans la civitas de Mantoue ; la date traditionnelle de 70 avant J.-C. répond assez bien à ce que nous entrevoyons des rapports du poète avec ses contemporains. Provient-elle de son épitaphe, comme on l'a supposé ? Elle a pu tout aussi bien être élaborée à partir de ces synchronismes que les Anciens aimaient à instituer à l'intérieur de leurs traditions.

Les Vies attribuent à Virgile une origine rurale (et non citadine) qui s'accorderait en effet au caractère de sa poésie. On a essayé de localiser un peu précisément le village ou le domaine dans lequel le jeune homme aurait grandi. Une tradition qui remonte à l'Antiquité désigne Andes (aujourd'hui Pietole), à 5 km au sud-est de Mantoue ; mais, si le poète, comme il semble, a mis quelque chose de son histoire personnelle dans le scénario des Bucoliques I et IX, il faut chercher ailleurs, en un horizon moins uniformément plat. Plusieurs indices concordants désigneraient plutôt un pays de collines à une vingtaine de kilomètres au nord de Mantoue, près de l'endroit où l'antique via Postumia franchissait le Mincio ; on a retrouvé sur la rive droite et à partir de Crémone des traces de lotissements qui pourraient remonter à l'époque où les bergers des Bucoliques, Virgile lui-même sans doute, furent menacés dans leurs biens.

Sur la famille du poète, le nom de Maro nous apprend peut-être quelque chose. Les Étrusques, au temps de leur indépendance, avaient des magistrats appelés marones, et ce titre s'était fixé comme cognomen dans certaines familles. On a noté que, par la suite, Virgile fut l'ami de Mécène, issu, à n'en pas douter, d'une famille toscane ; il a, dans l'Énéide, fait aux Étrusques une place beaucoup plus grande qu'aucun de ceux qui avaient avant lui raconté la légende d'Énée. Cette fidélité au souvenir d'un passé devenu alors bien lointain suggère un certain niveau de culture. Précisément, Donat et Servius donnent à la mère de Virgile le nom de Magia, et, à en juger cette fois par l'épigraphie, une famille de Magii semble avoir tenu quelque place dans Crémone. On supposera donc que, lorsque biographes et commentateurs insistent sur l'obscurité des origines du poète, c'est qu'ils ont voulu le voir à travers les petites gens qu'il met en scène dans les Bucoliques. Pourtant, leurs suggestions peuvent n'être pas entièrement fallacieuses : il est notable que rien, dans l'œuvre de Virgile ni dans les gloses qui s'y rapportent, ne fasse état, pour quelque moment de sa vie, d'ambitions politiques, d'une formation à l'éloquence recherchée auprès d'orateurs en vue, du souci d'une carrière à engager dans l'entourage d'un des puissants du jour.

Assurément, l'auteur des Bucoliques n'était pas, jusqu'à sa trentième année, resté reclus dans son village. Études à Crémone, à Milan, nous dit-on, sans doute un voyage ou un séjour à Rome ; peut-être ici ou là aurait-il noué quelque amitié avec tel de ceux que nous voyons ensuite traverser sa vie. Nous en saurions beaucoup plus si nous étions sûrs de devoir attribuer à Virgile un bref poème (Catalepton, 5) où un tout jeune homme, ce semble, fait à l'éloquence, à ses camarades d'études, aux Muses même des adieux ironiques parce qu'il a résolu de gagner les havres de la béatitude sous la conduite de Siron, un épicurien célèbre qui enseignait à Naples vers la fin de la République. Malheureusement, ce poème nous est parvenu dans des conditions bien suspectes, et c'est plutôt à une période ultérieure de sa vie, après 38 avant J.-C., que Virgile est effectivement entré en rapports suivis avec les épicuriens de Campanie. Quoi qu'il en soit de ces voyages, on notera que, dans toute son œuvre, la vie urbaine, la grande ville est évoquée toujours avec aversion ou effroi. Il semble bien douteux que Virgile y ait fait des expériences heureuses, bien douteux qu'antérieurement aux Bucoliques il soit resté longtemps absent de son cher pays.

En tout cas, c'est là que nous le retrouvons en 42 avant J.-C., au moment où des malheurs imprévus, conséquence des guerres civiles, vont s'abattre sur des cités restées jusqu'alors paisibles. Partout les paysans sont dépossédés de leurs biens au profit de vétérans qu'il faut payer de leurs loyaux services. Ces drames vont le toucher profondément ; peut-être exproprié lui-même, il aura, vers 38 avant J.-C., quitté son pays. Il en porte dans les Géorgiques la vive nostalgie ; jusque dans l'Énéide, qu'il s'agisse d'Andromaque, d'Évandre, d'Énée ou de Didon, il aura toujours une tendresse spéciale pour les exilés.

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abbaye

Sur la merveilleuse presqu'île de Crozon, dans le Finistère (29) se trouve l’abbaye de Landévennec. Les restes des bâtiments monastiques de diverses époques y côtoient un musée, un jardin de simples et un jardin exotique.

La tradition veut que la première installation monastique date du Ve siècle : en 485, saint Guénolé s’installe à l’endroit où l’Aulne rejoint la mer. L’époque carolingienne est une période de grande activité pour le monastère, avec la copie de nombreux manuscrits. Mais en 913, le monastère est pillé et incendié par les Vikings. Les religieux quittent le site avec les reliques de saint Guénolé et se réfugient à Montreuil-sur-Mer. Ce n’est que trente ans plus tard qu’ils pourront revenir et reconstruire l’abbaye. Cependant, l’histoire de Landévennec reste mouvementée jusqu’au XVIe siècle.
Rattachée à l’évêché de Quimper au début des années 1780, la Révolution voit la fin de l’occupation monastique du site. La vente des bâtiments est en effet organisée en 1792 : trop chère, elle ne trouve acquéreur qu’en 1796. Son nouveau propriétaire Joseph Duplessis la vend en pièces détachées (on peut voir quelques stalles à Brest par exemple).
L’abbaye retrouve un nouveau souffle en 1875, lorsqu’elle est achetée par le comte de Chalus. Il tente de sauver les vestiges encore en place et crée un jardin exotique. Cela explique la présence des palmiers sur le site!

La visite de Landévennec est particulière : sur un site magnifique, en bord de mer, entouré d’une végétation locale et exotique, on découvre les vestiges de bâtiments médiévaux. Il faut commencer par le musée, qui nous conte l’histoire des différentes occupations et permet de découvrir quelques exemples, par le biais de fac-similés, de manuscrits qui étaient réalisés ici. Ensuite, la visite se poursuit dans les vestiges : les bâtiments monastiques et l’église (légèrement remaniée par le comte de Chalus qui intègre des plantes dans certains faux piliers de la nef).

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paris

Au 13ème siècle avant Jésus-Christ une tribu Gauloise : Les Parisii, s'installe dans le site actuel de Paris, mais des découvertes archéologiques réalisées entre 1994 et 2005 montrent qu'il existait une agglomération gauloise importante à Nanterre.
En 52 av. J.-C., après la bataille de Lutèce gagnée par les Romains, les Parisii tombent sous la domination romaine. Sur la rive gauche de la Seine, les romains créent une nouvelle ville : Lutèce. La ville devient gallo-romaine et sous la direction des romains, les gaulois construisent la cité. De cette période, Paris a conservé des vestiges : les arènes de Lutèce, les thermes de Clunny, la place de la Bastille, la rue Saint-Jacques et la rue Mouffetard...
A partir du IIIe siècle, les invasions barbares, obligent les habitants à se replier régulièrement sur l'île de la Cité. Vers 360, Julien est proclamé empereur romain, c'est à cette époque que la ville prend le nom de Paris.
En 451, une jeune fille nommée Geneviève encourage les Parisiens à résister à l'invasion des Huns, la population de la rive gauche se réfugie sur l'île de la Cité, protégée d'une enceinte d'une largeur de deux mètres. Le chef des huns : Attila épargnera Paris. Elle sera enterrée sur la montagne qui porte son nom, Sainte-Genneviève, patronne de Paris veillant sur les habitants.

Après avoir vaincu à la Bataille de Soissons en 486 Syagrius, général romain qui a régné en Gaulle du Nord, Clovis est baptisé premier roi des Francs vers 500. Vers 507, Clovis est aussi le premier roi à choisir Paris comme capitale. A l'origine Paris était divisée en quatre quartiers : l'Ile de la Cité et sur la rive droite : Saint-Jacques-de-la-Boucherie, la Verrerie et la Grève. Au VIIIe siècle des enclos de cultures se forment sur la rive gauche.
En 800 Charlemagne installe sa capitale à Aix-la-Chapelle. En 877, Charles II fait renforcer les fortifications romaines pour protéger Paris de l'invasion des Vikings, envahisseurs normands qui pillent les faubourgs et incendient églises et abbayes.
De 885 à 886 Paris est assiégé par les Vikings, Eudes Comte de Paris (futur roi de France) défend Paris avec ferveur. Charles le Gros de retour à Paris, achète le départ des Normands et les autorise à piller la Bourgogne.
En 987, le pouvoir passe à la dynastie des Capétiens avec Pépin le Bref, un descendant d'Eudes. Au XIIe siècle, Louis VI améliore la défense de Paris, son fils Philippe-Auguste fait construire une nouvelle enceinte avec 67 tours autour de Paris et fait ériger le château fort du Louvre.
Les quartiers passent de quatre à huit, sur la rive droite : Sainte-Opportune et Saint-Germain l'Auxerrois, et sur la rive gauche : Saint-André et Maubert. À partir de 1163, sur l'île de la Cité, où il y a une quinzaine d'églises, débute l'édification de la cathédrale Notre-Dame qui remplace l'église Sainte-Etienne. Le palais royal (actuel Palais de Justice de Paris) est placé à l'ouest de l'île de la Cité. Plusieurs ponts enjambent la Seine. Au XIIIe siècle, Paris compte près de 100 000 habitants, les principales rues sont pavées, sur la rive gauche les écoles s’unifient en université. En 1257, Robert de Sorbon, fonde un collège pour étudiants pauvres (l'actuelle Sorbonne).
Professeurs et étudiants parlent latin d'où le nom du quartier latin. De 1242 à 1248, Saint-Louis fera édifier la Sainte-Chapelle au coeur du palais de la cité.
En 1348, la cité est frappée pour la première fois par la peste. A partir de 1356, durant la guerre de cent ans, pour faire face aux attaques anglaises, le roi Charles V, fait construire une nouvelle enceinte sur la rive droite.
Huit nouveaux quartiers se forment : les Halles, Sainte Antoine, Saint-Denis, Saint Eustache, Saint Gervais, Saint Honoré, Saint Martin, Sainte Avoye. La Bastille est édifiée à partir de 1370.
Au début du XVe siècle Paris tombe aux mains du roi d'Angleterre, la cité est reconquise en 1436 par Charles VII, mais à cette période les rois choisissent de résider sur la Loire.

la Loire. Son fils, Henri II poursuit la construction et l'agrandissement du Louvre.
A la mort d'Henri II, son épouse Catherine de Médicis fait poursuivre les travaux du Louvre et fait bâtir le palais des Tuileries avec un jardin à l'italienne. La « Maison aux Piliers » appartenant en 1357 à Etienne Marcel, prévôt des marchands, est remplacée au XVIe siècle par un palais : l'Hôtel de Ville.
Le 24 Août 1572, Paris est le témoin du massacre de la Saint-Barthélémy opposant catholiques et protestants.

Au début du XVIIe siècle, Henri IV décide de relier le Louvre au Palais des Tuileries et fait bâtir une longue galerie longeant la Seine. On doit aussi à Henri IV le Pont Neuf, premier pont qui ne porte pas de maisons et équipé de trottoirs.
Henri IV fait construire deux places : la place Dauphine sur l'Ile de la Cité et la place Royale (nommée place des Vosges depuis 1800) sur l'emplacement de l'hôtel des Tournelles. Cette dernière est inaugurée lors des fiançailles de Louis XIII et d'Anne d'Autriche.
Durant le XVIIe siècle, une opération urbaine contribua à former l'actuelle île Saint-Louis en réunissant l'île aux Vaches à l'île Notre-Dame. A partir de 1610, de nombreux hôtels particuliers voient le jour.
Marie de Médicis achète en 1615 au Duc de Luxembourg son domaine et fait bâtir le Palais du Luxembourg sur le modèle du Palais Pitti à Florence.
Louis XIII fait moderniser le vieux Louvre. A la mort de Louis XIII, Anne d'autriche et Mazarin, donnent à la capitale française un nouveau style d'influence italienne. En 1624, le cardinal Richelieu achète l’Hôtel de Rambouillet et le fait transformer en palais : le Palais Cardinal (l'actuel Palais Royal). Il décide également d'entreprendre la rénovation de la Sorbonne à laquelle il associe une chapelle destinée à recevoir son tombeau.
Louis XIV entreprend à son tour de grands travaux, il fait abattre les fortifications remplacées par des promenades (grands boulevards). En 1670, il commande à l'architecte Hardouin-Mansart la construction de l'Hôtel des Invalides pour les soldats bléssés de son armée. La manufacture des Gobelins et deux places royales : place des Victoires, et place Vendôme sont édifiées à cette époque.
Mais à partir de 1677, Louis XIV qui déteste Paris, (souvenir de la fronde : révolte des nobles en 1648), s'installe au Château de Versailles et transfère le siège du gouvernement.

Au XVIIIe siècle, Louis XV ordonne la création de l'Ecole Militaire, du Champ de Mars, de l'église de la Madeleine et surtout suite à la guérison de sa maladie, la construction d'une église dédiée à Sainte-Geneviève en 1754 (l' actuel Panthéon). Un mur est édifié en 1785 autour de la ville afin de taxer les marchands : le mur des fermiers généraux.

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trésorLe mot « trésor » éveille toutes les convoitises. Il désigne communément un ensemble d’objets précieux accumulés souvent cachés ou perdus. L’imaginaire collectif y voit un fait rare, exceptionnel, et lui associe la promesse de richesse. Sortis de terre, les trésors des anciennes civilisations sont étudiés par les archéologues. Mais, comme le prouve la découverte du trésor de Neuvy, ce ne sont pas toujours des fouilles archéologiques qui permettent de les exhumer.

C’est dans l’antique pays des Carnutes (habitants de la Beauce) que des ouvriers ont découvert le trésor en 1861. Alors qu’ils extrayaient du sable dans une carrière de Neuvy-en-Sullias, près d’Orléans, un coup de pioche fit apparaître dans la cachette sommairement maçonnée un superbe cheval d’un mètre de haut  entouré de statuettes et autres objets en métal. Ils venaient de découvrir l’un des plus importants dépôts de bronze datant de la Gaule romaine. L’ensemble compte en effet trente-trois pièces réalisées dans ce matériau précieux, principalement des statuettes animales et humaines, mais aussi une longue trompette droite ou tuba, instrument de musique introduit en Gaule par les Romains.

Certains spécialistes ont pensé qu’il pouvait s’agir d’un dépôt de bronzier qui aurait groupé là des objets destinés à la refonte. Mais la présence de divinités et d’animaux eux-mêmes associés à des dieux amène à penser qu’il s’agit plutôt d’objets provenant à l’origine d’un sanctuaire. En effet, les fidèles offraient des présents de ce type aux divinités en remerciement d’un bienfait. Ces offrandes pouvaient ensuite être déplacées et cachées afin de les protéger du pillage ou bien de céder la place à d’autres lors d’un nouveau dépôt. Devenues sacrées par leur consécration à une divinité, elles ne pouvaient être détruites.

Les pièces de bronze de Neuvy provenaient vraisemblablement d’un fanum, lieu de culte gallo-romain issu de la tradition architecturale gauloise. Une inscription latine sur le socle du cheval confirme cette interprétation. Il y est dit que les magistrats de la ville de Cassicion (site non identifié) l’avaient offert à Rudiobus, sans doute un dieu guerrier. Ce socle est en outre doté d’anneaux, ce qui indique que l’objet pouvait être porté lors de processions. Il s’agit donc bien d’une offrande à un dieu, destinée à être déposée dans son sanctuaire.

La naissance de l’art proprement gallo-romain demeure mal connue, et ce trésor soulève encore aujourd’hui bien des questions par le mélange de styles que présentent les divers objets qui le composent. Les figurines humaines sont de deux types : les unes de facture gauloise comme la remarquable « grande danseuse » , les autres de facture classique romaine comme Esculape , Hercule enfant  ou Mars . Quant au cheval , pièce maîtresse du dépôt, il incarne le réalisme propre à l’art romain, mais s’en éloigne par certains traits comme l’important développement de l’encolure ou la raideur des jambes. C’est donc une œuvre gallo-romaine qui mêle deux styles : gaulois et romain.

La grande variété stylistique des œuvres de Neuvy-en-Sullias conduit à dater le trésor dans une fourchette chronologique assez large, allant du Ier siècle avant J.-C. au IIe siècle après J.-C. L’art de ces bronzes se situe à la charnière entre deux époques et deux styles. Le sanglier  et la « grande danseuse » témoignent de manière très claire d’une résistance de l’art celtique au début de l’époque romaine.

Le sanglier du trésor de Neuvy a été réalisé en tôle de bronze chaudronnée, une technique traditionnelle chez les Celtes. Très admiré pour sa combativité, cet animal a souvent été choisi pour orner les enseignes militaires. Avec sa chevelure flottante et son corps au tronc étrangement étiré, la « grande danseuse »  ne correspond en rien aux canons de l’art romain. Elle esquisse un pas de danse que l’artiste a exprimé par la position des bras et des jambes avec une liberté caractéristique de la statuaire celtique. Saltimbanque ou ménade, on ignore qui elle est. Cette « grande danseuse » aux formes épurées fut très admirée par André Malraux et par nombre d’artistes du XXe siècle.

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hermes

 1 - A l'époque archaïque, les Grecs n'avaient pas commencé à donner à leurs dieux une figure humaine; Hermès était vénéré tantôt sous la forme d'un tas de pierres ramassées  dans les champs et servant de repères aux voyageurs, tantôt sous forme phallique.

Peu à peu, ces hermès - bornes subissent une transformation essentielle : une tête à forme humaine surmonte la colonne phallique qui s'équarrit et devient quadrangulaire.

A mesure que ce type de représentation se précise, l'usage des hermès se répand de plus en plus et devient envahissant. Marquant les frontières et limitant les propriétés, ces bornes pittoresques se trouvaient également en bien d'autres lieux : devant les temples, près des tombeaux, dans les bibliothèques et dans les cours des maisons.

2 - Trouvé en 1970 dans les fouilles d'un quartier romain de Fréjus ( le Clos de la Tour, Insula I), près d'un important édifice à péristyle et exèdres, ce buste est une heureuse exception dans la série relativement abondante et généralement médiocre des Hermès doubles de production hellénistique et romaine. L'artiste a adroitement associé, en les opposant,deux divinités agrestes couronnées de fleurs. D'une part, un jeune Faune caractérisé par les attributs caprins, et dont les traits accusent sans outrance le tempérament folâtre et l'esprit malicieux; d'autre part, un Hermès ou Dionysos barbu, empreint d'une olympienne majesté, dont le regard "insondable" est souligné par un fin sourire de kouros archaïque.

On peut reconnaître dans ce groupe à la fois sévère et badin la dyade HERMÈS - PAN, dieux champêtres confondus en pays latin avec Terminus et Faunus, mal distingués d'ailleurs de Priade et Sylvain. l'hymne homérique à Pan (XVII) et Hérodote (II,145-146) fond du Chèvre - pied un fils d'Hermès. Cette étroite parenté et des fonctions pastorales très voisines ont pu favoriser la réunion sur un même pilier des deux principaux dieux arcadiens. Toutefois, la confusion fréquente dès la Haute Antiquité entre les types très voisins de Dionysos et d'Hermès, l'assimilation du thème, très répandu' du Satyre assesseur de Bacchus, peuvent laisser planer quelque doute. Il manque seulement à Dionysos, pour le préférer à Hermès, la couronne de lierre qui le distingue habituellement dans le cortège des dieux à longue barbe.

Quoi qu'il en soit, le goût latin pour les "Janus", une mode volontiers archaïsante, et le rétablissement des fêtes des carrefours (compitales) par Auguste, approuvent assez bien le choix de l'association et le beau style de cette sculpture.

Importée à Fréjus, Forum Julii, l'ure des portes des Gaules, par la voie de la colonisation, cette oeuvre d'art a pu décorer le jardin d'une riche villa urbana, à moins qu'elle ait appartenu à un édifice public, palestre ou marché. Héritière, à bien des égards, de la plus pure tradition hellénique, il ne lui manque, en vérité qu'une signature grecque.

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vercingétorix

 

Vercingétorix (né aux environs de -80 sur le territoire des Arvernes, dans l'actuelle Auvergne, mort le 26 septembre -46 à Rome) est le fils du chef gaulois de la tribu des Arvernes, Celtillos. Il fédère la plupart des peuples gaulois et leurs chefs pour tenter de repousser le général romain Jules César, allié des quelques autres tribus gauloises, à la fin de la guerre des Gaules (-58 à -51). Vaincu à Alésia en -52, il est emprisonné, puis, six ans plus tard, exécuté à Rome à la suite du triomphe de César.

Vercingétorix, dont le nom, prononcé « Ouèrkinnguétorix », signifie, d'après Ange de Saint-Priest, « puissant guerrier » (Vercingeto) et « roi » (Rix), est l'un des premiers chefs ayant réussi à fédérer une partie importante des peuples gaulois, en montrant de réels talents militaires face à l'un des plus grands stratèges de son temps, Jules César.

Largement oublié jusqu'à la moitié du XIXe siècle, sa figure de représentant de la civilisation gauloise est largement mise en avant sous Napoléon III ; puis, dans le cadre de l'affrontement franco-allemand, il incarne une figure mythique et nationale de tout premier ordre pour la France, dans une part importante de l'historiographie du temps. Il devient, entre 1870 et 1950, dans l'enseignement de l'histoire à des générations d'écoliers, le premier chef des Français.

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nicolas

                                                            

nicolas 1

 

 

 Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari, communément connu sous le nom de «Saint Nicolas» est né à Patare, en Lycie, autour des années 270 et mort à Myre en 3451. C'est un évêque de Myre en Lycie, en Anatolie, l'Orient de l'Empire romain. Il est renommé pour sa charité et sa foi combative. La tradition affirme qu'il a participé au premier concile de Nicée.

Canonisé, il a été proclamé protecteur de nombreuses nations et de nombreux corps de métiers, il est un personnage populaire de l'hagiographie chrétienne.

Le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, est fêté traditionnellement dans plusieurs pays européens du Nord et de l'Est (notamment le nord et l'est de la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne) « où il distribue des cadeaux à tous les enfants sages ».

 

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arc

  La cité antique d'Orange semble faire table rase de toutes les occupations antérieures. Rien ne prédisposait à la création d'une cité en ce point de la plaine au nord de la colline. Vents, marécages, inondations y constituaient un milieu hostile. Il fallait donc une volonté tenace de l'État romain pour réaliser un projet urbain d'une rare monumentalité.

La ville antique est organisée autour d'un sanctuaire religieux remanié à plusieurs reprises, dédié à l'empereur. Son architecture monumentale est instrumentalisée en une mise en scène grandiose au service de l'idéologie impériale. Ainsi, le citoyen ou le visiteur ne pouvait échapper à cette vision impressionnante qui guidait obligatoirement son regard, dès les abords de l'arc, vers une perspective savamment élaborée où, étagés jusqu'au sommet de la colline, monuments, temples et portiques se répondaient. En effet, la voie romaine, la via Agrippa, venant de Lugdunum, se transformait après le passage de l'arc en une pénétrante rectiligne, qui, du nord au sud, filait droit en direction de la colline Saint-Eutrope, franchissait les portes du rempart, longeait le flanc ouest du forum et aboutissait au sanctuaire religieux.

Cette monumentalité est marquée dès les abords de la ville par un arc triomphal dédié à la gloire des fondateurs de la cité : les vétérans de la IIe Gallica, puis re-dédicacé en l'honneur de l'empereur Tibère. Outre sa fonction honorifique, il marque symboliquement la séparation entre le monde des vivants et le monde des morts ; en effet, de part et d'autre de la voie d'Agrippa, s'étendaient des nécropoles dont les sépultures et les vestiges de deux mausolées découverts en 1995, au quartier de Fourches-Vieilles, montrent l'étendue, la densité et la richesse.

L'arc d'Orange, érigé au nord de la ville à environ 70 mètres au nord des remparts, est un édifice assez massif à trois baies dont le décor évoque la toute-puissance de Rome. Sur ses faces nord et sud, des armes celtes de la période de l'indépendance paraissent comme accrochées en éventail sur un mur ; sur ses côtés est et ouest, les Celtes sont représentés enchaînés. Armes et captifs semblent des trophées éternels sculptés dans la pierre rappelant la permanence de la domination que Rome triomphante exerce sur les peuples de la région.

À ce décor s'ajoute celui de dépouilles navales où proues, avirons, ancres et aplustres, sous l'oeil bienveillant de sirènes et de monstres marins, se mêlent dans un désordre savant, rappelant la maîtrise sur le monde maritime que la victoire d'Actium donna à Rome. Enfin, sur l'attique supérieur, dans une étroite mêlée, s'affrontent cavaliers et fantassins, rappelant le vieux thème pergaménien qui oppose Grecs et Galates qui, ici, sont devenus des Romains et des Celtes.

Fin 2009, il est devenu le plus bel Arc Romain ! Après 1 an de restauration minutieuse, l'Arc a retrouvé son triomphe d'antan, et dévoile enfin aux visiteurs, la beauté de ses sculptures. Doté de sa Romanité restaurée, à nouveau l'Arc de Triomphe s'impose.

 Le monument dégage maintenant alors une telle puissance qu'il ne laisse pas insensible, même l'oeil le moins averti.

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nimes

La Maison Carrée est un temple romain hexastyle édifié au début du Ier siècle aprés J-C à Nîmes , dans le Gard.

Lors de sa construction, la Maison Carrée est dédiée pour Auguste à la gloire de ses deux petits-fils : les consuls et chefs militaires Lucius Caesar et Caius Julius Caesar. Au fil des siècles, le temple est notamment devenu une maison consulaire, une église puis un musée des arts antiques. Il s'agit aujourd'hui du temple romain le mieux conservé au monde.

La Maison Carrée fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840..

La Maison Carrée, temple du forum de la ville, était le second lieu dédié au culte impérial avec le sanctuaire de la Fontaine. Il s’agit du temple le mieux conservé du monde romain. Cet édifice a été bâti entre 10 av. J.-C. et l’an 4 AD, à l’extrémité sud du forum, sous le règne d’Auguste.

La place du forum où a été édifié le temple s’étendait sur 80 m de long et était encadrée par deux portiques. Au nord, la place était fermée par un bâtiment rectangulaire de 18 m par 14 m, que l’on identifie aujourd’hui comme étant la Curie et que nous avons évoqué précédemment.

La maison carrée est un édifice hexastyle corinthien et pseudo périptère, qui mesure 13,54 m de large sur 26,42 m de long. Trente colonnes de neuf mètres de haut chacune enserrent la structure intérieure. Celle-ci est formée d’une simple cella précédée d’un pronaos dont le plafond est moderne. À l’origine on devait pénétrer dans la cella par une grande porte de près de sept mètres de haut.

Ce temple a été édifié sur un haut podium lui donnant une position dominante sur son environnement. L’accès à la cella se fait par un escalier unique. Ces deux façons de faire sont directement issues de la tradition étrusque, encore présente à Rome et en Italie. La structure du plan et l’utilisation de l’ordre corinthien dénotent quant à eux une influence grecque. Enfin, la disposition pseudo-périptère, présente en Italie depuis le début du Ier siècle av. J.-C., permet d’animer et de rythmer la façade. Cette architecture s’inspire directement du temple d'Apollon à Rome, dont la Maison Carrée se veut un modèle réduit. Le temple d'Auguste et de Livie à Vienne semble aussi être une variante de ce type d’organisation. Sa fonction religieuse était par ailleurs très comparable à celle de Nîmes, puisqu’on y célébrait aussi le culte impérial. En ce qui concerne le décor, il est essentiellement formé par l’entablement et les chapiteaux des colonnes qui le soutiennent. Ce type de décor rappelle fortement celui que l’on a pu trouver sur le temple de Mars Ultor à Rome. On pense aujourd’hui que la maison carrée en est directement inspirée. Sa composition comprend une architrave divisée en trois bandeaux et ornée d’une frise à rinceaux. À l’intérieur, on n’a conservé aucune trace du décor d’origine, bien qu’il ait été reconstitué.

Le temple portait sur son frontispice, inscrite en lettres de bronze scellées dans la pierre, une dédicace expliquant le rôle de l'édifice. Cette dédicace a aujourd'hui disparu, mais grâce à la disposition des trous de scellement encore visibles, le grand érudit nîmois Jean-François Séguier est parvenu en 1758 à recomposer le texte original : « À Caius Caesar consul et Lucius Caesar consul désigné, fils d'Auguste, princes de la jeunesse. ». Le temple est dédié aux héritiers d’Auguste, Caius et Lucius Caesar ; ce sont en fait les petits-fils et héritiers désignés d’Auguste avant qu’ils ne meurent prématurément. Grâce à la première ligne de cette dédicace, il est possible de dater l’achèvement de la Maison Carrée entre 2 et 3 AD, d’après la date du consulat de Caius et Lucius. La seconde ligne, placée postérieurement, date de 4-5 AD. Le temple, comme le sanctuaire de la fontaine, restera dédié à l’empereur en place bien des générations après la mort d’Auguste. Il en sera ainsi pour tous les temples impériaux gallo-romains de cette époque. Dans la réalité des faits, on continue de vénérer l’empereur de chaque époque sous le titre d’Auguste, ce qui permet de conserver l’idée de départ.

L'histoire post-romaine de l’édifice est mouvementée. Il est quasi miraculeux qu’il soit parvenu à ce jour en si bon état.

Du XI° au XVI° siècle, la Maison Carrée fut utilisée comme maison consulaire de Nîmes, c'est-à-dire une sorte d'hôtel de ville : on appelait consuls au Moyen Âge certains échevins du Midi de la France. On connaît alors le bâtiment sous le nom de Capitole ou Cap-duel[

L'édifice subit alors de nombreuses transformations pour l'adapter aux besoins de ses nouveaux occupants. L’historien nîmois Léon Ménard donne une description de ces transformations imposées à l'ancien temple romain :

« D’abord on divisa l’intérieur en plusieurs pièces, et même en deux étages ; on y forma des voûtes, on y construisit une cheminée, qui fut adossée contre le mur du levant, et un escalier à vis contre celui du couchant. De plus, pour éclairer ces nouveaux appartements, on y fit plusieurs fenêtres carrées. Les consuls ajoutèrent dans la suite quelque chose à cet ordre. Ils firent fermer le vestibule par une muraille, qui allait d’une colonne à l’autre, alors, on ouvrit d’autres fenêtres et l’on fit une cave de la voûte souterraine du vestibule. On abattit aussi le perron. »

Il devint par la suite une maison d'habitation, une écurie, puis une église, l'église des Augustins. Propriété des ecclésiastiques, il fut convoité par la duchesse d'Uzès pour en faire un tombeau pour son mari, Antoine de Crussol.

Il fut le lieu de réunion du Directoire pendant l'époque révolutionnaire, puis devint la préfecture du département du Gard.

Restaurée, comme les autres monuments nîmois, au XIX° siècle, la Maison Carrée porte, gravé en lettres romaines sur le flanc ouest, un court texte en latin : « Réparé par la munificence du roi et l'argent offert par les citoyens, 1822. ».

En 1824, le temple devint un lieu d'exposition d'objets antiques.

En 1992, la Maison Carrée a reçu une nouvelle toiture, reproduction fidèle de l'original antique, composée de grandes tuiles plates (tegulae) et de tuiles-canal (imbrices) moulées à la main.

En 1993, l'architecte britannique Norman Foster construisit face à la Maison Carrée un bâtiment appelé Carré d'Art, prévu pour accueillir un musée d'art contemporain, et pensé comme le pendant moderne de la Maison Carrée. Il réaménagea également la place attenante afin d'assurer une harmonie entre les deux édifices.

En 2006-2007, la façade sud de la Maison Carrée a bénéficié d'une rénovation qui lui permit de retrouver une blancheur parfois contestée ( badigeon au lait de chaux afin de recréer un calcin sur la pierre et, donc, de mieux protéger celle-ci des agressions du temps ). Ce long travail se poursuivit en 2007-2008 par la façade ouest, en 2008-2009 par la façade est et enfin, en 2009-2010 pour ce qui est de la façade principale, sur laquelle il fut envisagé de restituer les lettres de bronze de la dédicace originale.

Le 12 février 2011, la ville de Nîmes a fêté la fin de la restauration de la Maison Carrée. Une exposition intitulée Maison Carrée restaurée l'a relatée au Carré d'Art. Il aura fallu pas moins de quatre ans et plus de 44 000 heures de travail à l'architecte des monuments historiques, Thierry Algrain, pour venir à bout de la restauration de ce patrimoine exceptionnel.

Jusqu'en 2013, Culturespaces (société gestionnaire du monument par délégation de service public) a projeté un film en 3D à l'intérieur de l'édifice, « Héros de Nîmes », qui plongeait le spectateur pendant vingt minutes dans la vie quotidienne d’un habitant de Nîmes sous l’Empire Romain, au Moyen Âge, ou lors des ferias actuelles. Depuis 2014, un nouveau film en 3D y est projeté. Intitulé « Nemausus - la naissance de Nîmes », il traite des origines de la ville. Les œuvres précédemment exposées, dont la Vénus de Nîmes et une copie de la Vénus d'Arles, ont été reléguées dans un sous-sol en attendant la construction du musée de la romanité d'Elizabeth de Portzamparc, situé à côté des arènes de Nîmes, dont l'ouverture est prévue pour 2017.

La Maison Carrée porte ce nom depuis le XVI° siècle. En effet, dans la langue française de cette époque, toute figure géomètrique ayant quatre angles droits était désignée par le mot « carré » : le « carré long » était le rectangle et le « carré parfait » notre carré actuel. C'est la raison pour laquelle, malgré sa forme rectangulaire, ce temple a reçu l'appellation de Maison Carrée.

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strasbourg

Bien que le site ait été occupé de façon permanente par les Celtes, la fondation d’Argentoratum est attribuée
aux Romains qui construisent, en 12 avant Jésus Christ, un camp fortifié.
Celui-ci fait partie de la ligne de défense établie pour défendre l’Empire des attaques des Germains. Autour de ce camp s’établit alors une agglomération qui subit plusieurs destructions au cours du temps, dont la plus terrible, par Attila  en 451.
La ville est restaurée en 496 sous le nom de "Strateburgum" par les Francs qui favorisent le développement de la ville, après la conversion de Clovis au Christianisme. Argentoratum est l’une des rares villes de la région à avoir un Evêque, véritable gouverneur de l’époque.
    

Les premières traces d’occupation humaine sur Strasbourg et ses alentours remontent à – 600 000  et de nombreux objets du Néolithique, de l’âge de Bronze et de Fer ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques.
Mais c’est aux environs de 1300 av. J.-C. que date l’installation durable de peuples protoceltes.
Vers la fin du IIIe siècle av. J.-C. le site est devenu une bourgade celte du nom d’Argentorate, dotée d’un sanctuaire
et d’un marché. Grâce à d’importants travaux d’assèchement, les maisons sur pilotis cèdent leur place à des habitations bâties sur la terre ferme.
Les romains arrivent en Alsace en 58 av. J.-C. et s’installent sur le site de Strasbourg.
En 12 av. J.-C. le général romain Nero Claudius Drusus, frère de Tibère, y fait construire un camp militaire sur
l’emplacement d’une forteresse gauloise. Le nom de la ville est romanisé en Argentoratum.
C'était alors un camp militaire fortifié positionné sur le limes du Rhin faisant partie des castella Drusi, les forts de Drusus.
Au fil du temps, la ville va prendre de l’importance. Le camp est agrandi et les fortifications en bois cèdent leur place à un mur en pierre.
Promue au rangde colonie militaire, Argentorate est déjà un carrefour commercial important.
Aux alentours de l’an 20 la population est estimée à près de 10 000 habitants, armée romaine inclue.
La ville reste néanmoins essentiellement militaire et donc totalement dépendante de cette activité.
Au cours des IIe et IIIe siècles, avec l’agrandissement de l’empire romain, Argentoratum va servir de base de repli pour les troupes romaines installées en Germanie.
Mais en 260, les légions quittent la Germanie et Strasbourg redevient une ville frontière.
En 355, la ville est saccagée par les Alamans.
Julien l'Apostat reconquiert la ville en 357, court répit avant une nouvelle poussée expansionniste des Germains.
En effet, dès le retrait des troupes romaines, en 406, les Germains envahissent la Gaule.
Puis en 451, la ville est complètement détruite par Attila.
       

Elle est restaurée sous le nom de Strateburgum en 496 par les Francs qui favorisent le développement de la ville, après la conversion de Clovis au christianisme.
En effet, Argentorate est l’une des rares villes de la région à être le siège d'un évêque, véritable gouverneur de l’époque. En cette période de paix, la ville se développe à nouveau. Les évêques successifs étendent leur pouvoir dans toute l’Alsace.

Dès le VIe siècle, sous l’impulsion de l’évêque Arbogast de Strasbourg, une première cathédrale et un couvent sont édifiés.

Vers 720, la première abbaye est construite à la demande du duc d’Alsace Adalbert. La majorité des travaux d’urbanisme étaient alors effectués par les moines qui, par ailleurs, soignaient les malades et travaillaient la terre.

Sous l’ère mérovingienne, Strasbourg devient ville royale mais reste de taille très modeste.

Au VIIIe siècle, la ville compte 1 500 habitants. Les activités sont essentiellement agricoles mais on exporte déjà du vin, du blé et du bois de chêne vers l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Angleterre et la Scandinavie.

Les VIIIe et IXe siècles sont prospères, la ville voit sa population doubler, après des incendies, une nouvelle cathédrale est construite et le commerce se développe, toujours sous la tutelle de l’évêque qui a les pleins pouvoirs.
En 842, deux petits-fils de Charlemagne, à savoir Charles le Chauve et Louis le Germanique, se sont alliés contre leur frère Lothaire  pour le partage de l'Empire légué par leur grand-père et prononcent  " les Serments de Strasbourg". t en 843, le traité de Verdun attribue Strasbourg à Lothaire mais à sa mort,
l
En 962, Otton le Grand fonde le Saint Empire Romain Germanique et s’appuie sur l’Eglise en lui octroyant des pouvoirs temporels forts. Strasbourg obtient alors le droit de justice et celui de battre monnaie.
La ville continue à prospérer et à s’étendre.
Une nouvelle enceinte est construite au XIIe siècle qui sera agrandie un siècle plus tard. Les bourgeois, écartés du pouvoir, souhaitent s’impliquer dans la vie politique et obtiennent en 1214 le droit de créer un conseil avant de prendre le pouvoir en 1262.

S’ensuit une période trouble pendant aquelle les luttes de pouvoirs sont source de nombreux conflits.
 Le point culminant de ces conflits est la lutte de deux familles rivales, les Zorn et les Mullenheim,
véritable guerre civile provoquant une révolte des Strasbourgeois. Le pouvoir revient alors à la classe marchande.

Suite à cette longue période de troubles, une nouvelle organisation politique se crée au XVe siècle :
le Conseil de la Ville
s’appuie sur "les conseils des XIII, des XV et des XXI", un "Ammeister" (maire) est nommé par le Conseil tandis que quatre Stettmeister" nommés par les nobles complètent l’administration.
La ville compte alors plus de 16 000 habitants, frappe monnaie et obtient le statut de Ville libre d’Empire, ce qui en fait une véritable principauté.

La ville connaît aussi une grande effervescence intellectuelle.

Gutenberg y invente l’imprimerie et la ville devient un important centre de l’imprimerie et la diffuse à travers l’Europe.
Strasbourg est un centre important de l’humanisme qui voit passer les grands noms de cette époque tels que Sébastien Brant, Jean Geiler de Kaysersberg et Jacques Wimpheling.

La ville adopte en 1524 la Réforme et attribue les églises aux Protestants.
Strasbourg accueille les dissidents religieux et propage leurs idées grâce à l’imprimerie.
La ville est alors à son apogée.

 Le déclin arrive avec les guerres. L’Empereur Charles Quint, catholique, mène la guerre
contre les princes protestants et leurs alliés (Strasbourg).

La ligue protestante est vaincue, Strasbourg restitue la Cathédrale et deux églises aux Catholiques.
La ville connaît aussi des difficultés financières.


La Guerre de Trente Ans éclate en 1618,
guerre de religion européenne opposant les Protestants et les Catholiques.

L’Alsace fut ravagée, mais Strasbourg resta neutre dans ce conflit.

A l’issue de la guerre en 1648, par le Traité de Westphalie, l’Alsace revient à la France, mais Strasbourg reste Ville libre Impériale.
La ville est isolée, affaiblie, n’a rien à attendre de l’Empire vaincu, et lorsqu’elle est assiégée par les troupes de Louis XIV, en septembre 1681, Strasbourg capitule et devient française.
Elle conserve néanmoins la plupart de ses avantages.
Strasbourg devient hautement stratégique pour la France, véritable bastion sur le Rhin et accueille alors une importante garnison.Cette annexion marque pour Strasbourg le début d’une nouvelle prospérité.
La ville devient la capitale régionale.
Son université attire de grands noms tels que Goethe, la bourgeoisie s’enrichit et se construit de belles demeures.


La Révolution de 1789
est bien accueillie par la population et les nouvelles institutions sont rapidement adoptées.
La ville connaît néanmoins le contrecoup de cette époque troublée, notamment pendant la Terreur qui sévit durant deux années.

En 1792, Rouget de L’Isle compose un chant pour l’armée du Rhin, qui deviendra la Marseillaise.
Strasbourg sort fortement affaiblie de cette période de troubles.

L’époque napoléonienne est, quant à elle, un retour à la prospérité et au faste qui dure jusqu’à la guerre de 1870.

L
’Allemagne annexe alors l’Alsace et une partie de la Lorraine.
Lors du siège, la ville subit de graves destructions.

Elle veut dorénavant faire de Strasbourg un symbole de sa puissance.
La ville est élevée au rang de
capitale du "Reichsland" d’Alsace et de Lorraine.

De nombreuses constructions sont édifiées dans le quartier allemand  :
la bibliothèque et le Palais Universitaire, la gare, la poste ...

La ville se transforme en grande ville industrielle, sa population double et sa vie intellectuelle renaît.

Après la guerre de 14 -18, pendant laquelle Strasbourg est relativement épargnée, l’Alsace revient à la France qui cherche à «franciser» la région à marche forcée, en oubliant la mixité de la culture alsacienne et les nombreux progrès sociaux acquis pendant la période 1870-1914.

Mais la Seconde Guerre Mondiale arrive, l’Alsace est à nouveau annexée par l’Allemagne et une politique de «germanisation» est lancée, très dure : interdiction du français, changement du nom des rues et des noms de famille à consonance française.

Le 23 novembre 1944, Strasbourg est libérée par les troupes de Leclerc et l’Alsace revient à nouveau à la France.
Strasbourg retrouve sa prospérité et l’Alsace est aujourd’hui l’une des régions les plus dynamiques de France.

Excentrée par rapport au reste de la France, dont la plaine d'Alsace représente l'extrême façade nord-est, Strasbourg occupeen revanche une position centrale en Europe occidentale , sur une importante voie de passage nord-sud.
Il faut en effet la replacer dans l'entité plus vaste dont elle fait partie intégrante.
Après les traités de Rome, la ville est choisie pour être le siège du Conseil de l'Europe et du Parlement Européen.
Strasbourg est aussi le symbole de la réconciliation franco-allemande et plus généralement de l’Union européenne.
La ville s’est progressivement spécialisée dans les fonctions politiques, culturelles, et institutionnelles.

Strasbourg est une ville de congrès internationaux, la deuxième de France après Paris.

Strasbourg, capitale européenne, économique et ville culturelle
Ville frontière depuis toujours, et
l'architecture est une spécificité intéressante de la ville, car elle est profondément biculturelle.

Le centre historique de Strasbourg, qui occupe la grande île, se caractérise par des rues étroites typiquement moyenâgeuses,  autour de la cathédrale Notre-Dame et dans le quartier de la Petite France, et aux abords de l'hôpital civil qui regroupe de nombreuses maisons à colombages.
Les maisons à colombages ont été construites pour la plupart entre le XVIe et le XVIIIe siècle: les plus emblématiques sont la maison Kammerzell et la maison des tanneurs. 

Le grès rose des Vosges est l'une des pierres les plus utilisées, du fait de sa proximité géographique. On le retrouve donc sur de nombreux monuments, et notamment sur la cathédrale. La couleur de cette pierre est cependant très variable. Ainsi, l'église Saint-Paul utilise un grès pâle, tandis que l'aubette présente une teinte très marquée. Le grès des Vosges est cependant une pierre très friable qui nécessite une attention régulière.

Septième ville de France par la population, elle est l'un des principaux pôles économiques du nord-est.
 La ville se distingue par un secteur secondaire très diversifié et un secteur tertiaire essentiellement tourné  vers les activités financières, la recherche et le conseil aux entreprises.
L'économie strasbourgeoise est également marquée par l'implantation de deux pôles de compétitivité, l'un dédié aux innovations thérapeutiques, l'autre aux véhicules du futur.


La présence de plusieurs établissements nationaux renommés, comme le théâtre national, la bibliothèque nationale et universitaire et l’opéra national du Rhin en fait un centre culturel important.
Strasbourg est aussi une grande ville étudiante.
Ses universités sont résolument tournées vers l'international avec plus de 20% d'étudiants étrangers  et plus de 100 nationalités représentées.
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pontLe Pont du Gard est la partie la plus spectaculaire de l'aqueduc édifié par les romains au premier siècle de notre ère pour alimenter en eau la ville de Nîmes.

Sa construction s'étendit sur une dizaine d'année seulement et l'aqueduc serpente à travers les petites montagnes et vallées de l'arrière pays nîmois.
Ouvrage utilitaire, le Pont du Gard était aussi un oeuvre de prestige, sensée marquer la supériorité de la civilisation romaine urbaine, alors au faîte de sa puissance et de son épanouissement.

L'aqueduc proprement dit est un chef-d'œuvre d'ingénierie, témoignage de l'extraordinaire maîtrise des constructeurs anciens : le dénivelé n'est que de 12 m pour une longueur totale de 50 kilomètres, soit une inclinaison moyenne de 24 cm/km ou encore 0,24 mm/mètre.

Ces chiffres éloquents permettent de prendre la mesure de la prouesse technique réalisée par les ingénieurs romains qui ont donc dû faire preuve d'une grande précision pour permettre à l'eau de s'écouler par gravité jusqu'à Nîmes.
L'aqueduc de Nîmes a sans doute été construit au 1er siècle de notre ère, entre les années 40 et 60.

L'aqueduc captait les eaux de la source de la Fontaine d'Eure, près d'Uzès. Il serpentait dans les garrigues sur près de 50 km, contournant les collines ou les traversant par des conduits souterrains, franchissant les vallons par des ouvrages aériens.

Il reste de nombreux vestiges de l'aqueduc dans la campagne environnante. Des sentiers balisés autour du Pont du Gard vous permettront de les découvrir.
Endommagé lors des invasions barbares, l'aqueduc cesse définitivement de fonctionner au IXè siècle. Il est seulement utilisé comme un pont pour franchir le Gardon.
En 1743 il est doublé d'un pont routier.
Au XIXè siècle, le monument, usé par le temps, rongé par l'érosion menace de s'écrouler.
D'importants travaux sont lancés pour sa consolidation restauration sous le Second Empire.

En 2000, l'État finança, dans le cadre d'une opération Grand site national, avec l'aide de collectivités locales, de l'UNESCO et de l'Union européenne, un projet d'aménagement du site, afin d'assurer la préservation de ce monument exceptionnel, menacé par l'afflux des touristes. Il fut donc décidé de le rendre accessible uniquement aux piétons et d'améliorer les infrastructures destinées aux visiteurs avec, entre autres, un musée, un parcours en plein air "Mémoires de Garrigue", un espace Ludo dédié aux activités pédagogiques des 5 - 12 ans, des expositions temporaires et une salle de cinéma où l'on célèbre le Pont du Gard.
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saint martinSaint Martin de Tours, aussi nommé Martin le Miséricordieux est né dans l’actuelle Hongrie, en 316 ou en 317. Il est mort à Candes en France le 8 novembre 397. Il est un des principaux saints de la chrétienté.
Saint Martin est le patron de plusieurs lieux : Tours, Buenos Aires, Mayence, Utrecht, Rivière-au-Renard et Lucques, Martina Franca. Sa vie nous est essentiellement connue par la Vie de Martin de Sulpice-Sévère 363-429 qui fut un de ses disciples.
Saint Martin est fêté le 11 novembre (funérailles en 397). Il était localement fêté, également, le 4 juillet (consécration épiscopale en 371), cette fête du jour de la Saint Martin (en) est appelée Saint Martin le bouillant ou Saint Martin d'été.
Certains mauvais esprits ont glosé sur le fait que Saint-Martin n'ait pas donné sa cape en entier au mendiant qui avait froid. En fait Saint Martin, généreux, était aussi un officier romain rigoureux, il ne se serait pas permis d'offrir ce qui ne lui appartenait pas: en effet son équipement lui appartenait pour moitié, l'autre moitié appartenait à l'armée romaine.
Voila pourquoi Saint Martin était généreux à 100% et non pas à 50% comme certains mécréants l'ont fait croire !
Mais on n'est jamais certain de rien, peut-être, après tout, a t'il donné la moitié de la cape propriété de l'armée romaine, se souvenant des misères infligées aux premiers chrétiens par les romains ? Cette éventuelle rancune lui aura-t'elle été pardonnée par Saint Pierre, mort à Rome ?
Que de questions, mon Dieu !